Drapeau Rouge Express №79
ÉLECTIONS FÉDÉRALES

2e partie : Socialisme et communisme

(NDLR) Nous poursuivons la publication du texte de l’auteur et militant maoïste Raymond Lotta.

Imaginez une société dans laquelle les gens apprendraient à changer le monde, de manière consciente… dans laquelle nous ne serions plus enchaînéEs par les traditions et l’ignorance… dans laquelle les gens coopéreraient pour produire les choses nécessaires à la vie, tout en s’impliquant avec bonheur dans toutes les autres sphères – les arts, la culture, la science… une société dans laquelle la science et l’imagination s’alimenteraient mutuellement… dans laquelle il y aurait à la fois solidarité et diversité, des discussions en profondeur et une lutte idéologique constante pour déterminer dans quelle direction on doit aller… une société dans laquelle les rapports entre les gens seraient marqués par le respect mutuel et une réelle préoccupation pour l’avenir de humanité… un monde qui tiendrait compte et prendrait soin de notre environnement : voilà ce que ce serait que le communisme!

Le communisme, c’est une société mondiale dans laquelle les classes et les distinctions de classe auront été surmontées; les systèmes et les rapports d’exploitation auront été supprimés; les institutions oppressives et les rapports sociaux inégaux, tels la discrimination raciale et la domination masculine, auront été éliminés; et les idées et valeurs arriérées auront été balayées. Le communisme présuppose également une société d’abondance et l’appropriation collective de l’ensemble des ressources.

Quand on en parle, il arrive souvent qu’on fasse référence à l’idéologie communiste. Quand ils entendent le mot «idéologie», les gens pensent généralement à un ensemble d’idées motivées par un agenda politique déterminé, qui biaisent notre vision du monde. Par «idéologie communiste», nous faisons en fait référence à la conception du monde et à la méthode scientifique prolétariennes, grâce auxquelles il nous est possible de comprendre les forces qui agissent dans la société et la nature. L’idéologie communiste nous indique la voie à suivre pour que l’humanité puisse réaliser une nouvelle avancée dans sa capacité à comprendre et à transformer ces forces sociales et naturelles. Elle détermine une certaine moralité, qui correspond à l’immense bond que l’humanité a déjà commencé à franchir.

Le communisme, ce n’est pas un rêve fumeux, ni une utopie. L’humanité est rendue à un seuil de développement historique.

En effet, les forces productives – qui incluent non seulement les machines, l’équipement et la technologie, mais également les êtres humains et leurs connaissances – se sont développées à un niveau qui permettrait à l’humanité de surmonter les pénuries et de satisfaire les besoins élémentaires de tous et de toutes, tout en dégageant un large surplus qui pourrait être consacré au développement social futur.

Les forces productives sont hautement socialisées. La production de tout ce qui est utilisé par la communauté humaine exige que des milliers, voire des millions de personnes travaillent ensemble. En outre, elles sont bien intégrées à l’échelle internationale : les matières premières, les machines-outils et les transistors produits dans telle partie du monde entrent dans le procès de production, dans telle autre région. Toutefois, malgré cette socialisation poussée, les forces productives demeurent contrôlées par la classe des capitalistes, qui s’accaparent les fruits de la production.

Tel est d’ailleurs le problème fondamental du monde dans lequel on vit. Et c’est précisément ce problème que la révolution prolétarienne vise à résoudre.

Le prolétariat est la classe qui a émergé, au sein de la société capitaliste, sur la base de la socialisation des forces productives. Il représente les efforts et le travail coopératifs qui correspondent à ce phénomène. Le prolétariat constitue la base matérielle qui permettra d’organiser la production d’une façon radicalement différente, tout comme l’ensemble de la société.

Qu’entendons-nous par socialisme? Contrairement à ce que certains pensent, le socialisme, ce n’est pas un gigantesque État providence. Ça ne se résume pas, non plus, à l’étatisation de l’économie capitaliste. Le socialisme permet le passage du capitalisme au communisme, i.e. à une société sans classes. C’est la transformation, par le prolétariat et ses alliés – qui forment la vaste majorité de la population – des structures économiques, des rapports sociaux et des idées qui visent à perpétuer les divisions sociales et les divisions de classe. Le socialisme permet de libérer la créativité et l’initiative de ceux et celles que le capitalisme maintient dans les bas-fonds de la société.

La révolution socialiste mettra en place un tout nouveau régime politique : la dictature du prolétariat. Les anciennes classes exploiteuses et les individuEs qui travailleront activement à renverser le nouveau régime, seront placées sous haute surveillance. La dictature du prolétariat conférera aux masses le droit et la capacité de changer le monde, de participer à la société dans tous les domaines et de devenir maîtres de la société. Aux États-Unis, comme partout ailleurs, nous vivons en ce moment sous le régime de la dictature de la bourgeoisie – même si celle-ci prend la forme d’une «démocratie». Cette dictature impose un système au service exclusif des capitalistes et de leur épanouissement.

La révolution socialiste établira une nouvelle économie planifiée, basée sur la propriété sociale des moyens de production. Les gens coopéreront ensemble pour assurer la satisfaction des besoins de tous et de toutes. En outre, de nouvelles priorités économiques et sociales seront fixées.

Le prolétariat exercera sa dictature sur les capitalistes et mettra en place un système favorisant l’élimination du capitalisme. Les masses et leur noyau dirigeant devront défendre fermement leur nouveau pouvoir. Mais cela ne constituera pas une fin en soi. Le nouveau pouvoir devra être utilisé pour le bien de l’humanité toute entière, et pour créer les conditions qui feront que la société communiste pourra émerger.

Tels sont les principes qui ont guidé Lénine dans la bataille ayant mené à la première révolution prolétarienne en 1917.

(À suivre)
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