Le lundi 5 octobre dernier au cégep de Valleyfield, un groupe d’étudiantEs a réussi à contrecarrer le kiosque de l’armée canadienne, venue recruter pour la guerre impérialiste en Afghanistan.

Toute la matinée, des piqueteurs et piqueteuses ont distribué des tracts à l’entrée du cégep pour inviter les étudiantEs à se rassembler devant le kiosque de l’armée pour 11 heures. Sur le tract, on pouvait lire :

«Comme l’année dernière dans les écoles, à la Légion canadienne et aux cadets, comme cet été aux Régates, l’armée profite actuellement de toutes les occasions pour venir siphonner notre région qui a été fortement frappée dans les dernières années par les fermetures d’usines et qui continue à subir les attaques de la crise économique. L’armée cible certaines régions qui présentent un haut taux de chômage, de jeunes de la rue et de sans-abris, comme elle cible les communautés autochtones.

«Pour aider à régler les problèmes de chômage, de décrochage scolaire et d’itinérance, l’État des capitalistes donne des miettes avec ses programmes qui sont plus des mirages qu’autre chose ou bien nous envoie ses militaires nous faire miroiter une “carrière” qui résoudrait nos problèmes d’études et d’emploi. Mais, le “militaire”, ce n’est pas une carrière ordinaire!

«Dans un pays impérialiste comme le nôtre, l’armée sert principalement à défendre les intérêts économiques des riches et des puissants en attaquant les peuples du monde, comme c’est le cas avec la participation du Canada à la mission en Afghanistan. C’est révoltant de voir que l’appareil militaire va chercher les jeunes de la classe ouvrière pour défendre les intérêts de la classe des exploiteurs!»

À l’heure dite, les piqueteurs et piqueteuses ont rejoint l’attroupement face au kiosque. Pancartes, mégaphone et slogans ont fait forte impression : Armée, hors de nos écoles! Pas un sou, pas un jeune pour la guerre impérialiste! C’est leur guerre, pas la nôtre! Armée canadienne, hors de Valleyfield, hors d’Afghanistan! Ramenez les soldats, envoyez les députés et les directeurs!

Les militaires ont retiré leurs objets, leurs bébelles et leurs documents de promotion avant même l’arrivée des manifestantEs. Un directeur particulièrement énervé a qualifié de «violente» l’utilisation d’un porte-voix par les manifestantEs et a fait venir la police. Mais ça n’a pas empêché les manifestantEs de poursuivre leur action.

Ben voyons, monsieur le directeur! L’armée qui vient embrigader nos jeunes, ici, pour les amener à tuer des Afghanes et Afghans et à grossir la machine de guerre des capitalistes canadiens qui empochent des profits mirobolants en mettant nos fils et nos filles des classes populaires au service des riches du pays, ça, monsieur, c’est violent!

Quand vous faites venir la police pour bloquer la libre expression des étudiantEs à l’intérieur du collège sur un sujet brûlant qui oppose la population aux gouvernements, ça, monsieur, c’est violent. Quand, à la journée «portes ouvertes» pour les élèves de cinquième secondaire, vous invitez l’armée à venir recruter nos jeunes pour en faire de la chair à canon, ça aussi, monsieur, c’est violent!

Vous nous faites penser à ces hypocrites à l’Hôtel de Ville de Valleyfield et à la direction des Régates, qui ne voient dans l’armée que les gentils personnages de l’époque du verglas et des anciens casques bleus… qui n’existent même plus!

Trop souvent liées et soumises aux volontés des capitalistes et des parlementaires qui ont voté la guerre en Afghanistan, les directions de cégeps, d’écoles et des villes doivent être ramenées aux volontés de la majorité de la population et empêchées de poursuivre, main dans la main, leurs activités avec l’armée.

Le comité du Suroît du PCR et celui du MER-PCR ont salué cette initiative étudiante visant à contrecarrer le recrutement militaire dans les écoles. Ils invitent maintenant l’association étudiante du cégep à suivre l’exemple des étudiantEs de plusieurs autres institutions scolaires, qui ont réussi à faire décamper l’armée par des perturbations de toutes sortes. Ils invitent aussi le syndicat des professeurs du collège, dont la fédération (la FNEEQ-CSN) est membre de la nouvelle Coalition contre le recrutement militaire dans les établissements d’enseignement du Québec, à se joindre à ce combat et à défendre la liberté d’expression des étudiantEs.

ÉtudiantEs, professeurEs, travailleurs, travailleuses et sans-emplois du Suroît, refusons le recrutement dans nos écoles et sur notre territoire! Et profitons-en pour remettre en question cette société capitaliste guerrière qui fabrique sans aucune gêne la pauvreté et la misère.

– De notre correspondante
e p D T F s