Aujourd’hui, plusieurs divergences existent entre ceux et celles qui travaillent dans les pays impérialistes sérieusement et honnêtement à la renaissance du mouvement communiste, et en particulier à la construction de partis communistes basés sur le marxisme-léninisme maoïsme, et ceux et celles qui défendent une variante sclérosée et dogmatique du marxisme.

Prenons le cas du Groupe internationaliste ouvrier (GIO) qui publie le bulletin Notes Internationalistes, et comparons certaines de ses thèses sur la question des luttes de libération nationale et sur l’anti-impérialisme avec celles du Parti communiste révolutionnaire (comités d’organisation).

Le GIO affirme dans sa revue n° 1 :

«Aujourd’hui la capacité d’une bourgeoisie nationale de réaliser son projet de libération nationale dépend entièrement de sa capacité à mobiliser du soutien et du capital de la part d’une puissance impérialiste majeure. […] Aucune nation aujourd’hui ne peut se libérer de l’emprise de l’impérialisme comme le démontre d’ailleurs clairement la triste histoire de ces mouvements.»

Nous croyons que les communistes doivent arriver à assurer aux masses non seulement une direction juste mais aussi sûre et durable ; pour atteindre cet objectif, les partis communistes doivent déployer toutes les énergies à établir les conditions matérielles de cette direction juste. En effet, une ligne juste ne tombe pas du ciel mais est le fruit d’une élaboration des expériences qui peut être accomplie seulement dans des conditions d’organisation appropriées pour un travail collectif durable. D’autre part, nous croyons que la voie vers la révolution socialiste dans les pays impérialistes et les pays dominés est la guerre populaire prolongée, conformément aux enseignements de Mao appliqués dans les conditions concrètes de chacun des pays. Nous croyons que pour développer cette guerre dans les conditions concrètes des pays dominés, les partis communistes doivent en assurer la direction.

Le GIO ne peut pas concevoir les développements dans ces conditions concrètes, il veut la «révolution prolétarienne», mais une révolution prolétarienne «pure» qui n’existe pas et il est donc amené à fétichiser sur la stratégie et la tactique d’une ligne de lutte appropriée à un monde imaginaire.

Pour le GIO, une lutte de libération nationale ne peut être que dirigée par la bourgeoisie alors que l’histoire du mouvement communiste démontre précisément le contraire. La grande révolution d’Octobre 1917 a ouvert la période de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. Depuis, les luttes de libération nationale, contre l’impérialisme et ses laquais dans les pays dominés (qui vise la libération des masses), sont devenues une composante de la révolution prolétarienne mondiale, contrairement aux anciennes révolutions démocratiques bourgeoises (qui visaient à la domination de la bourgeoisie).

C’est Mao Zedong qui après Lénine, a le plus enrichi le prolétariat sur cette question. En plus des développements théoriques qu’il a apportés, il a personnellement guidé le processus de la révolution en Chine le menant jusqu’à l’instauration de la République populaire de Chine. Partant des conditions matérielles de pays dominés par l’impérialisme, le capitalisme bureaucratique et le féodalisme, Mao a démontré qu’ils étaient les plus grands obstacles pour la révolution et donc, que la révolution n’était pas, dans un premier temps, socialiste prolétarienne, mais qu’elle en était une de démocratie nouvelle, où les tâches à résoudre sont principalement d’essence anti-féodale et anti-impérialiste. La révolution de démocratie nouvelle signifie l’unification sous la direction du prolétariat de ces forces alliées, c’est l’alliance de la paysannerie et des prolétaires contre les forces réactionnaires.

Le GIO, tout comme les trotskistes, nie le rôle des luttes de libération nationale car la composition paysanne de ces luttes serait une négation de la direction prolétarienne. Les camarades du GIO ne sont pas capables de différencier le rôle du prolétariat (force dirigeante) et celui de la paysannerie (force principale). Même l’expérience de la révolution et du socialisme dans un pays arriéré comme la Russie de 1917, ni celle de la Chine, ni même du Vietnam n’ont été suffisantes pour modifier leur point de vue.

Dans les pays dominés, la contradiction entre l’impérialisme, la bourgeoisie bureaucratique et les larges masses est la contradiction principale, parce que cette contradiction joue un rôle déterminant sur les autres contradictions. Les conditions pour le socialisme seront rendues possibles par la libération du pays de l’impérialisme et la disparition des restes du moyen-âge. La solution de la contradiction entre le féodalisme et les masses jouant un rôle décisif dans l’élimination de l’impérialisme.

Dans le cas de la Palestine et d’Israël, le GIO préconise l’union entre les classes laborieuses des deux camps (ce qui est juste en soi), mais tant que cette unité ne sera pas réalisée, on se contente d’invectiver Israël, l’Autorité palestinienne et le «fondamentalisme religieux» se refusant à soutenir la lutte pour la libération de la Palestine «parce que ces mouvements mêlent les intérêts du prolétariat avec ceux de leur oppresseur».

Avant de se poser la question de savoir qui dirige la lutte, il faut identifier s’il s’agit d’une lutte juste qui doit être appuyée. Selon nous, la lutte des Palestiniens et des Palestiniennes est une lutte juste de tout le peuple. Ce dont le prolétariat palestinien a besoin en particulier, c’est d’un parti communiste qui sache le diriger et l’orienter, faire en sorte que dans le front uni des classes qui veulent lutter contre la domination israélienne, le prolétariat occupe une place prépondérante, qu’il dirige effectivement la lutte. Pour nous, un parti communiste réellement révolutionnaire doit être en mesure d’offrir une direction prolétarienne tout en rassemblant le maximum de forces contre l’ennemi principal. Pour le GIO, le parti communiste ne doit diriger et organiser que les prolétaires laissant ainsi toute la place aux organisations fondamentalistes et bourgeoises d’organiser la lutte juste du peuple palestinien.

Camarades du GIO, les maoïstes ne sont pas des ennemis du prolétariat, comme vous le prétendez : elles et ils tentent de faire avancer la révolution réelle, dans les conditions réelles du capitalisme et de l’impérialisme. Quant à vous, vos prétentions sont aussi énormes que votre insignifiance politique dans la lutte des classes d’aujourd’hui.

Prolétaires et peuples opprimés du monde entier, unissez-vous !

– Radek
e p D T F s