Drapeau Rouge №60
APPEL À LA TENUE DU CONGRÈS RÉVOLUTIONNAIRE CANADIEN :

Prolétaires du Canada, unissez-vous sous la bannière de la révolution!

«Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!» : c’est de cette façon que se terminait le Manifeste du parti communiste, écrit par Marx et Engels en 1848. Les fondateurs du mouvement communiste alors naissant appelaient ainsi les prolétaires à s’organiser, à agir comme une classe pour soi, et à prendre la direction du grand combat historique pour mettre fin au capitalisme et bâtir une société nouvelle, enfin libre de toute forme d’oppression et d’exploitation. Cent cinquante ans plus tard, où en est-on? Et ici au Canada, qui sont ces prolétaires dont parlaient Marx et Engels?

Dans ce pays, sans rien d’autre à espérer que l’exploitation de notre travail, nous sommes près de 20 millions de prolétaires qui donnons aujourd’hui le meilleur de nos vies aux capitalistes et à leurs compagnies. Au mieux, on gagne tout juste de quoi vivre; au pire, on se retrouve sur-endettéEs, dans la misère, au point où certainEs d’entre nous finissent par se donner la mort.

Les centaines de milliers d’immigrants et d’immigrantes venuEs vivre ici sont pour la grande majorité surexploitéEs, mal payéEs, non respectéEs. Dans un pays où la richesse bourgeoise s’accumule pendant que la pauvreté grandit, des milliers de réfugiéEs restent sans statut, sans papiers et se font expulser.

Des femmes prolétaires de Terre-Neuve à Vancouver figurent parmi les salariées les plus sous-payées et dans les conditions les plus précaires, alors qu’elles sont souvent les seuls soutiens de famille.

Plus d’un million d’autochtones répartiEs sur l’ensemble du territoire, sont bafouéEs depuis des siècles dans leurs droits comme peuples, dans un pays qui se targue d’être l’un des plus évolués au monde.

Les sans-emploi, excluEs d’un système économique implacable et sans pitié, lisent chaque jour dans les journaux des histoires de scandales et de corruption financière perpétrés par les capitalistes et les politiciens bourgeois. Des jeunes prolétaires finissent à peine leur secondaire qu’ils et elles sont déjà broyéEs par le cercle infernal des jobines-études-loyer et ne terminent jamais l’école.

Tous et toutes, ils portent la colère des prolétaires contre le capitalisme. Ils auraient envie de changer la vie, la société, le système… si c’était possible. Si seulement ils réalisaient la force immense qu’ils possèdent en s’unissant autour d’un projet émancipateur – celui de la révolution communiste.

C’est à chacun et chacune de nous de faire éclater au grand jour la puissance de la classe ouvrière, celle que portent tous les exploitéEs et les oppriméEs du monde, y compris au Canada. C’est à nous de redonner vie au grand appel du Manifeste du parti communiste. Parce qu’aujourd’hui encore, c’est lui qui exprime le mieux et de la manière la plus vraie, la réalité de l’exploitation capitaliste et la nécessité de le renverser.

Des camarades de toutes les couches du prolétariat, actives et actifs dans les luttes, aspirent à ce but. C’est aussi le but que se donnera le congrès organisé en novembre prochain à l’initiative du Parti communiste révolutionnaire (comités d’organisation).

Préparons-nous pour le Congrès révolutionnaire canadien!

Il y a cinq ans, une conférence regroupant des militantes, militants, travailleurs, travailleuses et révolutionnaires communistes se tenait à Montréal et créait le Parti communiste révolutionnaire (comités d’organisation) – le PCR(co).

Depuis, beaucoup de travail a été fait. Un programme basé sur le marxisme-léninisme-maoïsme, l’idéologie révolutionnaire du prolétariat, a été largement discuté puis adopté par les membres du PCR(co). Les camarades ont mené des campagnes politiques et différentes actions pour rallier des militants et militantes non seulement au Québec, mais dans plusieurs villes du Canada.

Mais cela est loin d’être suffisant. Cet automne, nous voulons être des centaines et des milliers à travers le pays à soutenir la fondation du PCR, à l’occasion de la tenue du Congrès révolutionnaire canadien (CRC). Ce congrès sera précédé par la publication de nouveaux documents d’analyse sur les classes et la démocratie bourgeoise et sur toutes les questions politiques qui intéressent ou parfois divisent le prolétariat canadien. Cette campagne politique active vise à organiser des débats avec des groupes, des comités, des collectifs, ou simplement des camarades et individus qui veulent réagir, échanger et éventuellement unir leurs forces pour participer au Congrès révolutionnaire canadien qui soutiendra la fondation du PCR.

Nous appelons les militantEs, travailleurs et travailleuses et prolétaires de toutes conditions, les communistes et les révolutionnaires à se regrouper, à discuter et débattre avec nous, et à participer eux et elles aussi à la création d’un parti comme on n’en a jamais eu depuis des décennies : un parti communiste et révolutionnaire.

Un parti qui sera une arme, pas un éteignoir!

À entendre le mot «parti», on dira peut-être : encore un autre… et pour faire quoi? Pour allonger la liste aux prochaines élections? Pour nous racoler une fois aux quatre ans et puis nous ignorer le reste du temps? Pour voter au Parlement des riches?

Le Parti communiste révolutionnaire sera une arme, pas un éteignoir de la lutte des classes. Au contraire des partis de gauche se réclamant des «citoyens» ou d’une «société civile» qui n’existe que sur papier ou dans l’abstrait, le PCR sera l’arme politique des prolétaires. Il sera l’arme de cette classe ouvrière qui existe vraiment et qui souffre, et de tous ceux et celles qui veulent combattre la bourgeoisie et son pouvoir. Il rejettera les élections bourgeoises, et la fausse démocratie parlementaire canadienne. Il aura la volonté de lutter bien au-delà de la résistance, c’est-à-dire jusqu’à la révolution communiste pour donner le pouvoir aux prolétaires, aux travailleuses et travailleurs.

À cause de cet objectif du pouvoir au prolétariat et de la stratégie à développer pour y arriver, le PCR(co) et le parti qu’il veut construire sont radicalement différents de tout ce qui existe aujourd’hui dans la gauche canadienne.

Cette gauche et les partis qui s’en réclament (le NPD au Canada anglais, le parti Québec solidaire au Québec) refusent en effet de reconnaître la nécessité de détruire le capitalisme et surtout, de prendre acte du rejet important d’une grande partie des pauvres et des exploitéEs du système électoral bourgeois. Au contraire, ils mettent tous leurs efforts à nous convaincre de croire encore aux mensonges de la démocratie actuelle et d’aller voter pour le parti unique de la bourgeoisie à chaque élection – c’est ça le parlement! Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe l’a d’ailleurs confirmé malgré lui au cours de la récente campagne électorale en se vantant qu’au cours des derniers 18 mois, son parti avait voté «dans le même sens que le gouvernement [libéral] dans 80% des cas». Quant au NPD, et même au groupuscule qui se prétend communiste (le «Parti communiste canadien»), leur perspective se limite à faire pression sur les Libéraux ou les Conservateurs pour leur arracher quelques miettes.

En nous incitant à demeurer dans la prison du cadre légal bourgeois, la gauche a renoncé à développer la conscience du prolétariat en tant que classe sociale exploitée et dominée. Elle se condamne à accepter la dictature légale, parlementaire et judiciaire de la bourgeoisie – y compris quand elle prétend créer des espaces autogérés en marge du capitalisme, comme le prône le courant anarchiste. C’est avec désolation, mais sans surprise, qu’on constate par exemple, à la lecture de la déclaration de principes du parti Québec solidaire, que nulle part n’apparaît ce mot si simple mais si fondamental dans notre quotidien : le mot travailleur. En niant le fait que la société soit divisée en classes, ce parti «de gauche» a renoncé dans la réalité à transformer le pouvoir pour le donner aux prolétaires, et conséquemment, à lutter vraiment pour le socialisme et le communisme. Il ne «transforme» la réalité que sur papier, avec des concepts et des discours sur le bien commun, mais dans l’action ou la stratégie, il ne propose rien de mieux que les élections, les «campagnes de sensibilisation» et quelques réformes sur la fiscalité!

La classe bourgeoise, les capitalistes et les États impérialistes ne céderont pas leur pouvoir de bon gré aux pauvres, aux prolétaires, ni à la majorité de la population. Au contraire, ils utilisent chaque jour la force de LEURS polices, de LEURS armées, de LEUR Banque mondiale, de LEUR FMI et de LEUR ONU pour se maintenir au pouvoir. Ce n’est pas nous qui le disons. C’est l’histoire de la lutte des classes et des tentatives révolutionnaires du prolétariat depuis deux siècles qui nous le démontre. C’est aussi ce que les théoriciens de la révolution (Marx, Engels, Lénine, Mao) ont compris, au prix de leur propre expérience. Et c’est cette expérience qu’il faut développer encore en luttant pour la révolution et la création de partis communistes révolutionnaires, ici et partout dans le monde.

Il y a le Canada, mais aussi le monde qu’on doit changer!

Nous sommes loin d’être seulEs. Dans notre appel à créer un parti communiste révolutionnaire au Canada, nous voulons joindre nos forces à un courant révolutionnaire qui s’affirme avec de plus en plus de vigueur à travers le monde. Là où les peuples avancent avec le plus de succès dans la lutte contre l’oppression et la tyrannie impérialistes, là où les masses populaires sont les mieux organisées, il y a aussi des partis et des armées populaires de libération qui s’appuient sur le maoïsme et l’appliquent de manière créative.

Au Népal, c’est grâce au Parti communiste du Népal (maoïste) et à la stratégie de guerre populaire prolongée si aujourd’hui, des gouvernements populaires autonomes ont vu le jour sur près de 80% du territoire. C’est grâce au PCN(maoïste) que la tyrannie du roi Gyanendra est en voie d’être renversée, lui qui ne se maintient encore en place que par la répression des droits les plus élémentaires du peuple dans la capitale Katmandou.

Le succès révolutionnaire des maoïstes au Népal commence maintenant à s’étendre jusqu’à l’Inde, pays de plus d’un milliard de personnes, où le Parti communiste de l’Inde (maoïste) mène des actions spectaculaires dans une majorité d’États d’un bout à l’autre du pays.

Nous soutenons et nous défendons avec enthousiasme ces expériences et le développement d’un nouveau courant révolutionnaire dans le monde, incarné par le Mouvement révolutionnaire internationaliste (MRI).

Organisons-nous afin de faire du Congrès révolutionnaire canadien un immense succès!

Cet appel s’adresse à ceux et celles qui, dès aujourd’hui, veulent s’organiser dans leur quartier, dans leur ville et avec leurs amiEs et camarades pour participer au Congrès révolutionnaire canadien. Au cours des semaines et mois à venir, le PCR(co) rendra disponible, notamment sur son site Web, différents documents qui serviront à alimenter les discussions et les débats auprès de quiconque souhaite participer au congrès, et se reconnaît dans l’appel à la fondation du PCR et le programme actuel du PCR(co).

Nous vous invitons à entrer en contact avec nous dès maintenant pour organiser un nouveau comité dans votre région ou votre quartier en vue du congrès.

Le Manifeste du parti communiste, toujours actuel!
Préparons le Congrès révolutionnaire canadien!
Prolétaires de tout le Canada, unissons-nous pour créer le PCR!

Le Comité central du PCR(co)
Février 2006
e p D T F s