Voici quelques réflexions personnelles concernant les questions organisationnelles, qui j’espère permettront aux camarades à l’extérieur de notre organisation de mieux comprendre nos objectifs. Ce qui suit vise aussi à démystifier le fonctionnement du parti coupant court aux ragots et mystifications que certaines personnes malhonnêtes entretiennent à notre égard.

Une des leçons données par l’histoire du mouvement communiste est que le prolétariat ne peut espérer réussir à prendre le pouvoir des mains de la bourgeoisie impérialiste, ni même réussir à concentrer sa puissance s’il n’est pas dirigé dans la lutte des classes par un véritable parti communiste qui organise les prolétaires les plus avancéEs (tous ceux et celles qui se distinguent, par leurs interrogations, leurs prises de positions, leur clarté de vue sur telle ou telle question : contre le nationalisme, le chauvinisme, le pacifisme, le sexisme, le patriotisme d’entreprise, le réalisme économique, etc.) et qui sache diriger dans la lutte contre le capitalisme l’ensemble des masses prolétariennes. Le parti n’est pas simplement l’organisation disciplinée des communistes, c’est dans les faits une organisation qui part des larges masses prolétariennes pour y recueillir informations et forces, qui sait traiter ces informations et organiser ces novelles forces pour les lancer à l’assaut de la bourgeoisie d’une façon toujours plus précise, puissante. Constituer le parti communiste révolutionnaire : telle est la tâche principale à l’étape actuelle des communistes au Canada.

Pour aller vers la victoire, nous avons besoin d’un parti qui soit fondé sur le prolétariat, qui ait comme objectif l’instauration du pouvoir de la classe ouvrière et l’élimination de celui de la bourgeoisie impérialiste, qui subordonne tout à cet objectif, qui sélectionne et forme ses membres, ses dirigeants et dirigeantes, ses organisations et son lien avec les masses en fonction de cet objectif, qui soit capable de résister aux attaques de la bourgeoisie, qui fasse l’apprentissage et la vérification dans la pratique du marxisme-léninisme-maoïsme. Le parti communiste dont nous avons besoin est donc une organisation de combat du prolétariat et des masses opprimées. Il ne se constitue pas à l’extérieur du prolétariat mais au contraire y trouve ses bases les plus solides.

Le rôle spécifique du parti est :

  • de mettre de l’avant l’intérêt général du prolétariat en relation avec les caractéristiques du capitalisme au Canada et de déterminer les tâches spécifiques à poursuivre étape par étape ;
  • de faire en sorte que le point de vue prolétarien révolutionnaire dirige les actions du prolétariat ;
  • d’augmenter les forces révolutionnaires ;
  • d’organiser et diriger la conquête du pouvoir par le prolétariat et de diriger la réorganisation de la société sur la base de la propriété collective des moyens de production.

Où en sommes-nous dans le travail de construction du parti ?

C’est un fait qu’aujourd’hui, au Canada, les prolétaires avancéEs sont disperséEs dans les masses et que les masses sont pour le moment incapables d’initiative politique indépendante permanente. D’ailleurs, la majorité du prolétariat n’adhère pas au communisme, même si par ailleurs, elle adhère aux idéaux du communisme. Comment à partir de cette réalité réussir à accomplir notre tâche de constituer le parti communiste révolutionnaire ?

Nous sommes certains et certaines de rallier les éléments avancés du prolétariat au communisme parce que seulement le communisme pourra réaliser leurs aspirations. Mais cela exige en premier lieu de développer notre ligne politique. Il faut aussi mener la lutte constante pour combattre le révisionnisme, l’opportunisme et le réformisme au sein de nos rangs. Plus encore, nous devons viser à l’appropriation individuelle et collective du marxisme-léninisme-maoisme. UnE camarade qui sous-estime le travail d’enquête et d’analyse, d’apprentissage de la théorie et de vérification de la théorie dans la pratique fait preuve de libéralisme et en réalité nous éloigne de notre but et nuit au travail collectif. Comment pourrait-on demander aux masses d’accomplir ce que nous dédaignons prendre en charge sérieusement. Mao disait : «sans enquête pas le droit de parole» ; nous disons : «sans pratique révolutionnaire, pas le droit de se qualifier de communiste révolutionnaire» !

CertainEs soutiennent que pour constituer le parti communiste révolutionnaire, il faut au préalable avoir rallié des prolétaires dans les zones les plus significatives du Canada. Ce groupe de prolétaires devenant l’avant-garde organisée du prolétariat. Cette thèse, ralliement des prolétaires communistes puis constitution du parti a inspiré l’activité de la plupart des organisations communistes canadiennes des années 70. Justement, si nous regardons la situation présente, il est évident qu’il n’existe pas de fraction importante «significative» de prolétaires qui pour le moment, aient la volonté et la capacité de constituer le parti communiste révolutionnaire. Dans la pratique, cette conception porte à renvoyer la constitution du parti aux conditions qui justement l’empêchent de se créer.

Il faut du même souffle combattre l’idée d’une voie facile pour construire le parti communiste, qu’au lieu de tenter de rallier au communisme les éléments d’avant-garde, au lieu de mener les débats avec d’autres courants, qu’il est plus aisé de faire l’économie de l’analyse et le contrôle de l’expérience communiste et d’aller de l’avant seul Cette idée volontariste est dans les faits la renonciation à comprendre les conditions de la lutte des classes ici et maintenant. Moins on comprend le processus en cours et les contradictions qui s’y trouvent, moins nous sommes en mesure de déterminer des actions permettant de l’orienter. La constitution du parti n’est pas seulement une question de volonté, c’est aussi une question d’analyse concrète d’une situation concrète sur la base des principes du marxisme.

Ce que nous devons présenter aux prolétaires les plus exploitéEs, c’est la conception communiste du monde, c’est-à-dire une conception d’avant-garde et révolutionnaire et nous devons dans notre travail démontrer l’efficacité de notre conception du monde. C’est donc à nous de former cette organisation qui pourra pleinement donner vie aux conceptions communistes. En d’autres termes, il faut d’abord que nous mettions toute notre énergie à constituer le parti communiste et ensuite faire face à la tâche de conquérir au communisme le prolétariat. Si on veut simplifier la question de la construction d’une organisation d’avant-garde il faut en saisir à chacune des étapes l’aspect principal et l’aspect secondaire, leur liaison et leur développement ; de façon schématique nous devons travailler à 1) construire le parti communiste révolutionnaire ; 2) conquérir au communisme les prolétaires les plus exploitéEs et ainsi effectuer la transformation d’organisation révolutionnaire à parti d’avant-garde ; 3) unir l’ensemble du prolétariat et des masses opprimées pour l’attaque contre la bourgeoisie impérialiste.

Pourquoi distinguer des étapes ? Principalement pour déterminer les tâches principales que nous devons accomplir pour continuer à accumuler des forces. La première étape exige que l’on donne priorité à certaines activités, quoique pour pleinement les réaliser nous devions avoir avancé dans les tâches de la deuxième et troisième étape.

Nos tâches principales à l’étape actuelle sont donc :

  • développer une presse clandestine ;
  • mener le bilan de l’expérience communiste pour définir la stratégie ;
  • définir le programme du parti ;
  • formuler et généraliser l’analyse de la situation politique et économique et les mots d’ordre conséquents ;
  • mener dans le mouvement révolutionnaire la lutte pour la constitution du parti ;
  • créer les structures centrales et périphériques du parti.

La lutte pour la constitution du parti est en premier lieu le combat pour l’élaboration du programme et l’unité autour de lui. Proposer, discuter, faire toutes les évaluations et les réflexions nécessaires pour arriver à la formulation commune du bilan du mouvement révolutionnaire et de nos expériences, de l’analyse de le dynamique économique et politique de la société et à la formulation de nos objectifs sont des éléments de la constitution du parti. Notre programme doit être connu et discuté parmi les masses dans le cours de son élaboration en exploitant toutes les possibilités. L’élaboration du programme est un élément de construction de notre rapport d’unité avec les masses.

Évidemment, la constitution du parti ne changera pas du jour au lendemain le rapport de force entre nous et notre ennemi, ni n’augmentera à court terme nos forces radicalement. Mais la lutte pour créer le parti et sa constitution effective est une décision pratique de grande importance qui améliorera l’emploi de nos forces ce qui créera ultérieurement les conditions plus favorables pour nous. La construction du parti est un travail dont les protagonistes principaux sont les communistes aujourd’hui dans notre pays, ceux et celles que nous pouvons gagner et bien sûr ceux et celles que gagnerons au communisme à l’avenir. C’est la seule voie à prendre pour être aptes affronter nos tâches d’aujourd’hui et celles de demain. Cela consiste pour nous à prendre l’initiative, devancer la bourgeoisie et préparer nos forces actuelles limitées de manière à ce qu’elles soient aptes à accueillir, organiser et diriger vers la lutte les forces que la crise du capitalisme produit elle-même.

Pour une période plus ou moins longue la tactique du parti doit tenir compte du fait que 1) les forces révolutionnaires organisées sont petites et les forces de la réaction sont grandes ; 2) les forces potentielles du prolétariat révolutionnaire sont grandes et celles de la bourgeoisie faibles. Les résultats de chaque initiative se mesurent donc sur la croissance de nos forces et par l’affaiblissement des forces de notre adversaire.

La ligne politique et l’organisation

Le parti constitue un organisme unique d’un système de divisions de tâches, chaque comité travaille avec créativité et initiative à définir et réaliser ses objectifs spécifiques en les incorporant à la ligne générale du parti. Sans un système de division de tâches, nous gâchons des énergies et provoquons des déviations, parce que nous mettons des camarades face à des tâches auxquelles ils ne sont pas préparéEs. La division des tâches favorise la croissance de l’ensemble des camarades.

Le programme du parti communiste

Pour unir les militants et militantes révolutionnaires, pour la formation des membres du parti, pour assurer le lien entre le parti et les masses, il est essentiel d’avoir un programme du parti : ce que veulent les communistes ? pourquoi nous combattons ? Etc.

Il faut toujours avoir en tête que lorsqu’on parle du développement d’une organisation on doit souligner l’importance de la ligne politique. Le parti existe pour appliquer la ligne politique et il se constitue et s’ajuste à partir de la ligne (bien que pour réaliser complètement sa ligne politique il faut le parti). Le facteur principal du succès d’un parti communiste est sa ligne politique et son lien aux masses. Bien que la bourgeoisie prenne de grands moyens pour réprimer le mouvement communiste, elle n’a jamais réussi à empêcher l’activité d’un parti communiste qui avait une ligne juste et qui sur la base de cette ligne puisait au réservoir inépuisable d’énergies et de ressources de tout genre qu’est le prolétariat. C’est pourquoi le parti doit se lier sans réserve aux masses dans l’action révolutionnaire en adoptant comme méthode principale de travail et de direction la ligne de masse (partir des masses pour revenir aux masses) et comme principe stratégique, la nécessité de la direction prolétarienne (la classe ouvrière doit exercer sa direction en tout) et d’une ligne politique juste (pour conduire la révolution, un parti doit s’appuyer sur la justesse de sa ligne politique et la solidité de son organisation).

Le programme du parti doit comprendre :

  • le bilan du mouvement communiste et des révolutions prolétariennes ;
  • le bilan de l’histoire de notre pays ;
  • la compréhension du développement du capitalisme dans notre pays ;
  • l’analyse de classe ;
  • les tâches de transformation de la société de notre pays que nous proposons.

Le travail théorique

On ne peut mener à la victoire un mouvement révolutionnaire sans autonomie de la bourgeoisie dans le champ de la conception du monde et de l’analyse des tendances du mouvement économique et politique de la société.

Comme le faisait remarquer il y a trois ans l’équipe du Drapeau Rouge,

«pour nombre de militants-es cette étape de démarrage apparaît comme une période qui empêche ou qui repousse le moment où les prolétaires révolutionnaires dirigent directement les luttes de masses. On voudrait diriger les luttes étudiantes, syndicales. On voudrait diriger l’action des travailleurs pauvres ; on voudrait tellement et souvent tellement honnêtement qu’on pense y parvenir sans le parti, i.e. en s’appuyant sur le mouvement spontané plutôt que sur l’organisation des prolétaires d’avant-garde.

«Il faut toujours garder à l’esprit que sans parti révolutionnaire et sans théorie et programme révolutionnaire, sans une ligne politique juste, c’est immanquablement le mouvement spontané qui nous dirige, et non pas nous qui le dirigeons.»

Le parti doit d’abord assurer son autonomie 1) en se servant du patrimoine d’expérience du mouvement communiste ; 2) en appliquant le marxisme-léninisme-maoïsme à la situation réelle de notre pays et de pays capitalistes avancés ; 3) en utilisant ses liens avec les masses.

Le travail théorique aboutit à la définition de la ligne du parti et de sa propagande et son agitation. Ceux-ci sont essentiels afin d’orienter le mouvement des masses. La faiblesse en ce domaine nous isole des masses. Le parti doit absolument faire en sorte que son programme, son analyse, sa ligne soient connus et débattus parmi les masses, sans se laisser empêtrer dans les bavardages auxquels participent une grande partie des intellectuels et intellectuelles.

Nous ne pouvons pas confier le travail théorique à la seule spontanéité ou inclinaison naturelle des membres du parti. Nous devons encourager l’étude du marxisme-léninisme-maoïsme avec des initiatives spécifiques. Nous devons créer des moyens spécifiques du parti pour effectuer ce travail, comme toute autre tâche. Au risque de se répéter, le parti dont nous parlons doit être le centre de l’accumulation des forces révolutionnaires : parti, organisations des masses, armée. Si le parti a une ligne politique erronée, le parti, les organisations de masse et l’armée révolutionnaire ne seront pas appuyées par les masses.

Le centralisme démocratique

Dans toute la phase d’accumulation des forces en condition de déséquilibre des forces vis-à-vis la bourgeoisie, chaque comité du parti apprend à agir avec autonomie, même pour de longues périodes, en s’orientant sur la base de la ligne établie, du programme et de principes communs. La fidèle application de la ligne commune, avec créativité et initiative, est un élément essentiel à la survie du parti.

Le mode de fonctionnement du parti est le centralisme démocratique : fidélité à la ligne et aux directives reçues de l’instance supérieure, vaste participation des membres à l’élaboration de la ligne politique et du programme, à la définition précise des responsabilités individuelles, exécution de la ligne décidée par la majorité, vérification commune des résultats. Les désaccords de ligne sont traités sur la base de l’expérience. La prémisse nécessaire au bon fonctionnement du centralisme démocratique est l’application sincère et la réalisation de la ligne établie en commun : seulement ainsi peut-on en vérifier la justesse.

Le centralisme démocratique, cela signifie en pratique :

  • élection de tous les organismes dirigeants du parti de la base au sommet ;
  • comptes rendus périodiques des organismes du parti devant leurs organisations respectives ;
  • discipline rigoureuse dans le parti et soumission de la minorité à la majorité ;
  • caractère strictement obligatoire des décisions des organismes supérieurs pour les organismes inférieurs.

Il faut toutefois souligner que sans une vaste diffusion de notre programme, notre analyse et de notre ligne, il est impossible d’avoir une réelle centralisation du parti et un véritable lien avec les masses. La centralisation veut dire que dans n’importe quelle situation, même dans la plus absolue clandestinité ou lorsque les liens entre les organismes dirigeants et ceux de la périphérie en viennent à être moins fréquents du fait de la répression, tous les membres du parti, chacun dans son milieu, sont en mesure de s’orienter, de savoir tirer de la réalité les éléments pour établir une directive et de pouvoir encore lutter. Plus notre analyse et notre ligne sont largement diffusées, moins nous avons besoin de messages entre nous et de messagers, ainsi nous rendons plus difficile le travail répressif de la police.

La peur des chefs

Le bombardement en règle qu’effectue la bourgeoisie dans la société afin d’imposer sa conception du monde, c’est-à-dire la culture bourgeoise, a comme effet d’entretenir une incompréhension de la réalité de la lutte des classes. Une fraction du mouvement révolutionnaire (entre autres le mouvement anarchiste) a cru empêcher avec «l’égalitarisme» l’émergence d’une direction, de chefs et surtout de prévenir leur corruption future. En réalité, cette fraction a elle aussi ses propres chefs. Ils et elles peuvent bien refuser l’étiquette, mais ce sont tout de même des dirigeantEs (spontanéEs) : seulement, ils ne sont ni choisis, ni évalués, ni redevables !

Quant à nous, nous partons du marxisme qui ne connaît aucune règle, aucun article de statut, aucune forme de lutte qui soit en mesure, en soi, de conserver la pureté révolutionnaire. La seule façon de limiter l’influence de la bourgeoisie dans nos rangs, sa corruption, se situe plutôt et justement dans un système organisé de division des tâches (dont des tâches de direction) qui permette de mener chaque jour, dans chaque circonstance, en analysant concrètement les situations, la lutte pour épurer nos rangs de l’influence négative de la bourgeoisie.

La lutte entre les deux lignes

À l’intérieur des rangs du parti, la lutte entre les deux lignes existe objectivement. Les communistes savent que les idées justes ne tombent pas du ciel et ne sont pas innées. Elles se développent et se renforcent dans la lutte contre celles qui sont erronées.

L’opposition et la lutte entre des conceptions différentes apparaissent constamment au sein du parti : c’est le reflet dans le parti, des contradictions de classes et des contradictions entre le nouveau et l’ancien existant dans la société. Nous sommes pour la lutte idéologique active, car elle est l’arme qui assure l’unité à l’intérieur du parti.

Le parti, à travers ses structures spécifiques, doit s’attaquer aux questions suivantes :

  1. comprendre les contradictions qui traversent la société ;
  2. développer l’analyse de classe ;
  3. formuler la ligne politique, la diffuser et voir à son application ;
  4. créer les organisations et les structures du parti ;
  5. former de nouveaux membres du parti ;
  6. orienter et diriger le prolétariat et les masses.

Développer l’agitation et la propagande

Le moyen principal pour accomplir ce travail est une presse clandestine, vraiment libre (donc rigoureusement organisée), dans laquelle puisse se réaliser une libre comparaison d’opinions et une libre élaboration des conceptions justes. Il n’est pas concevable qu’on pense au développement d’une organisation révolutionnaire si on est impuissant à faire face à la tâche d’organiser la production et la circulation de la propagande communiste. Être en désaccord avec cette initiative veut seulement dire, en synthèse, qu’un mouvement ou un parti peut se développer uniquement (ou principalement) à travers la propagande constituée de l’action.

Au contraire, pour mener à bien le travail théorique, la diffusion de la propagande et l’agitation du parti, la presse révolutionnaire joue un rôle fondamental. Nous devons créer un système de presse clandestine qui soit entièrement libre vis-à-vis de la bourgeoisie. Nous devons favoriser l’apprentissage et le développement de méthodes pour faire circuler la presse du parti.

La tâche internationaliste du parti

Le mouvement révolutionnaire est un mouvement international, parce que la réalisation de l’intérêt général du prolétariat ne peut se réaliser qu’au niveau mondial et parce que les forces des capitalistes sont coalisées au niveau mondial. Notre parti doit se poser comme une section de l’armée mondiale du prolétariat, même si cette armée n’a pas aujourd’hui une expression organisée (une Internationale communiste).

Afin d’accélérer la recomposition du mouvement révolutionnaire nous devons :

  1. mener la révolution dans notre pays ;
  2. entretenir des liens étroits de solidarité et de collaboration avec les organisations du mouvement révolutionnaire des pays impérialistes ;
  3. soutenir les luttes de libération anti-impérialiste des pays dominés ;
  4. soutenir les immigrés-es et faciliter leur participation au mouvement des masses et au travail révolutionnaire.

Le caractère clandestin du parti

Il faut ferment adhérer à l’idée que le prolétariat ne peut pas combattre la bourgeoisie impérialiste victorieusement, il ne peut pas se placer comme son adversaire dans la lutte pour le pouvoir, il ne peut pas mener l’accumulation des forces révolutionnaires jusqu’à renverser le rapport de force actuellement défavorable avec les forces de la réaction, s’il n’a pas cette force avancée qui s’organise à l’extérieur des lois et du pouvoir de la bourgeoisie. Plus le parti est inséré dans la légalité bourgeoise, plus il est influencé par la bourgeoisie, par ses lois et par son État.

Pour se développer, le parti communiste ne peut se limiter à opérer dans les limites que la bourgeoisie permet, comme un autre parti de la société bourgeoise. Cela veut dire que le parti communiste se développe stratégiquement dans la clandestinité en assumant sa propre possibilité d’exister et d’opérer peu importe la situation. Ce choix de construire le parti en dehors de l’espace légale consentie par la bourgeoisie est le fruit de l’analyse des conditions dans laquelle la lutte des classes se développe. CertainEs anarchistes y voient la volonté de recréer un pouvoir au-dessus des masses. Nous disons à ces camarades que pour faire la révolution, le prolétariat a besoin d’une organisation disciplinée unie autour d’un même but. Les États capitalistes avancés ont beaucoup appris des premières révolutions et elles ont développé une bureaucratie immense, une armée perfectionnée, des structures préventives qui permettent d’attaquer les noyaux révolutionnaires lorsqu’ils se rassemblent. Ceux et celles qui refusent de voir les conditions matérielles de la lutte gaspillent nos forces et nous mènent par des chemins plus rapides à la défaite.

Même si le parti est construit en dehors des limites imposées par la bourgeoisie, il destine une partie de ses membres à accomplir des tâches dans la lutte politique légale, dans le travail légal de mobilisation des masses et il crée toutes les structures légales que la situation permet de créer. Le rapport entre travail illégal et légal varie selon les situations concrètes ; actuellement et pour un temps indéterminé encore dans notre pays, il sera résolument en faveur de la partie légale. Mais en tout temps nous devons concevoir ce rapport comme une combinaison en mouvement ; le parti communiste, pour remplir avec succès sa tâche, doit combiner l’activité légale avec l’activité illégale dans le sens précis que l’activité illégale dirige et est le fondement et la direction de l’activité légale, que l’activité illégale est principale et l’activité légale est subordonnée à elle, que l’activité illégale est absolue et l’activité légale conditionnée, relative au rapport des forces entre classe ouvrière et bourgeoisie impérialiste, relative aux décisions que la classe dominante considère convenables pour elle-même. Mais cela on ne l’improvise pas, cela demande un travail conscient, une lutte contre le travail artisanal, les conceptions libérales et contre les influences de la bourgeoisie.

Le caractère prolétarien du parti

Les cellules ouvrières, dans les lieux de travail, sont la base du parti, la source de formation du caractère et de l’idéologie du parti, la garantie de la continuité du parti, la structure stratégique du parti.

Les membres du parti ont les mêmes droits et les devoirs, indépendamment de leur origine de classe, mais le parti favorise le recrutement de prolétaires en s’assurant de développer des mesures particulières pour faire en sorte qu’ils ou elles accèdent aux instances dirigeantes du parti. La structure ouvrière du parti est fondamentale pour la continuité du parti.

Plus le capitalisme est historiquement dépassé, plus les éléments provenant de d’autres classes s’approchent du prolétariat et du parti. L’expérience du mouvement révolutionnaire des pays impérialistes enseigne que le parti doit avoir, pour ces éléments, des critères sévères de sélection dans l’admission au parti, sous peine d’avoir un parti peu capable de s’orienter et de manœuvrer ; de même nous devons orienter ces éléments, en favoriser l’organisation.

Les masses

L’action du parti dans le mouvement des masses part de la conscience que la structure de la société bourgeoise dans les pays impérialistes est telle qu’il est impossible pour la bourgeoisie de se passer d’un certain degré de collaboration ou au moins de neutralité de la part des masses.

La bourgeoisie peut frapper et frappe les chefs des organisations. Mais pour neutraliser et pacifier les masses, le pouvoir bourgeois a besoin au moins de la collaboration passive des masses. Il ne peut pas s’en passer étant donné le degré de socialisation des forces productives.

Là réside un point faible de la bourgeoisie et c’est là que le parti doit développer une activité qui permette d’orienter les masses et les diriger contre la collaboration avec la bourgeoisie.

Dans toute l’activité pratique de notre organisation, une direction juste doit se fonder sur le principe suivant : partir des masses pour retourner aux masses. Concrètement, cela signifie qu’il faut recueillir les idées des masses (dispersées, non systématiques) les concentrer (en idées généralisées et systématisées, après étude), puis aller de nouveau dans les masses pour les diffuser, les expliquer, faire en sorte que les masses se les assimilent, y adhèrent fermement et les traduisent en actions ; et vérifier dans l’action même la justesse de ces idées.

Quand on parle des idées des masses, on parle de la tendance positive des masses à lutter et à s’organiser contre l’oppression et l’exploitation, contre l’impérialisme et la bourgeoisie. À l’inverse, le racisme, le sexisme, le réformisme, le révisionnisme sont des tendances négatives que la bourgeoisie amène dans le prolétariat. Nous devons combattre ces idées et pratiques de la bourgeoisie.

La ligne de masse se compose donc des éléments suivants :

  1. analyser les tendances qu’il y a dans les masses prolétariennes et populaires, les recueillir et faire une synthèse qui partage les tendances positives (celles qui correspondent aux intérêts du prolétariat et des masses populaires) des tendances négatives (produites et par l’influence de la classe dominante, et par les contradictions au sein des masses prolétariennes et populaires ;
  2. choisir quelle tendance appuyer et quelle tendance combattre ;
  3. déduire une ligne d’action et des méthodes pour soutenir et renforcer et développer la tendance positive et pour combattre la tendance négative ;
  4. retransmettre la ligne et les méthodes ainsi élaborées aux masses de façon que leur mouvement devienne plus précis et plus puissant et leur unité plus profonde, vérifier la ligne et les méthodes par les résultats, etc.

Pour ce faire, chaque camarade doit se demander (et à chaque camarade on doit demander) : quelle est la situation dans laquelle concrètement je travaille ? Quels sont les facteurs positifs, lesquels sont négatifs ? Quelles tendances de développement y œuvrent ? Lesquelles appuyer ? Lesquelles combattre ? Qui est la gauche ? Qui est la droite ? Qui est le centre ? Quelles mesures faut-il prendre et quelles ressources faut-il employer pour mobiliser la gauche, isoler la droite rallier le centre à la gauche ?

Le mouvement revendicatif

Le mouvement revendicatif prolétarien sur des questions telles les salaires et les revenus, les conditions de travail et de vie sont des facteurs importants du développement du mouvement des masses et de sa croissance politique. En fait, avec un parti communiste révolutionnaire, la lutte revendicative peut devenir une école du communisme.

Plus le capitalisme devient un mode de production historiquement dépassé, plus les conditions de vie de vastes masses déclinent, donc plus les luttes pour des revendications sont susceptibles de devenir le point de départ de l’organisation et de conscience anti-capitaliste. Avec le développement des contradictions du monde capitaliste, la bourgeoisie devra inévitablement aggraver les conditions de vie et réduire les revenus des vastes masses, même dans les pays impérialistes et les revendications touchant le revenu, les conditions de travail, les conditions de vie, sont destinées à se heurter toujours plus aux intérêts de la bourgeoisie.

Parallèlement la crise de représentativité des syndicats et des groupes opportunistes est destinée à s’approfondir. La critique des partis, du moins celle qui est partagée par de plus en plus de gens, c’est la critique des partis bourgeois. C’est à dire les partis qui sont complètement insérés dans la légalité bourgeoisie, entre autres les alternatives qui se présentent aux élections (UFP-NPD…) , les organisations qui siègent avec les capitalistes dans les comités paritaires, les commissions parlementaires, etc. Que de plus en plus de prolétaires soient critiques devant ces partis ne peut que nous réjouir car ils défendent directement ou indirectement les intérêts de la bourgeoisie et donc ils ne peuvent satisfaire les besoins des masses.

L’orientation du parti dans les luttes pour des revendications pour défendre les conditions de vie et de travail des prolétaires, doit permettre d’isoler et expulser les agents de la bourgeoisie dans les masses, les organisations syndicales, le mouvement populaire. Les luttes revendicatives doivent aussi permettre l’apparition de nouvelles formes de pouvoir dirigées par le prolétariat

Notre projet de programme proposé au prolétariat canadien est un plan de bataille gagnant. Il est proposé par des camarades et appuyés par des éléments avancés qui davantage décidés et convaincus, le porteront plus loin en avant. De son application concrète jaillira une nouvelle unité beaucoup plus profonde de la gauche révolutionnaire. C’est un plan de bataille ouvert à tous les camarades et à toutes les camarades du mouvement révolutionnaire canadien. Mais son application demande d’y mettre toutes nos énergies.

Christophe Jacobson
e p D T F s