À l’approche du congrès de fondation de notre parti, je voudrais vous faire partager les analyses marxistes sur l’oppression des femmes et faire voir comment elles sont encore actuelles.

1. Une définition du patriarcat

Pour discuter, il faut s’entendre sur le sens des mots. Ce peut même être l’ABC de la ligne de masse : en effet, comment recueillir les idées justes du peuple et les synthétiser si on ne s’entend pas sur le sens des mots ?

Nous allons donc explorer les sens du mot patriarcat. Il y a celui du dictionnaire : «Forme de famille fondée sur la parenté par les mâles (famille agnatique) et sur la puissance paternelle ; structure, organisation sociale fondée sur la famille patriarcale» [1]. Lorsqu’on lit L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, ce semble être aussi la définition d’Engels si l’on oublie certaines nuances (nous y reviendrons plus tard). Par contre, si on lit Marx, l’oppression des femmes n’est pas liée exclusivement à l’existence de la famille. C’est ce qu’il exprime dans un texte peu connu mais extrêmement profond en critiquant les communistes grossiers sur leur idée de communauté des femmes :

«Enfin ce mouvement [des communistes grossiers] qui consiste à opposer à la propriété privée la propriété privée générale s’exprime sous cette forme bestiale qu’au mariage (qui est certes une forme de la propriété exclusive) on oppose la communauté des femmes, dans laquelle la femme devient une propriété collective et commune. On peut dire que cette idée de la communauté des femmes constitue le secret révélé de ce communisme encore très grossier et très irréfléchi. De même que la femme passe du mariage à la prostitution générale, de même tout le monde de la richesse, c’est-à-dire de l’existence objective de l’homme, passe du rapport du mariage exclusif avec le propriétaire privé à celui de la prostitution universelle avec la communauté. Ce communisme – en niant partout la personnalité de l’homme – n’est précisément que l’expression conséquente de la propriété privée, qui est cette négation. L’envie générale et qui se constitue comme puissance est la forme dissimulée que prend la soif de richesse et sous laquelle elle ne fait que se satisfaire d’une autre manière. L’idée de toute propriété privée en tant que telle est tournée tout au moins contre la propriété privée plus riche, sous forme d’envie et de goût de l’égalisation, de sorte que ces derniers constituent même l’essence de la concurrence. Le communisme grossier n’est que l’achèvement de cette envie et de ce nivellement en partant de la représentation d’un minimum. Il a une mesure précise, limitée. À quel point cette abolition de la propriété privée est peu une appropriation réelle, la preuve en est précisément faite par la négation abstraite de tout le monde de la culture et de la civilisation, par le retour à la simplicité contraire à la nature de l’homme pauvre et sans besoin, qui non seulement n’a pas dépassé le stade de la propriété privée, mais n’y est pas encore parvenu.»

[2] Cette idée de propriété collective des femmes qui peut se constituer sans l’existence de la famille est très précieuse. Cela explique entre autres pourquoi le déclin de la famille n’engendre pas nécessairement une libération des femmes. Par exemple, une commune où les femmes s’occuperaient seulement des tâches ménagères et de l’éducation des enfants est patriarcale. Une adolescente à qui l’on fait valoir que pour être dans le vent, il faut consentir à n’importe quelle relation sexuelle, consentie ou pas, et qui se fait ainsi violer par pression psychologique, est tout aussi opprimée que la mariée qui subit un viol conjugal. Les conjointes de fait sont défavorisées, sous certains aspects (par exemple, le partage du patrimoine familial) par rapport à celles mariées. Les hommes profitent aussi fréquemment du relâchement des liens familiaux pour laisser aux femmes la tâche de subvenir aux besoins de leurs enfants sans, bien entendu, payer de pension alimentaire. Le harcèlement sur la rue et le sifflement de femmes inconnues manifeste également cette propriété collective des hommes sur les femmes. La pornographie, la prostitution, le sexisme envers des inconnues en général ou des femmes à l’extérieur du cercle familial en sont aussi des manifestations. Par certains aspects, cette société des communistes grossiers se rapproche du capitalisme d’État. Effectivement, le-la prolétaire se prostitue à cette propriété dite collective (en fait propriété de la bourgeoisie rouge) et se laisse dominer par les lois du marché du capitalisme d’État, les formes aliénées de cette économie comme la régulation de la production par les prix, les cadences accélérées de travail à l’usine, ce qui est à l’opposé du moment où le travail «deviendra le premier besoin vital» [3]. Ainsi le bourgeois rouge peut harceler sexuellement son employée sans être inquiété. On peut donc dire que, tout comme la modification de cadre juridique ne change pas les rapports de production au sein du capitalisme d’État, la modification de cadre juridique (changement du cadre de la famille ou pas de famille) ne change pas l’oppression spécifique des femmes.

Enfin, on connaît l’idée de simplicité, de retour à la nature dans l’oppression des femmes : la famille est vue comme naturelle comme le sont aussi les rôles de mères éducatrices et ménagères. Du côté des hommes, les féministes grandes bourgeoises, mieux qualifiées d’anti-féministes (Denise Bombardier, Camille Paglia ou Nancy Huston) et les masculinistes (Guy Corneau et ses adeptes) justifient la violence masculine en disant que l’homme est naturellement agressif, qu’on peut seulement le contrôler et qu’il faut comprendre les hommes violents, par exemple.

On peut dire que la notion de révolution culturelle de Mao Zedong est en parfaite continuité avec ce texte de Marx. C’est pourquoi je propose la définition suivante du patriarcat : ensemble des structures formelles ou informelles (i.e. sanctionnées ou pas par la loi) qui concourent à l’oppression spécifique de la femme et les personnes ayant autorité dans ces structures. Ainsi, le capitalisme (comme toutes les autres sociétés de classes) est patriarcal. Ainsi, une capitaliste qui congédierait son employée parce qu’enceinte est patriarcale. La militante anti-avortement aussi. Le patriarcat se définit donc principalement par son effet sur l’oppression spécifique des femmes. Il reste que les hommes occupent la plupart des postes de pouvoir à l’intérieur du patriarcat : on peut donc définir le patriarcat comme la domination des hommes sur les femmes à la condition de donner un sens politique et non biologique à cela. Je crois que les féministes partagent cette définition. Ainsi, omettre de dire qu’on lutte contre le patriarcat équivaut à dire qu’on ne luttera pas contre l’oppression spécifique des femmes.

Cela explique certaines nuances qui n’ont pas été remarquées dans les formulations d’Engels. Par exemple : «Pour que l’émancipation de la femme devienne réalisable, il faut d’abord que la femme puisse participer à la production sur une large échelle que le travail domestique ne l’occupe plus que dans une mesure insignifiante.» [4] (souligné par nous) Ainsi, l’intégration à la production est vue comme une condition nécessaire, mais non suffisante à l’émancipation des femmes. Aussi : «On verra que l’affranchissement de la femme a pour condition première la rentrée de tout le sexe féminin dans l’industrie publique et que cette condition exige à son tour la suppression de la famille conjugale en tant qu’unité économique de la société.» [5] Encore ici, on parle de condition première, donc, il y en a une deuxième ou plus.

2. La fin des sexes

Cette conception du patriarcat mène au but final du communisme pour la libération de la femme : la fin des sexes. Voici comment Marx s’exprime là-dessus :

«Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de l’homme à l’homme est le rapport de l’homme à la femme. Dans ce rapport générique naturel, le rapport de l’homme à la nature est immédiatement son rapport à l’homme, de même que le rapport à l’homme est directement son rapport à la nature, sa propre détermination naturelle. Dans ce rapport apparaît donc de façon sensible, réduite à un fait concret la mesure dans laquelle, pour l’homme, l’essence humaine est devenue la nature, ou celle dans laquelle la nature est devenue l’essence humaine de l’homme. En partant de ce rapport, on peut donc juger tout le niveau de culture de l’homme. Du caractère de ce rapport résulte la mesure dans laquelle l’homme est devenu pour lui-même être générique, homme, et s’est saisi comme tel ; le rapport de l’homme à la femme est le rapport le plus naturel de l’homme à l’homme. En celui-ci apparaît donc dans quelle mesure le comportement naturel de l’homme est devenu humain ou dans quelle mesure l’essence humaine est devenue pour lui l’essence naturelle, dans quelle mesure sa nature humaine est devenue pour lui la nature.»

[6] En plus simple, ça veut dire que l’être humain libre ne se concevra plus comme homme ou femme, mais comme êtres humains ayant des attirances sexuelles différentes. Il n’y aura donc plus d’identité sexuelle donnant droit au mâle à des privilèges. Du rapport de l’homme et de la femme, l’on peut juger «tout le niveau de culture de l’homme», donc pas seulement de l’économique ou même de la mesure de l’appropriation réelle du prolétariat sur l’économie et la production (bien que cela soit déterminant en dernière instance). Cela ne peut être que des conditions de libération des femmes, non leur libération elle-même. Il faut pour cela que le prolétariat ajoute à sa conscience de classe une conscience féministe révolutionnaire de l’oppression patriarcale. Là seulement, il pourra se rendre au but final, le communisme. Encore là, la notion de révolution culturelle est en continuité avec Marx.

Cela explique toute l’importance de la libération des femmes pour Marx et Engels. Engels affirme :

«Selon la conception matérialiste, le facteur déterminant en dernier ressort, dans l’histoire, c’est la production et la reproduction de la vie immédiate. Mais, à son tour, cette production a une double nature. D’une part, la production de moyens d’existence, d’objets servant à la nourriture, à l’habillement, au logement, et des outils qu’ils nécessitent; d’autre part, la production des hommes mêmes, la propagation de l’espèce. Les institutions sociales sous lesquelles vivent les hommes d’une certaine époque historique et d’un certain pays sont déterminées par ces deux sortes de production : par le stade de développement où se trouvent d’une part le travail, et d’autre part la famille.»

[7] Ainsi, le poids matériel de la reproduction est tel qu’il ne se résout pas uniquement par son articulation sur les différents modes de production. La reproduction est ici définie comme une des deux productions fondamentales déterminant l’histoire. De plus, le fait que plus de la moitié des classes dominées est composée de femmes est de première importance. Aussi la libération des femmes ne peut être vue comme une question secondaire comme l’écologie ou le racisme. Est-ce que la libération des femmes se résout indépendamment de la lutte de classes pour cela ? Non. La situation de classes des ouvrières fait qu’elles subissent leur oppression spécifique plus durement que les femmes des classes dominées. De plus, elles affrontent le même ennemi que leurs frères de classe, la bourgeoisie. Il est vrai qu’elles peuvent amasser des miettes des victoires de leurs consœurs de la classe dominante. Mais, pas plus qu’une classe capitaliste florissante ne cause automatiquement la prospérité de sa classe ouvrière, pas plus les victoires des féministes bourgeoises ne permettent aux ouvrières de ramasser plus que des miettes. Ainsi, selon des enquêtes québécoise et canadienne, la violence masculine sévit deux à trois fois plus contre les ouvrières que contre les bourgeoises. Il existe peu d’études qui enquêtent sur l’oppression par tranches de revenus ou par classe, mais le simple bon sens nous dit qu’une bourgeoise a beaucoup plus de moyens pour adoucir son oppression que l’ouvrière. Elle peut se payer une femme de ménage ou une gardienne pour alléger ses tâches ménagères et d’éducation pour pallier au manque de collaboration de son compagnon. Elle a un meilleur accès aux contraceptifs. Les moyennes et grandes bourgeoises peuvent aller se faire avorter aux États-Unis. Si elles tombent sur des compagnons violents, leur éducation fera qu’elles subiront une chute économique moins absolue que celles qui tomberont sur l’aide sociale même si la monoparentalité est une situation très pénible (au point d’avoir déterminé en partie un des points majeurs de la propagande électorale péquiste, la conciliation famille-travail). L’iniquité salariale est légèrement plus grande chez les plus basses salariées. Les plus démunies sont plus vulnérables à toutes les formes d’exploitation sexuelle (pornographie, prostitution, etc). Enfin, les ouvrières se heurtent à la même barrière de classe que leurs confrères masculins pour l’accès à l’éducation. Il s’ensuit que les bourgeoises seront plus conciliantes envers l’État et les hommes et que, même lorsqu’elles ne veulent pas laisser tomber les plus démunies, elles le feront de façon conciliante et réformiste, ce qui équivaut en pratique à saboter les luttes des ouvrières contre leur oppression spécifique.

En parlant de la grande défaite historique du sexe féminin, Engels dit aussi : «La femme fut dégradée, asservie, elle devint esclave du plaisir de l’homme et simple instrument de reproduction.» [8] La conséquence d’être réduite au rang de simple instrument de reproduction apparaît plus clairement aujourd’hui : au fur et à mesure du développement des connaissances et de l’affaiblissement des religions comme normes, le contrôle patriarcal est passé aux mains des professionnelLEs de la famille (psychologues de la famille, psychiatres, médecins et psychologues donnant une base «scientifique» à la définition de la féminité et de la bonne mère de famille). Le même processus s’est institué par rapport aux enfants. Au-dessus, l’État patriarcal codifie ces professions. Il y a aussi une hiérarchie des professions. Les infirmières sont sous les ordres des médecins, les psychologues et travailleurs et travailleuses sociales sous les ordres des psychiatres, etc. Les sous-professions regroupent davantage de femmes. Les professions au sommet de la hiérarchie regroupent surtout des hommes. Au sein même des professions se créent deux secteurs : l’un administratif et universitaire qui définissent les professions, leur code et leur éthique – ce secteur est presque exclusivement mâle. Les quelques femmes qui accèdent aux professions supérieures seront surtout des praticiennes. Ainsi, même au moment où elle pourrait avoir plus d’autonomie dans son rôle de reproductrice (éducation des enfants d’âge prématernel), la mère est confinée au rang de simple exécutante des volontés des professionnelLEs. De plus, les enfants sont pris en charge par le système d’éducation de plus en plus tôt. Cela n’enlève pas aux mères leur tâches d’entretien des enfants : encore là, elles sont reléguées au rôle de simple exécutantes. Par contre, avec l’avènement de la pilule anticonceptionnelle dans les années 60, la femme a pu reprendre du contrôle sur cet aspect de la reproduction, la conception : depuis, le mouvement féministe s’est développé de façon accélérée. Le contrôle de son propre corps par la femme me semble donc être un élément central dans sa libération. Si la pilule anticonceptionnelle constitue une base matérielle, en plus du développement des forces productives, pour la libération de la femme, il en va de même que pour le prolétariat : le mûrissement des conditions matérielles ne constitue qu’une condition de possibilité d’une révolution, non la révolution elle-même. Le prolétariat féminin doit s’organiser et devenir conscient de la base matérielle et politique de son exploitation et s’organiser sur la base de ses acquis historiques. Une société serait communiste au moment où tous les obstacles économiques à l’égalité et tous les harcèlements, violences et autres empiétements sur le corps des femmes seraient éliminés.

3. Le rôle des hommes communistes

Et les hommes dans tout ceci ? Il est temps que je parle en tant qu’homme. La première chose que nous devons faire, c’est d’écouter nos compagnes de classe, d’être attentifs à leur parole, ce qui est exactement le contraire de ce que nous sous sommes habitués à faire. Pourtant, ce sont elles qui subissent l’oppression et qui peuvent le mieux nous renseigner sur elle. Cela permet de départager les hommes de bonne foi et les hommes de mauvaise foi : ceux de bonne foi écoutent et prennent les moyens de modifier leur comportement lorsqu’on leur explique en quoi il est sexiste. Celui de mauvaise foi refuse de s’autocritiquer et de modifier un comportement sexiste : pour lui, faire l’unité avec ses sœurs de classe ne lui semble pas assez important pour abandonner ses privilèges.

Dans le même ordre d’idées, il faut s’informer sur la condition des femmes, lire attentivement les camarades féminines d’autres partis ou du nôtre et les écrits du mouvement des femmes : après tout, la presque totalité des mouvements féministes en Europe (Grande-Bretagne, France, Italie, Suède, Norvège, etc.) ont été fondés par des marxistes ; les États-Unis sont une exception à la règle.

Il faut se mettre en dissidence par rapport à nos privilèges et refuser de faire le jeu des masculinistes. Si le but du communisme est l’abolition des sexes, tout comité de condition masculine est à proscrire. Si je définis une condition masculine, je me trouve à définir une identité «supérieure» qui donne droit à des avantages matériels : c’est cette identité même qu’il faut abolir. Autrement, on fait le jeu du patriarcat qui a déterminé toute une série de qualités masculines et toute une série de déterminations masculines pour mieux définir à qui iraient ces privilèges et mieux justifier ces privilèges. Dans ces comités de conditions masculine, on en profite pour se plaindre de l’oppression des mères, pour se concerter sur comment se sauver du paiement des pensions alimentaires, pour former des comités d’avocats pour défendre plus efficacement les violents, les violeurs et les incestueux, pour avoir la garde des enfants lors d’un divorce dans le but de se venger de la mère, pour affiner ses techniques de domination qui deviennent plus psychologiques ou intimidantes que de brutalité physique, etc. Bref, ils sont en train de constituer des fers de lance pour la conservation des privilèges des mâles et pour retrancher les quelques inconvénients de l’identité masculine tout en en conservant les privilèges. Il va de soi que les hommes communistes doivent combattre ces groupes et les dénoncer.

Du marxisme-léninisme-maoïsme, il faut retenir que l’oppression des femmes est systématique : tous les aspects de l’oppression des femmes (touchant tous les aspects de leur vie) sont interreliés et poussent tous dans le même sens : les intimider pour les faire rentrer dans leur rôle de dominées et les conditionner psychologiquement et matériellement à remplir ce rôle et à être plus vulnérables à des tentatives d’intimidation (la culpabilisation par exemple).

Si l’on comprend que l’oppression est systématique et vise à protéger des privilèges, cela déterminera le mode d’action des hommes conscients sur les autres hommes : on ne se fiera plus uniquement sur leur bonne foi, mais on exigera des gestes concrets de changement. Il faut se rappeler que plus les groupes de thérapie pour hommes violents pratiquent l’acceptation inconditionnelle, plus ces hommes demeurent violents : au Maryland, il y a même une enquête prouvant que les hommes passant par ces groupes de thérapie deviennent encore plus violents que ceux qui n’y passent pas – ces groupes identifiant la violence à des causes psychologiques fournissent des alibis psychologiques aux hommes violents. Il y a beaucoup de travail à faire : par exemple, une enquête à l’Université du Manitoba demandant aux hommes s’ils violeraient une femme s’ils étaient assurés de l’impunité récoltait des oui pour les 2/3 des répondants ! Ce genre de faits explique pourquoi plusieurs femmes ont peur de sortir seules le soir : j’en connais plusieurs dans ce cas. Comment pourraient-elles s’impliquer comme révolutionnaires ? C’est pourquoi un geste violent, comme par exemple les assassinats de Polytechnique, intimide toutes les femmes. Cela est d’autant plus intimidant que les femmes se heurtent à l’incompréhension, voire à la complicité passive de beaucoup d’hommes dits progressistes. Notre rôle et celui du parti est de confirmer les visions des ouvrières en tant que femmes, qu’elles ne seront plus laissées seules à combattre le chauvinisme masculin. Il faut leur donner des conditions pour qu’elles se fortifient en leur aménageant des conditions psychologiques et matérielles pour leur pleine participation aux processus révolutionnaires. Donc, il faut réagir aux gestes ou paroles sexistes, ne pas voir cela comme secondaire.

– Un camarade de Montréal



1) Dictionnaire Robert, édition 1990, page 1378.

2) Karl Marx, Manuscrits de 1844, pages 85-86, Éditions sociales, 1972.

3) Marx et Engels, Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt, page 32, Éditions sociales, 1966.

4) Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, page 170, Éditions sociales, 1974.

5) Idem, page 82.

6) Karl Marx, Manuscrits de 1844, page 86, Éditions sociales, 1972.

7) Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, pages 17-18, Éditions sociales, 1974.

8) Friedrich Engels, L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, page 65, Éditions sociales, 1974.

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