Partout dans les usines et sur les lieux de travail où l’on retrouve des ouvriers et ouvrières, des travailleurs et des travailleuses, le cynisme vis-à-vis le système capitaliste grandit de plus en plus. Même si on n’entend rarement parler de la réalité ouvrière dans les télé-journaux, même si on n’écrit jamais rien sur la colère des ouvriers et ouvrières dans les médias bourgeois, il n’en demeure pas moins que cette réalité existe et que la colère qui gronde dans le prolétariat est parfaitement justifiée.

Cette colère trouve son origine dans la guerre économique mondialisée, dans les magouilles des politiciens, dans l’argent distribué par l’État aux grosses compagnies, dans les conditions de travail difficiles, les horaires de cinglés, la précarité, les vagues successives de licenciements, le chômage, la misère et le grignotage continu de tous les acquis sociaux qui sont attaqués les uns après les autres, à commencer par la santé, l’éducation et les retraites.

La régression économique, politique, culturelle et morale qui traverse le système capitaliste n’est pas qu’une simple «mauvaise passe», une situation conjoncturelle qui bientôt ira en s’améliorant. En effet, cela fait maintenant plus de 10 ans que cette crise évolue et que d’un bout à l’autre du Canada s’accentue l’exploitation du prolétariat, qui touche particulièrement les femmes, les jeunes et les personnes migrantes. Par exemple, les délocalisations se sont poursuivies, les emplois bien rémunérés ont continué à disparaitre. Au total, la précarité est en hausse pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses.

L’érosion des conditions de vie des prolétaires produit de l’incertitude et de la peur. Face à cette incertitude, on assiste à une certaine recrudescence de la mobilisation raciste contre les personnes migrantes appauvries. L’apparition d’idées racistes dans la sphère politique et publique, par exemple l’islamophobie, découle de la crise du système capitaliste, et elle a pour conséquence immédiate de nourrir une «guerre des pauvres contres des pauvres» pour le partage des miettes que la bourgeoisie consent aux exploitéEs.

Bizarrement, alors que la bourgeoisie s’évertue à nous faire croire qu’il n’y a plus d’argent pour financer les services sociaux et répondre aux besoins fondamentaux des masses, il ne manque pourtant jamais d’argent pour participer au financement des gros monopoles ou pour acheter de nouveaux navires pour faire la guerre. Et puisque les salaires réels ont baissé mais que le coût des dépenses pour survivre, lui, a continué à augmenter, il en découle que la vie des masses dépend maintenant plus des banques que de l’État. Dit autrement, le capitalisme nous force à nous endetter pour survivre!

Les conditions objectives dans lesquelles nous vivons présentement sont d’abord et avant tout les conditions qui découlent de la crise de longue durée du capitalisme. Pour la bourgeoisie, cette crise rend nécessaire de mettre en place «la politique du mensonge» dont le but ultime est de cacher son agenda réel qui est celui de remettre en cause les conditions de vie et de travail des prolétaires pour le profit des capitalistes. C’est ainsi que la bourgeoisie annonce des hausses du salaire minimum, alors qu’elle cherche avant tout à cacher la réduction des salaires réels des travailleurs et travailleuses; elle annonce des investissements nouveaux pour cacher des mises à pied de travailleurs et travailleuses et l’augmentation des profits et des revenus des capitalistes. Elle annonce des programmes internationaux pour aider les peuples démunis, les femmes, la malnutrition pour cacher sa participation toujours accrue dans le pillage et l’agression des peuples du monde.

De la misère à la révolution

Tout ce qui rend la vie misérable à des millions de personnes dans notre pays n’est que la manifestation locale de ce qui se passe à plus grande échelle dans tous les pays impérialistes. Partout dans le monde, la richesse et le luxe de la minorité exploiteuse côtoient la dégradation des conditions de vie et de travail qui vient marginaliser encore plus la majorité des populations.

À moins de concéder qu’on ne peut rien y faire, il faut admettre que les choses doivent changer! Il n’y a rien de fatal dans ce qui se passe autour de nous! Le chaos du monde d’aujourd’hui n’est que le résultat des développements du capitalisme. Cela dit, pour changer les choses, il faut d’abord avoir une compréhension solide des conditions, résultats et formes de la lutte qui se mène entre les riches et les pauvres: il faut comprendre que c’est la lutte des classes. C’est à partir de cette compréhension qu’il sera ensuite possible d’envisager de s’organiser dans la lutte contre la bourgeoisie impérialiste, afin de faire de notre pays un nouveau pays socialiste et contribuer ainsi à la nouvelle vague mondiale de la révolution prolétarienne.

Les contradictions entre les différentes classes nous permettent de mieux comprendre les objectifs, les projets et les aspirations des individus et des partis. Pour comprendre Trump, Couillard, Trudeau, etc., il faut d’abord comprendre l’économie capitaliste.

La crise du capitalisme trouve son origine dans la contradiction entre le caractère social et collectif de l’activité économique qui rassemble les hommes et les femmes du monde entier dans un ensemble économique unique, et l’appropriation par les capitalistes des forces productives et des richesses produites. Cette contradiction génère d’importantes difficultés pour la bourgeoisie parce que son économie, son système financier, ses ententes commerciales sont partout en difficulté. Pour se maintenir, la bourgeoisie impérialiste doit donc s’obstiner à conserver par tous les moyens et à n’importe quel prix le système qu’elle dirige et dont elle tire tous ses privilèges. Pour ce faire, elle s’obstine à interdire par tous les moyens que les travailleurs et travailleuses transforment durablement la société en instaurant une gestion démocratique et communiste des forces productives et des activités économiques; elle s’obstine à alimenter par tous les moyens dans les masses populaires toute sortes de contradictions, de divisions.

De la révolution au communisme

Le monde capitaliste est injuste, et ça ne fait que s’aggraver, il faut que les choses changent. Malgré ce que peuvent croire le NPD ou bien Québec solidaire, on ne peut pas se contenter de répartir différemment les richesses créées, avec des riches un peu moins riches et des pauvres un peu moins pauvres. La chose doit être clairement dite: toutes les richesses viennent de notre travail. Les capitalistes ne font que les voler à leur profit. Pour assurer une répartition réellement égalitaire, il faut s’être préalablement débarrassé de l’exploitation.

Bien sûr, se battre pour nos salaires, notre retraite, nos papiers, est un combat nécessaire. Nous devons mener les luttes pour augmenter nos salaires et améliorer nos conditions de vie. Mais pour vraiment changer les choses, nous les exploitéEs, nous devons faire la révolution. C’est la révolution qui va nous permettre de conquérir la possibilité réelle de transformer les choses et mettre fin à l’incertitude en nous appropriant réellement toutes les richesses de la société, pour le bien de tous et toutes.

La crise du capitalisme pose l’urgence d’une société basée sur d’autres règles que le profit et l’accumulation de richesses dans les mains de la classe bourgeoise. Une société au service du peuple, du travail et des moyens de vivre pour tous et toutes: une société qui donne une place à chacun et chacune. Il faut donc nous battre avec détermination! Défendre nos intérêts, ceux des travailleurs et des travailleuses et rien d’autre. Nous devons porter haut et fort nos revendications, celles qui portent la perspective d’un autre avenir dans une autre société en développant une lutte déterminée et radicale, la révolution, pour enfin tourner la page du capitalisme!

Lorsque la juste colère des masses contre l’exploitation et la misère viendra s’articuler à une compréhension scientifique de la société (le socialisme scientifique) portée par une organisation réellement révolutionnaire comme le Parti communiste révolutionnaire, dont les membres sont des prolétaires exploitéEs, alors on verra apparaitre au Canada une nouvelle lutte de classes qui viendra ébranler le monde capitaliste. L’avenir est au communisme!

e p D T F s