Partisan №61
À L’OCCASION DU 1er MAI, JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES:

Pour mettre fin au capitalisme, il faut faire la révolution!

Le futur de l’humanité n’est assuré qu’à condition du triomphe complet et total de la révolution concrétisée dans le communisme. Par conséquent, développer la révolution doit être notre tâche principale. Pour les communistes révolutionnaires, faire que la révolution soit la tâche principale, cela signifie avant tout la mettre en application, c’est-à-dire la faire!

La société capitaliste, ici au Canada bien sûr mais partout dans le monde aussi, est une société en crise: crise économique évidemment, mais aussi crise politique, culturelle, morale et environnementale. Or, le système capitaliste a ceci de particulier, c’est que la production des richesses qu’on peut y retrouver repose pour l’essentiel sur l’exploitation de la classe des travailleurs et travailleuses au profit d’une minorité exploiteuse, la classe des capitalistes. Comme le dit le Manifeste du parti communiste: «À mesure que grandit la bourgeoisie, c’est-à-dire le capital, se développe aussi le prolétariat, la classe des ouvriers modernes qui ne vivent qu’à la condition de trouver du travail et qui n’en trouvent que si leur travail accroît le capital. Ces ouvriers, contraints de se vendre au jour le jour, sont une marchandise, un article de commerce comme un autre; ils sont exposés, par conséquent, à toutes les vicissitudes de la concurrence, à toutes les fluctuations du marché.»

C’est ainsi que la société capitaliste en vient à se diviser entre deux vastes classes sociales qui s’affrontent: d’un côté il y a le prolétariat, c’est-à-dire cette vaste classe, numériquement la plus grande, des travailleurs salariés et travailleuses salariées qui ne possèdent pas de richesses, ni de moyens de production et qui en sont donc réduits à vendre leur force de travail pour pouvoir subsister. Le prolétariat au Canada, c’est plus de 65 % de la population. De l’autre côté on retrouve la bourgeoisie, qui est la classe minoritaire qui organise et profite de l’exploitation.

Puisque la bourgeoisie et le prolétariat sont les principales classes sociales sous le capitalisme, il faut par conséquent que tout projet d’émancipation qui va à l’encontre du capitalisme, c’est-à-dire tout projet politique unificateur pour lequel la majorité voudra combattre et pour lequel elle sera prête à faire la révolution (le communisme est un tel projet) tienne compte du rôle stratégique et de la centralité de la classe prolétarienne.

En effet, pour en finir avec l’exploitation capitaliste, nous devons préalablement faire la révolution. Or, pour faire la révolution il faut qu’il y ait une partie de la société dont les intérêts correspondent à celle-ci et qui peut donc s’y rallier – et le fait est que le prolétariat regroupe tous ceux et toutes celles qui ont intérêt à mettre fin au capitalisme. C’est ce qui explique pourquoi de toutes les classes qui, à l’heure présente, s’opposent à la bourgeoisie, le prolétariat seul est une classe vraiment révolutionnaire et internationale.

Couche inférieure de la société actuelle, elle ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches d’exploiteurs qui constituent la société bourgeoise. Et pour être en mesure de mener à bien sa mission historique et révolutionnaire, elle doit au préalable agir comme force principale et force dirigeante de la révolution communiste.

Dans la situation actuelle, un parti réellement révolutionnaire doit donc lutter pour construire une direction prolétarienne et révolutionnaire capable de diriger les vastes masses dans le combat contre la bourgeoisie. Construire un mouvement révolutionnaire capable de lutter durablement, cela veut avant tout dire concevoir notre stratégie, nos méthodes et pratiques en termes de totalité et d’unité. Totalité, parce que la grande majorité au Canada a un intérêt objectif à en finir avec le capitalisme. Unité parce que nos buts (le socialisme), notre stratégie (la guerre populaire) et nos moyens (parti communiste révolutionnaire et front uni multinational) permettent à un puissant mouvement de se construire à même la lutte révolutionnaire.

Cela dit, il existe une forte tendance au subjectivisme qui tend à nier la centralité du prolétariat et à morceler la lutte générale contre le capitalisme en une multitude de luttes spécifiques qui spontanément ne tendent vers aucune unité, mais qui plutôt tendent à en accentuer les particularités. Dans bien des cas, les discriminations sont utilisées par les capitalistes pour diviser et désorganiser les exploitéEs et les oppriméEs. Cela ne change pas que le capitalisme pourrait se maintenir tout en concédant l’égalité entre les hommes et les femmes, même si au demeurant il luttera contre chaque tentative de matérialiser cette égalité, surtout si celle-ci menacerait ses profits. Par conséquent, constater que le prolétariat est hétérogène et que dans le peuple en général, il existe des facteurs de différentiations (le sexe, le pays d’origine, la culture, etc.) ne solutionne pas le problème.

Pour réellement solutionner le problème, il faut adopter une stratégie qui intègre l’idée que la grande majorité des exploitéEs peuvent s’unir. La guerre populaire est une telle stratégie. Or, s’il y a une chose avec laquelle le capitalisme ne peut s’accommoder, c’est bel et bien la lutte pour renverser le système lui-même, c’est-à-dire la révolution prolétarienne.

Ainsi, un parti révolutionnaire qui aspirerait à mener une révolution contre les forces de la bourgeoisie canadienne devra nécessairement être un parti qui entend lutter en unifiant les masses prolétariennes et les couches de la population qui ont un intérêt objectif à abattre le capitalisme, et ce malgré leurs diversités. Pour y parvenir, les militantEs devront chercher toujours à représenter, à travers les différentes phases des luttes, les intérêts du mouvement dans sa totalité. Mais, pour être en mesure de voir le potentiel révolutionnaire du prolétariat, qui découle des conditions matérielles de la société capitaliste, il faut avoir pris soin d’étudier scientifiquement cette société et s’être solidement implanté dans cette matière vivante que représente le prolétariat.

Si le prolétariat est la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout, c’est parce que viennent se concentrer en lui toutes les exploitations, aliénations et oppressions que subissent les hommes et les femmes qui appartiennent aux autres groupes dominés dans la société bourgeoise. Aussi le prolétariat doit-il, pour se libérer, mettre à terre l’ensemble des rapports sociaux exploiteurs et c’est justement pour cette raison que l’intérêt de classe du prolétariat est en mesure de représenter l’intérêt de l’ensemble des exploitéEs.

Le prolétariat n’est pas une classe abstraite, ni un concept relatif dont l’importance pourrait varier et être librement interprétée au gré des théories sociologiques qui sont au goût du jour. C’est à cause de la place et des fonctions qu’il occupe dans la société capitaliste, que le prolétariat est amené à remettre en cause les rapports de production capitalistes, notamment la division du travail, et c’est en cela qu’il a la capacité d’aller plus loin et d’être beaucoup plus radical dans les transformations de la société, car son combat s’inscrit dans la lutte pour la suppression des classes.

Chercher à en finir avec le capitalisme et assurer sa propre émancipation doit impérativement nous amener à adopter le point de vue des intérêts de classe du prolétariat. Il faut se fixer comme tâche de s’organiser autour de perspectives révolutionnaires et réapprendre à s’intéresser au prolétariat réel et se lier à lui. Il faut que tous et toutes, notamment la jeunesse, s’unisse au peuple travailleur et que cette union se donne comme objectif le renversement du système capitaliste et son remplacement par un système radicalement différent, démocratique et émancipateur, le communisme.

Il n’y a pas d’avenir pour le prolétariat et les masses populaires dans le système capitaliste. Crise ou pas crise, les capitalistes vont continuer à aggraver notre exploitation. Néanmoins, le capitalisme ne s’effondrera pas de lui-même, sous le poids de ses propres contradictions. De fait, les capitalistes réussissent à se maintenir malgré leurs difficultés, faute d’une lutte révolutionnaire conséquente.

Adopter l’intérêt de classe du prolétariat, c’est avoir assimilé l’idée que les intérêts de la grande majorité des exploitéEs (les prolétaires) sont inconciliables avec ceux des monopoles, du capital et de l’État capitaliste (les capitalistes) et que pour faire face aux attaques des capitalistes, c’est-à-dire son exploitation, son chômage, ses petits salaires, etc., il faut se rassembler et organiser la contre-offensive.

En posant la nécessité de la contre-offensive contre le capitalisme au Canada par celles et ceux qui se situent au bas de la société, c’est-à-dire les travailleuses, les travailleurs, les pauvres, le Parti communiste révolutionnaire entend s’inscrire solidement avec le prolétariat et les larges masses du Canada dans la vague montante de la révolution mondiale. Cela nous engage à lutter pour construire une direction prolétarienne et révolutionnaire capable de diriger les vastes masses dans le combat contre la bourgeoisie.

Il y a 100 ans, la révolution russe ouvrait la marche pour la première vague de révolutions prolétariennes. L’URSS et la Chine révolutionnaire nous ont procuré deux grandioses expériences historiques riches en leçons qui sont encore présentes et vivantes dans les luttes prolétariennes et dans les révolutions contemporaines en Inde, aux Philippines et partout dans le monde. Le fait que des révolutions aient succombé aux forces des capitalistes ne nie pas l’essentiel: pour mettre fin au capitalisme, il faut faire la révolution! Que les classes dirigeantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste! Les prolétaires n’y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner.

e p D T F s