« Concrètement, que fait donc le PCR ? » Alors que le Parti communiste révolutionnaire étend ses activités de nouvelles villes et régions du pays et s’implique dans un plus grand nombre de luttes, cette question nous est souvent posée. Même si la réponse peut sembler évidente pour certaines et certains, et malgré les modestes succès que nous avons remportés, il reste que le PCR – et de manière générale, le mouvement révolutionnaire au Canada – est encore une organisation relativement petite, aux premiers stades de son développement. Cette question donne parfois lieu à une deuxième question plus pointue, à savoir : « En quoi la pratique du PCR se distingue-t-elle de celle des autres organisations qui se disent également révolutionnaires ? » Ces questions sont évidemment pertinentes et ce court article tentera d’y répondre. 1

Notez que cette liste n’est pas exhaustive ; on y trouve surtout une description de nos activités les plus récentes. Néanmoins, elle donnera au lecteur ou à la lectrice une idée du genre de travail que nous accomplissons. Bon nombre des initiatives décrites ici ont été organisées en conjonction avec les organisations de masse générées par le parti ; cela est précisé, lorsque pertinent.

  • Pendant les périodes électorales, nous organisons des campagnes de boycott, en essayant de transformer le boycott passif qui se manifeste déjà parmi les travailleuses et travailleurs en un boycott actif. Nous avons mené de telles campagnes lors des élections fédérales de 2011 et 2015, ainsi qu’à l’occasion des élections provinciales de 2007, 2008, 2012 et 2014 au Québec et en 2014 à l’occasion de l’élection provinciale ontarienne.
  • Chaque année, nous aidons à organiser des manifestations anticapitalistes militantes à l’occasion du 1er Mai dans les villes où nous sommes présentes et présents. À Montréal, ces manifestations font face à une lourde répression policière. Le fait de réussir à manifester dans ces conditions représente un vrai succès. En 2015, il y a eu des contingents du PCR à Québec, Montréal, Gatineau, Ottawa et Toronto. La manifestation anticapitaliste de Montréal a rassemblé plus de 2 000 personnes.
  • À Québec, nous avons organisé une série de conférences en collaboration avec des militantes et militants de Wendake et Kanehsatake, pour réfléchir notamment à l’héritage de la crise d’Oka.
  • À l’occasion du sommet du G20 en 2010 à Toronto, nous avons organisé un contingent rouge autour du slogan « Attaquons la clôture ! »
  • Antérieurement, notre courant a organisé des contingents militants lors du Sommet des Amériques de 2001 à Québec et en 2007, lors du sommet pour un Partenariat pour la sécurité et la prospérité à Montebello.
  • Au Québec, nous exploitons ou aidons à exploiter des librairies : la Maison Norman Bethune à Montréal et la librairie L’Étincelle à Québec. Des sympathisantes et sympathisants du parti soutiennent également la librairie Côté Gauche à Salaberry-de-Valleyfield.
  • Nous publions une série de bulletins locaux – les bulletins Partisan – dans toutes les régions où nous sommes actives et actifs. Ces bulletins visent à informer les masses à propos des développements du mouvement révolutionnaire au Canada ; on y trouve également des commentaires et mots d’ordre sur les enjeux d’actualité.
  • Nous publions également un magazine, Le Drapeau rouge, quatre fois par an, en français et en anglais. Le Drapeau rouge permet aux membres et supporters du parti et des organisations de masse qu’il soutient, ainsi qu’aux sympathisantes, sympathisants et « compagnes et compagnons de route » d’y publier leurs points de vue. Le magazine s’inscrit dans une volonté de contre-hégémonie culturelle et de création d’un espace qui permette au mouvement révolutionnaire de se faire entendre.
  • Le PCR anime une revue théorique, Arsenal, afin de faire avancer les débats sur la voie de la révolution au Canada ; le prochain numéro paraîtra dans quelques semaines, cet automne.
  • Nous avons organisé des manifestations de solidarité avec la révolution au Kurdistan syrien et pour dénoncer l’intervention de la Turquie contre un Kurdistan unifié.
  • Notre section torontoise a participé à la mise sur pied d’un comité de grève conjoint pendant la grève des sections 3902 et 3903 du Syndicat canadien de la fonction publique (qui regroupent les chargées et chargés de cours et les étudiantes et étudiants salariées de l’Université de Toronto et de l’Université York) afin de contrecarrer le travail de désorganisation de la bureaucratie syndicale qui menait ces luttes à leur perte. Le comité a organisé une manifestation historique d’appui aux grévistes, qui a rassemblé plus de 1 000 personnes et contribué à un dénouement victorieux à l’Université York. Il s’est par la suite transformé en un comité permanent – le Comité d’action des travailleuses et travailleurs du secteur de l’éducation – qui a fait élire plusieurs de ses membres à l’exécutif du local 3903 sur un programme ouvertement anticapitaliste et militant.
  • À London, nous travaillons actuellement à développer une campagne antiraciste dans les quartiers où se retrouvent une majorité d’immigrantes, d’immigrants et de personnes racialisées. Bien que ce travail soit encore à l’étape de l’enquête, un forum public antiraciste était déjà prévu en septembre pour permettre aux membres de la communauté de témoigner de leur expérience face au racisme et d’ainsi mieux comprendre quels sont leurs besoins.
  • Nous avons été à l’initiative de l’organisation d’une contre-manifestation contre la tentative de rassemblement de la première section nord-américaine de PEGIDA, une organisation fasciste islamophobe. Avec le Front féministe prolétarien, un groupe de féministes musulmanes militantes, le collectif des Femmes de diverses origines, Action antifasciste de Montréal et le Mouvement étudiant révolutionnaire, nous avons réussi à empêcher les fascistes de manifester et avons construit des liens durables avec les membres des communautés nord-africaines où PEGIDA souhaitait tenir son rassemblement. Plus de 1 000 personnes ont participé à la contre-manifestation.
  • Nous avons participé aux audiences tenues par la Commission populaire sur la répression politique pour y décrire les actes de répression commis par l’État contre notre parti.
  • Nous nous sommes impliquées dans diverses actions de solidarité à caractère anticolonial et en défense des terres autochtones à Gatineau, notamment à l’occasion des travaux de réfection de la rue Jacques-Cartier à Pointe-Gatineau, et aussi pour dénoncer le développement des îles de la rivière des Outaouais.
  • Nous avons participé au Forum social des peuples à Ottawa, où nous avons organisé un lancement de l’ouvrage de Josh Moufawad-Paul, The Communist Necessity.
  • Nous avons participé activement à la campagne pour arrêter la déportation du militant iranien Djaber Kalibi.
  • Nous avons été actives et actifs dans la campagne Justice pour Deepan, pour empêcher l’État canadien de retirer la citoyenneté de Deepan Budlakoti.
  • Nous intervenons d’une manière active en marge des activités de la Fierté à Toronto et Ottawa pour y promouvoir une option anticapitaliste.
  • Nous avons participé à la lutte contre le saccage du régime d’assurance-chômage.
  • Nous avons soutenu l’organisation des manifestations contre le projet de loi C-24, qui attaque la citoyenneté canadienne, à Surrey et Vancouver.
  • Nous avons initié la création de sections du Front féministe prolétarien dans plusieurs villes et sommes actuellement en train de synthétiser notre conception du féminisme prolétarien révolutionnaire.
  • Nous nous sommes impliquées dans la lutte contre le projet de Charte des valeurs raciste du Parti québécois.
  • Le PCR s’est impliqué auprès des travailleuses et travailleurs des magasins Loblaws à Ottawa, que la direction des TUAC a vendu à leurs patrons.
  • Nous avons tenu trois grands événements – appelés « congrès révolutionnaires canadiens » – respectivement à Montréal, Toronto et Vancouver, pour rassembler les révolutionnaires et unir le mouvement communiste canadien.
  • Nous avons lancé le Mouvement étudiant révolutionnaire (MER-RSM), dont la croissance spectaculaire en a fait la plus grande organisation de gauche parmi la jeunesse canadienne. En septembre, le MER comptera 20 sections dans sept provinces.
  • Nous organisons des groupes d’étude, des ateliers de discussion et des présentations pour diffuser les idées communistes révolutionnaires parmi les masses.

Avec le MER-RSM, nous avons :

  • Lancé un programme de type « servir le peuple » à Montréal, qui distribue gratuitement de la nourriture et des vêtements dans les quartiers populaires.
  • Repris l’appel du MER à une journée pancanadienne d’action le 24 mars 2015, contre l’austérité et en solidarité avec le mouvement du printemps 2015 au Québec. La journée d’action a mobilisé 11 000 étudiantes et étudiants dans une quinzaine de villes à travers le Canada ; elle a donné lieu à la plus importante manifestation de la grève du printemps 2015 à Montréal.
  • Dénoncé la présence des recruteurs de la GRC sur les campus à Sudbury et Toronto.
  • Toujours avec le MER, nous avons réussi à obtenir la reconnaissance des assemblées générales décisionnelles à l’Université d’Ottawa.
  • Avec l’Alliance pour la préservation du programme de l’année de transition à l’Université de Toronto, nous avons fait campagne contre la fermeture de ce programme, avec un certain succès.
  • Nous avons organisé un rassemblement de solidarité avec les émeutières et émeutiers de Baltimore à Montréal.
  • Au Collège Algonquin, nous avons fait campagne avec succès pour que les étudiantes et étudiants bénéficient d’un laissez-passer de transport en commun universel.
  • Nous travaillons avec plusieurs « groupes de recherche et d’intérêt public » (GRIP-PIRG) de l’Ontario aux côtés du MER dont celui de l’Université d’Ottawa, qui compte une majorité de partisanes et partisans du MER sur son conseil d’administration.

Avec les sections du Front féministe prolétarien :

  • À Ottawa, nous avons réussi à stopper la prétendue « marche nationale pour la vie », qui s’oppose au libre choix des femmes en matière d’avortement. Cette marche, à laquelle des milliers d’étudiantes et d’étudiants d’écoles secondaires catholiques sont forcées de participer chaque année, a été contrainte de rebrousser chemin vers la Colline du Parlement, d’où elle partait.
  • Nous participons à diverses activités à l’occasion la Journée internationale des femmes et aux manifestations qui ont lieu ce jour-là à travers le Canada.
  • Avec l’aide du MER, nous nous sommes opposées avec succès aux activités haineuses organisées par des groupes masculinistes à Toronto, Ottawa et Montréal.

Avec la campagne internationale contre la guerre antipopulaire en Inde (ICAWPI), nous avons :

  • Organisé des manifestations à Toronto et Vancouver pour protester contre la visite du premier ministre indien fasciste Narendra Modi au Canada.
  • Mené des actions de solidarité avec la guerre populaire en Inde dirigée par le Parti communiste de l’Inde (maoïste), et contre l’opération antipopulaire appelée « Green Hunt ».

Bien que cette liste ne soit pas exhaustive (nous sommes actives et actifs dans de nombreuses autres luttes et organisations de masse), elle devrait vous donner une meilleure idée de ce que fait le PCR. Si vous croyez que ce type de travail est nécessaire et souhaitez pour faire avancer le mouvement révolutionnaire au Canada, nous vous invitons à entrer en contact avec la branche du PCR de votre région ou localité ; vous pouvez aussi nous contacter par courriel à l’adresse suivante : info@pcr-rcp.ca

  • 1. [NDLR] Bien qu’il soit parfaitement légitime de s’enquérir des activités d’une organisation comme le PCR – notamment parce qu’il y a beaucoup trop d’« organisations » qui n’existent que sur papier ou dans le cyberespace –, il arrive que cette volonté « d’en savoir plus » relève d’une curiosité malsaine, voire « intéressée ». Le PCR s’organise contre l’État bourgeois et son appareil répressif ; la liste présentée ici recense une partie de l’activité qu’il déploie ouvertement devant et avec les masses. Toute organisation qui prétend posséder un certain niveau de pertinence pour les masses doit en effet agir ouvertement, au moins dans une certaine mesure, à défaut de quoi on ne peut savoir si elle existe au-delà d’une page Web ou d’un simple journal.
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