Le Parti communiste révolutionnaire (PCR) entre aujourd’hui dans sa douzième année d’existence en lançant une vaste offensive politique contre la bourgeoisie impérialiste canadienne. Nous entamons une campagne de 15 mois qui visera entre autres à organiser un large et puissant groupe d’ouvrières, d’ouvriers et de prolétaires en vue du 1er mai 2019, date à laquelle nous appelons à une manifestation de rue d’une nouvelle ampleur dans le centre-ville de Montréal ainsi qu’à des actions combatives ailleurs au Canada, afin de marquer en rouge le centième anniversaire de la grève générale de Winnipeg. Avec cette initiative, nous ferons grandir la révolte des masses populaires et nous amènerons la confrontation avec l’État bourgeois canadien à un niveau supérieur.

Pour l’instant, le prolétariat, dans son ensemble, est privé de perspectives claires et porteuses d’espoir, privé d’une direction qui lui permettrait d’entrevoir un avenir plus lumineux. Il est en grande partie privé de liens organiques avec le mouvement révolutionnaire organisé qui lui permettraient de prendre confiance en son potentiel d’action et de s’éveiller à des formes de lutte nouvelles et émancipatrices. Il est privé de l’expérience historique et internationale de sa classe, laquelle lui ferait prendre conscience de possibilités insoupçonnées jusque-là. C’est cet état des choses que nous visons à transformer avec notre campagne. Pendant 15 mois, nous ferons la promotion, auprès des masses prolétariennes, du socialisme comme seule perspective politique émancipatrice et comme seule alternative au système capitaliste qui domine le monde actuel. Nous rappellerons les luttes les plus importantes menées par la classe ouvrière dans l’histoire de ce pays, notamment la lutte héroïque des travailleurs et des travailleuses qui se sont soulevéEs à Winnipeg en 1919, entraînéEs par le raz-de-marée mondial qu’avait provoqué la révolution d’Octobre en Russie deux ans plus tôt. Nous rappellerons à toute la société que, depuis la fondation de ce pays, ces luttes ont toujours constitué la plus grande menace pour l’ordre actuel – comme en a témoigné la répression qu’elles ont provoquée – car elles portent en germe l’abolition de l’exploitation et l’instauration de nouveaux rapports sociaux. Nous rappellerons à tous et à toutes que c’est le prolétariat qui, aujourd’hui encore, constitue la seule classe révolutionnaire jusqu’au bout, la seule force capable de transformer complètement la société. Pendant 15 mois, nous seront présentEs dans les quartiers populaires, dans les réseaux de transport en commun, aux portes des usines et des polyvalentes, avec un seul mot d’ordre: «Luttons pour le socialisme et nos revendications»!

Qu’entendons-nous par ce mot d’ordre? Nous n’entendons certainement pas la même chose que la plupart des organisations et des militantEs d’extrême-gauche, qui conçoivent la lutte pour des revendications immédiates comme première étape, à l’heure actuelle, pour amener les masses à développer lentement leur volonté de lutter contre le capitalisme. Contrairement à ce que ces organisations disent ou suggèrent par leur activité pratique, nous ne disons pas: menons la lutte revendicative d’abord et luttons pour la transformation révolutionnaire de la société ensuite. Nous ne disons pas: luttons pour améliorer nos conditions d’existence ici et maintenant, en attendant la crise révolutionnaire de toute la société, en attendant que le peuple se soulève spontanément et massivement contre l’ordre capitaliste, dans un futur hypothétique. Nous ne disons pas: faisons progresser la société pas à pas, luttons pour que, graduellement et jusqu’au socialisme, les souffrances du prolétariat s’amenuisent et le capitalisme «s’humanise». Ce que nous disons au contraire, c’est qu’il faut développer et organiser la lutte révolutionnaire du prolétariat dès maintenant, même si cela ne promet pas forcément de gains immédiats, car c’est la seule manière de satisfaire un jour toutes les revendications justes des masses, que nous appuyons toutes résolument, qu’elles puissent trouver une solution dans le cadre des rapports sociaux capitalistes ou non! Par notre mot d’ordre, nous entendons que la lutte pour le socialisme totalise l’ensemble de ces revendications, qu’elle en fait un tout supérieur à la somme de ses parties.

Nous sommes aux côtés des prolétaires en lutte pour le salaire, pour le logement, pour la sécurité, pour le respect. Si les travailleurs et les travailleuses peuvent forcer la bourgeoisie à consentir ici et là à faire des aménagements permettant d’améliorer leurs conditions de vie immédiates, tant mieux! Cela dit, nous ne bernons pas le prolétariat d’illusions, comme le font les réformistes et les opportunistes: sous le capitalisme, ces améliorations seront toujours partielles et temporaires; surtout, elles ne concerneront jamais le prolétariat dans son ensemble. Ce que la bourgeoisie donne ici, elle le reprend aussitôt ailleurs; les concessions qu’elle fait un jour préparent le terrain pour les attaques qu’elle mène avec succès le lendemain. Sous le régime bourgeois, la tendance la plus lourde sera toujours la détérioration des conditions d’existence des masses populaires. Le succès temporaire de telle ou telle lutte revendicative immédiate ne doit pas nous faire oublier cette vérité fondamentale. Autrement dit, la lutte pour des gains immédiats sera toujours, en elle-même, une lutte étroite et bornée. Le prolétariat comme classe sociale sera toujours perdant au bout du compte s’il ne mène pas la lutte politique pour le pouvoir afin d’abolir complètement le mode de production capitaliste. Nous disons donc qu’il faut lutter pour nos revendications – pour toutes nos revendications –, sans nous soucier de savoir si elles sont compatibles ou non avec la persistance du régime capitaliste, la seule chose qui nous importe étant qu’elles représentent nos intérêts et qu’elles soient justes! Finalement, nous disons que l’instauration du socialisme et la transition vers le communisme est la seule manière de répondre à toutes ces revendications, de régler tous les problèmes engendrés par le mode de production capitaliste, et ce, non seulement temporairement mais définitivement.

Lutter pour nos revendications, dans le sens de lutter pour le socialisme, nous oblige à adopter d’autres formes de lutte, d’autres formes d’organisation, d’autres formes d’action. Par son caractère totalisant, la lutte véritable pour le socialisme a l’effet de produire quelque chose de nouveau: elle permet aux masses de développer une pratique révolutionnaire. C’est pourquoi notre mot d’ordre n’aurait aucun sens si la campagne politique le soutenant n’était pas orchestrée de telle manière à entraîner massivement à l’action. Le 1er mai 2019 sera un de ces moments où l’action révolutionnaire des masses se déploie au grand jour, se matérialisant dans une confrontation physique avec l’État bourgeois, dans un choc entre l’ancien monde et le nouveau en émergence. Ce sera le moment de tester ce qui aura été organisé pendant 15 mois, de prendre la mesure de la profondeur de la pénétration de nos idées dans les masses. Loin d’être une simple date, loin de se réduire à son aspect commémoratif, le 1er mai 2019 sera surtout une mise à l’épreuve vivante: ce sera le moment où le mouvement révolutionnaire canadien mettra en action les forces qu’il aura accumulées jusque-là, le moment qui nous permettra de valider tout le travail qui aura été effectué, d’évaluer de quoi nous sommes capables et sur quoi nous pouvons compter pour la suite. Ce sera une démonstration de force flamboyante qui donnera confiance au prolétariat et qui effraiera la bourgeoisie! Ce sera à la fois le point culminant d’une longue campagne et le commencement d’une nouvelle étape dans le développement de la lutte révolutionnaire au Canada. Ce sera le premier d’une série d’assauts prolétariens d’envergure de plus en plus intenses dirigés par le Parti, série d’assauts, qui, à terme, fera naître la guerre populaire dans ce pays.

Démarrons le Printemps ouvrier: vers un 1er mai révolutionnaire!

Notre campagne de 15 mois se déroulera en plusieurs phases et sera jalonnée par plusieurs journées d’action importantes qui constitueront les centres de gravité de toute notre activité. L’expérience qu’elles permettront d’acquérir, les nouvelles adhésions qu’elles généreront, les réseaux qu’il faudra mettre en place et le travail d’organisation qu’il faudra accomplir pour les faire exister et auquel toutes les personnes intéressées par notre initiative seront appelées à participer activement, à la hauteur de leurs capacités: tout cela constituera la matière vivante avec laquelle nous construirons les dispositifs qui serviront à allumer le brasier en mai 2019.

Nous avons appelé la première phase de la campagne le «Printemps ouvrier: vers un 1er mai révolutionnaire». Cette phase servira principalement à poser deux jalons sur notre chemin: d’abord, le 8 mars révolutionnaire, Journée internationale des femmes ouvrières, et ensuite, un peu moins de deux mois plus tard, le 1er mai révolutionnaire. Le 8 mars prochain, nous organisons une manifestation en soirée dans le centre-ville de Montréal, afin de remettre au goût du jour le caractère prolétarien et de lutte de classe de la journée du 8 mars, journée qui, rappelons-le encore, fut inscrite historiquement au calendrier par des communistes afin de rendre hommage à la combativité des femmes du prolétariat. Cette manifestation sera l’occasion pour les ouvrières de la région de Montréal de se réapproprier cette journée de lutte, récupérée depuis longtemps par le bourgeoisie, et de venir exprimer leur enthousiasme révolutionnaire dans la rue. Les femmes du prolétariat, trop longtemps oubliées le 8 mars, seront désormais à l’avant-plan! Pour les militantes progressistes déjà habituées à prendre la rue cette journée-là, la manifestation du PCR leur permettra de le faire sans collaborer avec la police – comme le font les réformistes qui organisent les marches du 8 mars à Montréal depuis des années – et sans être tenues au respect de la légalité bourgeoise.

En cette année 2018, le PCR appelle une fois de plus à prendre d’assaut, le 1er mai, le «Golden Square Mile», quartier général de la bourgeoisie impérialiste canadienne à Montréal. Ce sera la quatrième année consécutive où nous frappons au même endroit, en plein cœur du monstre hideux qu’est le capitalisme canadien, là où se concentre la richesse produite par notre classe et dont elle est dépossédée, là où s’accumulent les trésors pillés aux peuples du monde entier et souillés par leur sang, là où s’adonnent à leurs tractations sordides les oppresseurs de l’humanité. Cette année encore, nous ferons retentir le bruit de nos pas entre les murs de leurs édifices! Nous inonderons leur quartier de nos drapeaux et de nos bannières rouges! Nous attaquerons leurs propriétés et nous nous adonnerons au saccage! Nous combattrons dans la rue leurs policiers! Notre message sera clair: un jour, les oppresseurs seront châtiés! Un jour, les damnéEs de la Terre se libéreront de leurs chaînes!

D’années en années, l’intensité et la puissance de la manifestation du 1er mai s’accroissent, car d’années en années, nous gagnons en expérience et nous accumulons des forces de plus en plus nombreuses. Chaque année, de nouveaux et de nouvelles camarades se joignent à la bataille, reconnaissant la noblesse de notre cause et enthousiasméEs à l’idée de confronter dans la rue la classe réactionnaire. Chaque 1er mai, nous portons des coups plus audacieux et plus vigoureux et les forces de répression apprennent à nous craindre davantage. Nos rangs sont plus serrés et notre solidarité est plus forte. L’écho de notre action est répercuté de plus en plus largement dans les masses prolétariennes. Cette progression ne s’arrêtera pas. Pour les militantEs déjà entraînéEs dans le torrent de la lutte révolutionnaire, le 1er mai 2018 sera en quelque sorte une répétition générale en vue du 1er mai 2019. Dans 15 mois, c’est aussi le «Golden Square Mile» que nous attaquerons, aguerriEs par les affrontements de toutes les années précédentes et avec une puissance décuplée!

Cet hiver et ce printemps, dans les semaines précédant ces deux journées d’action, nous irons à la rencontre des travailleurs et des travailleuses d’usine, des employéEs dans les entrepôts et sur les chantiers, des salariéEs dans les magasins à grandes surface, afin de les faire sortir de leurs milieux et de les amener à venir manifester contre la bourgeoisie dans la rue. Nous appelons également les prolétaires et les militantEs de la métropole à venir s’éduquer politiquement en assistant aux conférences et aux projections de films de l’École communiste de Montréal, à la Maison Norman Bethune, lesquelles ponctueront tout le Printemps ouvrier. Ces activités serviront aussi de points de contact pour toutes les personnes désirant s’impliquer dans la campagne et prendre part au mouvement révolutionnaire dirigé par le PCR!

Vive le Printemps ouvrier: vers un 1er Mai révolutionnaire!
Provoquons partout les étincelles qui feront jaillir la flamme le 1er Mai 2019!

e p D T F s