Drapeau Rouge №61
CONGRÈS RÉVOLUTIONNAIRE CANADIEN

Un large appui à la création du Parti communiste révolutionnaire

RéuniEs à Montréal à la fin novembre à l’occasion de la tenue du Congrès révolutionnaire canadien (CRC), près d’une centaine de militantes et militants, représentant différents comités de plusieurs villes et provinces à travers le pays, ont appuyé avec enthousiasme la création du Parti communiste révolutionnaire, dont la mise sur pied imminente viendra conclure plus de six années de luttes de la part du Parti communiste révolutionnaire (comités d’organisation). Cette édition spéciale du Drapeau rouge rend compte des résultats du CRC.

Le CRC avait été convoqué dès le mois de février à l’initiative du PCR(co), dans le but de rassembler le plus grand nombre possible de prolétaires révolutionnaires autour d’un projet à la fois simple et exigeant : celui de bâtir cet instrument indispensable au déploiement de la lutte révolutionnaire du prolétariat canadien que constitue un parti marxiste-léniniste-maoïste, lié au mouvement communiste international.

Le rassemblement à Montréal de militantes et militants venuEs de nombreuses villes à travers le Québec, mais aussi de l’Ontario et d’aussi loin que l’Ouest canadien, loin des yeux et des oreilles de la bourgeoisie et de ses forces de sécurité représente une importante victoire, en soi, qui témoigne du sérieux avec lequel ces précurseurs ont pris en charge la préparation du congrès. Il n’est en effet rien de plus important, pour quiconque souhaite en finir avec le capitalisme et l’impérialisme et prendre part au grand combat pour libérer l’humanité de toute forme d’oppression et d’exploitation, que de mener cette bataille si fondamentale pour la construction d’un parti révolutionnaire.

Quel contraste avec le spectacle médiatique organisé au même moment au congrès du parti Québec solidaire de Françoise David, qui se propose «d’améliorer le système» en participant au jeu parlementaire bourgeois et en renforçant les vieilles institutions obsolètes sur lesquelles repose le système de domination de la grande bourgeoisie canadienne ! Pour les participantes et participants au Congrès révolutionnaire canadien, l’objectif était tout autre, et bien plus vaste : il s’agit non pas de créer «un parti de plus» pour allonger la liste aux prochaines élections, mais de bâtir un parti qui sera l’arme politique du prolétariat révolutionnaire ; un parti qui sera la somme de toutes nos capacités – idéologiques, politiques, organisationnelles et combattantes – et qui aura la volonté et la détermination de mener le combat jusqu’au bout, i.e. jusqu’à l’établissement du communisme à l’échelle mondiale. Vaste programme, dira-t-on ! Mais peut-on se permettre encore longtemps de laisser le capitalisme conduire l’humanité à sa perte comme il le fait actuellement – et de plus en plus férocement ?

Deux congrès séparés, qui se tenaient en même temps mais que tout séparait. Ils représentaient à la fois deux conceptions et deux mondes parfaitement opposés : le vieux monde capitaliste et impérialiste, qui a fait son temps, et le nouveau monde communiste, à qui échoit toujours la tâche de libérer le prolétariat et l’ensemble des oppriméEs.

Conscientes et conscients de leur responsabilité historique et de leur place modeste, certes, mais solidement ancrée dans la lutte centenaire du prolétariat mondial, les participantes et participants au Congrès révolutionnaire canadien ont d’abord observé une minute de silence à la mémoire des camarades qui ont donné leur vie pour la cause du communisme et qui sont tombéEs au combat depuis la tenue du premier congrès du PCR(co), il y a trois ans. Parmi eux et elles, on a tenu à souligner la perte de nos deux jeunes camarades de la région de Mont-Laurier au Québec, «Bridge» et «Montévarius», qui ont perdu la vie au printemps 2004 dans un tragique accident alors qu’ils accomplissaient un travail politique que l’organisation leur avait confié ; de même que celles du camarade Sunil du Parti communiste du Népal (maoïste), que nous avons eu l’énorme privilège de rencontrer et de côtoyer, quelques jours à peine avant que les tirs d’un hélicoptère de l’Armée royale du Népal ne viennent le faucher, en novembre 2005 ; du camarade Zhang Chungqiao – cet immense révolutionnaire du 20e siècle qui a dirigé la Grande révolution culturelle prolétarienne en Chine aux côtés de Mao et de sa compagne Jiang Qing et qui est mort après plus de 20 ans de détention par les révisionnistes, sans jamais renoncer aux idéaux communistes ; et de nos chers-ères camarades du Parti communiste maoïste de Turquie et du Kurdistan du Nord qui ont été piégéEs et massacréEs par les forces de sécurité de l’État turc dans les circonstances que l’on sait en juin 2005.

Après la présentation du rapport introductif du comité de correspondance politique du CRC, les représentantes et représentants d’une quinzaine d’organismes – comités d’organisation du PCR, groupe de sympathisantes et sympathisants, organisations de masse comme le Front rouge des jeunes, collectifs militants, etc. – se sont prononcéEs sur les conditions actuelles de la lutte des classes et sur la création du Parti communiste révolutionnaire. Certains l’ont fait à partir de leur propre bilan ; d’autres ont tenu à soulever leurs points d’unité, mais aussi les questions que posent la ligne stratégique et le programme du PCR(co). Tous et toutes ont toutefois salué la formation du PCR et souligné qu’il s’agissait d’un pas en avant non seulement pour les révolutionnaires du Canada, mais aussi pour l’ensemble du prolétariat mondial.

Le Congrès révolutionnaire canadien s’est d’ailleurs déroulé en présence de supporters du Parti communiste (maoïste) d’Afghanistan, du Parti communiste d’Iran (marxiste-léniniste-maoïste), du Parti communiste des Philippines et de la Coordination bolivarienne continentale, qui ont transmis les salutations de leurs organisations respectives. Des messages de solidarité ont également été reçus d’Italie, d’Irak, du Bangladesh et de Colombie.

Le message du parti maoïste afghan, pour un, a été reçu avec énormément d’enthousiasme de la part des participantes et participants qui se sont spontanément levéEs pour l’acclamer. Comme le message l’a rappelé, au cours des derniers mois, les troupes canadiennes, de concert avec les autres forces de l’OTAN commandées par un général canadien, ont commis de véritables tueries de masse contre la population civile afghane. Le message ajoutait :

«Nous osons croire que la dénonciation de ces crimes impérialistes par votre parti aidera à déclencher un puissant mouvement de masse au cœur même de ce bastion de l’impérialisme qu’est le Canada, qui contribuera au développement de la lutte révolutionnaire et prolétarienne dans votre pays.»

Les participantes et participants au CRC ont également eu la chance de prendre connaissance d’un important message en provenance du Comité du Mouvement révolutionnaire internationaliste – le MRI, qui regroupe plusieurs partis et organisations maoïstes à l’échelle internationale. Tout en soulignant l’important pas en avant que représente la formation d’un parti communiste révolutionnaire d’avant-garde au Canada, le Comité du MRI a tenu à rappeler qu’avec la création du parti «vient aussi la responsabilité de se baser fermement sur la théorie révolutionnaire, de façon à s’assurer – pour reprendre l’analogie de Mao – de choisir les bonnes flèches et de viser les bonnes cibles.» En outre, l’internationalisme prolétarien exige d’ancrer la révolution au Canada dans l’objectif d’émanciper l’humanité tout entière. L’internationalisme ne saurait se résumer à une version plus ou moins militante de la solidarité que les peuples savent déjà exprimer entre eux : il s’agit de construire le parti d’avant-garde du prolétariat canadien comme partie intégrante du mouvement communiste international, en partant du fait que le prolétariat ne constitue qu’une seule et même classe à l’échelle mondiale.

Ces propos rejoignent ceux qui ont été prononcés par la camarade qui s’est exprimée au nom du Comité central du PCR(co) (voir ci-dessus). Après avoir brossé un portrait rapide de l’histoire et des luttes de ligne qui ont propulsé le petit noyau de communistes ayant constitué le PCR(co) jusqu’à l’étape actuelle, la camarade a souligné l’importance de s’appuyer sur la théorie révolutionnaire du marxisme-léninisme-maoïsme pour développer une pratique révolutionnaire vivante et conséquente. Cette tâche appartient à l’ensemble des communistes révolutionnaires, qui doivent assumer pleinement leurs responsabilités face au prolétariat mondial.

Au terme du congrès, les participantEs ont adopté quatre propositions à la quasi-unanimité, sauf quelques abstentions (voir en page 2).

La première résolution adoptée porte sur la création du PCR. La deuxième soutient «le développement du Mouvement révolutionnaire internationaliste comme force de ralliement des révolutionnaires du monde entier». La troisième réaffirme l’appui des révolutionnaires du Canada aux maoïstes du Népal qui luttent pour faire triompher la révolution de démocratie nouvelle dans ce pays. Enfin, la dernière proposition, présentée sur le plancher du congrès appelle à la tenue d’un deuxième Congrès révolutionnaire canadien en 2008, à Toronto, dans le cadre des efforts qui seront consacrés pour déployer l’activité du nouveau parti à l’échelle du pays.

Le congrès s’est finalement terminé par le chant de L’Internationale, dans toutes les langues parlées par les militantes et militants qui y ont pris part.

Vous trouverez, dans les pages qui suivent, quelques extraits des interventions qui ont été prononcées au CRC, de même que des messages de solidarité des partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes. L’intégralité des messages, des interventions, du rapport du Comité central du PCR(co) et celui du comité de correspondance politique du CRC sont disponibles intégralement sur le site Web du CRC, au www.pcr-rcpcanada.org/crc.

Au cours des semaines à venir, le PCR(co) s’appuiera sur les résultats du CRC et sur le bilan de sa propre activité depuis six ans, pour opérer les transformations nécessaires à la mise sur pied du nouveau Parti communiste révolutionnaire.

Nous appelons donc l’ensemble des révolutionnaires prolétariennes et prolétariens de tout le Canada, incluant tous ceux et celles qui ont participé, de près ou de loin, à l’initiative du Congrès révolutionnaire canadien, à prendre leur place dans ce combat et à assumer la nécessaire lutte idéologique et politique qui nous permettra de nous doter enfin de cet outil indispensable à la mobilisation des masses dans la lutte pour la révolution et la cause du communisme !

e p D T F s