Drapeau Rouge №101
Allocution au panel sur le « droit de se révolter » lors des journées du Partisan

On n’a pas le droit… mais on a raison de se révolter !

Voici de larges extraits de la présentation d’un militant du Parti communiste révolutionnaire (PCR) à l’occasion des Journées du Partisan, qui se sont tenues les 22 et 23 juin derniers à Montréal pour souligner le premier anniversaire de publication de ce journal militant et révolutionnaire. Cette allocution a été livrée dans le cadre d’un panel réuni sous le thème général «On a le droit de se révolter».

– Le Drapeau rouge

Je veux d’abord remercier l’équipe du journal qui a réussi à diffuser quelque 100 000 exemplaires du Partisan au cours de la dernière année, d’un journal bilingue et révolutionnaire – c’est du rarement vu au Canada. Cette activité est appelée à se multiplier au cours des mois et années à venir et cela exige un soutien financier et politique important.

Ce qui doit apparaitre dans un tel journal, c’est ce pourquoi on lutte. Il faut que le Partisan donne des mots d’ordre de combat à tout le prolétariat du Canada. C’est comme ça qu’on va renverser l’opinion publique, qui par paresse, suit la bourgeoisie et l’idéologie de la classe dominante mais qui, de plus en plus, se pose des questions sur la situation du moment. Où allons-nous et qu’est-ce qui est en danger? Est-ce notre existence comme prolétaires, comme travailleurs? Est-ce le capitalisme qu’on doit défendre, ou est-ce qu’on doit se défendre nous-même quotidiennement dans chacune des circonstances de notre vie? De plus en plus de prolétaires se posent la question et Partisan doit les aider à trouver des solutions aux questions qu’ils se posent.

Je veux aussi saluer les camarades du Mouvement révolutionnaire ouvrier (MRO) pour leur persévérance et leur participation à la manifestation d’aujourd’hui (ndlr, la grande manifestation du 22 juin organisée par la CLASSE), qui a été une autre réussite exemplaire – on parle de 30 000, 40 000 et même 50 000 personnes, ce qui est en soi significatif de la qualité du mouvement des quatre derniers mois. Cette lutte me rappelle une affiche du PCR naissant d’il y a quelques années. On pouvait y lire la phrase suivante: «Ces prolétaires, des millions de héros». Ce qu’on a vu au cours des derniers mois dans la multitude d’actions, dans à peu près toutes les manifestations, à des centaines d’occasions, à Montréal et dans d’autres villes, c’est l’expression précise de ce slogan. Les prolétaires sont des héros: ce sont eux et elles qui affrontent les gouvernements, qui affrontent la police, qui affrontent l’État et qui défendent leurs droits dans des batailles quotidiennes. Des gens qui se font arrêter, qui se font bousculer, qui se font malmener, qui se font frapper, qui se font gazer, ce sont nos héros et nos héroïnes. Il faut les défendre, il faut en être fiers, il faut s’assurer que de fois en fois, on en génère de plus en plus.

Un mouvement qui sera capable de générer autant de héros, de combattants et combattantes, de militantes et militants qu’il a pu en générer au cours des derniers mois, est un mouvement appelé à de grandes choses.

J’aime bien le titre de la soirée, «on a le droit de se révolter». Mais, je vais le prendre par un autre biais et en faisant une légère distinction: il y a le droit, et il y a la raison. Nous au PCR, on dit souvent: «on a raison de se révolter». On a raison d’exiger certaines choses. On a raison de vouloir une société faite autrement. Mais on n’a pas vraiment le droit de se révolter. On n’a pas vraiment le droit de renverser l’ordre des choses. On a le droit politique de le viser, de le souhaiter, de combattre pour cela. C’est la raison qui est de notre côté. Le droit lui, est du côté de l’ennemi, du côté de la bourgeoisie, du côté du capitalisme.

Sous le communisme, le droit et la raison vont fusionner. Ce sera le premier moment dans l’histoire de l’humanité où le droit va véritablement exprimer ce qui est juste. Mais jusqu’à présent et jusqu’au communisme, droit et raison sont séparés. On le voit de manière claire et évidente dans le conflit des derniers mois et on l’a vu dans toutes les luttes sociales, à chaque fois qu’elles atteignent un niveau de confrontation important.

Il faut accepter cette idée que le droit et la raison sont séparés et il faut voir dans cette séparation, la constitution de deux sociétés dans une. Et de plus en plus, c’est cela qu’on construit, c’est cela que le PCR, que les mouvements de revendications et les mouvements de luttes actuels construisent: deux sociétés à l’intérieur d’une seule. On peut dire que politiquement, c’est l’embryon de la guerre civile. C’est la lutte des classes qui va être portée à son niveau de lutte politique pour le pouvoir.

Il y a d’abord une société qui se réclame d’une certaine raison et d’une justice– celles des victimes de l’exploitation: l’égalité, la survie, la plénitude des besoins, l’émancipation des individus, la possibilité de se réaliser dans une vie alors qu’on travaille, qu’on consomme, qu’on mange, qu’on dort, qu’on est heureux ou pas, etc. On ne parvient pas à se réaliser dans le capitalisme et on y parviendra de moins en moins.

La raison est de notre côté. Mais le droit, lui, est du côté des gouvernements, des bourgeois, des capitalistes, de la société bourgeoise. La clé pour transformer la raison en droit, c’est le pouvoir politique. Tant qu’on ne possède par le pouvoir dans la société, tant que les opprimées ne sont pas au pouvoir, le droit appartient aux oppresseurs. La clé, c’est le pouvoir politique aux opprimées, c’est ce qui fera fusionner la raison, la justice et le droit.

Alors sur ce thème, je dis que ce qui fonde le droit de l’opprimé, c’est la raison. Qu’est-ce qui est juste ? Est-ce juste de combattre telle loi, telle hausse de frais? Est-ce que c’est juste de combattre tel licenciement, est-ce juste de combattre pour une augmentation de salaire? Est-ce juste de combattre pour une meilleure existence? Oui c’est juste. La raison est derrière ces revendications ; nous nous donnons donc le droit de mener cette bataille.

À l’opposé, ce qui fonde la raison des oppresseurs, c’est le droit. Ils ont raison d’envoyer la police parce que le droit leur permet. Une classe sociale – la bourgeoisie – et l’autre – le prolétariat – sont donc dans un rapport inversé à la problématique qui est devant nous. Les capitalistes «ont raison» d’agir ainsi parce que le droit – leur droit – leur permet de le faire, même si ce droit est injuste.

Cette dichotomie, ou cette séparation des deux classes, fait progressivement en sorte de faire naître deux sociétés dans une, à mesure qu’on ajoute des batailles, à mesure qu’on avance, à mesure que la lutte continue et qu’elle atteint des niveaux supérieurs. Une société qui veut arriver à des victoires, et l’autre qui veut empêcher le pouvoir de lui échapper des mains. On n’en est qu’au centième de cette bataille, qu’à une fraction à peine de cette lutte entre deux sociétés.

C’est un centième énorme qu’on a accompli au cours des derniers mois par le biais de la lutte étudiante. Un centième, c’est peu, ce qu’on a atteint dans cette bataille est en même temps énorme. C’est une progression fulgurante, un grand accomplissement au Québec pour le prolétariat et ses alliés. C’est une lutte fantastique qui n’est pas terminée, mais on n’en est encore qu’à un centième de ce qu’il faut faire.

Il faut néanmoins faire aboutir cette expérience. La grève étudiante n’est pas terminée. Il faut la considérer encore comme une bataille qui doit aller au terme de son expérience, il faut prolonger l’année rouge des étudiantes et étudiants du Québec. Il faut aller la porter le plus loin possible.

Le communisme, c’est le mouvement réel!

Marx posait la question: «qu’est-ce que le communisme?» Ce n’est pas une construction, ou une chose qu’on invente dans notre tête. «On voudrait que la société, elle soit comme ceci ou comme cela, qu’elle corresponde à un idéal.» Ce n’est pas un idéal – même si on y met beaucoup d’aspirations – le communisme n’est pas une utopie inventée. Le communisme, c’est le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses. L’état actuel, c’est la société de classes, c’est l’exploitation, c’est l’impérialisme, c’est la misère, c’est la guerre, c’est la société dans laquelle nous vivons et qui connait présentement des soubresauts partout dans le monde.

Le mouvement réel, on le voit ce printemps, on l’a vu cet hiver. Ce à quoi on assiste, ce n’est pas un mouvement idéal, c’est un mouvement réel. Il faut se dire maintenant, l’automne prochain, l’année prochaine, dans les prochaines années, nous n’aurons jamais un mouvement idéal, rêvé, parfait, pur, 100% conscient, ou 100% en maitrise de ses moyens, mais on aura un mouvement réel.

Il ne faut pas, par rêve d’un mouvement idéal, fuir le mouvement réel. Le mouvement réel est devant nous et il est mieux qu’on aurait peut-être pu le penser.

Le mouvement réel, c’est aussi la crise financière actuelle du capitalisme. C’est la récession dans plus de la moitié de l’Europe. Ce sont des taux de chômage jamais atteints, 50 % des jeunes Espagnols en chômage ; ce sont 25 % des travailleurs en Espagne, en Grèce qui sont en chômage. C’est une impossibilité à permettre l’accumulation du profit, l’accumulation du capital et en même temps, la survie économique du prolétariat. Pour financer le capital, on coupe les revenus des ouvriers. Et cela, c’est la loi actuelle du capitalisme qui va se répercuter dans tous les pays de la planète, y compris aux États-Unis, y compris au Canada.

Le mouvement réel, c’est aussi la perte de confiance dans la propriété privée des moyens de production. De plus en plus de travailleurs et travailleuses, au Québec, au Canada, mettent en doute cette société-là où la production minière, les banques, les grands réseaux de transports, les grandes industries, appartiennent à des minorités de capitalistes. Cette crise de confiance, ce décrochage de la propriété privée, il est tu parce qu’il est au cœur de la société capitaliste. Nous devons remettre constamment sur la place publique ce système de propriété privée de notre travail, de notre production, de ce pourquoi on agit quotidiennement. C’est un système fini, qui doit être renversé et remplacé par la collectivisation des moyens de production.

Le mouvement réel est aussi dans la contestation de la marchandisation généralisée de pratiquement toutà l’échelle de la société : l’école, le logement, la santé, la vie, le loisir, les rêves, tout est devenu une marchandise, tout est devenu objet de profit pour les capitalistes. Cela est de plus en plus contesté par le mouvement réel.

Les militantes que nous sommes, les révolutionnaires que nous voulons être – et on veut être les meilleures ! – doivent être dans le mouvement réel. Nous ne sommes pas des analystes, des commentatrices, des journalistes ou si on l’est, alors on est aussi des militants, on est des combattants du mouvement réel. Nous sommes des prolétaires communistes. Notre but est de faire aboutir ce mouvement pour qu’il abolisse la société actuelle.

Il faut donc être dans le mouvement réel. Le mouvement étudiant en est une partie ; le mouvement ouvrier en est une autre ; les luttes ouvrières, l’économie, la production, la science, la théorie, la culture, il faut être partout où nos frères, nos sœurs, où d’autres travailleurs et travailleuses comme nous labourent la société, là où ils produisent, là où ils font des choses. C’est comme cela qu’on va redonner confiance au communisme. Non pas en voyant les choses de haut, mais en les voyant de l’intérieur. Il faut être dans le mouvement réel.

Le problème, c’est que ce mouvement réel est comme un archipel. Il est comme ces milliers d’îles – un peu comme les Philippines – qui apparaissent séparées, mais qui en réalité sont une seule et même géographie. Les îles sont l’apparition d’un même territoire ; il y a une totalité sous l’océan.

Le mouvement réel est donc comme un archipel. Quel rapport y a-t-il entre une île et une autre ? Quel rapport y a-t-il entre Rio Tinto Alcan et la lutte des étudiantes ? Quel rapport entre la guerre populaire en Inde et la résistance autochtone en Amérique latine ? Entre le Québec et les autres provinces du Canada ? Etc. On a tendance à accepter que ces phénomènes ne sont que des îles éparpillées dans un immense archipel. Il faut contourner ce problème. Notre but comme révolutionnaires est non seulement d’être dans le mouvement réel et d’être actifs partout où il y a possibilité de transformer la réalité, mais c’est aussi d’y ajouter un liant. Ajouter quelque chose qui relie une île à l’autre, qui contourne l’impasse géographique et qui révèle le fait qu’en réalité, ces îlots de combat, ces îlots de revendications sont le même combat, la même transformation, le même mouvement réel. Ce n’est pas simple, mais c’est ce qui doit être fait et ce qui doit surgir du mouvement réel et de la lutte à laquelle on assiste. Il faut montrer ce qui relie l’archipel. C’est le défi du PCR, mais c’est aussi le défi de quiconque veut transformer la société: cela peut être le défi des anarchistes, des forces radicales, etc.

Unifier le mouvement réel

Au PCR, nous sommes au milieu d’un processus politique, celui de constituer une organisation, un parti ; celui de le développer et de le déployer en un vrai parti révolutionnaire. Non pas un parti sur papier ou qui aspire à quelque chose de vague et de lointain, mais un vrai parti percutant, qui a de l’influence, qui rallie les gens, qui les unit, qui développe les analyses justes et les bons mots d’ordre. On aspire à un vrai parti révolutionnaire et on le fait en avançant la perspective de la guerre populaire prolongée.

Au milieu de ce processus, au moment où nous avancerons dans la société des propositions concrètes et des thèses sur la guerre populaire, nous trouverons là ce qui sera le liant, la passerelle entre une île et une autre, ce qui peut unifier le mouvement réel dont nous parlons. Et cela, nous devons le partager avec tous les courants dans l’extrême-gauche au Québec et au Canada, avec tous les révolutionnaires qui sont sincères et authentiques dans les combats. Il faut qu’ils se disent: «On a besoin de ce liant, on a besoin de la passerelle d’une île à l’autre. Le partage des luttes ne suffit pas, on a besoin de compléter cette passerelle.»

Cela prend une perspective politique qui donne de la totalité au mouvement réel. Une perspective qui bat en brèche cette idée que tout est éparpillé. Nous disons quant à nous, qu’il y a possibilité d’avancer vers une autre société.

Au cœur de cette perspective, on constate qu’il y a un gros morceau, une pièce maitresse du puzzle. Cette pièce, c’est l’opposition entre la démocratie bourgeoise et le pouvoir populaire. On a commencé à travailler cette idée il y a quelques années, bien avant la grève étudiante, et on s’est dit, la guerre populaire, c’est en effet et éventuellement une bataille militaire, et qui met en branle le peuple et ses moyens de défense et d’action. Mais à l’origine, c’est une bataille politique. Et cette bataille oppose la démocratie tronquée de la bourgeoisie à la démocratie populaire, réelle et juste. Le développement de la démocratie populaire est donc au cœur de la perspective de la guerre populaire pour construire un mouvement réel total, unifié, émancipateur et révolutionnaire pour l’immense majorité des masses.

Ce que l’on voit autour de nous ces dernières semaines, nous montre que ces questions ne sont pas hypothétiques. Elles ne sont pas des fantômes qui hanteraient nos rêves de maoïstes. Ce sont des questions réelles qui sont dans la rue, dans les manifestations de casseroles, dans les assemblées de quartier. Elles sont dans toutes les réunions où les gens se disent: qu’est-ce qu’on fait ? Comment bat-on en brèche Charest, la police, les capitalistes et leurs alliés ?

Il y a donc une adéquation entre l’avancement d’une perspective politique par le PCR et ce qu’on constate dans la réalité. Évidemment, c’est embryonnaire, c’est à développer. Une des obligations que nous avons comme militantes et militants, est de voir plus loin que la quotidienneté de la lutte. Quels sont les moments qui permettent de porter plus loin la lutte et de faire des gains ?

Je dirais donc qu’il y a quatre moments devant nous. Quand je dis quatre moments, ce n’est pas d’abord un et d’abord l’autre. Il s’agit de quatre manières d’appréhender la chose, à partir de demain, de la semaine prochaine et de toute la période qui est devant nous.

Premier moment: appuyer de toutes nos forces la lutte étudiante !

Le premier de ces moments, c’est celui de la grève étudiante et de la reprise des sessions à la mi-août. Le mouvement actuel est encore pour l’essentiel celui qui découle de la grève étudiante contre la hausse des droits de scolarité. Il doit aboutir et aller au bout de son expérience. Le PCR doit mettre toutes ses forces pour une réussite grandiose à la mi-août de la reprise de la grève et de la mobilisation. C’est un deuxième souffle de la grève, une poursuite de ce qu’on pourrait appeler l’année rouge étudiante.

Il y a aussi tous ceux et celles, qui sont innombrables, qui appuient, qui participent, qui veulent élargir et développer la lutte. On les a vues dans les manifestations quotidiennes de soir, avec les casseroles, les mouvements spontanés et les assemblées autonomes dans les quartiers, et on les verra dans d’autres mouvements de lutte qui vont se développer à l’automne. Il faut en être et être de tout ce qui perce, de tout ce qui s’inscrit dans l’appui et la continuité de cette lutte. Il faut être présent dans ces mouvements, il faut intervenir, avancer les perspectives révolutionnaires, les perspectives communistes.

Deuxième moment: clarifier nos revendications, notre unité, nos objectifs

Au moment où ce mouvement veut s’élargir et s’étendre, il reste imprécis, principalement sur trois choses. Sur la question des revendications, dont on a tendance à négliger l’importance. C’est pourtant le facteur unissant le plus fort, celui sur quoi on combat. La revendication n’est pas qu’entre nous et l’adversaire ; elle est surtout entre nous et nous. Elle permet de nous unir. Qu’on soit anglophone, francophone, âgée, jeune, travailleur, étudiante, quelque soit le groupe du prolétariat auquel on appartient, la revendication, quand elle est juste, permet l’unité de la classe ouvrière, du prolétariat et du camp populaire. Conséquemment il faut comprendre l’importance de l’unité.

À Montréal, nous arrivons à une certaine unité dans la rue, que ce soit dans les manifs, entre anarchistes, communistes, inorganisées et autres forces. Cela est appréciable et c’est un acquis du mouvement qui s’est construit depuis 10 ou 12 ans. Mais nous devons être capables de hausser cette unité à une unité tactique et politique plus solide; à une unité qui avance des choses, qui bâtit sur le moyen et le long termes. L’imprécision sur les revendications, sur l’unité et sur les objectifs fait en sorte qu’on doit encore malaxer tout ce qui est dans le mouvement actuel d’appui à la lutte pour le faire murir, le développer et le rendre plus précis sur ces trois exigences. C’est donc le deuxième moment: être dans toutes ces expériences et mouvements, tout en poussant une clarification sur les revendications, l’unité et l’objectif.

Troisième moment: opposer la démocratie populaire à la fausse «démocratie» bourgeoise

Le troisième moment, c’est celui des élections, vraisemblablement au début septembre. Il faut en faire le mouvement de contestation des élections bourgeoises le plus significatif dans notre expérience ici au Québec et au Canada. Il faut là aussi se rassembler, discuter, agir; il faut améliorer l’analyse et la critique de la démocratie bourgeoise. Pour cela, il faut utiliser tout ce qui existe déjà devant nous: les collusions, la corruption, la mafia dans la construction et le rôle qu’y jouent les libéraux; mais aussi, les impasses électorales en Égypte et ailleurs; le fait qu’on fasse voter les gens à répétition… pour leur faire entrer dans la gorge un parti «officiel» ou un autre. En Grèce, le peuple a battu des gouvernements pro-troïka; malgré cela, la bourgeoisie a refait une élection pour s’assurer de les réélire ! Il faut utiliser tout ce qu’on connaît maintenant pour dévaluer la démocratie bourgeoise et la révéler pour ce qu’elle est: un système factice de démocratie.

Il faut que le mouvement de boycott soit puissant et unisse ceux et celles qui veulent lutter dans des actions. Il faut harceler les ministres pendant toute la campagne, le premier ministre et tous ses ministres: ces Bachand et ces Courchesne, qui se pensent encore à Westmount et Outremont et qui ont peur, qui inventent des menaces et grossissent l’intimidation.

Il faut leur dire: sortez de votre confort douillet. La lutte des classes n’est pas ce que vous en pensez. Ce n’est pas le roman-savon que vous en faites avec votre compréhension du droit et de l’État de droit. Il faut faire payer le gouvernement, sans donner nos voix à d’autres partis bourgeois. Il faut opposer à la démocratie bourgeoise, la démocratie populaire.

Quatrième moment: débattre et progresser, avec toutes les forces révolutionnaires autour de la perspective de la guerre populaire prolongée

Le quatrième moment pour les camarades du PCR est celui sur lequel j’espère qu’aujourd’hui et demain et à d’autres occasions, nous avancerons. Cet espoir, c’est que les propositions, les initiatives politiques et idéologiques autour de la guerre populaire prolongée que le PCR va avancer l’automne prochain, puissent susciter un véritable débat politique dans la gauche au Québec, au Canada et auprès d’autres forces alliées ailleurs dans d’autres milieux. C’est l’espoir qu’on puisse trouver dans cette volonté révolutionnaire de lutter pour le pouvoir, celle d’unir le prolétariat et d’avancer des moyens de combattre qui feront en sorte que notre classe se hisse au niveau d’un véritable ennemi face à la bourgeoisie.

Nous devrons porter ces perspectives de guerre populaire prolongée, les défendre, les discuter, les enrichir et les développer, afin de rallier des gens autour d’elles. Nous trouverons là matière à hausser notre mouvement pour l’enrichir et lui donner de nouvelles victoires en termes d’organisation, de construction du parti, de construction de notre mouvement et en terme de présences dans les luttes.

Ces quatre moments sont liés l’un à l’autre, ils se croisent au même carrefour. Et pour les faire aboutir, cela demande des efforts, de l’organisation, une présence, une activité soutenue, un soutien indéfectible à la lutte des masses ; ça demande que les militantes révolutionnaires soient toujours aux côtés des masses, qu’ils et elles soient présentes et dévouées à la lutte, comme le sont les idées du communisme au prolétariat en général. Le communisme est ce qui est le plus dévoué dans notre histoire à nous comme classe. Alors nos militantes révolutionnaires doivent être dévouées à la lutte des masses, ils doivent être les combattantes les plus solides, les plus présentes et les plus fières et fiers dans tous les combats à venir.

Je pense qu’on doit tenir les discussions d’aujourd’hui et des prochaines semaines dans cette perspective d’avancer sur chacun de ces moments là, pour permettre des développements importants et enrichir le mouvement.

Nous ne sommes qu’une fraction de ce mouvement. Par contre, nos idées vont se développer et circuler, elles vont permettre d’enrichir le mouvement. Nous devons être à pied d’œuvre pour remporter des victoires et faire en sorte que l’automne prochain soit à nouveau un automne de luttes rempli, fructueux, à la hauteur de ce qu’on a connu ce printemps avec la grève étudiante et avec le mouvement de soutien qui a été fabuleusement puissant et riche.

e p D T F s