Depuis maintenant plusieurs mois, le Parti québécois, c’est-à-dire le parti de la bourgeoisie nationaliste dirigé par Pauline Marois, s’évertue avec beaucoup d’énergie à redorer son image afin de mieux se présenter lors des prochaines élections comme le parti de la «classe moyenne» et des gens ordinaires.

En effet, depuis quelques semaines, les annonces de candidatures «vedettes» pleuvent, notamment celle de Léo Bureau-Blouin, ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, ce qui montre bien les liens qui unissent le PQ et certaines fédérations étudiantes dites «réalistes».

Ces nominations font suite à une longue liste d’opérations menées depuis la nomination de Pauline Marois au poste de chef du PQ et qui visent essentiellement à crédibiliser ce parti, c’est-à-dire à le rendre acceptable pour la bourgeoisie tout en conservant une image sociale-démocrate pour l’électorat. On a donc d’un côté la vraie politique du PQ au service des capitalistes, et de l’autre, la cosmétique électoraliste pour le pauvre monde.

Cette double politique s’est traduite au fil des mois par diverses annonces: changement du programme du PQ pour le calquer sur celui des travaillistes de Tony Blair (qui, faut-il le rappeler, a mené une série d’attaques frontales contre les programmes sociaux en Angleterre, en plus de s’engager ouvertement dans les aventures militaires américaines), expulsion des clubs politiques dans le parti (par exemple, le SPQ Libre), pour finalement déboucher sur la tentative grossière de récupérer la lutte étudiante du printemps dernier.

Les promesses du PQ visent à repositionner l’image du parti sur la scène politique. Le PQ a, entre autres, annoncé qu’il remplacerait la hausse massive des frais de scolarité par une hausse annuelle à hauteur du coût de la vie et qu’il éliminerait la taxe santé régressive implantée par le gouvernement libéral. De plus, comme à chaque élection, le PQ fait aussi la promesse qu’un futur gouvernement péquiste procèderait à des «réformes démocratiques», en permettant notamment la tenue de référendums d’initiative populaire.

Le Parti québécois promet aussi de mettre fin à la collusion et au copinage entre les partis politiques et les entreprises, en limitant les dons à 100 dollars par personne annuellement. Et pour mieux être en mesure de profiter du vent d’écœurement de la population face aux effets de la crise économique mondiale et se positionner face à Québec solidaire, le PQ a aussi promis d’augmenter les niveaux des redevances que devront payer les compagnies qui veulent extraire des matières premières de la province et d’augmenter les impôts pour les riches, en ajoutant d’autres niveaux d’imposition.

Or, le repositionnement du PQ et son rapprochement artificiel vers le monde «ordinaire» ne devraient pas nous faire oublier le rôle que ce même parti a pu jouer dans l’histoire du Québec depuis les 40 dernières années. En ce sens, les dénonciations par le PQ du gouvernement libéral ne répondent qu’à un seul objectif: assurer le renouvellement du personnel politique de la bourgeoisie, par le biais des élections, afin que les institutions du pouvoir politique conservent un minimum de crédibilité vis-à-vis des masses.

L’expérience du PQ au pouvoir est pourtant plus éloquente que ces vaines promesses. Le PQ au pouvoir, cela a été beaucoup de coupures dans les programmes sociaux, l’établissement de zones économiques privilégiées pour des

entreprises multinationales, des subventions importantes à de riches entreprises, l’extension du salariat sous-payé (les «working poor»), etc. C’est même Pauline Marois qui à l’époque s’était rendue à Davos lors du Forum économique (forum qui, doit-on le rappeler, regroupe les plus gros capitalistes du monde) pour vanter que le Québec disposait d’une main-d’œuvre bien formée et peu dispendieuse.

Maintenant que l’échéance électorale approche, il est impératif de mener la lutte afin que ceux et celles qui se sont appauvri aux cours des dernières années n’oublient pas le rôle que joue le PQ comme soutien à la machine d’exploitation capitaliste qu’est le gouvernement et qu’ils et elles continuent de se détourner des partis électoralistes et des élections afin de mener la lutte pour un véritable changement.

Notre lutte commence par la défense de nos intérêts contre ceux de la bourgeoisie. Notre lutte s’organise dans nos assemblées populaires et étudiantes, et elle se mène dans la rue, dans les écoles et les lieux de travail. Ce n’est que par un puissant mouvement prolétarien et populaire que nous imposerons nos exigences et, à un niveau plus élevé de la lutte, ce n’est qu’à travers un puissant mouvement révolutionnaire que nous ébranlerons la société capitaliste durablement.

Delphine Bastien
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