Socialisme Maintenant №4
50E ANNIVERSAIRE DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME

Droits humains ou droits du peuple ?

Le 4 avril dernier avait lieu à Paris une journée d’étude et de débats à l’occasion du 50e anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme par les Nations unies. Alors que l’impérialisme utilise de plus en plus fréquemment le concept des droits de l’homme pour justifier ses interventions politiques et militaires contre les peuples opprimés, nombreux sont ceux, y compris à gauche, qui entretiennent encore des illusions sur les «chartes des droits» et autres mécanismes-bidon que les bourgeoisies mettent en place pour tromper les exploités-es. Ici même à Montréal, on ne compte plus le nombre de comités et d’organismes qui prétendent agir en faveur des droits humains, certaine postulant même au titre de «Réseau international». Les syndicats et les groupes populaires qui organisent le 1er mai officiel en ont eux aussi fait un sujet de prédilection, ayant placé cette année leurs activités sous le thème de la célébration de la Déclaration de l’ONU. À partir de témoignages sur la situation désastreuse que vivent les peuples opprimés, notamment en Turquie, en Palestine, au Kurdistan, au Pérou et au Népal, les participantes et participants à la réunion du 4 avril ont fermement rejeté le concept des droits de l’homme pour lui opposer plutôt celui des droits du prolétariat et du peuple. Nous reproduisons ici le texte de la déclaration préparée pour l’occasion par les trois groupes qui organisaient la journée, auxquels Action socialiste a fait parvenir un message de soutien.
– Socialisme Maintenant!

«Défense des droits du peuple et défense des prisonniers politiques et de guerre»

«Les droits de l’homme sont en contradiction avec les droits du peuple car nous nous basons sur une conception de l’homme comme produit social et non pas sur une conception de l’homme abstrait avec des droits innés […], nous partons du fait que nous ne nous attachons pas à la déclaration universelle des droits de l’homme, ni à la déclaration du Costa Rica, mais que nous pouvons utiliser leur dispositif légal pour démasquer et dénoncer le vieil État […], ses institutions et ses organismes, ses autorités, en commençant par ses dirigeants, fonctionnaires et subordonnés qui violent constamment leurs propres engagements internationaux […]. De plus, nous luttons pour que le vieil État respecte les droits fondamentaux qui ont été arrachés par le peuple et concrétisés dans la Constitution, dans les lois et normes !»

Par cette citation du président Gonzalo, nous avons voulu faire apparaître notre position en tant que marxistes-léninistes-maoïstes, à savoir que pour nous, toute déclaration des droits de l’homme entre en pleine contradiction avec les droits du peuple, et que ces droits de l’homme, qui ont marqué, dans le passé, un progrès certain, ne servent aujourd’hui que l’impérialisme et la réaction, pour avant tout exploiter et opprimer les peuples. Ces droits sont les garde-fous de l’ordre capitaliste, impérialiste, et ont pour objectif principal de défendre et maintenir cet ordre établi.

Face à ces droits bourgeois, nous ne reconnaissons que les droits du peuple, seuls droits, de nos jours, capables d’anéantir l’exploitation, l’oppression, et la propriété privée, et parmi ces droits, notamment le principal : celui de la révolte, clamé par le président Mao lui-même quand il affirmait : «On a raison de se révolter !» Le peuple se doit d’être le seul garant de ses droits et de ses libertés dans sa démarche vers le socialisme et le communisme, et se doit donc d’imposer ses droits face à l’ordre établi et aux droits bourgeois.

I

Dans ce parcours d’anéantissement de l’exploitation de l’homme par l’homme et notamment de cette mascarade du droit bourgeois encore en place aujourd’hui, tous les grands marxistes ont affirmé et réaffirmé la contradiction entre ce droit bourgeois et le droit du peuple. Dès les premiers jalons du marxisme, Marx a analysé d’une façon scientifique l’essence même de ce droit bourgeois et sa condamnation se retrouve systématisée dans l’ensemble de son œuvre, en partant de la Critique de la philosophie hégélienne de l’État jusqu’au Capital, en passant par L’idéologie allemande et La Sainte famille.

Toute l’analyse de Marx vise à montrer que la déclaration des droits de l’homme est avant tout une affirmation «idéologique et politique», celle de la bourgeoisie ascendante, qui tend par là à établir son auto-justification idéologique et à imposer l’affirmation politique de sa domination. Ainsi l’établissement de ce droit bourgeois se situe originellement dans une déclaration qui remplit elle-même un rôle politique, un acte politique puisqu’elle est l’acte constituant le politique en tant que tel, l’État en tant qu’État politique bourgeois triomphant du droit divin, sur lequel s’appuyait jusque là le féodalisme.

De façon plus précise, Marx montre que par l’établissement de ces déclarations des droits de l’homme s’exprime définitivement le couple État/société bourgeoise, la société bourgeoise s’imposant, se faisant et se disant dans et par l’État, et principalement par son droit, comme le signale bien Marx dans La Sainte famille, quand il dit :

«Les droits de l’homme, l’État ne les a pas créés : de même qu’il était le produit de la société bourgeoise entraînée par sa propre évolution au-delà des anciennes entraves politiques, de même il reconnaissait maintenant, à son tour, sa propre origine et sa propre base en proclamant ces droits de l’homme.»

Marx va même jusqu’à préciser le moment historique essentiel de la mise en pratique de ces aspirations jusque là encore théoriques de la société bourgeoise, quand il affirme que

«c’est en 1830, que la bourgeoisie libérale réalise enfin ses aspirations de 1789 […] puisqu’elle reconnaissait alors dans cet État l’expression officielle de sa puissance exclusive et la consécration de ses intérêts particuliers. C’en est alors fini pour les droits de l’homme d’exister en théorie seulement : la bourgeoisie commence son règne !»

Les droits de l’homme deviennent alors, dans les faits, les droits du bourgeois, comme l’exprime encore plus clairement Marx quand il dit : «C’est seulement au nom des droits généraux de la société, qu’une classe particulière peut alors revendiquer la supériorité générale.»

Très vite alors, la bourgeoisie va utiliser pour elle-même l’intérêt commun des individus, affirmant pour elle-même, dans la division de plus en plus poussée du travail, son intérêt particulier – l’universel, jusqu’alors brandi comme base des droits bourgeois, devenant totalement illusoire : l’idéologie des «droits de l’homme» présentée comme l’affirmation du droit universel des individus est alors niée, cette fois ouvertement, dans son universalité par la bourgeoisie en pleine ascension.

Toute cette analyse développée par Marx, révélant l’essence même du droit bourgeois le conduit alors à démasquer et à décortiquer encore davantage ce «faux humanisme des droits de l’homme», en donnant un examen détaillé de chacun des «droits fondamentaux» dictés par la bourgeoisie. Marx va partir tout d’abord d’un constat essentiel : celui de l’existence d’une contradiction importante à la base même de ce texte, entre d’une part les droits de l’homme et d’autre part, les droits du citoyen.

Cette différence révèle une opposition essentielle de contenu, les droits de l’homme renvoyant aux droits de l’individu égoïste alors que les droits du citoyen représentent l’individu s’ouvrant à une préoccupation universelle. Or une hiérarchie est établie entre ces deux conceptions, puisque les droits de l’homme citoyen sont subordonnés totalement aux droits de l’homme égoïste, comme le montre très bien l’article 2 de la Déclaration de 1789 qui affirme : «Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme.» Il est donc clair ici que «le citoyen est […] déclaré serviteur de l’homme égoïste», comme l’affirme Marx lui-même.

À partir de l’observation de cette première contradiction, Marx examine successivement les quatre droits fondamentaux de l’homme, toujours selon la conception bourgeoise, à savoir la liberté, la propriété, l’égalité et la sûreté, et cela d’après la déclaration contenue dans la constitution la plus «populaire», celle de 1793. Dans ce texte, la liberté est définie comme «le droit de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui» : selon Marx, ce droit consiste donc en une limitation réciproque, ramenant alors «la liberté de l’homme à une simple entité isolée et repliée sur elle-même» ; de même, la propriété est réduite au droit de jouir et de disposer de ses biens à son gré ; l’égalité se limite à une simple relation entre individus ; et enfin la sûreté définie comme «protection de la société à chacun de ses membres», renvoie alors à une unique relation de chaque individu à l’ensemble social des individus, pour faire assurer par tous l’égoïsme de chacun.

Ainsi, pour Marx, il est clair «qu’aucun des prétendus droits de l’homme ne s’étend au delà de l’homme égoïste». La politique des droits de l’homme vise en réalité une seule chose : libérer le dynamisme égoïste des individus et leurs intérêts sociaux particuliers, les droits de l’homme érigeant la volonté de la bourgeoisie en loi. Enfin dans ce règne des droits bourgeois, les droits de l’homme sont même si peu présents en réalité, que jamais la souveraineté de l’homme n’est véritablement exprimée : seule règne la souveraineté de la propriété privée, comme le signale Marx quand il dit : «L’homme n’est pas libéré de la propriété, il obtient seulement la liberté de la propriété.»

Ces droits ne définissent donc l’homme que par le seul lien de l’intérêt privé et de l’aveugle nécessité naturelle, le présentant comme un esclave du travail pour le seul gain, esclave de son propre besoin égoïste et du besoin égoïste d’autrui. En montrant que ces droits se révèlent être uniquement une propagande idéologique de la bourgeoisie et une affirmation politique de l’État ou de la classe bourgeoise, Marx dénonce l’ensemble de cette idéologie, cette fois dévoilée totalement comme la plus hypocrite et la plus nocive existante.

Cependant, Marx ne se limitera pas à une simple analyse de ces droits bourgeois et à leur dénonciation, il en proposera aussi une antithèse visant l’émancipation totale de l’humanité, formulée de la façon suivante : «C’est seulement lorsque l’homme aura reconnu et organisé ses forces propres comme forces sociales et ne retranchera plus de lui la force sociale sous l’aspect de la force politique, c’est seulement alors que l’émancipation humaine sera accomplie». C’est dans ce sens que doit être comprise la formule suivante :

«Quand le prolétariat annonce la dissolution de l’ordre présent du monde, il ne fait qu’énoncer le secret de sa propre existence, car il est lui-même la dissolution effective de cet ordre du monde. Quand le prolétariat exige la négation de la propriété privée, il ne fait qu’ériger en principe de la société ce que la société a érigé en principe pour lui : ce qui sans même qu’il intervienne, est déjà incarné en lui comme résultat négatif de la société.»

À l’application de ces droits bourgeois privés, Marx oppose donc le communisme, et face au concept de droits de l’homme réfuté est érigé celui de droits du prolétariat, visant principalement l’émancipation et la liberté du peuple. Telle est la réponse de Marx au grand slogan jusqu’alors prôné de la révolution bourgeoise : seule la transformation communiste de la société par la révolution des prolétaires peut réellement réaliser la liberté, l’égalité et l’appropriation du monde, comme déterminations concrètes de «l’homme socialisé». La liberté devient alors la puissance de chacun par et dans sa réunion avec tous – cette réunion substituant alors à l’égalité bourgeoise définie comme simple comparaison abstraite des individus privés, la communauté à laquelle tous participent totalement : ainsi, selon Marx, c’est uniquement «dans la communauté réelle, que les individus acquièrent leur liberté simultanément à leur association, grâce à cette association et en elle». De même, la propriété cesse d’être privée, aux mains d’une infime minorité, pour devenir la propriété sociale et collective.

De cette analyse concrète et en profondeur des fondements du droit bourgeois, Marx est parvenu à dévoiler l’essence bourgeoise et réactionnaire des «droits de l’homme», basés sur une conception de l’homme en tant qu’individu détenteur des droits naturels et innés. Seul l’intérêt personnel bourgeois prime puisque l’ensemble de ces fondements de la société bourgeoise reposent sur un droit principal : celui de la propriété privée d’où découleront tous les autres. À ces droits bourgeois, une seule réponse doit être opposée : celle des droits du prolétariat, et donc du peuple.

Le flambeau allumé par Marx sera ensuite repris par Engels dans sa Critique du programme social démocrate de 1891 quand il propose de mettre à la place de «pour le droit égal de tous» la formule : «pour les droits égaux et les devoirs égaux de tous» ; selon Engels en effet, «les devoirs égaux sont un complément essentiel des droits égaux démocrates-bourgeois et leur enlèvent leur sens spécifiquement bourgeois». Lénine poursuivra également la lutte, ce qui se vérifie tout particulièrement à la lecture de la «Déclaration du peuple travailleur et exploité» du 17 janvier 1917 puisque cette dernière met avant tout l’accent sur le peuple, seul détenteur véritable du droit pour faire triompher le socialisme et le communisme dans tous les pays.

Par là sera confirmée la justesse de l’analyse marxiste et sera réaffirmée, face à l’universalisme bourgeois restreint, la nécessité de l’internationalisme prolétarien. Lénine viendra renforcer l’ensemble de la théorie marxiste en démontrant d’une part et une nouvelle fois que «les droits de l’homme» ne sont pas innés mais ont bien une origine historique, comme le savait déjà Hegel, et d’autre part en réaffirmant le caractère fondamental de la propriété privée dans le droit bourgeois, tout en réitérant l’appel de Marx pour son abolition. C’est dans cette logique que s’inscrit la citation suivante :

«Si la propriété privée des moyens de production est abolie, si le pouvoir d’État passe entièrement aux mains du prolétariat, ces mêmes conditions garantissent le succès d’une réorganisation qui mettra fin à l’exploitation de l’homme par l’homme, et assurera le bien-être de tous et chacun.»

Une fois de plus sont exprimées la nécessité et l’urgence du droit du prolétariat, c’est-à-dire du droit du peuple.

Staline va ensuite s’inscrire dans la continuité de la lutte initiée jusqu’alors par Marx et Engels, et approfondie par Lénine, contre le droit bourgeois réactionnaire et contre-révolutionnaire, comme le symbolise bien son refus de signer la Déclaration universelle des droits de l’homme, en 1948. Son apport, dans ce combat, se trouve en outre résumé dans sa défense de la constitution de l’URSS concernant la période de 1924/1936.

Dans ce texte, Staline base son analyse, tout d’abord, sur la critique des constitutions des pays bourgeois. Il montre en effet que ces dernières ont comme point de départ le caractère immuable de l’ordre capitaliste, et ont pour base essentielle les principes même du capitalisme. Il rappelle que leurs principaux fondements sont la propriété privée, l’exploitation de l’homme par l’homme, la contradiction entre exploiteurs et exploités, notamment quand il énonce la formule suivante : «À un pôle de la société, c’est la majorité des travailleurs dont le lendemain n’est pas assuré ; à l’autre pôle de la société, c’est le luxe de la minorité non travailleuse.»

Enfin, Staline démontre l’hypocrisie des droits bourgeois qui érigent des lois inapplicables dans la réalité : ainsi, selon lui,

«les constitutions bourgeoises se contentent habituellement de fixer les droits officiels des citoyens, sans se préoccuper des conditions garantissant l’exercice de ces droits, de la possibilité de les exercer, des moyens de les exercer. Elles parlent de l’égalité des citoyens, mais oublient qu’il ne peut pas y avoir d’égalité véritable entre patron et ouvrier, entre propriétaire foncier et paysan, si les premiers ont la richesse et le poids politique dans la société, et si les seconds sont privés de l’un et de l’autre ; si les premiers sont des exploiteurs et les seconds des exploités. Ou encore : elles parlent de la liberté de la parole, de réunion et de la presse, mais elles oublient que toutes ces libertés peuvent n’être pour la classe ouvrière qu’un son creux, si elle est mise dans l’impossibilité de disposer de locaux appropriés pour tenir ses réunions, de bonnes imprimeries, d’une quantité de papier d’imprimerie…»

À ces fondements du capitalisme recueillis dans les constitutions bourgeoises, il oppose ensuite cette constitution de l’URSS qui exprime les principes du socialisme, à savoir la propriété socialiste ; la suppression de l’exploitation ou des classes exploiteuses ; la suppression de la misère de la majorité, et du luxe de la minorité ; la suppression du chômage… Staline tient en outre à faire remarquer, ici, un point de divergence essentiel entre le droit prolétarien et le droit bourgeois : seul le premier, en effet, ne se limite pas à fixer les droits officiels du citoyen, mais s’impose également de les garantir et de se donner les moyens de les exercer. Enfin, dans le sillage de Lénine, et contrairement à toutes les constitutions de la bourgeoisie, le projet de la constitution de l’URSS est profondément internationaliste ; ainsi, ce texte affirme le principe suivant :

«Toutes les nations et races sont égales en droits. […] La différence de couleur ou de langue, de niveau de culture ou de niveau de développement politique, aussi bien que toute autre différence entre nations et races, ne peut justifier l’inégalité de droits entre nations. […] Toutes les nations et les races, indépendamment de leur situation passée ou présente, doivent jouir de droits identiques dans toutes les sphères de la vie économique, sociale, politique et culturelle de la société.»

Par l’établissement de cette constitution de l’URSS, Staline a permis l’application de la théorie marxiste-léniniste du droit prolétarien et par là même, a mis en évidence l’importance et la nécessité de la défense des droits du peuple, seuls garants d’une émancipation véritable.

Enfin, la révolution chinoise sous la direction du président Mao représente le dernier grand bond dans cette lutte contre les droits bourgeois puisque cette fois, les droits du peuple ont été arborés non seulement dans la constitution de la République populaire de Chine, mais également tout au long de la révolution chinoise, à chacune de ses étapes. Désormais seuls règnent les droits du peuple, appliqués, dans ce cas présent, aux conditions concrètes de la Chine. Par là fut réaffirmée la définition du peuple de la façon suivante : «La notion de “peuple” prend un sens différent selon les pays et selon les périodes de leur histoire», ainsi que la souveraineté du peuple quand le président Mao dit : «Nous sommes au service du peuple et nous ne le craignons donc pas ; si nous avons des insuffisances, qu’on les relève et qu’on les critique ! N’importe qui peut les relever : s’il a raison, nous nous corrigerons.»

Et face à l’exploitation et à l’oppression des impérialistes et de la réaction, furent brandis les seuls droits fondamentaux des parties constituantes du peuple – dans le cas de la Chine, il s’agit des ouvriers, des paysans principalement pauvres, de la petite et moyenne bourgeoisie -, comme le spécifia très concrètement le président Mao par son affirmation suivante :

«Dans les rangs du peuple, il est criminel de restreindre les libertés, d’entraver le peuple lorsqu’il critique les erreurs et les faiblesses du parti et du gouvernement, et d’interdire les libres discussions académiques. Voilà notre système ! Mais à l’égard des ennemis du peuple, il est criminel de permettre aux contre-révolutionnaires de dire ou de faire tout ce qu’ils souhaitent ; il est légitime d’appliquer la dictature !»

Seul le système socialiste doit donc s’élever pour protéger réellement les droits du prolétariat et du peuple, et pour abattre toute l’hypocrisie des droits bourgeois et de la bourgeoisie, hypocrisie que le président Mao dénonce de façon virulente à plusieurs reprises, d’abord de façon concrète par son refus de signer lui aussi la Déclaration universelle des soi-disant «droits de l’homme» de 1948, et notamment aussi par son analyse du concept de citoyenneté, étendard fallacieux de la bourgeoisie : ainsi, il est clair, comme le souligne le président Mao, que

«la bourgeoisie a toujours passé sous silence cette différence de position de classe sous le couvert du terme de “citoyenneté” pour exercer en fait la dictature d’une seule classe ; cette dissimulation n’est aucunement dans l’intérêt du peuple révolutionnaire, il faut le dire très nettement».

Mao rejoint ici d’une façon limpide l’analyse de Marx de l’essence des droits bourgeois, à savoir qu’ils expriment le droit d’une seule classe qui tend à se présenter comme universelle. Le masque de la bourgeoisie, par l’ensemble de ces analyses marxistes, tombe définitivement et est à jamais anéanti, laissant place de façon irrémédiable aux du peuple «établis pour tous ceux qui ne s’opposent pas à la guerre de résistance».

Aujourd’hui, ce combat continue à être toujours d’actualité et tend à se préciser, les droits de l’homme, arme subversive de la bourgeoisie contre les masses, étant brandis de nouveau, face à la montée des luttes révolutionnaires partout dans le monde, et notamment face aux développements des guerres populaires. De nos jours, le président Gonzalo a su saisir le danger de cette propagande dans le contexte actuel, montrant l’utilisation directe de ces droits contre toute rébellion naissante et plus généralement contre la révolution ; ainsi, il résume son analyse de la façon suivante :

«Le fond du problème est le suivant : il s’agit, aujourd’hui, d’arborer les droits de l’homme pour conjurer toute rébellion, et pour permettre l’établissement d’une soupape de sécurité. La rébellion, c’est la révolution contre la tyrannie, contre la classe exploiteuse comme centre de l’oppression et de la défense de cette exploitation. Or si l’oppression existe, c’est parce qu’il y a exploitation ; et si l’État existe, c’est parce qu’il y a la propriété privée. Donc, l’État opprime, pour exploiter. Dans ce contexte, pourquoi parler autant des droits de l’homme partout dans le monde ? Pour conjurer avant tout les guerres populaires, pour combattre la révolution !»

L’analyse du président Gonzalo s’inscrit dans la continuité du marxisme-léninisme-maoïsme, c’est-à-dire dans la continuité d’une analyse visant à démasquer, à dénuder et à dénoncer toute conception bourgeoise du droit, et à affirmer une fois de plus que seuls le socialisme, le communisme peuvent permettre l’accomplissement des droits véritables et authentiques du prolétariat et du peuple ; ainsi,

«les droits du peuple sont les droits que le prolétariat et l’immense masse populaire ont conquis par leur propre lutte et par leur sang, et qu’ils vont instaurer comme principe directeur du nouvel État, en fonction des intérêts des classes qui constituent le peuple. Les droits du peuple sont les devoirs et les droits de classe, et sont supérieurs à ces soi-disant droits de l’homme.»

L’avènement de ce nouvel État a enfin été, également, très bien systématisé par le président Gonzalo par la formule suivante :

«Face à la liberté bourgeoise, doit s’élever la liberté du prolétariat, seul concept aujourd’hui le plus développé, qui a pour but le changement réel et suprême, à savoir le communisme ; ce sera alors le véritable règne de la liberté dans lequel s’exprimera l’histoire vraie de l’homme. Tout ce qui est antérieur ne sera que préhistoire. Il faut donc arracher à la bourgeoisie ce drapeau en lambeau, pour brandir notre propre drapeau de la liberté ! […] Les droits du peuple, seul un nouveau État, une nouvelle dictature de classe peuvent les accomplir.»

Vive les droits du peuple ! Vive l’internationalisme prolétarien ! Vive le marxisme-léninisme-maoïsme, principalement le maoïsme ! À bas l’impérialisme, la réaction, le révisionnisme !

II

Grâce à cette analyse historique, exposée et défendue par les fondateurs du marxisme, et grâce à l’apport du président Gonzalo, nous avons maintenant une idée juste et correcte, d’une part des armes de la bourgeoisie qui ne propose que l’exploitation, l’oppression, le désordre et les guerres pour servir les intérêts morbides de l’impérialisme et de la réaction, et d’autre part les droits du peuple, seul remède contre l’hypocrisie des droits bourgeois. Cette clairvoyance nous permet désormais d’analyser la situation concrète sur le plan historique et international, et nous permet également d’avoir une compréhension juste et correcte des contradictions qui se développent au niveau mondial.

Ainsi, quelle a été l’utilisation des soi-disant «droits de l’homme» au cours de ce siècle ? Ils ont toujours servi l’impérialisme, principalement américain. C’est au nom de ces droits que le président Wilson amène les États-Unis à participer à la Première Guerre mondiale, avec pour principal objectif d’étendre la domination et d’imposer l’hégémonie impérialiste de son pays. Puis dès 1941, toujours sous ce même prétexte, les États-Unis, dirigés alors par Roosevelt, prendront part cette fois à la Seconde Guerre mondiale, dans ce seul et même but : accroître davantage l’expansion et l’influence américaines sur le reste du monde. Enfin, au lendemain de cette guerre, pour cette fois garantir et maintenir leur hégémonie, ils s’emploieront à promouvoir la dite «Déclaration universelle des droits de l’homme».

Il est donc clair que l’impérialisme, la réaction et le révisionnisme, en soutenant les soi-disant «droits de l’homme» sans jamais révéler leur véritable nature de classe, n’ont eu de cesse de protéger avant tout leurs propres droits et libertés bourgeois, tout en assujettissant les peuples et nations opprimés.

Et aujourd’hui encore, alors que le système impérialiste s’enlise toujours plus dans sa banqueroute générale, ce dernier utilise d’autant plus ces «droits de l’homme» en cherchant à imposer ses normes internationales, pour d’une part justifier, par ce biais, ses interventions dans n’importe quel pays du monde et ainsi légitimer l’assujettissement de tous face à son hégémonie, et pour d’autre part tenter d’écraser définitivement les droits de la souveraineté, de l’indépendance et de l’autodétermination des peuples, nations et États : ce qu’ils expriment eux-mêmes très bien quand ils affirment que «les droits de l’homme sont supérieurs à la souveraineté de n’importe quel pays».

L’exemple le plus parfait de cette réalité a été la guerre en Irak, et l’embargo auquel ce pays a été soumis, à la suite de cette guerre génocide contre les peuples arabes : jusqu’à aujourd’hui, on dénombre en Irak plus de 700 000 morts, principalement des enfants. Mais cet exemple est bien loin d’être le premier, puisque la Guerre du Golfe fut notamment précédée par celle menée par les Contras au Nicaragua, par l’intervention à Grenade pour mettre en place un régime à la solde des États-Unis ; par l’intervention au Panama ; et enfin, par les nombreuses interventions, notamment françaises, en Afrique, pour maintenir les pions de l’impérialisme. Et à cette liste non exhaustive se sont ensuite ajoutés, entre autres, le génocide organisé contre le peuple rwandais qui a entraîné la mort de 800 000 personnes, sous la bénédiction directe de l’impérialisme ; la guerre en Yougoslavie, et les massacres contre le peuple algérien dont les commanditaires sont tout trouvés. Enfin, il est impossible de ne pas mentionner le génocide contre le peuple kurde, perpétré principalement par l’État fasciste turc qui a commandité, jusqu’à présent, l’anéantissement de 3 000 villages et a chassé plus de 3 millions de Kurdes de chez eux.

En outre, chaque jour, nous sommes inondés de discours «humanitaires», de traités et de pactes qui ne visent en réalité que le maintien de la situation pour engraisser toujours plus l’impérialisme et la réaction locale ; depuis les années 80, 20 processus de paix ont été lancés, et un déluge de traités internationaux n’a cessé de s’abattre ; or parmi tous ces plans de pacification, que ce soit aussi bien en Palestine qu’en Angola, au Salvador, au Guatemala, en Irlande du Nord, en Yougoslavie, en Afrique du Sud… (la liste est longue), aucun n’a abouti – au contraire, tous ces conflits se sont accentués de plus en plus – et aucun n’aboutira jamais ! Enfin, à ces montagnes de papiers inutiles, s’ajoutent les naissances d’ONG (organisations non-gouvernementales) qui poussent comme des champignons partout dans le monde, et qui ont pour unique fonction de remplacer les missionnaires du siècle dernier, c’est-à-dire de tenter de semer partout la conciliation et la capitulation, pour finalement essayer de conduire les masses à l’acceptation de la domination de l’impérialisme et de la réaction locale.

Ils parlent de la «dignité de la personne humaine», et du droit «au bien-être économique et au progrès social de la majorité de la population mondiale». Mais des 5 600 millions d’habitants du monde, 4 600 millions, à savoir 80 p. 100 de la population totale habitent, dans des conditions de pauvreté absolue, dans les pays opprimés dont l’économie est arriérée car soumise aux propriétaires féodaux, au capitalisme bureaucratique et à l’impérialisme, ce qui, d’une part, empêche de développer une politique économique nationale indépendante et d’autre part, de solutionner, par conséquent, l’ensemble des problèmes que doivent affronter ces pays, tels que la famine et le très haut taux de mortalité infantile. Ainsi, sur les trois continents réunis, Afrique/Asie/Amérique latine, il meurt chaque jour 40 000 enfants ; l’indice sanitaire y est lamentable et le taux des maladies infectieuses atteint un niveau très élevé, comme le montre bien l’exemple du chiffre officiel des séropositifs au niveau mondial : sur les 30 millions de séropositifs aujourd’hui, 20 millions d’entre eux vivent en Afrique. Enfin, à cette liste s’ajoutent également l’augmentation constante de l’analphabétisme, du taux de chômage – la dette externe venant, pour couronner le tout, s’additionner à l’ensemble de ce cadre dantesque, pour assujettir toujours plus ces pays.

En outre, c’est également dans cette partie du monde que s’exprime avec beaucoup plus de rage la rivalité inter-impérialiste, qui doit tenter de se résoudre par des guerres d’agression, menées soit par des interventions directes, soit par la manipulation des gouvernements et États laquais. Ainsi, depuis la Seconde Guerre mondiale, il y a eu environ 120 guerres inter-étatiques, guerres de sécession, coups d’État, rébellions armées pour remplacer un secteur de la grande bourgeoisie par un autre, ce qui a généré d’immenses massacres – près de 17 millions de morts, d’après leurs experts – ainsi que des exodes massifs de la population, au sein même des pays ou en dehors, le chiffre officiel des réfugiés étant passé, selon Amnesty International, de 8 millions dans les années 80, à 27 millions dans les années 90.

Concernant l’utilisation de la torture, tous les journaux et rapports des organisations internationales rendent compte du recours généralisé à cette pratique par les États réactionnaires, notamment par les États qui ont signé la Convention internationale contre la torture, ce qui démontre de façon irréfutable l’hypocrisie de ces conventions et des engagements fantoches de l’impérialisme et de la réaction. Ainsi, là encore, le rapport d’Amnesty International permet d’appuyer ce point, puisqu’il montre en 667 pages la cruauté et l’ensemble des méthodes de torture pratiquées, qui vont des coups physiques aux électrochocs en passant par les brûlures de cigarettes et par l’acide, par les simulations d’exécution, par les viols, etc. Ni les enfants, ni les vieux ne sont alors épargnés par ces pratiques inhumaines et intolérables. Enfin, il faut aussi dénoncer la politique infâme de la disparition que développent des États réactionnaires contre les opposants, les révolutionnaires et leurs familles.

À la lumière de l’histoire et des chiffres de la réalité actuelle, il est clair que l’ensemble des accords internationaux, des déclarations sur les «droits de l’homme» et sur les droits économiques et politiques, ainsi que l’ensemble des structures mises également en place à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale montrent deux choses : d’une part, qu’elles sont une partie intégrante de la politique de contrôle idéologique des masses ; et d’autre part, qu’elles servent l’impérialisme, principalement américain, pour légitimer ses guerres d’agression qui ne visent, en réalité, qu’à tenter de résoudre les contradictions inter-impérialistes et à asseoir son hégémonie mondiale.

Aujourd’hui, ces soi-disant «droits de l’homme», faux et hypocrites, sont donc une partie importante de la stratégie des guerres de basse intensité et sont devenus un instrument essentiel de la «légitimation» de la politique extérieure et intérieure de tous les pays impérialistes et réactionnaires.

Face à cela, une seule voie s’impose aux peuples et nations opprimés, celle de la révolution de démocratie nouvelle, du socialisme, du communisme, c’est-à-dire celle de la révolution prolétarienne mondiale, seule expression du droit du peuple, à savoir le droit à la révolte et à la révolution, et seule voie possible de son salut. Ce droit s’exprime déjà, aujourd’hui, par le déclenchement et le développement de plusieurs guerres populaires aux quatre coins du monde – seule réponse juste et correcte face à l’oppression, l’exploitation et la domination.

Et c’est dans ce contexte que nous estimons qu’il est du devoir de tous et de chacun, aujourd’hui, de défendre les droits du peuple, et par là-même de défendre les prisonniers politiques et les prisonniers de guerre, symboles vivants de la volonté d’émancipation de ces peuples opprimés.

Ainsi, partout dans le monde et principalement au Pérou, au Népal, en Turquie, en Palestine, etc., c’est-à-dire dans tous les pays où se développent la guerre populaire ou la lutte armée, il existe des dizaines de milliers de prisonniers politiques, de prisonniers sociaux et des prisonniers de guerre, contre lesquels sont appliqués des plans d’extermination, des plans de génocide, des actions de «réquisition» qui ne visent, en définitive, que l’anéantissement des révolutionnaires, par le biais de la torture, des massacres et des assassinats. Et à cette liste s’ajoutent également les transferts abusifs des prisonniers, les persécutions contre leurs familles et leurs avocats, l’entassement dans les cellules étroites, dans des conditions inhumaines et dégradantes, avec l’absence totale d’hygiène et de soins, et enfin les exécutions arbitraires et sommaires. Tout cela étant justifié par des campagnes sinistres, mensongères et diffamantes, traitant les prisonniers de trafiquants de drogue, de terroristes, d’assassins et de criminels de guerre, etc., cela bien sûr grâce à la complicité des médias et de l’ensemble des moyens de la propagande.

Les prisonniers politiques et les prisonniers de guerre sont avant tout des combattants révolutionnaires incarcérés dans les camps de concentration de l’impérialisme et de la réaction dans ces différents pays – camps visant avant tout l’anéantissement total de ces prisonniers. C’est pour cela que nous considérons que la défense de ces prisonniers est indissociable de celle de leur cause juste et correcte, à savoir de la lutte contre l’impérialisme et pour la révolution, et qu’il est impératif de défendre nos prisonniers politiques et de guerre en tant que révolutionnaires qu’ils sont !

Et c’est dans cet esprit que nous déclarons que le président Gonzalo doit être défendu en tant que communiste, en tant que chef du PCP et de la révolution péruvienne, lui qui a soutenu et arboré inlassablement le maoïsme comme nouvelle et troisième étape supérieure du marxisme. Défendre la vie du président Gonzalo, cela signifie : d’une part écraser la ligne opportuniste de droite capitulationniste et révisionniste, qui prétend que les dites «lettres pour les accords de paix» sont les produits du président Gonzalo, et d’autre part surmonter les difficultés en développant la guerre populaire, comme est en train de le faire le PCP. Défendre la vie du président Gonzalo, cela veut dire écraser les infamies contre-révolutionnaires de l’impérialisme, de la réaction et du révisionnisme.

III

C’est dans cet esprit de défense des droits du peuple et des acquis de ce dernier au niveau du droit international que nous exigeons :

1)la reconnaissance du statut de prisonniers politiques et de guerre et par conséquent, l’application de l’article 3 du Protocole II additionnel commun aux quatre conventions de Genève, ainsi que d’autres normes internationales favorables à des prisonniers ;

2)le respect du droit signalé par les accords internationaux comme le droit à la liberté de pensée, à la libre expression, à la présomption d’innocence… ;

3)la non intervention des pays impérialistes et des pays tiers dans les conflits armés ;

4)l’arrêt immédiat de tout génocide contre les prisonniers politiques et de guerre ;

5)l’arrêt immédiat de la politique sinistre de la disparition ;

6)l’arrêt immédiat des persécutions contre les familles et les avocats des prisonniers politiques et de guerre ;

7)l’arrêt immédiat de la politique de «réquisition» dans les prisons ;

8)l’amélioration des conditions de vie des prisonniers politiques et de guerre et le rétablissement du libre droit de visite ;

9)l’application immédiate de toutes les revendications des prisonniers politiques et de guerre.

Il est du devoir de tous et de chacun de défendre activement les prisonniers politiques et de guerre, de défendre leur cause et de faire de leur lutte héroïque notre combat. Seule la lutte acharnée contre l’impérialisme et la réaction peut mener à l’émancipation du peuple et à l’application souveraine de son droit. Nous sommes le peuple, et l’avenir nous appartient !

Défendons la vie du président Gonzalo,
en tant que chef du PCP et de la révolution péruvienne !
Vive la lutte des prisonniers politiques et de guerre !
Vive les guerres populaires !
Vive la révolution prolétarienne mondiale !
Vive le marxisme-léninisme-maoïsme !

– Collectif anti-impérialiste,
TKP/ML,
Atelier d’études franco-péruviennes
(Paris, avril 1998)
e p D T F s