Nous vivons à l’époque de l’impérialisme, stade ultime et pourrissant du capitalisme. À ce stade, le capitalisme comme mode de production a atteint les limites de son développement et a cessé d’être un cadre favorable au développement des forces productives du travail humain ; ses aspects négatifs l’emportent sur ses aspects positifs. Plus son déclin se prolonge, plus ses effets destructeurs s’approfondissent, se généralisent et se ressentent partout sur la planète et dans toutes les sphères de l’existence : destruction de l’environnement et destruction des hommes, femmes et enfants causées par les guerres, le chômage, l’intensification de l’exploitation, la faim ; et plus la société régresse, y compris au niveau idéologique, avec la progression de l’individualisme, du racisme, des idées dominatrices, rétrogrades et anti-scientifiques, des religions hostiles au progrès de l’humanité, etc.

Les rapports sociaux capitalistes jouent un rôle déterminant dans la vie des hommes et des femmes partout dans le monde. Ils se sont développés sur la base de l’exploitation des travailleurs et travailleuses, la ruine des paysannes et paysans, le massacre et la réduction à l’esclavage de peuples entiers, particulièrement en Amérique, en Afrique et en Asie. Au Canada, le capitalisme n’a pas échappé à cette règle ; il s’est développé par le vol systématique et organisé des terres autochtones et métisses et la répression des rébellions populaires. Par la suite, l’exploitation du prolétariat et l’exportation de capitaux ailleurs dans le monde ont fait du Canada une importante puissance impérialiste.

La concurrence féroce que se mènent les capitalistes a provoqué la centralisation progressive du capital. Pour développer leur capacité à se concurrencer, les capitalistes sont contraints d’accumuler de plus en plus de capital. Ce mouvement se concrétise pour la grande majorité des êtres humains par une division technique toujours plus grande du travail par laquelle, dans chaque pays, la bourgeoisie assume le contrôle de la technologie et des sciences et les utilise comme outils de domination contre le prolétariat, qui se voit toujours plus relégué au seul rôle d’exécutant. Au niveau international, la mainmise par les principaux pays impérialistes des technologies les plus sophistiquées leur permet de s’assurer le contrôle des pays dominés, imposant une division internationale du travail où les nations semi-coloniales voient leurs richesses pillées par les puissances impérialistes et d’où l’impérialisme tire des surprofits en reléguant des centaines de millions de personnes à des conditions de vie dignes du Moyen Âge.

Ainsi se créent dans tous les pays la richesse et la misère. L’abondance inouïe de richesses que l’on trouve sur la planète côtoie la misère la plus sordide dont souffre la très grande majorité de la population. Les trois personnes les plus riches au monde ont une fortune supérieure à celle des 48 pays les plus pauvres.

Le capitalisme, un système qui répand la misère

Alors que quatre multinationales se partagent 90 % du commerce mondial des céréales et engrangent des profits monstrueux, 800 millions d’affaméEs concentréEs en Asie et en Afrique tentent de survivre. Chaque jour, 24 000 pauvres meurent de la famine. Deux millions d’enfants des pays opprimés meurent chaque année à cause des problèmes liés à l’eau ; au rythme actuel, quatre milliards d’hommes, de femmes et d’enfants n’auront pas d’eau potable dans quelques années et plus de six milliards seront privés des facilités d’assainissement. Sept millions d’enfants meurent à chaque année dans les pays dominés seulement à cause des dettes contractées face aux pays impérialistes. L’écart entre pays riches et pays pauvres ne cesse d’augmenter : alors qu’il se situait en 1820 à 3 pour 1, il est passé en 1992 à 72 pour 1 en faveur des pays riches.

Ce terrible bilan du capitalisme dans les pays dominés n’est pas sans conséquences. Propagation d’épidémies ravageuses, qui ne peuvent être soignées faute de moyens et qui enlèvent la vie de millions de gens chaque année en Afrique, en Asie et dans les régions pauvres des Amériques. Chaque année, 17 millions d’enfants meurent de maladies aisément guérissables, soit 46 500 par jour. Des maladies et blessures qui ne sont pas traitées à temps en laissent plusieurs avec des séquelles terribles qui les empêchent de gagner leur vie. Une large proportion de la population mondiale, soit parce qu’elle doit consacrer tout son temps à satisfaire ses besoins primaires pour survivre, soit parce que l’État n’est pas en mesure de fournir l’infrastructure scolaire, n’a pas accès à l’instruction. Un milliard de personnes ont commencé le 21e siècle sans savoir lire ou même écrire leur nom.

Pour simplifier – s’il est possible de simplifier l’horreur -, la faim, la soif, les épidémies, les dettes et les conflits dus au système capitaliste tuent à chaque année autant d’hommes, de femmes et d’enfants que la dernière grande guerre impérialiste (1939-1945).

Le capitalisme, c’est l’exploitation

Dans les pays riches également, la pauvreté et la misère s’accroissent. Dans les pays impérialistes, plus de 100 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté. On comptait dans les pays industrialisés occidentaux 25 millions de chômeurs et de chômeuses de longue durée en 1990. Ils et elles étaient plus de 39 millions en 2001. Au Canada, c’est 20 % de la population qui vit en permanence dans le besoin.

Le pays impérialiste le plus puissant, les États-Unis, compte à lui seul 30 millions de pauvres ; environ la moitié de la population afro-américaine y vit dans la pauvreté tandis que 13 millions d’enfants connaissent la faim. En Grande-Bretagne, depuis les années 1980, le nombre de pauvres est passé de 9 à 15 %. Aujourd’hui, un million et demi de familles n’ont pas suffisamment à manger. En Allemagne, il y a 6 millions de pauvres ; un «étranger» sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. Au Canada, ce sont des millions de personnes qui se retrouvent sans emploi ou dans des emplois mal rémunérés, particulièrement parmi la jeunesse, les femmes, les immigrantEs, les autochtones.

Le gouffre entre riches et pauvres ne cesse de s’élargir. En 1960, les 20 % les plus riches possédaient 30 fois plus que les 20 % les plus pauvres. En 1994, ce rapport était déjà passé à 78,6. Alors que les riches ne cessent d’accumuler, les pauvres s’enfoncent davantage dans la misère. Toute la richesse produite dans les dernières années a été entièrement accaparée par les 5% les plus riches de la population.

À GAUCHE : Une annonce d’une vente d’esclaves de grande valeur au 19e siècle. AU CENTRE : Une publicité vantant les mérites des esclaves des temps modernes au Salvador, publiée en 1990 : «Rosa Martinez produit des vêtements pour le marché américain. Vous pouvez l’embaucher pour 57 cents de l’heure.» À DROITE : La même pub, un an plus tard : comme on peut le voir, le salaire horaire y est passé de 57 à 33 cents. Décidément, le «progrès» capitaliste ne connaît pas de limites…

L’usine capitaliste est un vrai bagne concentrationnaire où les travailleurs et travailleuses se font pressuriser pour rapporter le plus d’argent possible à leurs employeurs. Ce sont de multiples maladies psychologiques et de multiples accidents de travail qui sont occasionnés par l’usine capitaliste. Les travailleurs et travailleuses ne peuvent pas s’exprimer ; ils et elles doivent exécuter. Dans un tel contexte, ils et elles ne peuvent pas avoir d’enthousiasme et doivent se comporter comme des robots, sinon ils et elles flanchent. Pour les capitalistes, les accidents de travail ne sont pas pire que de simples bris dans la machinerie. Ce ne sont que quelques coûts pour remplacer des ressources productives, sans plus. L’assassinat de travailleurs et de travailleuses lorsque ceux-ci et celles-ci meurent suite à un «accident de travail» n’est pas un gros problème parce qu’il y a plein de chômeurs et chômeuses qui peuvent prendre leur place.

Cette perpétuation d’une énorme armée de réserve de chômeursSES s’explique d’une part du fait que le rouleau compresseur du capitalisme détruit des anciens modes et rapports de production, ce qui libère des populations humaines entières prêtes à se faire exploiter par les capitalistes. Ce fut le cas des agriculteurs des pays impérialistes qui ont dû abandonner leurs fermes parce qu’elles ne rapportaient pas assez sous le poids de l’endettement des banques capitalistes. Ce furent les femmes qui ont été forcées de quitter le foyer pour permettre à leur famille de joindre les deux bouts. Même si le fait qu’elles se retrouvent dans la sphère sociale de la production représente un progrès pour elles, il n’en demeure pas moins que le capitalisme n’a pas développé toutes les infrastructures pour libérer complètement les femmes de toutes les tâches ménagères à la maison.

Le chômage trouve aussi sa source dans le fait que les entreprises grossissent tellement qu’elles font appel de plus en plus à de la machinerie. Or, ce ne sont pas les machines mais le prolétariat exploité qui permet de réaliser des profits. Cela veut dire que le taux de profit tend constamment à décroître à mesure que le développement de la technologie se fait. Pour contrer cette baisse constante du taux de profit, les entreprises sont contraintes de fusionner, ce qui entraîne du chômage. Ensuite, elles demandent plus de rentabilité à leurs travailleursSES qui gardent leur emploi, ce qui ralentit l’embauche dans ces entreprises. Il y a une limite à exploiter les travailleursSES et la concurrence de plus en plus féroce amène constamment de nouvelles technologies qui, pour un court laps de temps, permettent d’accroître les profits, le temps que les autres entreprises adoptent les mêmes technologies. Pour les entreprises, il arrive à un moment donné qu’il devient de moins en moins rentable d’investir du capital. Très souvent, cela coïncide avec le fait que les entreprises ont de la difficulté à écouler leur production. À ce moment, il y a une crise économique qui engendre des faillites d’entreprises, des fusions et plus de chômage. Après la crise, les entreprises survivantes ont suffisamment de capitaux à investir et le bal recommence.

Le capitalisme détruit l’environnement

Le capitalisme impérialiste engendre un gaspillage énorme de forces productives humaines. Ces forces productives, sous d’autres rapports sociaux plus justes, pourraient développer une économie capable de satisfaire les besoins croissants de tous les gens sur la terre. La poursuite du profit va toujours se faire au détriment du développement harmonieux des forces productives. Cela peut même aller jusqu’à une destruction sans égale de l’environnement. Le problème écologique est un effet du maintien du mode de production capitaliste ; derrière chaque désastre écologique, il y a des intérêts économiques bien précis. Malgré ce que peuvent dire les écologistes bourgeois, qui voient le problème écologique comme une question en dehors des intérêts de classe, une «cause commune» de toute la société et qui voient dans toute forme de production une source de pollution et de destruction de la nature, la question écologique est une question de classe. Que le capitalisme détruise des êtres humains et dévaste la nature n’a rien de surprenant, et trouve son point de départ dans l’exploitation illimitée des ressources et des personnes, causée par la recherche du profit.

La terre partout est dévastée et exploitée outrageusement et à une vaste échelle. C’est du jamais vu : épuisement des sols, pollution de l’eau et de l’air, réchauffement de la planète, disparition d’espèces animales et végétales, désastres écologiques provoqués comme des inondations, empoisonnement de population humaine, etc. Les entreprises impérialistes, en plus de polluer leur propre pays, pillent de façon éhontée les richesses naturelles des pays pauvres avec l’assistance servile des classes dominantes locales. De plus, les pays impérialistes tentent de transformer les pays pauvres en poubelles en y exportant tous les produits et toutes les technologies désuètes, toxiques et dangereuses.

L’industrie capitaliste produit à chaque année son lot de désastres écologiques parce que la sécurité est plus souvent qu’autrement oubliée afin de sauver sur les coûts. Des fuites de produits toxiques, des accidents nucléaires, se produisent tout autour de la planète sur une base régulière. On n’a qu’à se souvenir des milliers de morts causés par l’usine de pesticide Union Carbide à Bhopal en Inde, de l’Exxon Valdez qui a coulé en mer près de l’Alaska déversant tout son pétrole, de l’accident nucléaire de Tchernobyl en Russie, de Walkerton en Ontario.

Quand ce ne sont pas les accidents qu’il cause, l’impérialisme s’attaque directement à l’environnement pour les besoins de sa production qu’il doit rencontrer. Des milliers d’acres de forêts sont annuellement détruits, des rivières détournées, des océans pollués pour satisfaire la demande en matières premières du capitalisme.

De même, des territoires entiers, parfois grand comme des pays, deviennent inutilisables à la suite de l’utilisation des armes de destruction massives de l’impérialisme. Des centaines de tonnes d’uranium appauvrie sont disséminées dans les sols de l’ex-Yougoslavie, de l’Irak, de l’Afghanistan. Des pans de territoires complets sont complètement détruits suite aux différents tests de missiles nucléaires effectués par différents pays dont les États-Unis et la France.

Il arrive aussi que des régions de pays impérialistes ou des pays pauvres se font imposer la venue d’entreprises polluantes parce qu’elles vivent d’énormes problèmes de chômage. L’opinion des populations locales ne compte pas. Il y a bien sûr des protestations et des luttes. Les autorités publics et les potentats locaux se mettent du côté des entreprises. On en vient à bafouer le droit d’expression des gens qui protestent pour garder un environnement sain. C’est le peuple qui est concerné par l’environnement et c’est lui qui devrait se prononcer sur sa gestion, et non pas les requins de la finance.

Dans les pays impérialistes d’Amérique et d’Océanie, ce sont les populations autochtones qui voient leur territoire pillé par l’impérialisme. On développe des champs pétrolifères, des mines d’uranium, des barrages hydroélectriques, productions qui bien souvent engendrent une forte pollution sur les territoires de chasse traditionnels de ces populations. Après leur avoir interdit de développer leur territoire selon leur désir et détruit leur environnement, les autorités publiques ne trouvent rien de mieux à faire qu’à les parquer dans de petites réserves les laissant dépérir dans les vices de la «civilisation» comme l’alcoolisme et la toxicomanie.

Le capitalisme, c’est la guerre

Capitalisme, exploitation et guerres sont indissociables. L’histoire des guerres depuis plus d’un siècle est surtout l’histoire du maintien et de l’extension du capitalisme partout dans le monde. Que ce soit les guerres coloniales, mondiales, des conflits de basse intensité, des interventions des pays impérialistes dans les pays dominés, comme en Irak en 2003, le capitalisme par la guerre cherche à se maintenir et ainsi renforcer sa fraction dominante, la bourgeoisie impérialiste n’hésitant pas à tuer et faire tuer des millions d’êtres humains uniquement pour conserver un position hégémonique. Comme le disait Karl Marx, «le capital arrive au monde suant le sang et la boue par tous les pores».

Pour s’assurer sa domination et s’accaparer du maximum de plus-value, l’impérialisme a tué des millions de prolétaires et des membres des masses populaires. On n’a qu’à penser à la Première et à la Seconde Guerre mondiale (1914-1918 et 1939-1945) ; aux guerres coloniales menées contre les peuples d’Indochine, du Vietnam, d’Algérie ; aux interventions impérialistes lors de la guerre du Golfe ; des interventions de l’impérialisme américain en Amérique latine (Nicaragua, Salvador, Guatemala, Chili, Argentine, Brésil…), etc.

Stocks de bombes entreposées à Guam à destination du Vietnam. Les États-Unis y en ont déversé 7,8 millions de tonnes (comparativement à 3,5 millions durant toute la Seconde Guerre mondiale).

La crise du capitalisme accélère le recours à la guerre. Pour se répartir avantageusement la plus-value extorquée aux prolétaires et peuples dominés du monde, les brigands impérialistes, sous la couverture commode et hypocrite de la défense de la démocratie, des droits de la personne, de leurs intérêts vitaux, de la lutte au terrorisme, en profitent pour assurer leur position respective sur l’échiquier mondial.

À ce titre, les États-Unis, comme pays impérialiste le plus puissant, démontrent clairement que si le capitalisme continue à se maintenir, il mènera inévitablement à une troisième guerre mondiale. Des milliards de dollars sont investis à chaque année dans le perfectionnement de l’armement tandis qu’on utilise les pays dominés comme laboratoire vivant pour en vérifier les effets, tout comme le faisaient les soldats allemands durant la guerre civile espagnole lorsqu’ils testaient l’effet du bombardement massif de civils. On peut déjà déceler les premiers positionnements qui nous y mèneront à travers la concentration massive d’armes et de troupes au Moyen-Orient ; par l’appui sans équivoque au sionisme israélien et l’intervention directe de l’impérialisme en Irak et en Afghanistan, dans les menaces explicites proférées contre l’Iran, dans l’accroissement des tensions en Asie (menace d’intervention en Corée du Nord et redéploiement au Philippines, où les troupes américaines avaient été expulsées).

Lors de la chute du mur de Berlin, les capitalistes exultaient : «Enfin, le communisme est mort !» Et pourtant, la «menace» communiste continue d’exister ; elle se retrouve partout où il y a des prolétaires, des paysans et paysannes, des peuples opprimés qui luttent pour améliorer leur sort. Elle se manifeste dans les émeutes de la faim, dans les débordements lors de manifestations et surtout dans l’existence de révolutions communistes qui se développent comme au Népal, aux Philippines, au Pérou, et dans l’existence de conditions favorables au développement de la révolution et du communisme dans toutes les parties du monde laissant entrevoir notre futur : le communisme. Au capitalisme, système injuste et pourrissant, il ne peut y avoir qu’une solution : la révolution !

e p D T F s