Drapeau Rouge №63
1ER MAI, JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES

Marcher et s’unir pour changer l’avenir!

Le 1er mai prochain, nous prolétaires, travailleuses, jeunes, exploitéEs, immigrantes et immigrants, prendrons la rue à Montréal pour souligner avec des centaines de milliers d’autres comme nous à travers le monde la journée internationale des travailleuses et travailleurs, derrière la bannière 1er mai : la Marche du combat des pauvres et des travailleurs et travailleuses contre le capitalisme!

Avec ce slogan choisi pour cette marche internationaliste, nous voulons dire avec qui nous devons nous unir, et contre quoi. Le 1er mai, s’unir dans le «combat des pauvres…», c’est s’unir aussi avec les prolétaires qui viennent du monde entier et qui vivent au Québec, au Canada ou ailleurs. Et ce combat «contre le capitalisme», c’est celui contre les bourgeois ici au Québec, au Canada comme ailleurs!

Au cours des dernières semaines pendant la campagne électorale québécoise et en lisant les journaux, on avait l’impression que le monde se réduisait au seul Québec. Et pourtant un simple débat, celui des «accommodements raisonnables», a révélé avec éclat à quel point nous vivons sur une planète infiniment plus large que les frontières d’une province, d’un pays, d’un continent. Et que les actions de «nos» gouvernements – comme les bourgeois essaient de nous faire croire – sont en fait les actions de «leur» classe, celle des capitalistes et des politiciens bourgeois comme Péladeau, Harper, Dumont ou Charest, contre notre classe : celle des pauvres, des travailleurs, travailleuses et exploitéEs du monde entier, avec qui nous avons bien plus en commun.

Bien sûr, ce sont les capitalistes et dirigeants des États-Unis qui sont à la tête du plus puissant gang de rue de la planète. Mais ce gang de rue regroupe aussi toutes les classes dirigeantes des pays du G8 dont le Canada fait partie. Ces gangsters se cachent dans les édifices les plus riches et dans les bunkers les mieux gardés. Mais ils ont beau porter des cravates, ce sont des criminels quand même, responsables directs de la mort de plus d’une centaine de milliers d’Irakiens et Irakiennes (et ça continue!); responsables du chaos actuel dans le monde, et particulièrement en Afghanistan – un chaos auquel notre gouvernement (mais c’est d’abord leur gouvernement, celui des capitalistes!) participe activement. Ils sont les responsables directs de l’exploitation et de la misère qui règnent dans les pays qui vivent sous leur botte, tantôt économique, tantôt militaire. Cette botte écrase les peuples, les familles paysannes, prolétaires et tous ceux et celles qui nous ressemblent. Et ça fait longtemps que ça dure.

Depuis septembre 2001, les machines à propagande impérialistes dans les pays riches ont jeté la confusion pour associer au «terrorisme» toute forme de résistance face à leur domination. Cette peur des terroristes a permis aux grandes puissances de mieux masquer leurs propres attaques – qui sont les plus destructrices à l’échelle de l’histoire sur les plans humain, économique, environnemental ou militaire – contre les pays parmi les plus pauvres du monde. Cette propagande tapissée mur à mur depuis plus de cinq ans maintenant a permis de justifier des guerres illégales, comme en Irak, au Liban ou en Palestine. Mais elle a aussi provoqué dans bien des pays riches une montée de la répression, du racisme et de l’intolérance, particulièrement à l’endroit des plus pauvres parmi les communautés immigrantes du Moyen-Orient.

Qu’on pense à la répression accrue dans les banlieues parisiennes, aux descentes de police injustifiées dans les quartiers immigrants pauvres de Londres et à la méfiance réelle qu’on entretient ici même au Québec et au Canada dans les médias bourgeois : gros «stunt» publicitaire à Toronto pour arrêter des adolescents accusés de terrorisme, mais piégés par la GRC; inquiétude alimentée sur le manque de sécurité dans les aéroports, dans le métro, fondée sur des attaques qui n’ont jamais existé, etc. Et à côté de tout cela au Québec, comme une cerise sur le sundae, ce maudit débat sur les «accommodements raisonnables» montés en épingle par les médias, comme ce faux scandale sur des musulmanes qui auraient voulu voter le visage voilé.

Maintenant qu’ils ont lâché les chiens sur tout ce qui est «étranger» en instaurant la peur des terroristes partout – et dont les communautés musulmanes sont les principales victimes – les idéologues bourgeois ont perdu le contrôle. Les médias et populistes en quête de sensationnalisme en rajoutent et inventent la peur des autres. On fait la une avec des histoires qui n’existent pas pendant que les vrais dégâts qui sont faits dans le monde au nom du Canada font rage. Le 1er mai, nous leur dirons : écrasez-vous avec vos peurs du hidjab dans les bureaux de vote! Et battons-nous plutôt contre les vrais criminels!

Des milliers de raisons pour marcher le 1er mai

  • Trop souvent oubliés au cours des dernières années par le mouvement syndical uniquement tourné sur lui-même au Québec, les mots d’ordre internationalistes et de soutien à nos frères et sœurs de classe oppriméEs par l’impérialisme canadien doivent refaire surface et être criés haut et fort! Il faut plus que jamais, crier notre solidarité avec ceux et celles qui luttent pour leurs droits les plus élémentaires en Irak, en Iran, en Afghanistan, en Palestine, tous et toutes bafouéEs par les envahisseurs impérialistes. Canada, hors d’Afghanistan! Impérialisme, hors d’Irak!
  • En unissant nos voix contre la guerre en Afghanistan, il faut aussi dénoncer une autre sorte de guerre menée ici par les médias et l’État bourgeois, contre nos frères et sœurs de classe venuEs du Pakistan, du Liban, des Philippines, de l’Inde, d’Algérie, et de tous les pays du monde. Ces prolétaires, nous les côtoyons chaque jour dans nos milieux de travail, dans nos quartiers, au dépanneur, pendant que les riches capitalistes du Québec et du Canada font des profits sur notre dos et sur le leur. Prolétaires de toutes origines, unissons-nous contre le racisme et l’exploitation!
  • Comme nous le soulignions en septembre dernier dans le texte intitulé Comment nous entendons combattre  [1] et qui appuyait la création du Parti communiste révolutionnaire au Canada, «le nombre de prolétaires – ouvriers-ères, employéEs, ouvriers agricoles salariés – est plus considérable que jamais dans l’histoire». On y disait aussi : «saisir le monde par en bas – avec les yeux des prolétaires, des travailleuses et travailleurs et des exploitéEs – c’est agir là où le monde se transforme : il se transforme par les crises et les luttes». Nous avons le choix : laisser la bourgeoisie transformer le monde en chaos, comme elle le fait aujourd’hui, ou bien mener, comme le slogan du 1er mai nous y invite, avec tous ceux et celles qui le font déjà comme les maoïstes au Népal, aux Philippines ou en Inde, le combat des pauvres et des travailleurs et travailleuses contre le capitalisme! Ce combat est celui que mène le Parti communiste révolutionnaire ici au Canada et qu’il mènera au cours des prochaines semaines, des prochains mois et des prochaines années, pour transformer la crise que nous fait subir le capitalisme, en lutte pour transformer radicalement la société bourgeoise, pour arriver à une société sans classes et sans exploitation : détruisons le capitalisme et luttons pour le socialisme! Tous et toutes ensemble, uniEs le 1er mai dans la rue!
Le Parti communiste révolutionnaire (PCR)

  • [1] Arsenal, n° 7, septembre 2006, p. 9.
  • e p D T F s