Il est impératif de définir qui sont celles et ceux qui composent la classe ouvrière d’ici. Eh bien, vous en faites probablement partie, sans que personne ne vous l’ait dit. La grande majorité d’entre nous en fait partie. L’hétérogénéité de notre classe nous empêche parfois de constater que nous sommes dans le même camp: celui de celles et ceux qui n’ont d’autre choix que de vendre leur force de travail à des capitalistes pour vivre.

En d’autres mots, bien que cela ne soit pas toujours évident, nous sommes exploitéEs. Autrement dit, des personnes s’enrichissent sur notre dos. Nous produisons bien plus que ce qui nous est versé en salaire. La balance, ce sont les capitalistes qui l’empochent, ceux à qui appartiennent les usines, les machines, les entrepôts, etc. Ces personnes sont pourtant minoritaires. Elles ne connaissent pas aussi bien notre travail que nous qui l’exécutons chaque jour et pourtant, elles nous donnent des ordres à l’entrepôt, au magasin, au restaurant ou dans l’usine.

Vous n’êtes toujours pas convaincuEs d’être celle ou celui à qui la perspective du socialisme s’adresse? Pourtant, les prolétaires, ce sont les personnes assistées sociales, celles qui sont en chômage et les travailleuses et travailleurs au noir. Ce sont les manœuvres, les ouvriers spécialisés ou qualifiés et les opératrices et opérateurs de machines. Ce sont les ouvrières et ouvriers de la construction et les manutentionnaires. Ce sont les commis de magasins et les exécutantEs en cuisine. Ce sont les concierges, les préposéEs à l’entretien et aux bénéficiaires. Elles et ils sont parfois syndiquéEs, parfois pas. Elles travaillent pour l’entreprise privée ou pour le secteur public. Ils sont nés ici ou bien ailleurs. Elles et ils sont des femmes et des hommes, jeunes et moins jeunes. En bref, ce sont des millions de héros.

Nous, prolétaires, sommes des millions de héros… Sans notre travail, plus rien ne va pour personne. Le travail, c’est le mouvement réel auquel ensemble nous participons. Il constitue la manière dont nous façonnons la réalité qui nous entoure. Si parfois il nous semble aliénant, c’est que dans le système capitaliste dans lequel nous vivons, il est au service de l’enrichissement de la classe dominante. Cependant, il pourrait en être autrement.

C’est ici que le socialisme revêt tout son sens. C’est la période qui nous attend. Détrompez-vous, elle n’est pas inaccessible. Le capitalisme a permis l’essor des conditions qui rendent possible le socialisme, car nous avons maintenant des forces productives suffisamment développées pour que personne ne manque de rien. Malheureusement, sous le capitalisme, parce que ce sont les profits qui dictent l’organisation de la production sous tous ses aspects, il y a des gens qui n’ont rien et d’autres qui ont trop, des gens qui ont moins et d’autres qui ont plus. Au contraire, pendant le socialisme, le travail ne servira plus l’ancien groupe possédant, mais la collectivité dans son ensemble. Comment se fait-il? Parce que le pouvoir aura été pris par les travailleurs et travailleuses. C’est ce que l’on appelle la dictature du prolétariat. N’ayez crainte, elle ne sera que l’exercice du pouvoir prolétarien sur la bourgeoisie qui tentera de revenir, de renverser la vapeur à son avantage. C’est pourquoi nous serons fermes devant la réaction.

À vrai dire, le socialisme, ce sera la période historique qui nous permettra de transiter vers le communisme, ce nouveau mode de production pour lequel l’appareil de répression d’une classe contre une autre ne sera plus nécessaire. Entre-temps, pendant le socialisme, nous nous poserons collectivement la question de ce que nous voudrons changer pour rendre nos vies meilleures.

Les moyens de production seront la propriété de toutes et tous. Nous travaillerons à l’abolition de la division entre le travail intellectuel et manuel, dirigeant et exécutif. Nous nous attaquerons à la division du travail entre les femmes et les hommes. Nous travaillerons à ce que tout le travail domestique, les soins et l’éducation des enfants soient assumés collectivement. Nous remédierons à la division entre les villes-centres et les régions. Nous abolirons progressivement le salariat et les rapports marchands pour que tout le monde ait ce dont il a besoin pour vivre en échange de sa contribution à l’ensemble, par son travail. Pour ce faire, nous planifierons la production à grande échelle de telle sorte qu’il sera possible de distribuer équitablement partout et à tout le monde la richesse que les bourgeois ne pourront plus s’accaparer égoïstement.

Toutes ces transformations sont possibles tant que nous admettons qu’il faut faire la révolution, c’est-à-dire, s’organiser pour que la classe ouvrière prenne le pouvoir. Alors où se trouve notre part d’engagement, comme ouvrières et ouvriers, dans tout cela? Certes, il faut continuer, si tel est votre cas, à vous impliquer dans votre syndicat, ou encore, votre association de locataires. Mais il faut aussi et surtout venir joindre vos forces à une organisation résolument révolutionnaire qui consacre toutes ses ressources à préparer la lutte pour le pouvoir prolétarien.

C’est devant cette nécessité que nous vous appelons à vous joindre à nous. Si vous êtes de Montréal ou de sa périphérie, nous vous convions tous les deuxièmes dimanches du mois à venir échanger avec un groupe que nous appelons le Mouvement révolutionnaire ouvrier (MRO). Nous nous réunissons à la Maison Norman Bethune, au 1918, rue Frontenac. Vous pouvez aussi nous écrire à l’adresse mro (at) pcr-rcp.ca.

Notre mouvement, ce n’est pas un syndicat ou encore un groupe communautaire. C’est un groupe de révolutionnaires spécialisés sur la question ouvrière. Les revendications quotidiennes sont importantes, certes, mais ce dont traite le MRO, ce sur quoi s’attarde son activité principale, ce sont les thèmes politiques que pose notre volonté d’en finir avec le capitalisme pour qu’enfin, tout soit collectivisé. Cette aspiration, nous devons l’introduire dans les usines, dans les entrepôts et sur les chantiers.

Chaque mois, nous mettons en commun notre connaissance de la production et nos expériences de travail. Nous partageons des bilans des luttes menées dans nos milieux de travail et nous y apportons un éclairage de lutte de classe. Si nous privilégions cette mise en commun régulière, c’est pour unir toute notre classe qui aspire à affronter l’ennemi et à lui arracher le pouvoir. Nous nous devons de créer de la solidarité entre toutes les couches du prolétariat. Aussi, nous rédigeons et préparons du matériel à diffuser parce que nos idées, nous voulons les répandre et amener toujours plus de forces dans notre camp. À chaque semaine, en sous-équipes, nous consacrons du temps à la distribution de journaux ou d’autre propagande écrite aux portes des usines. À d’autres moments, nous jugeons bon de nous exprimer sur nos revendications et sur le socialisme par l’action. Nous prêtons main-forte aux lignes de piquetage d’ouvrières et d’ouvriers en grève ou toutes autres activités qu’elles-ils entreprennent pour mener à bien leurs combats. Notre bagage, nous le construisons par l’affrontement avec la bourgeoisie.

Tout le travail à abattre pour atteindre le socialisme vous paraissait hors de portée? Ensemble, il est plus que possible, loin de la complexité et du rêve. Il est impensable de se résigner à vivre dans un système pourrissant qui mène à notre perte. Nous n’avons d’autre choix que de nous unir et de lutter. Nous n’avons rien à perdre à la révolution; tout à gagner.

Vous êtes établiEs dans une région en dehors de Montréal et de sa banlieue? Dans ce cas, contactez-nous à l’adresse info (at) pcr-rcp.ca afin de former un comité du Parti communiste révolutionnaire (PCR) dans votre ville. Nous travaillerons avec vous à bâtir un pôle de travail politique pour libérer les travailleurs et travailleuses de leurs chaînes. Vous pouvez aussi prendre connaissance de la brochure «Premiers pas avec le PCR: pour former un comité d’organisation» disponible sur notre site web à l’adresse www.pcr-rcp.ca/fr/3071. Il faut que les ouvrières et ouvriers révolutionnaires s’organisent d’un bout à l’autre du pays, dans toutes les villes et les villages, pour ébranler ce monde injuste.

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