Une fois de plus, le peuple affligé d’Afghanistan, qui a déjà tant souffert, est menacé d’invasion et d’occupation impérialistes – cette fois-ci sous prétexte de la «guerre contre le terrorisme». Les impérialistes américains affirment qu’il s’agit pour eux d’une campagne internationale : ils ont l’intention de rassembler autour d’eux les impérialistes et les réactionnaires de toute la planète.

Mais l’idée même d’une «guerre mondiale contre le terrorisme» n’est qu’un énorme mensonge, en ce qu’elle est mise de l’avant par celle qui est elle-même la plus grande puissance terroriste qui soit. Les États-Unis ont été attaqués sur leur propre territoire et la blessure qu’ils ont subie s’avère très douloureuse – peu importe qui, d’ailleurs, leur a infligé ; non seulement à cause de l’étendue des dommages et du nombre élevé de victimes qu’elle a causés, mais surtout parce qu’elle a révélé aux masses populaires la faiblesse générale du système et la fragilité de l’édifice de la domination mondiale impérialiste. Voilà pourquoi l’impérialisme américain hurle aujourd’hui telle une bête blessée, et en appelle à grands cris à une vengeance sanglante. En fait, les États-Unis veulent afficher leur force de la façon la plus terrifiante qui soit et effrayer les peuples du monde, de sorte que leur domination et leur puissance n’apparaissent pas comme étant affaiblies. Voilà pourquoi la soi-disant «guerre mondiale contre le terrorisme» qu’ils s’apprêtent à déclencher, s’avèrera sans aucun doute l’une des campagnes de terrorisme d’État impérialiste les plus sanglantes qu’on aura jamais connues à l’échelle du monde – et en particulier en Afghanistan.

Qui donc a organisé et réalisé les attentats-suicide de New York et Washington ? Oussama Ben Laden et les réseaux qui lui sont liés ont été tout de suite désignés comme étant les suspects numéro un. Mais qui est Ben Laden ? Cet individu est un pur produit de la CIA. Pendant des années, il s’est avéré être un serviteur reconnu et dévoué des Américains ; on ne peut d’ailleurs écarter la possibilité qu’encore aujourd’hui, Ben Laden soit lié d’une manière ou d’une autre à telle ou telle section des grandes puissances impérialistes. Ce sont les impérialistes américains qui ont eux-mêmes créé, nourri et entraîné ce «grand terroriste». Les bandes liées à ce «grand Moudjahidin» se sont livrées à toute une série d’actes barbares et effroyables contre les masses populaires d’Afghanistan, avec le consentement formel ou tacite, l’encouragement et le soutien des impérialistes américains et de leurs alliés, qui ont encouragé le développement de ces bandes de façon à pouvoir les utiliser contre notre peuple et envahir notre pays.

Maintenant, qui donc est menacé de subir la même «répression sévère» que les «terroristes» pour leur avoir donné refuge ? Le régime des Talibans vient évidemment en tête de liste. Mais qui sont les Talibans ? Ce sont l’impérialisme U.S. et leurs alliés qui les ont sortis des recoins sombres des mosquées et des écoles religieuses où ils se trouvaient, afin de réaliser leurs objectifs politiques et économiques impérialistes en Afghanistan et dans la région. C’est grâce à leur aide que les Talibans se sont hissés de la mendicité dans laquelle ils croupissaient jusqu’aux hautes sphères du pouvoir. Pendant leur règne, les Talibans ont imposé un régime de terreur bestial et n’ont pas hésité à procéder à des tueries, assassinant des milliers de personnes et en déplaçant des centaines de milliers d’autres, sous prétexte de supprimer toute opposition à leur régime réactionnaire. Il ne fait aucun doute que l’horreur et la terreur constituent le fondement même de leur politique à l’endroit des masses populaires, des travailleurs et travailleuses, des femmes et des nationalités opprimées. L’action de leurs bandes, qui se consacrent à la tâche de «favoriser le bien et décourager le mal», représente une application sauvage de la politique des Talibans.

Il est évident que ce genre de serviteurs triés sur le volet par l’impérialisme, ne sont appréciés que tant et aussi longtemps qu’ils sont utiles ; et que dès lors qu’ils ont fait leur temps et/ou que leur présence devient embarrassante pour leurs maîtres – ou encore lorsque les conditions font qu’il devient possible de les changer pour de nouveaux serviteurs plus efficaces -, ils en viennent à perdre l’appui de leurs maîtres, voire même deviennent sujets aux représailles. Mobutu, Suharto, Fujimori, etc., comptent parmi ces laquais serviles de l’impérialisme qui, après avoir servi leurs maîtres pendant plusieurs années, ont vu leur capacité d’exercer leurs fonctions diminuer face à la lutte des masses, au point de devenir inutiles et de se voir montrer la sortie. Certains, comme Noriega au Panama, dont la présence était devenue fort embêtante pour ses maîtres, sont devenus eux-mêmes la cible de l’impérialisme. Noriega n’a pas seulement été évincé du pouvoir mais il a été arrêté, menotté et envoyé aux États-Unis pour y subir un «procès». C’est vraisemblablement le même sort qui attend Ben Laden et le mollah Omar. Le projet des Talibans, incluant la mise sur pied et le développement du réseau dirigé par Oussama Ben Laden, visait essentiellement à apporter la stabilité politique en Afghanistan – une stabilité souhaitée par les impérialistes américains et leurs alliés locaux qui cherchaient à étendre leur influence en Asie centrale. Mais non seulement ce projet n’a-t-il pas apporté les résultats escomptés pour les impérialistes américains, il s’est même au contraire avéré une nuisance. C’est pour cette raison que Ben Laden et les Talibans ont perdu le soutien des États-Unis et qu’ils font désormais face à la furie de leurs anciens maîtres – ça n’a donc rien à voir avec le fait que les États-Unis s’opposeraient au régime de terreur et de peur tel qu’imposé par les Talibans. D’ailleurs, les impérialistes américains ne sont-ils pas les supporters numéro un du sionisme et de l’occupation des territoires palestiniens par l’État d’Israël, dont les dirigeants constituent une des bandes les plus sanguinaires dans le monde actuel, qui pratique l’horreur, la terreur, le meurtre et le pillage systématiques ? Pourquoi donc l’État d’Israël et le sionisme ne sont-ils pas eux aussi la cible de la «guerre mondiale contre le terrorisme» menée par l’impérialisme américain ? Loin d’être une cible de cette guerre, l’État d’Israël constitue au contraire une composante importante du camp des va-t-en-guerre.

D’autre part, le mot d’ordre de «djihad contre l’Amérique impie» mis de l’avant par le réseau de Ben Laden, et maintenant repris par les Talibans, est également un énorme mensonge, tout aussi hypocrite. Les masses populaires d’Afghanistan ont éprouvé dans leur chair et payé de leur vie les «fruits» et les «bénéfices» de leur «djihad contre la corruption et la décadence». Il est clair comme de l’eau de roche que cette nouvelle «djihad» n’apportera rien de bon au peuple ni au pays – si tant est que ses partisans réussissent à en faire plus qu’un slogan vide de sens. Ce qui arrivera vraisemblablement, c’est que les anciens serviteurs de l’impérialisme U.S. tenteront d’en arriver à un arrangement quelconque avec leurs maîtres vénérés, à défaut de quoi ils vont rapidement abandonner le champ de bataille.

Dans ce contexte, le cas désespéré et sinistre des réactionnaires actuellement en guerre contre les Talibans (i.e. «l’État islamique d’Afghanistan» [mieux connu sous le nom d’Alliance du Nord]), qui ont récemment perdu leur commandant et se trouvent désormais «orphelins», s’avère parfaitement dégoûtant et méprisable. Ces réactionnaires de bas étage ont naguère mangé dans la main des Russes, des Indiens et de leurs alliés en Afghanistan. En ce moment, ils ne cessent de répéter qu’ils sont disposés à servir les agresseurs impérialistes américains, espérant pouvoir s’emparer, tels des vautours, d’une partie de la dépouille du pays.

Dans un cas comme dans l’autre, il y a clairement démarcation et contradiction entre d’une part, les intérêts du peuple d’Afghanistan ; et d’autre part, ceux des impérialistes américains et de leurs alliés impérialistes et réactionnaires, incluant ceux des laquais qui dépendent d’eux.

De la même manière qu’il était juste de résister à l’invasion et à l’occupation du social-impérialisme soviétique, le peuple d’Afghanistan possède le droit absolu et a la responsabilité de résister à l’invasion et à l’occupation des impérialistes américains et de leurs alliés. Mais la nature même de ce droit et de cette responsabilité place le peuple d’Afghanistan en contradiction avec les laquais de l’impérialisme, qu’ils soient dociles ou non face à leurs maîtres et ce, incluant «l’Émirat islamique» [taliban]. Il faut étudier plus en profondeur l’expérience de la guerre de résistance contre le social-impérialisme soviétique, de façon à pouvoir l’appliquer dans le contexte actuel.

Le Parti communiste d’Afghanistan condamne fermement les menaces d’agression de l’impérialisme américain et s’oppose résolument à l’invasion et à l’occupation du pays. Le PCA compte se battre pour organiser et déchaîner la résistance populaire autonome sous la bannière de la révolution, comme partie intégrante de la révolution mondiale. Le renforcement et l’expansion de la guerre de résistance contre l’impérialisme américain sont une condition nécessaire pour pouvoir passer à l’étape de la guerre populaire et de la révolution de démocratie nouvelle en Afghanistan. Pour atteindre cet objectif, il faut que le mouvement révolutionnaire continue d’attaquer le «pan-islamisme» et la «théocratie» réactionnaire – qu’elle prenne ou non la forme du régime des Talibans – et développe la lutte par tous les moyens nécessaires. Autrement, le précieux sang des masses populaires aura encore été versé en vain, et les chaînes de l’oppression et de l’esclavage demeureront intactes.

À bas l’impérialisme et la réaction !
Brandissons la bannière de la résistance populaire contre l’agression impérialiste !
Vive la révolution, vive le communisme !

– Le Parti communiste d’Afghanistan
17/09/2001
e p D T F s