Drapeau Rouge Express №257
PLAN D’AUSTÉRITÉ AUX ÉTATS-UNIS

Misère à l’horizon pour le prolétariat

Lors d’une récente allocution en vue du budget fédéral pour l’année 2012, le président américain Barack Obama a annoncé ses prévisions et les grandes lignes d’un plan plus large visant à réduire les dépenses du gouvernement fédéral pour les 10 prochaines années.

Après presque trois années de crise économique, des centaines de milliers de pertes d’emplois et surtout des milliards de dollars de fonds publics ayant été consentis aux banques et entreprises privées au bord de la faillite, la facture pour ce grand vol de la part de la bourgeoisie est arrivée, et ce sera aux travailleurs, travailleuses et moins nantis de la régler…

Dévoilant son budget pour 2012 qui totalisera 3 730 milliards $ en dépenses, Barack Obama a également annoncé des réductions et coupures dans quelque 200 programmes fédéraux, pour la plupart dédiés aux services sociaux, ainsi que dans le domaine de l’éducation. Pour l’instant, ce qui retient l’attention, c’est l’ampleur des coupures et des cibles visées. Les compressions totaliseront 1 100 milliards $ et incluront un gel des dépenses pour les cinq prochaines années. Cela aura des répercussions, notamment dans trois secteurs relativement importants pour la population à faible revenu.

La première mesure concrète sera la coupure de moitié des subventions attribuées au programme d’assistance énergétique (LIHEAP) créé en 1981 et qui vient en aide aux familles et individus à faible revenu, les aidant à payer une partie de la facture d’énergie, surtout dans les États au nord du pays en ce qui a trait au chauffage durant l’hiver.

La seconde mesure annoncée est un gel et une limitation des prestations du «Pell Grant», le programme qui vient en aide aux étudiants et étudiantes à faible revenu qui souhaitent poursuivre des études universitaires.

En plus, et comme si ce n’était pas déjà suffisant, une compression de départ de 300 millions $ vise le programme fédéral de développement communautaire (Community Development Block Grant) destiné à des activités comme le logement abordable, des projets d’initiatives anti-pauvreté et le développement d’infrastructures dans les communautés jugées défavorisées et «à risque».

En tout, ce sont le gel ou la suppression de quelque 200 programmes sociaux gérés par l’État qui ont été ciblés par le lauréat du prix Nobel de la paix 2009.

Le sauvetage du système capitaliste en décomposition est bien sûr le but principal poursuivi par les plus riches. Ceux-ci ont bien l’intention de faire payer leurs déboires par les travailleurs, travailleuses et les pauvres, comme ce fut le cas avec les autres plans d’austérité des pays de la zone euro.

Attaques antisyndicales

Parallèlement à ce train d’attaques, les travailleurs et travailleuses des États-Unis sont confrontéEs localement dans quelques États à des attaques contre leurs droits syndicaux.

Depuis maintenant trois semaines, une manifestation ininterrompue réunissant à certains moments plusieurs dizaines de milliers de personnes est en cours, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’enceinte du Capitole de l’État du Wisconsin, où un projet de loi présenté par le gouverneur républicain propose l’abolition du droit à la négociation des conventions collectives et des avantages sociaux, ainsi que la perception des cotisations syndicales.

Le vote rapide souhaité par le gouverneur Scott Walker a toutefois été reporté en raison du manque de collaboration de la part de la minorité démocrate, qui a refusé de participer au vote, privant ainsi le gouverneur du quorum requis pour que son projet puisse être adopté par la chambre des représentants de l’État. Les élus démocrates ont même quitté le Wisconsin pour ne pas être obligés de siéger, comme Walker le souhaitait, qui a lancé un mandat d’arrestation pour les contraindre à se présenter au Capitole de Madison.

Ce genre de mobilisation de la part des travailleurs et travailleuses est également en cours dans l’Illinois, l’Ohio et l’Iowa avoisinants, où les gouverneurs ont eux aussi des visées antisyndicales.

Avec un déficit de 3,6 milliards $ pour la période 2012-2013, ce sont les salariéEs du Wisconsin qui seront appeléEs à payer la facture.

Même scénario qu’ailleurs

Après les plans d’austérité imposés aux travailleurs, travailleuses et à l’ensemble du prolétariat des pays de la zone euro, la bourgeoisie américaine passe elle aussi à l’action avec ses attaques antisociales pour sauver son système en faillite. En fait, le prolétariat ne doit s’attendre à rien de moins de la part des riches, qui feront toujours passer leurs intérêts de classe au-dessus des autres. C’est dans cette optique où la paupérisation s’aggrave partout, que les masses prennent la rue et manifestent leur légitime colère.

Si les mouvements réformistes aux É.-U. et dans le reste de l’Amérique du Nord espéraient un changement profond avec la venue d’Obama à la présidence, force est de constater l’impasse dans laquelle le prolétariat continue de se retrouver dans le cadre de ce système. Comme ailleurs, il ne devra compter que sur ses propres forces et s’organiser en conséquence s’il veut accéder à son émancipation.

À bas le capitalisme, on a raison de se révolter!

e p D T F s