Un fort contingent de partisanes et partisans de la cause du prolétariat a marché dans les rues du centre-ville de Montréal le mardi 7 novembre, à l’occasion du 100e anniversaire de la révolution d’Octobre. La manifestation clôturait ce qu’on a appelé «le mois du socialisme» – un effort sans précédent de mobilisation et d’éducation politiques où la nécessité du socialisme et de la révolution a été remise au premier plan. Nous reproduisons ici l’intervention faite par un camarade à la fin de la manifestation. Un immense salut rouge à toutes celles et à tous ceux qui ont répondu à l’appel du PCR et participé à la manifestation!


Nous venons de traverser le Golden Square Mile, le quartier général de la bourgeoisie. Non seulement on y retrouve des sièges sociaux de grandes entreprises, mais on y trouve aussi les bureaux du premier ministre du Québec. Pour le moment, nous n’avons les forces que pour les narguer un peu. Éventuellement, les choses vont changer pour le mieux.

On clôt ce soir ce qu’on a appelé le mois du socialisme. On voulait commémorer le 100e anniversaire de la révolution socialiste d’Octobre en Russie, non pas en organisant des colloques universitaires, des conférences dans les cégeps ou des soirées festives, mais plutôt en multipliant les activités avec l’idée d’accumuler des forces et de l’expérience pour l’avenir, pour faire la révolution ici.

La bourgeoisie, actuellement, ne craint pas les masses populaires. Elle ne se gêne pas pour mettre à pied des travailleurs et travailleuses, les priver de leur fonds de pension et se faire de l’argent en spéculant dans l’immobilier et la bourse. Elle ne se gêne pas, non plus, pour ne pas payer d’impôt par n’importe quel stratagème imaginable. Si les gros big shots se font attraper pour de l’argent placé dans les paradis fiscaux, c’est pas grave: il y aura toujours possibilité d’une entente hors cour avec le gouvernement pour ne pas payer autant que ce qu’ils devraient. La travailleuse, elle, ne l’a pas la possibilité de se payer des fiscalistes et des avocats pour ne pas payer de taxes et d’impôts.

Sous le socialisme, parce que les bourgeois vont se faire exproprier leurs capitaux, ils ne seront plus en mesure de placer de l’argent ailleurs et exporter leurs capitaux. La seule chose que les bourgeois vont pouvoir exporter, c’est eux-mêmes.

Actuellement, il y a beaucoup de gens qui s’en remettent à une sauveuse ou à un sauveur pour régler leurs problèmes, comme si un simple vote à tous les quatre ans était la solution. En admettant la bonne volonté et le dévouement de la sauveuse, comment, par exemple, dans le domaine du transport en commun, va-t-elle dealer avec les différents paliers de gouvernement, les bourgeois de cette industrie, les financiers, la grosse bureaucratie? Combien d’années ça va prendre? Est-ce qu’elle a le rapport de force, le contrôle des moyens de production pour imposer sa vision? C’est la même chose pour le logement social, où le terrain appartient aujourd’hui à des gros spéculateurs qui ont les moyens de se payer des avocats et imposer leurs prix de vente et où existent une série d’embûches bureaucratiques.

Sous le socialisme, le peuple va contrôler les moyens de production, le peuple va être mobilisé politiquement pour imposer ses besoins: le prolétariat va être au pouvoir. On n’aura pas à se faire enfirouaper dans des montages financiers compliqués où des capitalistes vont se faire plus qu’une piastre, comme c’est le cas actuellement avec le Réseau électrique métropolitain. Les ressources vont être contrôlées en fonction des besoins du peuple. Une chose est sûre: la première chose qu’on fera quand on aura renversé la bourgeoisie, ce ne sera pas de venir dans le quartier des affaires pour les rassurer sur nos intentions. Ce sont les capitalistes qui vont ramper devant le prolétariat, parce qu’on va les avoir les moyens pour transformer la réalité. L’avenir sera nôtre.

Aujourd’hui, les bourgeois se donnent du temps pour siéger sur plein de conseils d’administration. Ils se donnent du temps pour faire du lobbyisme avec les autorités politiques. Ils dinent ensemble dans les places chics du coin. Ils ont du temps pour exercer leur pouvoir politique. Sous le socialisme, les prolétaires vont avoir la possibilité de se réserver du temps commun pour s’organiser politiquement. L’ouvrage va être moins dur, le temps de travail réduit et mieux réparti. Le pouvoir politique du prolétariat va pouvoir s’exercer quotidiennement, pas juste aux quatre ans. Aussi, en plus du temps, on aura les locaux et les infrastructures pour l’exercice de ce nouveau pouvoir.

Si on est ici dans l’espace du quartier général de la bourgeoisie, de notre côté nous visons à constituer l’état-major de la révolution prolétarienne pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie. Ça ne se fait pas tout seul. On le sait qu’il nous manque des forces. On le sait qu’on doit accroître notre capacité d’initiative. Nous avons un devoir internationaliste: celui de travailler à l’initiation de la guerre populaire prolongée, ici au cœur de la bête. Les sacrifices pour la révolution, ce n’est pas seulement en Inde, aux Philippines, au Pérou, au Népal, en Turquie, au Kurdistan, c’est aussi ici.

Le 1er mai prochain, on va revenir ici, en force dans ce quartier. En mai 2019, ce sera le 100e anniversaire de la grève générale de Winnipeg. Pour commémorer cet évènement, on ne parlera pas seulement d’une simple manif au centre-ville de Montréal. Après avoir accumulé les forces nécessaires, on sera en mesure de perturber significativement la vie économique à Montréal, voire dans le reste du Québec et du Canada.

Travaillons à consolider l’état-major de la révolution. Construisons le Parti communiste révolutionnaire, le parti de la guerre populaire prolongée. L’avenir socialiste nous attend!

Révolution, la seule solution!
Vive la guerre populaire prolongée!
Vive le PCR!

e p D T F s