Le 29 juin dernier, la section antigang de la Division du crime organisé du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a réalisé un coup de force en procédant à l’arrestation de quatre militantes et militants qu’elle associe au Parti communiste révolutionnaire (PCR), relativement à la dernière manifestation du 1er Mai organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC).

Lors de cette manifestation, des policiers auraient été blessés, quand les manifestantes et manifestants ont repoussé une attaque sournoise et provocatrice de la police contre un militant connu comme photographe de ce journal, à qui l’on reprochait de crier trop fort des slogans contre… la police.

Les quatre personnes arrêtées font maintenant face à plusieurs accusations criminelles, dont «agression armée», «voies de fait sur un agent de la paix», «entrave au travail des policiers» et «port d’arme dans un dessein dangereux». Elles ont été remises en liberté sous condition et comparaîtront à nouveau devant le tribunal le 20 septembre prochain.

Fait à noter, l’opération a été supervisée par un enquêteur du SPVM par ailleurs associé à l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale, qui regroupe également des agents de la Sûreté du Québec, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). De fait, cet enquêteur semblait plus intéressé à incriminer le PCR, et en particulier le militant Patrice Legendre – un ouvrier communiste connu comme supporter du PCR – dans une série d’actions ayant été revendiquées au fil des ans par un groupe appelé «Résistance internationaliste», dont l’explosion d’une bombe devant un centre de recrutement des Forces canadiennes à Trois-Rivières à l’été 2010.

Depuis les arrestations du 29 juin, des agents de la GRC se livrent d’ailleurs à une opération de harcèlement systématique contre des personnes qu’ils associent au PCR ou considèrent proches de Patrice Legendre, incluant des visites à domicile, sur les lieux de travail, chez des voisins ou des membres de leurs familles, le tout se déroulant officiellement dans le cadre de leur enquête sur les actions mentionnées plus haut. Le passé trouble de ce corps de police, dont le recours à des actes illégaux a été largement documenté au Québec, est une raison en soi, et certainement une raison de plus, de ne pas collaborer avec lui sous aucun prétexte.

Par ailleurs, peu avant que les accuséEs comparaissent le 13 juillet dernier, le SPVM a été forcé de dévoiler l’existence d’une nouvelle escouade appelée GAMMA (pour «Guet des activités et des mouvements marginaux et anarchistes»), qui constitue de fait une police politique en elle-même. Vraisemblablement mise sur pied il y a deux ans, c’est cette escouade qui a réalisé l’opération du 29 juin. Et tout porte à croire que c’est également elle qui a procédé à l’arrestation de quatre militantes et militants associéEs à une organisation étudiante, l’ASSÉ (Association pour une solidarité syndicale et étudiante), à qui l’on reproche d’avoir mené des actions un peu plus confrontantes au printemps dernier.

La création de l’escouade GAMMA a suscité à raison une vague de dénonciations et d’indignation un peu partout au Québec. Le PCR a lui-même reçu de nombreux messages de solidarité, dont certains venant du Chili, d’Italie et d’Ukraine.

Il suffit de regarder ailleurs et autour de nous pour anticiper la vague de soulèvements populaires et d’actions révolutionnaires, qui ébranle déjà et continuera d’ébranler le système capitaliste mondial. Que l’État bourgeois et son appareil de répression s’en prennent à ceux et celles qui mettent de l’avant de réelles perspectives de libération pour les masses opprimées est un signe évident de la crainte que la révolution inspire aux réactionnaires. Qu’il soit dit que leurs tentatives de faire taire la voix de la révolution resteront vaines!

e p D T F s