Partisan №1
LE POUVOIR EST DANS LA RUE! PAS DE DÉMOCRATIE SANS POUVOIR POPULAIRE!

Boycottons les élections!

Nous sommes à mi-chemin de la campagne électorale fédérale et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne soulève pas l’enthousiasme parmi les travailleurs et travailleuses… À chaque élection, on est d’ailleurs de moins en moins nombreux à voter; on sait très bien que quel que soit le parti au pouvoir, l’État canadien va continuer à servir les intérêts des riches et des puissants. C’est comme ça depuis que le Canada existe et ce n’est pas cette année que ça va changer!

Mais il y a quand même quelque chose de nouveau dans cette élection: depuis le déclenchement du scrutin, des révolutionnaires et des militantes et militants anticapitalistes d’un peu partout au pays mènent une campagne active, la Campagne 2011 pour le boycott des élections. Cette campagne est menée notamment par le Parti communiste révolutionnaire et les militantes et militants qui diffusent ce journal. Elle s’adresse à tous les laissés-pour-compte, qu’ils soient jeunes, ouvriers et ouvrières exploitées, femmes ou familles monoparentales, immigrants ou sans-papiers, membres des nations autochtones (qui d’ailleurs ne participent à peu près pas aux élections d’un État colonisateur qui occupe leurs territoires ancestraux).

Cette campagne de boycott, qui se déroule pour l’instant en Ontario, au Québec et dans les Maritimes, se veut avant tout une déclaration de «non-confiance» adressée à tous ces partis bourgeois qui depuis 150 ans de parlementarisme, veulent encore nous faire croire qu’ils représentent les intérêts de la majorité de la population. Une déclaration de rupture avec la fausse démocratie bourgeoise, qui réduit la démocratie à un simple vote à tous les quatre ans. Ce vote, qui dans les faits est un véritable éteignoir de la démocratie populaire, ne signifie qu’une chose pour la classe dirigeante au pouvoir: «Allez voter aujourd’hui, mais fermez votre gueule pendant quatre ans!» Nous disons plutôt: «Boycottons les élections le 2 mai, mais préparons le pouvoir populaire pour les années à venir!»

Les discours de campagne des Harper, Ignatieff, Duceppe et Layton comportent leur lot habituel d’accusations et de théâtre, pour mieux masquer le vide de leurs propositions. C’est dans tout ce qui n’est pas dit qu’on voit que rien (ou si peu) ne distingue ces partis les uns des autres. Bien sûr, on s’arrange pour faire certaines nuances – marketing oblige! Mais fondamentalement, sur l’ensemble des questions qui touchent les prolétaires, les immigrantes, les jeunes sans-emplois, les mères monoparentales, tous ces partis font cause commune: protéger d’abord le capital et ses entreprises, couper plus ou moins les programmes sociaux, appauvrir davantage ceux qui le sont déjà.

Peu importe le parti au pouvoir, les chiffres démontrent que les inégalités économiques et sociales n’ont jamais cessé de croître. C’est dans la nature même des partis bourgeois, qui soutiennent tous le système capitaliste. Ils veulent tous un Canada attirant pour les capitalistes, et cela signifie des salaires plus bas, la criminalisation des pauvres, l’écrasement des luttes autochtones et des subventions aux compagnies qui exploitent les peuples ailleurs dans le monde.

Ces politiques et l’appauvrissement qu’elles génèrent ne sont pas nouvelles. Les partis se disant plus à gauche, comme ceux de droite, les ont appliquées. Le NPD l’a prouvé à l’échelle provinciale lorsqu’il a été au pouvoir en Ontario de 1990 à 1995 et en Colombie-Britannique de 1991 à 2001. Le Parti québécois, équivalent provincial du Bloc, a fait de même pendant son long règne au Québec. Ils appliquent tous, avec quelques nuances mais sans véritables différences, le programme de la bourgeoisie canadienne. Et c’est pour ce programme anti-populaire qu’on nous suppliera d’aller voter d’ici au 2 mai.

La démocratie, ce n’est pas ça!

La «démocratie» actuelle, c’est la démocratie pour la bourgeoisie. Depuis 1867, la classe dominante canadienne impose un système parlementaire qui lui permet de monopoliser l’activité politique réelle et le contrôle sur les organes de pouvoir de l’État, en réduisant cette activité à des élections à tous les quatre ans. Les élections bourgeoises donnent un pouvoir extraordinaire à une petite classe pour agir à sa guise, influencer et imposer les politiques qui servent au mieux les intérêts des capitalistes qu’elle représente. La pratique du vote vise à laisser croire aux masses qu’elles peuvent influencer le cours des choses alors qu’en fait, tout le système politique et économique est conçu pour les dépouiller de quelque capacité d’agir sur la vie politique canadienne.

La baisse constante du taux de participation aux élections fédérales – avec le plus bas taux de toute l’histoire des élections au Canada atteint aux dernières élections de 2008 avec 58,8% – est un indicatif certain de la crise de confiance des masses canadiennes envers le Parlement bourgeois et les partis qui y siègent depuis près de 150 ans. Il y a dans cette désaffection d’une grande partie des masses et parmi elles des plus pauvres, le sentiment réel que les élections ne changeront rien à leur vie de misère. Mais ce désintérêt s’explique aussi par les mensonges répétitifs, les promesses jamais tenues, les abus de pouvoir, la corruption grimpante, la richesse éhontée ou les fraudes de certains qui demeurent impunies, les privilèges et traitements de faveur que se paie la classe bourgeoise et l’élite politique en son sein, alors qu’une partie importante de la population peine à joindre les deux bouts.

Cette désaffection, ce boycott «passif», les militantes et militants qui diffusent ce journal appellent à le transformer en boycott vivant, dynamique et constructif. Nous appelons à en faire un mouvement qui exprimera véritablement la démocratie que nous voulons, une démocratie populaire et surtout, la société que nous voulons, une société égalitaire, sans oppression et sans classes.

Le pouvoir est dans la rue!

Participons activement au boycott des élections!

e p D T F s