L’objectif premier que nous, prolétaires, poursuivons, c’est de renverser la bourgeoisie canadienne et de conquérir le pouvoir d’État. À partir de là commencera une nouvelle étape – la construction d’une nouvelle société, socialiste – qui sera elle-même le prélude au communisme qui se caractérise notamment par la disparition de l’État, du parti, du droit bourgeois, des classes sociales, des rapports marchands et de l’argent.

Cette étape, il faut la voir d’abord comme étant une période de transition, qui servira à la fois à détruire tous les vestiges du vieux mode de production capitaliste qui ne manqueront pas de subsister, et à prévenir sa restauration ; mais aussi à préparer l’avènement du communisme. Le passage à la société communiste impliquera en effet une préparation matérielle considérable, i.e. qu’il faudra développer et transformer les forces productives et établir les conditions qui permettront de satisfaire pleinement les besoins de tous et de toutes ; et surtout, une préparation politique et idéologique : les rapports sociaux devront avoir été complètement transformés, l’idéologie prolétarienne devra avoir triomphé de l’idéologie bourgeoise, les êtres humains devront avoir appris à gérer leur vie et à inscrire leur propre épanouissement dans le cadre de l’épanouissement général de toute la collectivité.

Lorsque nous parlons du communisme, nous parlons d’une société sans exploitation, dans laquelle la division en classes aura fait place à la libre coopération entre tous les individus. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de différences entre eux ni que tout le monde aura les mêmes besoins (ceux-ci varieront nécessairement dépendant des individus, des lieux où ils se trouvent, des périodes), mais bien que ces différences ne seront plus sources d’inégalité, car la société dans son ensemble sera en mesure de les combler.

Alors certes, cela suppose un développement suffisant des forces productives. Mais cela suppose aussi que les classes et les genres auront été supprimées, et surtout que les bases sur lesquelles elles et ils reposent (à savoir, la propriété privée des moyens de production, les rapports de sexage, ainsi que la division du travail entre ceux et celles qui conçoivent et ceux et celles qui exécutent) auront été détruites. Avec la suppression des classes, on en arrivera aussi à la suppression de l’État, qui n’est jamais autre chose que l’instrument de la domination d’une classe sur une autre. La société sera alors administrée collectivement par tous ceux et celles qui en font partie.

Pour qu’une telle société puisse se développer, il faudra également avoir mis un terme au règne de l’impérialisme, i.e. qu’il faudra que la bourgeoisie ait été renversée et que la période de transition vers le communisme ait été bien amorcée non seulement au Canada, mais aussi dans la vaste majorité des pays du monde. Les conditions seront alors posées pour la suppression des nations et l’établissement de rapports de coopération, égalitaires, entre tous les peuples, débarrassés des barrières nationales.

C’est à préparer et à mettre en place toutes ces conditions, qu’on ne saurait atteindre du jour au lendemain, que sert l’étape du socialisme. C’est ce qui la rend nécessaire.

Établir la dictature du prolétariat

Cette «période de transition politique où l’État ne saurait être autre chose que la dictature révolutionnaire du prolétariat», Karl Marx en fixait ainsi les grands objectifs :

«Ce socialisme est la déclaration permanente de la révolution, la dictature de classe du prolétariat, comme point de transition nécessaire pour en arriver à la suppression des différences de classe en général, à la suppression de tous les rapports de production sur lesquels elles reposent, à la suppression de toutes les relations sociales qui correspondent à ces rapports de production, au bouleversement de toutes les idées qui émanent de ces relations sociales.»

(Les luttes de classes en France [1848-1850])

Pourquoi donc Marx, et après lui les communistes révolutionnaires authentiques, parlent-ils du socialisme comme étant une «dictature», alors même qu’il s’agit de s’épanouir et de libérer les potentialités de tous et de toutes ? Tout simplement parce que le prolétariat – qui est la seule classe ayant intérêt à abolir toutes les formes d’exploitation et d’oppression et à conduire la société en direction du communisme – fera inévitablement face à l’opposition constante et acharnée de la bourgeoisie, tant au niveau national qu’à l’échelle internationale. Une bourgeoisie dont la résistance, expliquait Lénine, sera

«décuplée du fait de son renversement (ne fût-ce que dans un seul pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de la bourgeoisie, mais encore dans la force de l’habitude, dans la force de la petite production. […] Or, la petite production engendre le capitalisme et la bourgeoisie constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et dans de vastes proportions.»

(La maladie infantile du communisme [le «gauchisme»])

Pour le prolétariat désormais au pouvoir, il sera donc nécessaire de réprimer la bourgeoisie et la contre-révolution. Mais il lui faudra aussi diriger le processus de transition, i.e. se diriger lui-même, à partir de ses éléments les plus conscients (regroupés au sein du parti) ; et diriger (ou neutraliser) les autres couches ou classes qui ne sont pas hostiles au socialisme mais qui ne trouveront pas nécessairement intérêt à faire avancer la société jusqu’au communisme.

En fin de compte, la dictature du prolétariat, ce sera la répression féroce du camp de la réaction, et la démocratie la plus large dans le camp du peuple, le camp de la révolution.

Liquider la bourgeoisie en tant que classe et construire le pouvoir prolétarien

À l’étape du socialisme, comme l’expliquait Lénine, ce qu’il s’agit de faire, c’est de «passer de la tâche la plus simple, qui est de poursuivre l’expropriation des capitalistes, à une tâche beaucoup plus complexe et plus ardue : créer des conditions dans lesquelles la bourgeoisie ne puisse ni exister, ni se reformer à nouveau». (Les tâches immédiates du pouvoir des Soviets)

Toute cette période en sera donc une de luttes et de débats incessants, tant aux niveaux idéologique, politique qu’économique. Le prolétariat au pouvoir devra viser à généraliser et à étendre les expériences positives de transformations des rapports sociaux qui auront été entreprises, y compris celles qui l’auront été de façon embryonnaire avant même la prise du pouvoir. Il visera également à consolider et à généraliser les nouvelles formes de pouvoir qui auront été mises en place dans le cours de la lutte révolutionnaire et qui feront en sorte que de plus en plus, ce sont véritablement les masses prolétariennes à la base qui dirigeront la société : notamment les conseils révolutionnaires, ou Soviets, par lesquels le prolétariat et ses alliéEs exerceront directement le pouvoir.

Encore là, Lénine a bien résumé la conception qui doit nous guider dans l’établissement et la consolidation du nouveau pouvoir :

«Notre but est de faire participer tous les pauvres sans exception au gouvernement du pays ; et toutes les mesures prises dans ce sens – plus elles seront variées, mieux cela vaudra – doivent être soigneusement enregistrées, étudiées, systématisées, mises à l’épreuve d’une expérience plus vaste, et recevoir force de loi. Notre but est de faire remplir gratuitement les fonctions d’État par tous les travailleurs […] : il est particulièrement difficile d’y arriver, mais là seulement est la garantie de la consolidation définitive du socialisme.»

C’est d’ailleurs ainsi qu’on pourra juger de la justesse des mesures qui seront mises en place aux différentes étapes de la construction du socialisme : selon qu’elles contribueront, ou pas, à éliminer les vestiges du capitalisme, à empêcher sa restauration, à faire naître et à consolider de nouveaux rapports sociaux. Toute cette période, on l’a vu, sera donc marquée par la lutte. Il y aura nécessairement des avancées et des reculs. Parfois, le prolétariat révolutionnaire sera contraint d’opérer quelque repli tactique. Mais toujours, il faudra s’assurer que la direction générale imprimée à la société aille dans le sens du communisme. Sinon, ce sera inévitablement le retour en arrière et la restauration du capitalisme, comme on l’a vu en URSS et en Chine.

Il n’y a donc pas de garantie comme quoi le socialisme et le communisme triompheront du premier coup. La seule chose dont nous pouvons être certaines et certains, c’est qu’il s’agira d’une lutte de tous les instants. Les classes sociales n’auront pas disparu, la contradiction principale dans la société socialiste opposera encore une fois la bourgeoisie au prolétariat, comme dans l’ancienne société capitaliste, à la différence que c’est ce dernier qui en constituera désormais le pôle dominant.

Quand nous disons que les classes sociales existeront encore, c’est parce qu’il y aura toujours, sous le socialisme, des bases matérielles pour en fonder l’existence. D’abord, parmi les éléments provenant de l’ancienne bourgeoisie, qui auront certes été dépossédés de leurs moyens de production et qui ne détiendront plus le pouvoir politique mais qui conserveront néanmoins des atouts importants, susceptibles de les amener à jouer un certain rôle dans l’organisation sociale : leurs connaissances notamment, leurs relations, leur capacité de diriger (ne serait-ce que par habitude).

Puis, les rapports de production ne pourront être transformés complètement et à tous les niveaux du premier coup. Il subsistera nécessairement certaines formes de petite production, tout comme il y aura maintien de la répartition selon le travail, et non selon les besoins. Des inégalités persisteront, par exemple entre celles et ceux qui dirigent et celles et ceux qui exécutent. Et bien sûr, les vieilles idées bourgeoises et réactionnaires n’auront pas disparu par un simple coup de baguette (même si la lutte révolutionnaire aura fortement contribué à les faire reculer). Il y aura encore une part d’individualisme, y compris parmi les prolétaires, et surtout ce vieux réflexe qui nous pousse à confier à d’autres que nous (parce qu’ils sont plus éduqués et/ou qu’ils ont plus d’expérience) le soin de décider à notre place.

Sur ces bases, de nouveaux éléments bourgeois apparaîtront, même s’ils ne l’étaient pas dans l’ancienne société. Y compris parmi les communistes, dont certaines et certains vont être amenéEs à «changer de camp» à partir de leur situation privilégiée du moment. Ces gens vont mettre de l’avant des idées, des conceptions, des mesures – bref, une ligne politique – qui auront pour effet de ramener la société vers l’arrière, de préparer la restauration du capitalisme.

L’histoire a d’ailleurs montré que ce sont ces derniers (les nouveaux éléments bourgeois) qui sont souvent les plus dangereux pour l’existence du socialisme. Ne serait-ce que parce qu’ils se dissimulent et qu’on les retrouve au sein même du parti et de l’appareil d’État, i.e. là où le pouvoir est concentré, où ils peuvent se draper de l’étiquette communiste pour mieux tromper les masses et où ils en viennent même à établir leur quartier général. Comme le disait Mao Zedong après avoir connu l’expérience de 25 années de lutte pour la construction du socialisme en Chine : «Vous faites la révolution socialiste et vous ne savez même pas où se trouve la bourgeoisie. Mais elle est directement à l’intérieur du parti communiste – ce sont ceux qui sont au pouvoir et qui suivent la voie du capitalisme.»

Poursuivre la révolution jusqu’au bout !

La contradiction entre la bourgeoisie et le prolétariat, la lutte de classes qui se poursuit sous le socialisme, marquera en fait tous les débats qui auront lieu quant à l’orientation à donner à la nouvelle société, à la direction qu’il faudra prendre, aux transformations qu’il faudra opérer. Elle prendra la forme d’une lutte entre deux voies, ou deux lignes, qui se déroulera en particulier au sein du parti et qui persistera tout au long de la période de transition.

Contrairement à certains qui souhaiteraient que tout se déroule calmement, sans heurts, et qui envisagent un développement linéaire et progressif du socialisme, les communistes révolutionnaires ne craignent pas la lutte de lignes. Au contraire, nous partons d’abord du principe qu’elle existe objectivement, indépendamment de notre volonté ; et nous souhaitons alors la mener à terme, i.e. à faire triompher le point du vue qui représente les intérêts généraux du prolétariat – le point de vue communiste.

Encore là, contrairement à d’autres, les communistes révolutionnaires n’envisagent pas la lutte de lignes de manière bureaucratique. Nous ne voulons pas la limiter aux plus hautes instances de l’appareil d’État et du parti. Cela ne suffirait pas à éliminer le danger de restauration du capitalisme, étant donné que celui-ci tire ses bases dans les «défauts» même du socialisme. C’est donc à ces «défauts» qu’il faut principalement s’attaquer, si on veut éviter le retour en arrière. Comme Mao l’a si bien expliqué au moment où il a déclenché la Révolution culturelle qui visait justement à contrer un tel phénomène,

«la lutte contre ceux qui sont au pouvoir et qui suivent la voie capitaliste est la tâche principale, mais ce n’est d’aucune façon l’objectif. L’objectif, c’est de résoudre le problème de la conception du monde ; c’est d’éradiquer les racines du révisionnisme.»

Puis : «On aura beau destituer 2 000 partisans de la voie capitaliste, si on ne transforme pas notre conception du monde, il y en a 4 000 autres qui vont apparaître la prochaine fois.»

Bien sûr, ces nouveaux bourgeois, il faudra les dégommer et exercer contre eux toute la force que permet la dictature du prolétariat. Mais il faudra le faire avec la participation et le soutien des masses. Ce n’est qu’ainsi qu’on pourra faire avancer leur compréhension de ce qu’il faut faire pour aller au communisme, et transformer leur conception du monde, comme le suggérait Mao. C’est en impliquant et en mobilisant les masses dans la lutte contre la nouvelle bourgeoisie qu’on pourra également mettre en place de nouvelles mesures, de nouvelles façons de faire, qui viendront concrétiser notre volonté de transformer les rapports sociaux.

Telle est la signification profonde de la Grande révolution culturelle prolétarienne, que Mao a initiée avec succès en Chine et qui constitue désormais un passage obligé pour quiconque souhaite réussir la transition du socialisme au communisme. La révolution culturelle constitue l’expérience de transformation révolutionnaire la plus avancée dans l’histoire du prolétariat international. Pour triompher du capitalisme, rectifier le tir et atteindre le communisme, nous devrons mener plusieurs révolutions culturelles tout au long de la période de transition.

L’État, qui continue à exister tout au long de la période socialiste mais qui progressivement en vient à «dépérir», doit associer de plus en plus les masses à l’exercice du pouvoir, en aménageant, entre autres choses, les conditions qui leur permettront de le faire : à savoir du temps (par la réduction du temps de travail), la prise en charge collective des tâches domestiques, l’attribution générale de moyens (encre, papier, salles de réunions, information…) qui permettront leur libre expression, etc.

Il doit aussi voir à détruire les privilèges historiquement associés aux fonctions de direction, notamment par l’élection et la révocabilité des dirigeantes et dirigeants, l’adoption d’un mode de rémunération qui ramène leurs conditions de vie à celles des masses prolétariennes, et la participation des cadres au travail productif.

À long terme, il s’agit de permettre à chacun et à chacune de développer sa capacité à diriger, et pas seulement au niveau d’une usine ou d’un quartier (même si nécessairement, cela passe aussi par là) ; mais surtout au niveau de la société tout entière, de la planification et la direction générale qu’elle prend.

Pour que telle participation soit possible, et surtout pour qu’elle soit autre chose que toutes les consultations-bidon que les capitalistes et leurs gouvernements organisent uniquement pour nous donner l’impression que nous avons notre mot à dire sur l’administration de la société (alors qu’en fait, ce sont eux et eux seuls qui prennent toutes les décisions, et ils le font uniquement dans leurs propres intérêts), l’État doit se transformer lui-même, et surtout développer de nouveaux organes dirigeants, basés sur la participation des masses.

En fin de compte, ce qu’il faut retenir, c’est que le socialisme, ce n’est pas seulement – ni même d’abord et avant tout – la transformation du système de propriété, i.e. les nationalisations et l’appropriation des moyens de production par l’État. Le socialisme, c’est surtout la transformation des rapports de production et des rapports sociaux. C’est en changeant ces bases matérielles qu’il sera possible de parvenir à la transformation et la révolutionnarisation véritables de toute la superstructure : les institutions politiques, l’éducation, la culture, l’idéologie. C’est une bataille constante pour réellement renverser la pyramide sociale, et faire en sorte qu’ultimement, «ceux d’en bas» (i.e. le prolétariat et ses alliéEs) deviennent les véritables maîtres de la société.


Voici certaines des mesures et des tâches que le prolétariat révolutionnaire devra mettre en place et réaliser après avoir conquis le pouvoir politique. Il ne s’agit pas, ici, de «promesses électorales» bidon comme en font les partis politiques bourgeois en période électorale mais d’une liste, ni complète, ni exclusive, de mesures qui indiquent quel type de transformations devront être entreprises pour que la période historique du socialisme se déroule avec succès, i.e. qu’elle permette de détruire le mode de production capitaliste et de préparer le passage au communisme.

Dès l’effondrement du régime bourgeois, le prolétariat révolutionnaire établira un nouvel État, qui sera l’instrument de sa dictature sur la bourgeoisie et de la consolidation de son nouveau pouvoir. Cet État sera basé sur les conseils révolutionnaires, dont certains auront déjà été mis sur pied à travers le développement de la révolution, dans la grande tradition communiste des Soviets établie en Russie. Cette forme d’expression et d’organisation par excellence du pouvoir prolétarien devra conséquemment être étendue et généralisée d’un bout à l’autre du pays, à l’échelle locale comme à l’échelle nationale. Les conseils révolutionnaires détermineront et implanteront toutes les mesures nécessaires à l’établissement et au développement du socialisme ; ils deviendront ainsi les principaux organes de pouvoir autour desquels s’exercera la dictature du prolétariat.

Mesures d’ordre économique :

  • Expropriation sans indemnisation de la grande bourgeoisie, notamment des banques, des grandes industries et des réseaux de communication ; nationalisation des richesses immobilières et mobilières, de la terre, du sous-sol et des eaux ; développement de la propriété sociale et collective des principaux moyens de production ; constitution, dans toutes les unités de production, d’une direction qui agira dans l’intérêt général du prolétariat, i.e. dans le but de satisfaire les besoins collectifs et de servir la révolution mondiale ; gestion des entreprises selon un plan national et des plans locaux qui assignent les tâches à accomplir, allouent les ressources et déterminent la destination des produits.
  • Annulation des prêts, des hypothèques et de toutes les dettes envers les banques, l’État et la bourgeoisie impérialiste. Annulation des dettes et crédits contractés auprès d’autres pays. Transformation du patrimoine financier des travailleurs et travailleuses ainsi que de la petite et moyenne bourgeoisie en épargne ne produisant pas d’intérêts, que les titulaires pourront utiliser comme revenu complémentaire ou différé, à pouvoir d’achat constant ; dissolution immédiate des fonds d’investissement et de capital de risque, y compris les anciens fonds gérés par des syndicats ; protection de l’épargne, des pensions et de tout autre moyen de subsistance acquis par les travailleurs et travailleuses.
  • Réalisation du devoir pour tous et toutes d’effectuer un travail socialement utile, sauf ceux et celles reconnuEs inaptes en raison de l’âge, de la maladie ou de l’invalidité ; reconnaissance, collectivisation et «désexisation» du travail domestique (cantines, buanderies, entretien domestique, etc.) ; détermination du revenu individuel par le collectif de travailleurs et de travailleuses, en fonction de la quantité et la qualité du travail effectué ; octroi d’une allocation universelle suffisante pour tous ceux et celles qui ne peuvent effectuer un travail socialement utile (enfants, étudiantEs, personnes âgées, inaptes), qui permette notamment aux femmes de s’émanciper des hommes et aux jeunes de ne plus dépendre de leurs parents.
  • Réduction constante et progressive des écarts salariaux jusqu’à leur complète élimination, entre travailleurs et travailleuses manuelLEs et intellectuelLEs, hommes et femmes, dirigeantEs et dirigéEs, entre ceux et celles qui possèdent plus de connaissances ou de qualifications et les autres qui en ont moins, entre villes et campagnes.
  • Rétribution des directeurs, des directrices et de toute personne chargée d’une fonction publique à qui telle responsabilité a été déléguée sur la base du salaire ouvrier moyen, que nous appelons aussi le «maximum communiste» – les locaux, moyens de transport et autres fournitures nécessaires à l’accomplissement des tâches qui ont été confiées demeurant propriété collective.
  • Protection de la propriété individuelle des travailleurs et travailleuses autonomes tout en gardant la propriété collective comme objectif ; soutien à l’application des technologies les plus avancées, les plus sûres, les plus propres et les plus productives ; commandes et fournitures planifiées et assurance des débouchés ; transformation graduelle et volontaire des entreprises individuelles et familiales en coopératives de production et de distribution, puis transformation de ces coopératives en propriété collective.

Mesures d’ordre politique :

  • Participation de tous les dirigeantEs, y compris les dirigeantEs à l’intérieur du parti, aux tâches de base.
  • Formation à la gestion des différents milieux de travail des travailleuses et des travailleurs afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeantEs et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie via la formation d’expertEs.
  • Formation à la vie politique des éléments les plus avancés parmi les masses afin d’assurer le remplacement périodique des dirigeantEs du parti et retour obligatoire de ces dernières et derniers aux tâches de base afin d’éviter le renouvellement de la bourgeoisie à l’intérieur même du parti.
  • Développement d’échanges économiques avec les autres pays sur la base de l’intérêt réciproque et du respect de l’indépendance mutuelle ; fin immédiate de l’occupation des territoires autochtones ; développement de relations fraternelles avec les autres pays socialistes.
  • Dissolution de l’armée, de la police et de tous les organes répressifs du vieil État bourgeois ; expulsion du territoire canadien des forces armées étrangères, de la police et des espions ; armement général des masses et constitution de milices prolétariennes qui verront à développer leur capacité à assurer elles-mêmes la défense du nouveau pouvoir ; maintien d’une armée rouge permanente chargée d’empêcher la contre-révolution et de défendre le pays contre toute menace étrangère.
  • Annulation de tous les traités militaires, politiques et commerciaux signés par l’ancien régime, y compris ceux qui maintiennent l’oppression des nations autochtones ; expulsion des diplomates, représentantEs officielLEs et agentEs d’autres États qui ne respectent pas les dispositions prises par les autorités révolutionnaires, qui cherchent à influencer les masses et/ou dont la présence n’est plus nécessaire ; soutien actif, politique et matériel, aux organisations révolutionnaires du prolétariat et aux mouvements de libération qui luttent contre la domination impérialiste.
  • Dissolution des organes de l’administration publique de la bourgeoisie (gouvernements fédéral et provinciaux, conseils de bande autochtones, conseils municipaux, organismes chargés de gérer les écoles et le système de santé, etc.).
  • À tous les niveaux (central, national, provincial, régional, local…), remise du pouvoir aux mains d’un conseil révolutionnaire unique composé de déléguéEs éluEs et révocables en tout temps par ceux et celles qui les ont éluEs et assurant une représentation équitable entre hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, militantEs avec et sans parti, etc ; ont le droit de vote les prolétaires ainsi que tous ceux et celles qui participent à la construction du socialisme.
  • Dissolution des associations professionnelles et des organisations de la bourgeoisie (chambres de commerce, Conseil du patronat, etc.) ; abolition des droits politiques et civils des membres de la grande bourgeoisie impérialiste ; obligation pour tous les autres bourgeois de se soumettre au collectif des travailleurs et des travailleuses sous peine de se voir retirer tels droits ; répression de toute tentative de la bourgeoisie de restaurer son pouvoir et ses privilèges, d’user de son autorité morale et de ses moyens pour influencer les masses et la vie sociale.
  • Élection et révocabilité des officières et officiers de justice, des fonctionnaires de l’administration publique, des dirigeantEs des forces armées et des milices.
  • Égalité absolue des langues et des nations ; reconnaissance du droit à l’autodétermination pour les nations opprimées ; interdiction de toute discrimination basée sur la langue parlée, la connaissance d’une langue, l’appartenance nationale ou l’origine ethnique ; respect des droits des minorités nationales et des groupes minoritaires, y compris le droit à l’éducation et la préservation de leur culture.

Mesures d’ordre social :

  • Réduction et limitation de la durée de la journée de travail ; interdiction du temps supplémentaire obligatoire et du travail de nuit contraint, sauf dans les cas où cela est absolument indispensable ; limitation de la période pendant laquelle une personne pourra être employée à des travaux nocifs et difficiles, et rotation des tâches planifiée en conséquence.
  • Valorisation du travail volontaire, au-delà du travail obligatoire ; au fur et à mesure que la production croît et que la situation le permet, implantation et généralisation, autant que possible, de la répartition «à chacunE selon ses besoins» plutôt que selon son travail ; transformation progressive de toute activité sociale en travail volontaire permettant la libre expression de la créativité et l’émancipation de chaque individuE ; réduction du travail obligatoire jusqu’à sa complète élimination.
  • Reconnaissance du droit de grève et de s’organiser, de la liberté de manifester pour les couches prolétariennes, comme moyen privilégié d’affirmer leur dissidence.
  • Nationalisation du patrimoine immobilier urbain appartenant aux capitalistes ; attribution collective du logement pour répondre aux besoins des masses prolétariennes ; amélioration collective de la salubrité et de la qualité du logement ; utilisation sécuritaire et gratuite des réseaux domestiques (électricité, gaz, aqueducs) ; mise à la disposition de l’espace et du patrimoine immobilier pour les activités sociales et communautaires.
  • Organisation générale des masses et prise en charge directe par leurs organisations des tâches de gestion d’un nombre croissant d’aspects de la vie : économie, culture, santé, éducation, administration de la justice, ordre public, défense du territoire, lutte contre la contre-révolution, organisation des milices prolétariennes, etc.
  • Généralisation des congés parentaux et des congés payés pour le soin des enfants ; protection physique et morale des femmes enceintes pendant toute la durée de la grossesse et la période qui suit l’accouchement ; droit à l’avortement et à la contraception libres et gratuits ; mise en place de garderies gratuites dans toutes les entreprises et les quartiers.
  • Reconnaissance et éducation quant au fait que le soin et l’éducation des enfants sont la responsabilité de toute la collectivité et qu’ils concernent donc également les unités de travail, l’administration publique et les organisations de masse ; mise en place de mesures qui aideront les jeunes à rompre leur dépendance par rapport à leur famille immédiate et qui favoriseront leur plein épanouissement ainsi que leur sécurité affective ; participation des jeunes au travail productif, dans la mesure de leurs capacités, afin de les aider à acquérir l’expérience, la connaissance et les relations sociales qui leur permettront de s’émanciper.
  • Mobilisation de masse pour lutter contre l’exploitation et la violence faites aux femmes et aux enfants et contre la soumission des femmes envers les hommes ; lancement de campagnes politiques fréquentes et généralisées contre les valeurs sexistes traditionnelles et pour valoriser la participation des femmes à tous les aspects de la vie sociale ; neutralisation des éléments réactionnaires qui agissent à l’encontre de la pleine émancipation des femmes ; rééducation et punition des violeurs, des incestueux, des pédophiles, des exploiteurs sexuels et des récidivistes.
  • Abolition et interdiction de toute forme de discrimination raciale : au travail, dans le logement, dans l’accès aux services publics, etc. ; octroi de droits égaux à tousTES les travailleursSES ; dissolution des organisations racistes et suprémacistes ; valorisation des échanges culturels entre prolétaires de différentes nationalités ; ouverture des frontières aux travailleurs et travailleuses venuEs de l’étranger.
  • Lutte conséquente contre l’homophobie et contre toute forme de discrimination à l’endroit des gais et lesbiennes et des autres minorités sexuelles.
  • Reconnaissance du droit pour tous et toutes à la santé et aux services sociaux ; accès gratuit aux hôpitaux, aux centres de santé et aux soins reconnus ; instruction sanitaire universelle et développement de la lutte contre la propriété privée de la médecine.
  • Nomination d’inspecteurs et inspectrices du travail éluEs et révocables ayant l’autorité d’intervenir et de prendre toute mesure nécessaire à la protection de l’hygiène, de la sécurité du travail et de l’environnement.
  • Création de bureaux de placement chargés de distribuer la main-d’œuvre de manière rationnelle ; développement de la formation professionnelle dans l’optique de réduire les divisions entre travail manuel et travail intellectuel, entre direction et exécution ; généralisation d’échanges d’expériences inter-entreprises.
  • Répartition équilibrée du développement industriel sur l’ensemble du territoire pour combattre la tendance du capitalisme à la création de mégapoles ; protection du patrimoine naturel ; développement de rapports politiques et économiques égalitaires entre villes et campagnes.
  • Reconnaissance du droit à une vie digne aux personnes âgées, incluant la possibilité de mettre leur expérience au service de la révolution et de la société en général, notamment auprès des jeunes générations.
  • Séparation totale et complète de l’Église et de l’État ; liberté de pratiquer une religion, et propagation par l’État révolutionnaire de la science et de l’athéisme.
  • Disponibilité et liberté d’accès aux services publics, incluant le téléphone, la poste, la radio, l’Internet, les transports publics (y compris les transports interurbains), les musées, etc.
  • Développement du contrôle collectif sur l’environnement et les ressources ; préservation et protection de tout ce qui est nécessaire à la satisfaction des besoins collectifs et à l’avancement vers une société sans classes et la réalisation du communisme sur toute la planète.
  • Mise en place de banques d’outils et de biens collectifs pouvant être utilisés de façon communautaire.

Mesures d’ordre culturel :

  • Instruction générale polytechnique et scientifique gratuite, obligatoire et de base pour touTEs les jeunes ; développement d’un lien étroit entre l’éducation et le travail productif ; démantèlement des universités bourgeoises qui seront transformées en centres de recherche et de développement au service de la révolution, dont l’accès sera gratuit et se fera sur la base de l’origine de classe et de la disposition à servir le peuple et la révolution ; obligation pour les étudiantEs de niveau supérieur de participer au travail productif ; ouverture des écoles aux jeunes en provenance des pays opprimés par l’impérialisme et aux représentantEs des mouvements de libération ; direction des écoles par les conseils révolutionnaires, qui nomment les administrateurs et administratrices et qui peuvent les révoquer.
  • Développement d’une vie culturelle complète et variée qui aide les masses populaires et prolétariennes à comprendre leurs problèmes et le monde dans lequel elles vivent, à trouver des solutions appropriées et à aller de l’avant dans la lutte pour le transformer ; établissement d’un climat qui permette la liberté d’expression et la lutte contre les idées réactionnaires et pour la consolidation du pouvoir prolétarien : «que Cent fleurs s’épanouissent, que Cent écoles rivalisent» ; libre accès à la presse, à la radio, à la télé, aux réseaux informatiques, aux locaux et à tous les moyens nécessaires au développement de la démocratie ouvrière.
  • Valorisation du travail intellectuel au service des masses et de la révolution ; utilisation des connaissances et du patrimoine scientifiques pour améliorer les conditions matérielles, morales et culturelles de chacunE ; abolition de la propriété intellectuelle, des brevets, des droits d’auteur et de la propriété artistique.
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