Le 1er mai prochain, à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses, le Parti communiste révolutionnaire appelle les ouvrières et ouvriers, les prolétaires et les militantEs révolutionnaires de partout au pays à prendre part, dans le plus grand nombre possible de villes, à la commémoration politique de la grève générale de Winnipeg de 1919, soulèvement héroïque qui a marqué l’histoire du mouvement ouvrier canadien.

En mai 1919, à Winnipeg, les ouvriers de la métallurgie et de la construction se mettent en grève pour obtenir de meilleurs salaires, des journées plus courtes et le droit à la négociation collective. Suite au refus de négocier de leurs patrons, plus de 30 000 travailleurs et travailleuses les suivent et déclenchent la grève générale. Ils et elles prennent alors le contrôle de la ville et en assurent l’administration pendant six semaines. Le soulèvement a un retentissement partout au pays. Des grèves de solidarité sont déclenchées dans plusieurs villes. À Montréal, une assemblée populaire, réunissant entre autres des grévistes de la Canadian Vickers, adopte une résolution de soutien aux travailleurs et aux travailleuses de Winnipeg. La bourgeoisie réplique en mettant sur pied une milice anti-grève. La rébellion est finalement matée par le gouvernement fédéral et se termine avec l’intervention de l’armée, la répression brutale des grévistes par la police montée lors du «samedi sanglant» (lors duquel deux manifestants sont tués et des centaines d’autres sont blessés) ainsi que l’arrestation, la détention et la déportation de plusieurs leaders ouvriers.

La grève de Winnipeg constitue l’un des moments les plus marquants de l’histoire du mouvement ouvrier canadien. Elle témoigne à l’époque de l’affirmation et de l’organisation grandissantes de la classe ouvrière dans sa lutte contre les capitalistes. Elle est le produit de la fusion entre la lutte revendicative des travailleurs et des travailleuses et les idées révolutionnaires qui foisonnent au pays depuis le triomphe de la révolution d’Octobre deux ans plus tôt en Russie. La conscience de classe naît de l’affrontement avec l’ennemi de classe. La grève de 1919, par son ampleur, par sa combativité et par l’intensité de la répression que la bourgeoisie a dû faire s’abattre sur elle, a fait faire un bond en avant prodigieux à la conscience de classe du prolétariat canadien. Elle lui a permis de réaliser la vraie nature de l’État bourgeois et la nécessité de s’armer pour lui faire face. En effet, la grève de Winnipeg est un exemple qui montre bien que dans les pays capitalistes, malgré la présence d’institutions «démocratiques» comme le parlement, la bourgeoisie n’hésite pas à recourir à la terreur et à la répression dès qu’elle sent que ses intérêts sont menacés.

C’est une obligation pour notre classe de se rappeler de ses luttes passées et d’assimiler les apprentissages qui en ont été tirés afin d’avoir toutes les armes en main et toute la clarté de vue nécessaire pour vaincre la bourgeoisie. Il faut nous emparer de l’expérience de combat accumulée historiquement et la réactualiser, continuer à faire vivre nos traditions militantes et poursuivre la bataille entamée il y a plus d’un siècle pour notre pleine émancipation. Voilà le sens de l’appel du PCR à souligner le centenaire de la grève de Winnipeg. Commémorer politiquement cette grève historique, cela signifie la commémorer dans l’action, dans le combat contre la bourgeoisie, dans la lutte concrète pour renverser le pouvoir de la classe dominante et pour mettre en place un nouveau pouvoir: celui des ouvriers, des ouvrières et des masses exploitées.

Le 1er mai 2019, une puissante manifestation révolutionnaire, plus combative et plus nombreuse que celles des années précédentes, aura lieu dans le centre financier de la bourgeoisie à Montréal – dans le quartier que nous nommons le «Golden Square Mile». C’est une véritable offensive qui se prépare, un assaut prolétarien qui devra permettre au camp de la révolution de faire un bond dans sa progression politique vers la guerre populaire. Afin de nous montrer à la hauteur de la ténacité dont ont fait preuve les travailleurs et les travailleuses de Winnipeg qui ont combattu courageusement pendant des semaines en 1919, il faudra résister collectivement aux attaques de la police et viser à transformer le centre-ville en une véritable zone de combat de rue, un peu comme on en voit ailleurs dans le monde où les prolétaires se révoltent contre le pouvoir bourgeois chaque 1er mai – notamment autour de la place Taksim à Istanbul en Turquie. Des actions auront également lieu dans d’autres villes de la province et du pays.

La campagne de boycott des élections bourgeoises que notre parti mène présentement constitue le prélude à cette grande offensive révolutionnaire. Les militants et les militantes, les travailleurs et les travailleuses qui y prennent part contribuent à construire les outils qui permettront de déployer une action retentissante le 1er mai prochain. Du même coup, l’initiative du 1er mai 2019 constitue le prolongement nécessaire du rejet conscient du parlementarisme bourgeois et de la participation aux institutions de l’État capitaliste. Ce n’est pas en déposant un bulletin de vote dans une urne que l’on peut changer la société: c’est en nous unissant contre les capitalistes et en déployant ensemble notre action révolutionnaire!

Ouvrières, ouvriers, prolétaires, joignez-vous à la lutte pour mettre fin à ce monde injuste!
Poursuivons le combat historique pour l’émancipation de notre classe!
Le 1er mai 2019, soulignons les 100 ans de la grève de Winnipeg en nous révoltant contre le pouvoir bourgeois!

e p D T F s