C’est avec sérieux et entousiasme que les déléguéEs des organisations de base du PCR(co), réuniEs au deuxième congrès de l’organisation, ont unanimement décidé de proclamer officiellement la fondation du Parti communiste révolutionnaire (PCR) après plus de six années de lutte pour la construction du parti.

Quelques semaines après la tenue du Congrès révolutionnaire canadien, qui a rassemblé une centaine de militantes et militants de plusieurs villes et provinces à travers le pays qui ont soutenu la création du parti (voir l’édition spéciale du journal le drapeau rouge, parue en décembre, qui présentait le compte-rendu de l’événement), les membres du PCR(co) ont évalué que le temps était venu de créér le parti et d’aller de l’avant dans le déploiement de la propagande marxiste-léniniste-maoïste à l’échelle du pays.

Cette décision certes audacieuse représente à la fois une importante victoire et un immense défi que le noyau de militantes et de militants désormais regroupéEs au sein du PCR entendent bien relever, en étant conscientEs de leur responsabilité historique. Pour autant, la création d’un parti tel que le PCR, qui se pose comme objectif fondamental de diriger la révolution prolétarienne jusqu’au communisme, ne constitue qu’un point de départ. C’est un premier pas décisif, qui permettra à l’organisation de passer à une étape supérieure. Ainsi, le PCR sera désormais de plus en plus présent, partout au pays, là où il y a des prolétaires et des oppriméEs, là où on retrouve des gens prêts à se battre et à résister, là où pointent des potentialités révolutionnaires.

Mais qu’est-ce qu’un parti communiste révolutionnaire, et pourquoi le créer maintenant? Pour répondre à ces questions, voici quelques extraits du Rapport politique soumis par le Comité central au congrès du PCR :


On présente souvent le parti, à raison, comme l’état-major de la révolution : le centre dirigeant autour duquel s’animent l’ensemble des forces qui constituent le camp de la révolution dans un pays donné (cet état-major agissant lui-même comme un détachement du mouvement communiste international). […].

Le parti, tel que nous le concevons, c’est un ensemble de capacités – idéologiques, politiques et organisationnelles – rassemblées, renforcées et mises au service d’un seul et même combat pour la révolution, le socialisme et le communisme. […]

[La période des trois dernières années pendant lesquelles nous avons lutté pour la création du parti] fut marquée, en parallèle, par d’importants reculs de la part des autres courants qui prétendent eux aussi constituer une alternative politique dans le monde capitaliste actuel. La grande majorité des courants anarchistes se sont éloignés de l’action révolutionnaire. Les réformistes «de gauche» ont fait plusieurs pas vers la droite (l’entrisme des trotskistes dans le PDS; ensuite dans l’UFP où ils ont rejoint les révisionnistes; et maintenant dans le nouveau parti Québec solidaire, où ils ne représentent plus qu’une fraction informe de travailleurs d’élection qui ne serviront que «d’huile à bras» pour le projet réformiste bourgeois des Saillant et David). Quant à lui, le mouvement «altermondialiste» a fini par se désagréger, et ses figures de proue ont perdu pas mal de leur ascendance, au fur et à mesure où elles ont choisi de s’immiscer dans les arcanes du pouvoir impérialiste.

La résolution adoptée au congrès du PCR :

C’EST EN CONSIDÉRANT :

  • Que la lutte pour le socialisme et le communisme exige la création d’un parti révolutionnaire d’avant-garde qui assumera la responsabilité de l’initier et la diriger jusqu’au bout;
  • Que la construction d’un tel parti est la toute première tâche à laquelle les militantes et militants révolutionnaires doivent se consacrer;
  • Que pour être digne de ce nom, ce parti doit s’appuyer fermement sur une ligne idéologique claire qui synthétise la riche expérience de lutte révolutionnaire du prolétariat mondial depuis plus de 150 ans;
  • Que depuis plus de six ans, le PCR(co) défend, applique et développe le marxisme-léninisme-maoïsme;
  • Qu’il s’est doté d’un programme exprimant clairement et correctement la voie de la révolution au Canada;
  • Qu’il a amorcé la tâche de déployer la propagande communiste parmi les masses prolétariennes, en se liant à elles et en participant à leurs luttes;
  • Qu’il a pris des initiatives et mené plusieurs campagnes politiques pour populariser le point de vue communiste et démontrer la viabilité de l’action révolutionnaire;
  • Qu’il a constamment soutenu la nécessité du parti et réussi à organiser le premier noyau solide de militantes et de militants autour de cette perspective;
  • Qu’il a entrepris une démarche d’unité sur une base de principes avec le Mouvement révolutionnaire internationale et renforcé ses liens avec les partis et organisations marxistes-léninistes-maoïstes d’autres pays;
  • Qu’il a convoqué et réuni avec succès le premier Congrès révolutionnaire canadien, lors duquel des militantes et militants communistes de tout le Canada ont pris acte des positions et de l’activité du PCR(co) et se sont prononcéEs en faveur de la création du parti;

QUE LE DEUXIÈME CONGRÈS du PCR(co) proclame la fondation du Parti communiste révolutionnaire – un parti marxiste-léniniste-maoïste, le parti d’avant-garde du prolétariat canadien, lié au mouvement communiste international.

Que ce congrès soit désormais connu comme le premier congrès du PCR.

Dans ce contexte, il n’est pas inutile de rappeler que notre organisation, et le courant maoïste qu’elle incarne, a réussi à progresser – insuffisamment, certes, mais de manière incontestable, néanmoins.

[Malgré nos faiblesses et les difficultés que nous avons parfois rencontrées], nous avons persisté! Nous pouvons nous appuyer sur une ligne idéologique solide, et sur un programme qui exprime une ligne stratégique claire et déterminée; et non seulement nous n’avons pas reculé alors que la plupart des autres l’ont fait, mais avons raffermi nos convictions quant à la nécessité de lutter pour la révolution prolétarienne, de construire un parti d’avant-garde marxiste-léniniste-maoïste et de préparer le déclenchement de la guerre populaire prolongée qui assurera la destruction de l’État bourgeois canadien et l’émergence du nouvel État prolétarien.

Ce faisant, nous croyons avoir établi durablement l’existence du maoïsme au Canada, et de la seule organisation qui l’incarne. Nous savons évidemment que tout cela est encore trop faible; et les défis qui sont devant nous nous apparaissent plutôt vertigineux! Mais c’est à nous de les relever : personne ni aucune autre organisation ne le fera à notre place. […]

Créer le PCR maintenant, c’est exprimer clairement notre volonté politique de transformer ce qui doit être transformé, afin d’établir durablement le PCR comme centre dirigeant de la révolution au Canada.

Le noyau initial du parti existe : une ligne idéologique et politique claire; et un noyau solide de militantes et de militants qui l’incarne et la défend. […]

Si nous comprenons correctement ce qu’est un parti d’avant-garde, alors nous savons qu’un tel parti ne peut se construire que de haut en bas. La construction du parti – et la réussite du projet révolutionnaire qui en dépend – exige donc la constitution d’une direction forte et solide. Une direction de ce genre ne tombera jamais du ciel; sa constitution exige une lutte de tous les instants. […]

Nous connaissons nos faiblesses et nos insuffisances. Néanmoins, nous ne partons pas à zéro : notre expérience est limitée, mais elle est loin d’être insignifiante. En outre, nous bénéficions de l’expérience du mouvement communiste au Canada, et de celle encore plus riche du mouvement communiste international. Enfin, nous avons une conception, des objectifs et proposons une marche à suivre claire; et nous sommes entouréEs de millions de prolétaires, de pauvres et d’oppriméEs, à qui le capitalisme ne réserve qu’un avenir de plus en plus sombre.

Il n’y a pas de chemin facile ni de voie toute tracée d’avance; et il n’existe pas non plus de noyau d’avant-garde déjà achevé et pleinement apte à diriger le combat pour la révolution, qui attende bien caché à quelque part qu’on lui donne le signal de passer à l’action…

C’est aux éléments d’avant-garde qui ont franchi le premier pas, ceux et celles qui ont compris la nécessité du parti et ont commencé à en faire une réalité matérielle et vivante, de déployer tous leurs talents et toute leur intelligence pour le parti, pour la cause du communisme!

Si nous relevons ce défi et agissons de manière conséquente, alors on pourra dire, dans quelques années, que ce congrès aura vraiment été historique.

Réactions enthousiastes suite à la création du PCR

Plusieurs militantes et militants ont réagi à l’annonce de la fondation du PCR. Parmi les messages qui ont été porté à notre attention, mentionnons celui d’un militant de la région des Laurentides, au Québec, qui écrit :

«Comme d’autres l’ont dit, ce congrès n’a pas seulement servi à enlever le “co” qui suivait l’acronyme de l’organisation… À partir d’aujourd’hui, nous devons mettre un maximum d’énergies bien placées pour que notre parti aille de l’avant. Et quand je parle d’énergies bien placées, j’entends par là que nous ne négocierons pas avec les gouvernements bourgeois. Au contraire, c’est avec les masses exploitées que nous travaillerons. Nous leur ferons connaître le parti, l’idéologie communiste véritable – pas celle diffusée par les révisionnistes ni la propagande mensongère ultra-réactionnaire. Bref, soyons courageux camarades, et osons aller à contre-courant!»

Une ouvrière agricole d’origine immigrante qui travaille dans les Maritimes nous envoie ses salutations :

«Je suis heureuse de la bonne nouvelle car les vents révolutionnaires qui soufflent dans le Nord de l’Amérique sont de bonne augure pour les exploitéEs du monde entier. Les impérialistes canadiens savent que malgré toute leur répression, ils ne sauront jamais taire le cri de la révolution. Bravo, camarades!»

De la côte ouest, nous avons également reçu cet engagement, de la part d’un supporter : «Je tiens à vous féliciter pour la mise sur pied du parti marxiste-léniniste-maoïste au Canada. J’ai lu vos documents programmatiques et j’ai constaté que le PCR est solidement armé, politiquement et idéologiquement, pour diriger le prolétariat canadien dans la guerre populaire et la lutte pour le socialisme!

«Je me mets à la disposition du parti pour servir la révolution et réaliser quelque tâche que ce soit.»

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