La bourgeoisie
Couche Caractéristiques Importance numérique et politique
Bourgeoisie Ne regroupe pas seulement 33 grandes familles propriétaires de gros holdings financiers privés. Il faut aussi inclure la presque totalité des cadres supérieurs, les juges, une certaine partie des membres des professions libérales (médecins, avocats, ingénieurs) propriétaires de grands cabinets, la haute administration publique, les hauts officiers de l’armée et de la police, certainEs hautEs dirigeantEs des organismes syndicaux et communautaires, une partie importante des professeurs d’université qui travaillent à la production de l’idéologie dominante, les grands artistes du showbusiness et les grands athlètes du sport professionnel, les grands rentiers et actionnaires oisifs. Numériquement, la bourgeoisie regroupe entre 5 % et 10 % de la population en âge de travailler. Même si elle représente une minorité de la population, elle a une influence prépondérante. De un, elle contrôle les principaux moyens de production de la vie matérielle mais aussi de l’idéologie. Ensuite, elle est bien en poste dans les institutions politiques qui sont façonnées pour servir ses intérêts. Enfin, elle en est venue à contrôler les organes de luttes traditionnels du prolétariat (les syndicats) et opère un contrôle social sur les couches du prolétariat en jouant habilement sur les divisions parmi celui-ci. La presque totalité de la bourgeoisie sera fortement hostile à la révolution. Il sera possible d’en neutraliser une certaine partie, surtout les éléments liés au développement des services publics et de l’appareil productif d’État. CertainEs intellectuelLEs bourgeoisEs d’esprit libéral pourraient rejoindre la révolution, mais il faut se méfier de leur influence idéologique.
La petite-bourgeoisie
Couches Caractéristiques Importance numérique et politique
Les administrateurs/trices et gestionnaires Ils et elles se situent en dessous des cadres supérieurEs. Ils et elles ont pour fonction de faire rouler la machine administrative de l’État et du capital. Plusieurs de leurs fonctions sont façonnées pour servir la reproduction d’un régime capitaliste. C’est plus du quart de la petite-bourgeoisie en activité et 10 % de la population active totale. Parce que leurs fonctions sont fortement façonnées par les caractéristiques propres du capitalisme, les gagner à la révolution pourra être très difficile. Une majorité de ces membres vont se ranger du côté de la bourgeoisie.
Les professions libérales Jadis, les membres des professions libérales (avocatEs, médecinEs, ingénieurEs, etc.) appartenaient pour une grande partie à la bourgeoisie. Maintenant, une fraction importante des professions libérales font partie de la petite bourgeoisie. Ils et elles ont une très forte qualification scolaire. L’accès à leurs professions est limité parce qu’ils et elles sont organiséEs en corporations. Les médecins et autres professionnelLEs de la santé se retrouvent dans le secteur public. Chez les avocatEs et les ingénieurEs, c’est partagé. Ils et elles sont plus enclins à défendre la propriété privée mais ne sont pas complètement hostiles à la propriété publique en autant que leur privilèges soient conservés. Leurs corporations devraient être attaquées et détruites. Ils et elles ont une attitude ambiguë par rapport à la révolution. Ils et elles pourraient être facilement neutralisables mais, sous le socialisme, pourraient s’avérer dangereux/euses. Une fraction significative peut être gagnable.
Les superviseurEs Dans cette couches, nous retrouvons surtout les contremaîtresSEs et les gérantEs d’employéEs. Ce sont souvent des gens issus des classes populaires qui ont eu une «promotion sociale». Ce sont des cadres qui se retrouvent souvent entre deux feux mais prennent pour le-la patronNE trahissant leurs ancienNEs compagnonNEs de travail. Leurs qualifications ne sont pas toujours supérieurEs aux gens de la classe. Ce sont des gens de leadership. D’ancienNEs syndicalistes deviennent souvent superviseurEs. C’est moins de 10 % de la petite-bourgeoisie active. Sous le socialisme, ils et elles pourraient redevenir des prolétaires ayant des responsabilités importantes. Ils et elles sont gagnéEs idéologiquement à la bourgeoisie mais leurs intérêts ne les amènent pas à être irrémédiablement hostiles à la révolution. Cette couche pourrait être neutralisable dans sa globalité mais il faut être ferme avec les éléments très hostiles parce que ce sont eux qui peuvent avoir une influence directe sur plusieurs prolétaires.
Les professionnelLEs salariéEs et artistes Ils et elles sont pour une grande partie salariéEs de l’État ou d’organismes soumis aux subsides de l’État. Ils et elles sont très actifs/ves dans les services publics. Une partie importante est syndiquée. Ils et elles ont de très importantes qualifications scolaires. C’est le sixième de la petite bourgeoisie active. Cette couche est, à plus ou moins long terme, gagnable à la révolution. Par contre, c’est elle qui, avec l’aristocratie ouvrière, fait la promotion du réformisme. Pour le moment, elle est très hostile aux forces communistes qui remettent en question leurs privilèges dans les syndicats sans leur garantir en retour l’arrivée d’une société socialiste à laquelle ils et elles ne sont pas complètement opposéEs.
Les agriculteurs/trices et pêcheurs/euses Ce sont des petitEs entrepreneurEs des secteur économiques qui ont vu une forte intégration au capitalisme au cours des dernières décennies. Ils et elles ont, en moyenne, des revenus comparables à ceux du prolétariat. Par contre, il y a de fortes inégalités de gain. Certaines entreprises agricoles sont pratiquement capitalistes alors que d’autres sont dépendantes d’une main-d’œuvre familiale gratuite. Ils et elles sont constamment en négociation avec des entreprises qui achètent leurs productions et, en même temps, leurs vendent des fournitures. Ils et elles survivent parce que l’État subventionne fortement leur secteur économique. Même s’ils et elles sont des petitEs propriétaires, avec certaines garanties, ils et elles pourraient voir un certain intérêt dans le socialisme. Cela va dépendre des secteurs. Les groupes comme l’UPA défendent surtout les intérêts des agriculteurs/trices de plus en plus intégréEs au capitalisme. Dans les régions, ils et elles représentent une force politique non négligeable. Généralement neutralisable, possiblement gagnable.
Les répresseurEs Ce sont les policiers/ères et les autres membres des forces de la justice répressive (huissiers, screws, etc). Leurs revenus assez appréciables proviennent de l’État. Couche très faible numériquement. Par contre, c’est elle qui sert de chiens de garde pour le capital. Très hostile aux changements sociaux et à la démocratie. Cette couche n’est pas gagnable, va se mettre dans nos jambes et doit être liquidée.
Le personnel administratif Ils et elles occupent des tâches techniques dans l’entreprise privée et l’appareil d’État qui leur donnent un certain pouvoir sur les prolétaires ou la clientèle des services gouvernementaux. Dans cette couche, on peut retrouver des agentEs de l’aide sociale, du chômage et de la CSST dont les décisions sont importantes pour le sort de plusieurs prolétaires démuniEs. On retrouve aussi des gens s’occupant de l’aspect technique de la gestion des entreprises comme l’achat et la vente de fournitures, etc. C’est le quart de la petite-bourgeoisie active. Ces fonctions peuvent servir sous le socialisme. Une partie de ses membres font partie de l’appareil d’État. Leurs fonctions, réaménagées, pourraient servir sous le socialisme. Il ne devrait pas être trop dur de neutraliser cette couche mais il n’est pas clair que nous pourrons la gagner.
Les rentiers petitEs-bourgeoises Ils et elles se distinguent des rentiers/ères prolétariens par le fait qu’une fraction de leurs revenus provient de fonds d’investissement et qu’ils et peuvent bénéficier d’un montant important provenant de la régie des rentes ou de fonds de pension gouvernementaux. Ils et elles reçoivent peu de supplément de revenu garanti du gouvernement fédéral, ce qui les rend moins dépendantEs des décisions gouvernementales sur les régimes de retraite. C’est à peu près le sixième de la petite bourgeoisie (active et inactive confondue). Cette couche a du temps pour faire de la politique. Selon la couche d’origine, ils et elles pourraient être plus ou moins hostiles à la révolution. Ils et elles ont accumulé plusieurs actifs mobiliers et immobiliers. La couche de rentiers petits-bourgeois moins nantis pourraient être neutralisables, dans certains cas gagnables, alors que les secteurs les plus privilégiés pourraient être actifs/ves.
Le prolétariat
Couches Caractéristiques Importance numérique et politique
L’aristocratie ouvrière Il s’agit de prolétaires dont le revenu leur permet, outre de reproduire leur force de travail, d’accumuler un certain montant pour avoir accès à des actifs mobiliers et immobiliers et s’affranchir de l’endettement. On en rencontre une part importante parmi la couche des employéEs techniques et une fraction appréciable du prolétariat industriel. C’est une couche très syndiquée. Elle représente le sixième du prolétariat en activité. Politiquement, cette couche est l’agente de la bourgeoisie dans le prolétariat. Elle se préoccupe davantage de ses fonds de retraite et du maintien de leur niveau de vie que de la lutte. À l’occasion, cette couche mène de fortes luttes, ce qui peut l’amener à s’identifier aux luttes de l’ensemble du prolétariat. Avec la petite-bourgeoisie salariée, elle domine les syndicats. Elle peut entrer en opposition avec celle-ci à l’occasion. Avec la mondialisation, l’aristocratie ouvrière est de plus en plus attaquéee mais son réformisme lobbyiste l’a rendu complètement avachie.
Les employéEs techniques Ce sont souvent des employéEs qui ont obtenu des formations techniques au niveau collégial dans les domaines de la santé, des sciences de la nature et les arts. Les pompiers/ères font aussi partie de cette couche. Leurs salaires sont supérieurs à ceux de l’ensemble du prolétariat. Ils et elles sont moins de 10 % du prolétariat. Cette couche a les mêmes caractéristiques politiques que l’aristocratie ouvrière.
Les employéEs exécutantEs Parmi cette couche, on retrouve les emplois les moins payés, les plus féminins et avec le taux de temps partiel le plus élevé. La qualification scolaire est légèrement supérieure à celle du prolétariat industriel. On retrouve beaucoup d’emplois de passage pour des étudiantEs. Ces emplois, on en retrouve dans la restauration, l’hébergement, la vente au détail, les services sociaux, les emplois de bureau, le secrétariat, etc. La syndicalisation y est faible. C’est 60 % du prolétariat actif. Les 7/10 sont des femmes. Parce qu’il y a un nombre appréciable d’emplois de transition et un fort taux de roulement, ces milieux de travail sont difficilement organisables sur la base de cellule d’entreprises. Cette couche représente de plus en plus la force d’avant-garde du prolétariat mais est difficilement organisable.
La classe ouvrière On y retrouve toute la classe ouvrière traditionnelle des industries, des métiers de la construction et du transport. On ajoute aussi des ouvriers agricoles. Il y a un taux de travail à temps partiel supérieur à la moitié. La présence féminine est faible (le sixième). La majorité des hommes de ce secteur qui ont travaillé à temps plein font partie de l’aristocratie ouvrière. Ceux-ci sont fortement syndiqués. Parce que les hommes à temps plein de ce secteur sont pour une grande partie membre de l’aristocratie ouvrière et, de fait, gagnés au réformisme, un travail devra être dirigé plus particulièrement vers l’ensemble des femmes et les hommes à temps partiel de cette couche. Ils et elles appartiennent encore au secteur d’avant-garde du prolétariat. C’est encore 60 % de la classe ouvrière qui est gagnable rapidement à la révolution. Ces gens ne sont pas organisés dans les syndicats.
Les rentiers/ères prolétaires L’essentiel de leurs revenus provient des régimes de pensions de vieillesse, de supplément de revenu garanties et de régimes de pensions gouvernementaux. Par contre, pour les ancienNEs membres de l’aristocratie ouvrière, les fonds de pension privés représentent une part appréciable de leurs revenus. Ils et elles représentent 10 % à 15 % du prolétariat actif et inactif. Ils et elles ont du temps pour la révolution.
L’armée de réserve Dans l’armée de réserve, nous retrouvons touTEs les personnes qui sont en âge de travailler mais que, parce que le capitalisme ne permet pas à tout le monde de travailler pour des raisons de santé ou des raisons intrinsèques à ce régime, ne peuvent pas le faire. Les 2/3 de l’armée de réserve sont des femmes. Lorsqu’il y a de l’emploi disponible, l’armée de réserve diminue. Lorsque, suite à des récessions et des crises économiques, l’emploi diminue, l’armée de réserve croît. CertainEs sont bénéficiaires d’assurance-emploi, d’autres d’assistance-sociale. Par contre, une partie des membres de l’armée de réserve doivent se faire vivre par leurs conjointEs. Ils et elles constituent 30 % du prolétariat. Ils et elles font partie du secteur le plus exploité du prolétariat. Difficiles à rejoindre parce qu’isoléEs dans leurs logements et maisons. Ils et elles ont un intérêt très fort pour la révolution. Un fort taux de gens de l’armée de réserve peuvent se trouver momentanément des emplois mais peuvent les perdre quelques temps ou années après et retourner dans l’armée de réserve.
M. L.
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