Le mouvement anti-mondialisation et anti-guerre et la question du renversement de l'impérialisme
L'article qui suit est paru dans l'édition de janvier du magazine People's March, publié en Inde en solidarité avec la révolution qui se développe dans ce pays. Comme on le sait, c'est en Inde qu'a eu lieu il y a quelques semaines le 4e Forum social mondial, qui rassemble à chaque année une bonne partie des mouvements anti-mondialisation. Cette fois-ci toutefois, plusieurs organisations anti-impérialistes en ont profité pour dénoncer l'hégémonie du FSM et son orientation ouvertement réformiste et pacifiste. Ces organisations ont tenu un forum parallèle, appelé « Résistance Mumbai 2004 », qui a rassemblé quelques milliers de personnes sur une base anti-impérialiste beaucoup plus militante que le FSM (on peut lire l'appel des organisations qui ont parrainé cet événement dans notre premier numéro, paru en octobre 2003). L'article de nos camarades indiennes et indiens, qui ont soutenu Résistance Mumbai 2004, dresse un portrait général du mouvement anti-mondialisation et de ses limites.
Quand les crises se généralisent au point d'atteindre la société tout entière, une grande variété de forces peuvent être amenées à lutter pour transformer l'ordre social existant, dans la mesure où leurs intérêts et leur existence propre commencent à être en jeu. C'est un peu ce qui se dessine actuellement sur la scène internationale. Nous sommes témoins d'une mobilisation sans précédent, impliquant des forces sociales variées qui non seulement protestent contre la détérioration de leurs conditions de vie dont elles tiennent la classe dominante responsable, mais se solidarisent en même temps avec les peuples des pays dominés. Les puissants mouvements contre la guerre et la mondialisation qui ont déferlé à travers le monde ces dernières années représentent un développement inattendu pour les dirigeants impérialistes, eux qui rêvaient d'une victoire facile après l'effondrement de leurs rivaux en Union soviétique.
Les impérialistes ont tenté de nous faire avaler l'idée que le grand rêve visant à changer le monde et à en arriver à un monde meilleur était mort avec la disparition de l'Union soviétique et de la Chine socialiste et qu'à partir de maintenant, le monde allait rester tel qu'il est, i.e. dominé par le capitalisme. On répétait, il n'y a pas si longtemps encore, que le capitalisme avait remporté la bataille ultime contre le communisme et qu'on avait désormais atteint la « fin de l'histoire ». Les ténors de l'impérialisme claironnaient sur tous les toits qu'aucun autre système ne pouvait remplacer le leur et que toute idéologie visant à le changer était obsolète et superflue. Les idéologies sont mortes, disaient-ils : ce sont les forces du marché qui allaient désormais déterminer le cours des événements, dans chaque pays autant qu'à l'échelle internationale. Dans ce nouveau paradigme, les différents pays n'allaient être que de simples bases servant à faciliter la circulation et l'expansion du capital ; les concepts de liberté et de souveraineté seraient désormais choses du passé. Ainsi, tout comme le socialisme et le communisme, les « vieux concepts » tels que le nationalisme, le patriotisme et la libération nationale allaient perdre leur signification, dans le cadre du nouvel ordre mondial. Les impérialistes ont donc exhorté les peuples à enterrer leurs rêves d'un monde meilleur, une fois pour toutes. En un mot, ils ont prétendu que les peuples devaient cesser de chercher des moyens de changer le monde.
Sauf que la réalité les a rattrapés bien plus vite que ce qu'ils croyaient. Dans la période qui a suivi la chute de l'URSS, on a assisté, de fait, à l'émergence d'un mouvement très large contre la mondialisation et la guerre impérialistes. Les masses populaires ont appris, à partir de leurs propres conditions, que le nouveau monde qu'on leur avait promis après 1991 n'était constitué de rien d'autre que d'attaques débridées contre leurs moyens de subsistance, de coupures massives dans les services sociaux, de fermetures par pans entiers de certains secteurs industriels - cela, sous prétexte des restructurations économiques nécessaires et inévitables, etc. Par-dessus tout, ce que le nouvel ordre mondial a apporté aux peuples du monde, c'est un état de guerre permanent, ce qui leur a par ailleurs permis de voir qu'aussi longtemps que l'impérialisme existera, les horreurs de la guerre ne connaîtront pas de fin. Alors, dans tous les pays, les masses populaires se sont levées pour dire non à la guerre, et non à la mondialisation.
Seattle et après
Le premier grand soulèvement populaire des années 90 s'est produit au Mexique en janvier 1995, avec la révolte paysanne dans l'État du Chiapas. Celle-ci a donné le signal aux masses populaires de partout à travers le monde qu'il est possible et nécessaire de se révolter contre les forces du marché, et contre un système qui n'a pour effet que de nous ruiner, systématiquement. Quatre ans plus tard, à Seattle, le mouvement s'est étendu aux masses des pays impérialistes eux-mêmes qui ont pris la rue, à leur tour, pour s'opposer à la domination impérialiste - signe qu'un changement était en train de se produire dans l'état d'esprit des gens, là également. Le militantisme n'était désormais plus un phénomène qu'on n'allait pouvoir associer qu'aux peuples des pays dominés. De plus en plus de gens, dans les pays capitalistes avancés, ont été amenés à réfléchir eux aussi à la question de savoir comment faire face à la violence que les classe dominante utilise pour défendre son pouvoir. Les balles et les bombes n'étaient plus réservées aux gens de couleur, « barbares et incultes », des pays du tiers-monde. L'assassinat de Carlo Giuliani par la police italienne, à Gênes, en fut certes la manifestation la plus grave ; mais les masses ont aussi fait face au matraquage, aux tirs de balles de caoutchouc, aux gaz lacrymogènes, à la torture, aux emprisonnements et aux détentions préventives - à Seattle d'abord, mais aussi éventuellement à Davos, Calgary, Prague, Goteberg et dans beaucoup d'autres villes du monde « blanc et civilisé ». Qui plus est, les tirs provenaient des mêmes forces armées qui répandent la mort et la destruction dans les autres régions du monde. Les lieux de rassemblement où les manifestations étaient organisées ont été déclarées zones de guerre, les autorités ayant décidé de considérer la foule des opposantes et opposants comme étant rien de moins qu'une force ennemie, dès lors où celle-ci oserait adopter une attitude plus militante ou confrontante.
Il y eut évidemment toutes sortes de protestations, allant des occupations pacifiques jusqu'à l'assaut de barricades policières, la destruction de vitrines, le lancement de projectiles, les blocages de routes et ce, à l'occasion d'à peu près toutes les réunions et tous les sommets des organismes tels le G8, la Banque mondiale, le FMI, l'OMC et le Forum économique mondial. À la question de savoir comment et pourquoi s'opposer à la mondialisation (dans le but de la rendre plus acceptable ou pour la remplacer par autre chose ?), de multiples réponses ont commencé à circuler et à faire l'objet de débats, dépendant du point de vue qu'on adopte sur l'impérialisme et son éventuel renversement.
À Seattle, on a été témoin d'actions de masse pacifiques autant que violentes. Plusieurs personnes parmi celles qui y ont participé souhaitaient surtout que la mondialisation ne viennent pas affecter leur mode de vie. D'autres pensaient qu'elle était souhaitable mais qu'on devait y donner un visage plus humain. Telle était en outre la position de la plupart des organisations non-gouvernementales (ONG) et des démocrates et libéraux qui y ont participé. Ces forces voulaient essentiellement faire pression sur les dirigeants impérialistes pour qu'ils procèdent à certaines réformes, qu'ils modifient telle ou telle politique touchant telle ou telle situation particulière comme celle des femmes, de l'environnement, de l'exploitation des richesses naturelles, de la participation et du développement. De cela, il en a beaucoup été question dans les rues de Seattle.
D'autres forces ont toutefois correctement pointé le système capitaliste et impérialiste comme étant à l'origine des problèmes, bien que refusant d'aller plus loin, dans le sens d'une alternative socialiste. C'est que plusieurs subissent encore l'influence de la propagande impérialiste sur les « horreurs du communisme » et craignent toujours qu'on en revienne à un État de type soviétique. Ces gens-là refusent de voir que ce qui s'est effondré devant nous en réalité en 1991, ce n'est pas le communisme, mais simplement une autre forme de capitalisme - le capitalisme d'État. D'autres craignent sincèrement que se répètent les erreurs qui ont effectivement été commises à l'époque de la dictature du prolétariat, quand Staline était à la barre. On garde uniquement en mémoire l'image de l'époque de Staline telle qu'elle a été décrite par les ennemis de la classe ouvrière, sans tenir compte du fait qu'il s'agissait aussi d'une première tentative historique de transformation d'une vieille société injuste et inhumaine qui perdure depuis des milliers d'années ; en conséquence, plusieurs erreurs parmi celles qui ont été commises étaient inévitables, dans un premier temps. L'expérience de l'URSS constitue en réalité un effort de libération gigantesque visant à mettre fin à l'oppression, aux injustices et à l'exploitation de l'homme par l'homme. De fait, il n'y avait jamais eu, jusque là, un effort aussi considérable dans toute l'histoire de l'humanité. Ce fut une rude bataille, pour réaliser un rêve qui se perpétue encore aujourd'hui et qui restera bien vivant jusqu'à ce que la société atteigne le communisme.
En même temps, il y en a d'autres aussi qui venaient tout juste, comme par hasard, de rayer le socialisme de leurs programmes, notamment les partis autrefois liés au social-impérialisme soviétique, qui se présentaient désormais comme étant sociaux-démocrates. Ces partis avaient abandonné la voie de la révolution et viré capot il y a longtemps déjà. Il va sans dire que ces partis et les forces qui gravitent autour d'eux sont incapables - si tant est qu'ils le veuillent - de défendre le socialisme et le communisme comme étant l'alternative au système impérialiste dominant. Leur prémisse, en fait, c'est qu'aucune alternative n'est possible.
Finalement, comme on le sait, il y avait aussi une grande variété de forces petites-bourgeoises et anticapitalistes tirant leurs racines idéologiques dans l'anarchisme. Ces forces ont répété haut et fort que l'impérialisme doit être abattu. Mais elles ont avancé bien peu d'idées concrètes quant à savoir par quoi on devrait et on pourrait le remplacer - si ce n'est le fait qu'elles n'envisagent pas d'État au lendemain de son éventuel renversement. Si ces forces veulent certes abattre l'État tel qu'il existe actuellement, elles n'envisagent toutefois que de former des petits groupes de base qui dirigeraient les affaires de la communauté, sans plus. Néanmoins, elles ont mené plusieurs actions très militantes.
L'ensemble de ces approches et attitudes, que nous avons évoquées sommairement, ont eu un rayonnement relativement large, au-delà du cercle de ceux et elles qui les portent.
Une diversité de tactiques
Les nombreuses manifestations anti-guerre et anti-mondialisation ont donné lieu au déploie ment d'une grande diversité de tactiques. Souvent, on est allé jusqu'à délimiter des zones très précises permettant aux participantes et participants d'utiliser leurs méthodes de lutte privilégiées. Les organisations syndicales traditionnelles, qui ne cherchent plus à éduquer leurs membres sur la nécessité de se débarrasser du capitalisme, se sont concentrés dans les zones dites « pacifiques », tout comme les ONGs et autres organisations de la société civile. La jeunesse militante, qui ne voit plus aucun avenir dans le cadre de la mondialisation, a quant à elle adopté des méthodes de lutte plus militantes. On a justifié cet arrangement (i.e. la division entre « zones militantes et pacifiques ») en disant qu'il fallait préserver à tout prix l'unité entre les différentes forces impliquées au sein du mouvement, chacun des groupes ne devant pas se mêler des affaires des autres. Mais dans les faits, à chaque fois qu'un grand nombre de personnes se sont rassemblées - ce fut le cas à Seattle autant qu'ailleurs - la foule s'est entremêlée, spontanément. Plusieurs, parmi ceux et celles qui avaient fait profession de foi de la non-violence, se sont battus allègrement, dans la mesure où les attaques brutales de la police et des forces paramilitaires ne les ont pas épargnés.
Confronter l'impérialisme, ce n'est pas seulement l'affaire d'un carnaval ou d'une manifestation relâchée. On se retrouve face-à-face avec un pouvoir que rien ne semble pouvoir arrêter et qui n'hésite pas, au besoin, à commettre les crimes les plus ignobles contre les peuples et les nations opprimés. La plus grande puissance sur terre, qui cherche à défendre à tout prix sa position numéro un comme gangster international, est aussi celle qui pousse le plus en faveur de la mondialisation. Au nom de la lutte contre le terrorisme, elle déploie tout son arsenal de guerre contre les peuples et les nations opprimés. Elle refuse de répondre des nombreux crimes contre l'humanité qu'elle a commis. On ne peut la convaincre du bon sens, ni l'amener à nous écouter. Le seul langage qu'elle comprend, c'est celui que les Vietnamiennes et Vietnamiens ont utilisé ; c'est le langage avec lequel les Algériens ont répondu, à l'époque, aux impérialistes français. Le mouvement pacifiste très large des années 80 n'a pas réussi à empêcher le déploiement des armes nucléaires en Europe ; il n'a pas réussi à persuader les impérialistes yankees et britanniques de ne pas envahir l'Afghanistan et l'Irak - et ce, malgré l'opposition active de millions de gens à travers le monde. Aujourd'hui, ce sont les forces qui résistent, dans ces deux pays, qui portent les coups les plus durs aux É.-U. ; ce sont elles qui vont éventuellement les contraindre à se retirer - et non pas l'opposition pacifique.
Éventuellement, si on veut les empêcher d'envoyer leurs mercenaires occuper d'autres pays, il faudra leur infliger la défaite sur leur propre terrain. En dernière analyse, l'impérialisme et les armées impérialistes devront être abolis et liquidés dans leurs propres pays d'origine. Leur système sème la guerre, la misère, la famine et la mort pour des millions de gens à travers le monde ; un nouveau monde ne pourra être construit que sur ses ruines. Les peuples du monde sont confrontés au défi de faire avancer l'histoire de l'humanité à une nouvelle étape, où on sera enfin débarrassé de ce monstre qu'est l'impérialisme. Contrairement à ce que prétend Fukuyama, l'histoire n'est pas terminée ; au contraire, nous sommes à l'aube d'une nouvelle époque dorée, comme l'humanité n'en a jamais connu jusqu'à maintenant.
Il n'y a pas de doute que les peuples sont confrontés à la question de savoir comment on en arrivera à renverser l'impérialisme, et par quoi on le remplacera. Jusqu'à maintenant, seul le marxisme s'est affirmé comme ayant la capacité et la volonté d'y apporter une réponse. Aucune autre idéologie n'a été en mesure de mettre de l'avant une autre alternative ; toutes les autres alternatives qui ont émergé à un moment ou à un autre ont fini par se situer sur le terrain du capitalisme et de l'impérialisme et à accepter l'idée qu'on ne pouvait en sortir. La fin de l'exploitation de l'homme par l'homme jettera les bases à la construction d'une société nouvelle. Cela nécessitera un gigantesque effort d'organisation pour confronter et remplacer le système inhumain qu'on connaît actuellement, jusqu'à en arriver éventuellement au communisme. Il faudra d'abord que des révolutions démocratiques et socialistes se produisent, pays par pays. Les États-nations existent toujours, contrairement à ce que l'impérialisme prétend lorsqu'il dit que la mondialisation fait en sorte que le monde est désormais devenu une sorte de « village global ». Ce « village », en réalité, est rempli de disparités, de diversité, d'injustices, d'exploitation et d'oppression exercée par une petite poignée de pays contre la grande majorité des nations pauvres et sous-développées, qu'on présente sous l'appellation de « pays du tiers-monde ». Les reculs que le socialisme a connus en URSS et en Chine ont certes contribué à répandre un certain cynisme à propos du communisme. Le système qui succédera au capitalisme fera face à toute une série de problèmes, inévitablement. Mais c'est en apprenant constamment de ces expériences qu'un meilleur système, socialiste, pourra voir le jour.
Quant au point de vue anarchiste à l'effet qu'on n'a pas besoin d'un mouvement organisé pour renverser le système actuel, les États impérialistes et réactionnaires hautement organisés se sont chargés de lui répondre. Ce ne sont pas les spectacles comme le Forum social mondial ni les actions sporadiques et non-coordonnées d'une poignée de militantes et militants qui détruiront le capitalisme. Éventuellement, quand on y sera parvenu, tous les efforts qu'on y aura consacrés vont s'avérer vains si on ne s'assure pas que le nouveau système soit à la hauteur de la tâche, organisationnellement et subjectivement parlant. La bourgeoisie ne deviendra pas soudainement plus humaine après avoir été renversée et elle ne ménagera aucun effort pour regagner son ancien statut (comme on l'a vu en URSS et en Chine).
Les militants et militantes actives dans le mouvement anti-mondialisation sont de fait confrontés au pouvoir armé sophistiqué du capital, qui contrôle aujourd'hui le monde entier avec ses forces armées assassines, un appareil d'État très développé, des prisons, mais surtout, en utilisant sa machine idéologique et de propagande pour contrôler l'esprit des gens. Si on veut un jour écraser l'ennemi, il faudra aussi qu'on se libère de toutes les influences bourgeoises. Plusieurs prétendent ne pas avoir d'idéologie mais ce faisant, ils en adoptent une, subtilement : et c'est une idéologie qui place ses propres intérêts au-dessus de ceux de la société. Cette attitude participe de l'offensive idéologique de la classe dominante qui tente de nous faire croire que les idéologies sont révolues. Pour renverser les capitalistes, il faut s'emparer de l'idéologie révolutionnaire du prolétariat - i.e. du marxisme. Il faut rejeter les idées post-modernistes de la bourgeoisie qui nient les lois qui gouvernent la société.
Les peuples du monde ont été amenés dans leur vaste majorité au cours des dernières années à intervenir et à se poser un tas de questions. Il faut en arriver à ce que les gens trouvent les bonnes réponses, qu'ils sachent identifier qui est l'ennemi et comment on s'en débarrassera. L'endoctrinement qu'on a subi depuis des décennies par la propagande réactionnaire et le mode de pensée bourgeois doit être combattu constamment. C'est seulement ainsi qu'on pourra l'emporter. Les idées libérales bourgeoises pacifistes qui nous empêchent de voir correctement la réalité du système dans lequel on vit, doivent être combattues et défaites. Qu'elles prennent la forme de la « société civile », des « mouvements sociaux », des « forums sociaux » ou autre nuance que ce soit, les idées pacifistes émoussent le tranchant des luttes populaires et empêchent les peuples de s'attaquer à l'ennemi de manière appropriée, i.e. organisée.
G. Fellow
Traduction : Arsenal
(paru dans la revue Arsenal n° 2)
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