Au niveau idéologique, le Parti communiste révolutionnaire s’appuie sur le marxisme-léninisme-maoïsme – la synthèse de l’expérience du mouvement communiste révolutionnaire depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui. Au fil des luttes du prolétariat et des masses opprimées, certains penseurs et praticiens communistes et révolutionnaires, et plus particulièrement Karl Marx, Vladimir Lénine et Mao Zedong ont étudié, enquêté, expérimenté et théorisé ces expériences, pour élaborer une science toute nouvelle. C’est cette science que nous appelons le marxisme-léninisme-maoïsme – un guide indispensable pour faire la révolution et nous mener jusqu’au communisme.

L’élaboration de cette science n’est pas seulement l’œuvre des qualités personnelles de Marx, Lénine et Mao. Elle est d’abord un fait d’époque. Le capitalisme, en développant les forces productives et les sciences de façon phénoménale, a permis alors de mieux comprendre le monde dans sa globalité et son évolution historique. Avant le capitalisme, une vision aussi précise du monde et de son évolution était impossible. L’élaboration de cette science a été produite grâce à l’implication de Marx, Lénine et Mao dans la lutte de classe, dans la lutte idéologique très vive de leur temps, dans la lutte à l’intérieur de leurs partis révolutionnaires respectifs et dans les Internationales communistes où ils ont œuvré. Sans cette implication profonde dans la lutte des masses à cette époque intense de transformations sociales, de débats idéologiques et politiques, ils n’auraient pas pu produire cette science, malgré leurs qualités personnelles sûrement géniales.

«Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire», rappelait Lénine dans son célèbre ouvrage intitulé Que faire ?. À travers l’histoire, les classes exploitées et dominées, les «sans pouvoir», ont mené des luttes et se sont révoltées contre leurs oppresseurs. Et des révolutionnaires se sont appuyés sur ces luttes pour mener des révolutions, comme ce fut le cas avec la Révolution française. En opérant une première synthèse de l’histoire à travers le prisme de la lutte des classes, Marx a jeté les bases d’une théorie dont l’objectif premier était de transformer le monde. Il a consacré sa vie et son œuvre à faire avancer la lutte révolutionnaire ; il a établi les fondements solides du mouvement du prolétariat vers le communisme. Pour avancer sur le chemin de la révolution, pour renverser la bourgeoisie et donner le pouvoir à la majorité que constituent les travailleurs et travailleuses, ouvrières et ouvriers, sans-emplois, immigrantes et immigrants – en un mot au prolétariat -, nous devons nous appuyer sur les acquis du passé et les faire nôtres.

Le marxisme-léninisme-maoïsme analyse les changements historiques. L’histoire avance avec la lutte des classes. Une classe sociale est non seulement un groupe social dont les individuEs qui le composent ont des intérêts communs selon la place qu’ils occupent dans les rapports de production, mais c’est aussi un groupe qui a pris conscience de ses intérêts grâce à un regroupement – un parti – qui a su en faire une synthèse et une théorie justes.

Le travail d’élaboration d’une science n’est jamais achevé. Ainsi, la science de la révolution prolétarienne a connu différents bonds historiques : d’abord, le marxisme ; ensuite, le marxisme-léninisme ; et aujourd’hui, le marxisme-léninisme-maoïsme. Ces sauts qualitatifs dans la constitution de la science révolutionnaire ont été le fait d’un travail de critiques théoriques et d’expériences pratiques dans la construction même des révolutions, comme ce fut le cas en Russie et en Chine. Pour surpasser certaines erreurs, de nouvelles avancées ont été nécessaires. Des changements sont apparus dans le mode de production capitaliste et dans les rapports de production et de reproduction en général. Aujourd’hui, le marxisme-léninisme-maoïsme constitue l’étape la plus avancée dans l’élaboration de la science de la révolution. Et les expériences révolutionnaires actuelles et futures permettront de faire d’autres pas en avant.

La plupart des conceptions théoriques du marxisme-léninisme-maoïsme ont été élaborées par Karl Marx, en collaboration avec son proche camarade Friedrich Engels. Marx, à son époque, a vu dans le prolétariat la classe qui allait diriger la révolution prolétarienne et qui était en mesure de contribuer à l’avènement d’une société communiste sans classes sociales. Son analyse matérialiste et dialectique a mis en lumière les luttes de classes réelles qui ont traversé l’histoire : l’esclavagisme, avec ses révoltes d’esclaves ; le féodalisme, marqué par des soulèvements paysans et la montée de la classe bourgeoise des villes ; et, à l’époque du capitalisme naissant, le prolétariat et les mouvements distincts de la bourgeoisie comme le mouvement chartiste en Angleterre, ou encore les groupes socialistes très actifs en France durant la Commune de Paris. Les classes dominées n’avaient pas alors une vision théorique ou une conscience historique de la marche à suivre pour s’émanciper. Des penseurs socialistes décrivaient bien la misère vécue par le prolétariat et la paysannerie et imaginaient de nouveaux projets sociaux, mais leur vision était essentiellement utopique. En analysant bien les bases matérielles du mode de production capitaliste alors encore en développement, Marx a compris qu’une nouvelle société émergerait du capitalisme et que le prolétariat, qui est la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout, peut et doit diriger la lutte pour arriver au socialisme.

Marx a défini l’essentiel de l’édifice théorique du marxisme en élaborant une œuvre majeure au niveau de l’économie politique. Tout en dirigeant la Ire Internationale communiste et en s’impliquant dans le parti communiste social-démocrate allemand, Marx a fait son travail en critiquant l’économie politique déjà existante. Avec lui, nous avons compris l’anatomie du capitalisme et comment il se reproduit. Marx a montré que chaque classe en lutte a ses organisations politiques. Organisée en parti, la classe prolétarienne renverse la bourgeoisie, détruit l’appareil d’État bourgeois et assume une dictature contre cette dernière pour empêcher tout retour en arrière.

La IIe Internationale mise sur pied par Engels après la mort de Marx n’a pas fait long feu. C’est néanmoins là où Lénine fit ses premières armes. Par la suite, des courants politiques ont réussi à faire du marxisme ce qu’il n’était pas : une théorie contemplative du capitalisme incapable de soutenir un mouvement révolutionnaire. Ce socialisme «bourgeois» et de droite s’est révélé sous son pire jour lors de la Première Guerre mondiale lorsque plusieurs de ses représentants parlementaires ont voté des crédits de guerre pour leur bourgeoisie respective. En Russie, les bolcheviks ont refusé une telle attitude. Ils et elles préféraient la lutte de classe et la défaite de leur propre bourgeoisie. Ils et elles ont mené le prolétariat à sa première victoire historique en 1917. En dirigeant la Révolution d’octobre, Lénine a montré aux ouvrières et aux ouvriers que la révolution était possible et qu’ils et elles pouvaient prendre le pouvoir par les armes.

La lutte contre les dirigeants de la IIe Internationale devait amener Lénine à fonder la IIIe Internationale, qui dirigera le monde communiste jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Lénine a approfondi les connaissances au niveau de la science de la révolution et des transformations du capitalisme. On lui doit entre autres une systématisation de la théorie du parti et de son organisation centraliste-démocratique, des études sur le capitalisme parvenu à son stade monopoliste – l’impérialisme – et une meilleure compréhension de l’articulation entre les luttes des peuples opprimés et celle du prolétariat dans les pays impérialistes. Sa brillante formule «l’impérialisme, c’est la guerre», est encore aujourd’hui criante de vérité. Lénine avait compris que l’aristocratie ouvrière des pays impérialistes était la base sociale du socialisme de droite réformiste. Il fallait donc s’appuyer sur les couches vraiment révolutionnaires du prolétariat et pour cela, il fallait vraiment un parti clairvoyant sur la marche à suivre.

Après la mort de Lénine, les bolcheviks et Staline ont poursuivi l’expérience socialiste en Union soviétique et ont tenté de faire avancer la révolution mondiale. Staline a lutté fermement contre l’ancienne bourgeoisie et contre certaines déviations opportunistes comme le trotskisme, et dirigé la mobilisation du prolétariat et des peuples contre la montée du fascisme dans les années 1930 et 1940, y compris pendant la Seconde Guerre mondiale lors de laquelle le prolétariat soviétique a fait d’énormes sacrifices. Globalement toutefois, Staline a été incapable de comprendre les contradictions de la société socialiste ; les conceptions erronées et les faiblesses d’alors du Parti bolchevik l’ont empêché de voir le développement d’une nouvelle bourgeoisie qui a éventuellement réussi à renverser les acquis de la Révolution d’octobre. À l’échelle internationale, Staline et le Parti bolchevik ont fait preuve d’une tendance à l’hégémonie qui a eu en plus pour effet d’étendre certaines de ces conceptions erronées à l’ensemble du mouvement communiste international.

Avec le temps, la direction du Parti communiste de l’URSS s’est engagée dans la voie du capitalisme d’État : une nouvelle bourgeoisie est apparue autour de l’appareil d’État, qui a soumis de nouveau le prolétariat à des rapports d’exploitation. Il est vrai qu’entre la période de 1917 et celle qui a vu la trahison de la direction du Parti, l’économie soviétique comportait encore de vastes secteurs encore largement marchands, voire même capitalistes. Par contre, l’économie socialiste, fondée sur un partage commun des ressources et des biens plutôt qu’un échange de marchandises, pouvait encore se développer et faire reculer les autres secteurs. Lorsqu’une direction révisionniste a pris le pouvoir avec Khrouchtchev en 1956, différentes réformes économiques ont fait de l’URSS un pays à l’intérieur duquel la voie du capitalisme s’est accentuée. Les nouveaux dirigeantEs révisionnistes ont alors su capitaliser sur les faiblesses de l’époque antérieure.

En outre, les révisionnistes soviétiques ont voulu imposer leur manière de voir à l’ensemble des autres partis communistes dans le monde. Leur ligne internationale était celle de la «compétition pacifique» avec les pays capitalistes et la soumission des autres pays socialistes à la «patrie soviétique». Les révisionnistes croyaient vraiment qu’il était possible de produire le même niveau de marchandises que dans les pays capitalistes développés et d’adopter la structure de consommation caractéristique des pays impérialistes. Ils se disaient partisanEs du passage pacifique au socialisme et affirmaient que la révolution n’était désormais plus nécessaire.

La Chine, où se développa également un fort mouvement révolutionnaire, a refusé les projets de l’URSS révisionniste. La voie chinoise de la révolution a évité plusieurs écueils de la voie soviétique. Par exemple, au lieu de s’engager dans les insurrections aventuristes préconisées par la IIIe Internationale et qui avaient échoué dans les villes de Canton et de Nanchang, le Parti communiste chinois, sous la direction de Mao, a pris le chemin de la guerre populaire prolongée, méthodique et planifiée. Déjà, dans les années 1930, Mao avait critiqué les insuffisances de l’expérience soviétique. Il invoquait entre autres qu’il fallait davantage prioriser les initiatives des masses paysannes dans le processus révolutionnaire, ce que l’URSS sous Staline avait sous-estimé. En Chine, les masses paysannes se sont impliquées activement dans la lutte révolutionnaire et la construction du nouveau pouvoir.

La science militaire du prolétariat a connu un bond important à travers l’expérience chinoise et la révolution de 1949, avec la théorie de la guerre populaire prolongée, qui inclut : la participation des masses comme facteur décisif dans la guerre ; la création de bases d’appui ; l’utilisation de ces bases d’appui et des transformations sociales qui s’y développent comme facteur de préparation au socialisme ; la direction du parti sur l’armée. La guerre populaire a permis de rétablir la nécessité de la violence révolutionnaire contre les thèses pacifistes et conciliatrices défendues au sein du mouvement communiste international d’alors.

Mao a également développé le concept de «révolution de démocratie nouvelle», résolvant ainsi le problème de la stratégie révolutionnaire dans les pays opprimés par l’impérialisme et du rapport entre les tâches démocratiques et les tâches socialistes de la révolution.

Mao et les dirigeantEs révolutionnaires du PC chinois ont aussi développé l’analyse des contradictions, du rapport entre la théorie et la pratique. Mao a montré comment utiliser cette analyse comme méthode pour progresser dans la lutte pour le socialisme. Il a élaboré le concept de la «ligne de masse», basé sur le point de vue selon lequel la lutte de classe est la force motrice de l’histoire : l’enquête ; ensuite, la synthétisation des idées les plus justes des masses et la formulation d’une ligne conséquente ; finalement, le retour auprès des masses pour la diffuser, l’expliquer, la faire triompher et la vérifier dans la pratique.

Mais c’est surtout dans l’analyse du socialisme que l’expérience chinoise a été la plus éclairante. Elle a apporté des contributions éclatantes comme l’analyse des contradictions de la société socialiste, la critique de la «théorie des forces productives», l’analyse du rôle du parti et de la lutte entre les deux lignes qu’on y retrouve après la prise du pouvoir et le fait que c’est au sein même du parti que la bourgeoisie concentre ses forces. Mao Zedong a vu ce danger et a lancé son célèbre mot d’ordre «Feu sur le quartier général !» devant les Gardes rouges et les éléments de l’avant-garde révolutionnaire, déclenchant ainsi la première révolution culturelle prolétarienne. Grâce à cette initiative, pendant plus de dix ans, les masses paysannes et prolétariennes ont su développer la pratique du socialisme et retarder l’arrivée au pouvoir de la nouvelle bourgeoisie. Le fait que celle-ci n’y soit parvenue qu’après la mort de Mao et la fin de la révolution culturelle montre bien l’importance de mener plusieurs révolutions de ce genre pendant la période socialiste, pour permettre aux masses de participer activement à la dictature du prolétariat et empêcher le retour au capitalisme.

Aujourd’hui, le marxisme-léninisme-maoïsme est la synthèse la plus avancée de l’expérience révolutionnaire du prolétariat et des masses populaires. Le maoïsme s’est développé en s’appuyant sur les forces du marxisme-léninisme et en dépassant certaines de ses insuffisances et limites historiques. La science de la révolution demande constamment à être améliorée, le contexte social changeant et les expériences révolutionnaires des masses se transformant sans cesse. Les partis et organisations qui s’appuient aujourd’hui sur le marxisme-léninisme-maoïsme pour mener la guerre révolutionnaire contribuent à la faire avancer. Globalement, le marxisme-léninisme-maoïsme est le seul horizon scientifique pour nous faire avancer sur la voie de la révolution.

e p D T F s