Quelques références sur le mouvement communiste international
Comme l'indique l'Appel publié dans le premier numéro du bulletin EN AVANT!, le congrès que nous tiendrons cette année vise, notamment par l'adoption d'une version plus achevée de notre projet de programme, à préciser nos conceptions stratégiques - i.e. à déterminer encore plus clairement la voie vers la révolution au Canada. Ce faisant, nous souhaitons, par une activité révolutionnaire soutenue et adaptée aux conditions concrètes dans lesquelles nous nous trouvons, apporter notre contribution au développement de la nouvelle vague de la révolution mondiale qui se lève avec de plus en plus de force depuis quelques années.
Tout processus révolutionnaire se déroule dans les conditions spécifiques - sociales, politiques, économiques, voire géographiques - d'un pays ou d'un territoire donné. Mais comme le veut la formule souvent utilisée, et qui reste toujours exacte, si la révolution adopte une forme nationale, elle n'en possède pas moins fondamentalement un caractère international. Avec le développement de l'impérialisme et l'expansion de la domination du capitalisme sur tous les coins de la planète, le progrès - comme le recul - de n'importe quel mouvement révolutionnaire est inextricablement lié au développement de la lutte de classes partout dans le monde, et peut conséquemment affecter considérablement le capitalisme mondial. Cela, les impérialistes eux-mêmes le comprennent très bien : ainsi en est-il de l'intervention actuellement déployée par l'impérialisme U.S. visant à freiner le développement de la guerre populaire au Népal, même si celui-ci ne possède pas, ou peu, d'intérêts directs dans ce petit pays. Simplement, les impérialistes savent qu'une éventuelle victoire des révolutionnaires népalaisEs aurait un impact extraordinaire sur tout le mouvement de lutte du prolétariat et des peuples opprimés, partout à travers le monde.
En mettant sur pied l'Association internationale des travailleurs (la Ire Internationale), les fondateurs du communisme, Marx et Engels, avaient déjà souligné l'importance pour le prolétariat révolutionnaire de s'organiser comme une seule et même classe, au-delà des frontières nationales. Plus tard, Lénine, constatant la faillite de la IIe Internationale devenue un instrument au service de la guerre impérialiste, lutta de toutes ses forces pour constituer une nouvelle organisation internationale en mesure d'agir comme centre dirigeant du mouvement révolutionnaire en développement dans les différents pays. La montée du révisionnisme ayant à nouveau eu raison de la IIIe Internationale, ce fut ensuite Mao qui reprit le flambeau de la lutte pour rétablir la ligne révolutionnaire au sein du mouvement communiste international (sans que cela n'ait donné lieu, cette fois, à la mise sur pied d'un nouveau regroupement formel).
Le nouveau mouvement communiste qui s'est développé avec un certain succès depuis les 10 à 15 dernières années, tire d'ailleurs ses origines de la grande lutte qui a opposé la ligne révolutionnaire de Mao Zedong et du Parti communiste chinois à la ligne révisionniste défendue par Khrouchtchev, puis ensuite par Brejnev et tous les autres qui lui ont succédé à la tête du Parti communiste de l'Union soviétique, jusqu'à son récent effondrement au début des années 90 (ceux et celles qui voudraient se retremper dans la grande polémique qui a opposé la Chine à l'Union soviétique au début des années 60 peuvent relire un texte de référence publié en septembre 1993 dans le journal du groupe Action socialiste, Socialisme Maintenant !, intitulé « Le mouvement marxiste-léniniste et la lutte contre le révisionnisme moderne »).
Après avoir atteint un sommet dans les années 70, le mouvement marxiste-léniniste issu de la lutte contre le révisionnisme soviétique s'est effondré, pour l'essentiel, suite à la mort de Mao Zedong et à la restauration du capitalisme qui s'en est suivi, en Chine ainsi qu'en Albanie. Une poignée d'organisations M-L, dont le Revolutionary Communist Party (RCP) des États-Unis et surtout le Parti communiste du Pérou (PCP), réorganisé sous la direction du président Gonzalo, plutôt que de renier les principes communistes et d'abandonner le combat comme beaucoup d'autres l'ont fait, ont plutôt entrepris de procéder à un bilan sérieux et systématique de l'expérience historique du mouvement communiste international, de façon à actualiser le projet révolutionnaire. C'est la lutte menée par ces organisations qui a produit la nouvelle systématisation de la science révolutionnaire du prolétariat international qu'on appelle aujourd'hui le maoïsme, et qui a également donné naissance au Mouvement révolutionnaire internationaliste (MRI) - un regroupement de partis et organisations maoïstes sur lequel nous reviendrons.
Sur cette base, de nouvelles organisations ont éventuellement été créées ; d'autres ont été en mesure de se réorganiser et d'entreprendre avec succès des campagnes de rectification. Actuellement, les luttes révolutionnaires les plus importantes, comme celles qui se développent aux Philippines, au Népal, au Pérou, en Inde et en Turquie, sont dirigées par des organisations maoïstes qui constituent les éléments les plus avancés du nouveau mouvement communiste. Dans les pays impérialistes, ce sont aussi des organisations maoïstes, ou fortement inspirées par le maoïsme, qui réfléchissent actuellement et s'organisent pour relancer la lutte révolutionnaire contre la puissante bourgeoisie qui domine la petite poignée de pays riches qui font régner la terreur et sèment la misère sur la planète.
Avec la disparition de l'Union soviétique, le révisionnisme moderne, tel qu'il était apparu au début des années 60, est aujourd'hui disparu, à tout le moins comme forme organisée et distincte du révisionnisme traditionnel. Les anciens partis communistes, comme le Parti communiste de France (PCF) et le vieux Parti communiste canadien (PCC/PCQ), se sont enfoncés plus que jamais dans la glu réformiste et sont définitivement intégrés aux rouages du système capitaliste. Ces organisations peuvent jouer et jouent encore un rôle comme soupape de sûreté pour le capitalisme. Elles peuvent encore contribuer à conduire les masses sur de fausses pistes. Et du fait qu'elles arborent encore (mais pour de moins en moins longtemps) l'étiquette communiste, elles peuvent toujours récupérer et dévoyer, dans une certaine mesure, les aspirations révolutionnaires des éléments anti-capitalistes au sein du prolétariat et parmi les masses opprimées. Mais leur capacité de nuisance est incomparablement moins importante qu'elle l'a été par le passé - et surtout, elle est appelée à s'amenuiser de plus en plus, avec le temps.
En même temps, on assiste depuis quelques années à une forte remontée des luttes contre le capitalisme et l'exploitation : développement des guerres populaires maoïstes ; montée de la résistance contre l'agression et la domination de l'impérialisme ; émergence du mouvement de lutte contre la « mondialisation » qui traduit, malgré toute la confusion qui l'entoure, une réelle volonté de lutte et d'organisation contre le pouvoir bourgeois ; etc.
C'est dans ce contexte, a priori extrêmement favorable et certainement emballant, que nous travaillons à construire un nouveau parti communiste révolutionnaire au Canada ; et que les partis et organisations maoïstes sont placés devant la nécessité de faire progresser leur unité idéologique, mais aussi organisationnelle à l'échelle internationale. La reconstruction d'une nouvelle Internationale communiste, qui agira à nouveau comme centre dirigeant de la révolution à l'échelle mondiale, est désormais une chose possible et envisageable.
Notre congrès sera donc appelé d'une part à préciser notre conception du rapport entre la révolution au Canada et la révolution mondiale et à apprécier l'évolution de la situation mondiale actuelle ; d'autre part à traduire cette conception en termes organisationnels, i.e. à situer notre organisation par rapport au mouvement communiste international et à se prononcer sur les perspectives de reconstruction d'une nouvelle organisation internationale.
CertainEs diront sans doute qu'avant de penser à construire une Internationale communiste, il faut d'abord être en mesure de construire un parti solide ici même au Canada - de faire nos preuves, en quelque sorte... Il y a là, certes, une part de vérité, dans le sens où une organisation révolutionnaire réelle (i.e. qui existe autrement que sur papier) ne peut exister à l'échelle internationale sans qu'existent aussi des organisations révolutionnaires qui mènent effectivement la révolution sur le terrain dans leurs pays respectifs, ou du moins qui la préparent avec sérieux. Mais en même temps, il faut bien saisir le rapport qui existe entre la construction de partis nationaux et d'une organisation internationale. Si les premiers sont nécessaires pour fonder l'existence de la deuxième, celle-ci, en retour, peut et doit susciter la construction et le développement de partis nationaux là où ils n'existent pas, et renforcer ceux qui existent, ne serait-ce que par la vision plus générale et l'expérience qu'une organisation internationale peut apporter.
Cela, on l'a vu tout récemment, même si c'est encore sur une petite échelle, avec le rôle que le MRI a pu jouer pour favoriser le développement de la guerre populaire au Népal et la progression du mouvement révolutionnaire dans toute la région de l'Asie du Sud. De la même manière qu'on a également pu constater, a contrario, l'impact négatif que l'absence d'intervention de la part du MRI a eue il y a quelques années sur le développement de la guerre populaire au Pérou, alors que le PCP faisait face à une féroce répression et à l'émergence d'une ligne opportuniste de droite qui a notamment entraîné la liquidation effective du puissant mouvement de solidarité qui s'était développé à l'échelle internationale au début des années 90.
Pour faire la révolution au Canada, nous avons besoin d'apprendre de l'expérience de nos camarades qui mènent la révolution dans les pays dominés, et de ceux et celles qui la préparent dans les pays impérialistes. Nous avons besoin de nous renforcer idéologiquement et politiquement, ce que seule la lutte entre les deux lignes, dans nos propres rangs mais aussi avec les autres organisations qui tentent de s'emparer du marxisme-léninisme-maoïsme dans d'autres pays, pourra nous apporter. Partant de là, en avançant nous-mêmes sur la voie de la révolution, nous apporterons de fait une contribution de tout premier ordre - même si le Canada pèse pour bien peu de choses sur la scène internationale, et même si nous avons encore tout, ou presque, à prouver - à la révolution mondiale et à l'émancipation de l'humanité.
Éventuellement, le bulletin EN AVANT! publiera donc un autre texte, plus étoffé, sur le sujet. En attendant, voici quelques repères, pour ceux et celles qui voudraient déjà en savoir plus et commencer à s'emparer de la discussion.
Quelques repères
Le mouvement communiste international, pris au sens large (i.e. les organisations qui se réclament du communisme, de près ou de loin, sans toutefois qu'elles aient nécessairement quelque chose à y voir...) se compose de nombreuses organisations - quelques centaines, très certainement. Parmi elles, on retrouve :
- Les partis « communistes » qui sont toujours au pouvoir et qui en conservent l'étiquette, même s'ils construisent tout autre chose que le socialisme et qu'ils ont renoncé, dans tous les cas ouvertement, à agir pour le développement de la révolution mondiale : le Parti communiste chinois, le Parti communiste du Vietnam, le Parti du travail de Corée (Corée du Nord), le Parti communiste cubain. Ces partis maintiennent chacun un certain réseau de contacts, indépendamment l'un de l'autre, auprès d'autres organisations révisionnistes ; mais elles ne participent pas, sauf erreur, à quelque regroupement international formel que ce soit.
- Les vieilles organisations révisionnistes, comme le PCF en France et le PC canadien, dont nous avons déjà parlé et qui sont pleinement intégrées au système capitaliste. Il existe de telles organisations dans à peu près tous les pays (un peu moins en Afrique). Il peut s'agir aussi d'anciens partis autrefois au pouvoir et qui continuent à exister dans les pays jadis qualifiés de « socialistes », comme le Parti communiste de la Fédération de Russie de Guennadi Ziouganov, qui constitue d'ailleurs encore aujourd'hui le principal parti d'opposition à Vladimir Poutine. Certains de ces anciens partis ont officiellement renoncé à leur passé « communiste » et se présentent maintenant comme étant sociaux-démocrates plutôt que communistes (c'est le cas en Allemagne). Ils vont parfois se réunir pour adopter un certain nombre de positions communes mais ne souhaitent pas pour autant, du moins pas officiellement, mettre sur pied une organisation internationale en bonne et due forme.
- Un certain nombre de groupes issus des vieilles organisations révisionnistes qui ont rompu avec le gorbatchevisme (contrairement aux précédentes) et qui sont plutôt nostalgiques de l'ancienne URSS (elles défendent l'URSS de Brejnev, et parfois aussi Staline). Il existe plusieurs organisations de ce genre dans l'ex-Union soviétique, dont le Bloc stalinien pour l'Union soviétique de Viktor Anpilov et le petit Parti des bolcheviks de l'Union soviétique dirigé par Nina Andreeva. Plusieurs de ces organisations se retrouvent dans le cadre de regroupements ou de comités en défense de l'URSS, comme l'International Council of Friendship and Solidarity with Soviet People, qui possède en outre quelques sympathisantEs au Canada. Dans certains cas, il peut y avoir une ouverture, chez certaines de ces organisations, envers la Chine de Mao, dont on reconnaît du bout des lèvres qu'elle a pu avoir raison dans sa critique de Khrouchtchev, tout en rejetant le maoïsme comme étant une déviation « gauchiste ». Des organisations de ce type participent parfois au Séminaire communiste international - une rencontre annuelle organisée à Bruxelles par le Parti du travail de Belgique (PTB).
- Des organisations de libération ou groupes armés issus de la mouvance révisionniste mais qui poursuivent néanmoins la lutte armée, comme les FARC et l'Armée de libération nationale (ELN) en Colombie.
- Des organisations issues du mouvement marxiste-léniniste des années 70 : certaines provenant du courant pro-chinois (comme le PTB), d'autres du courant pro-albanais, comme « notre » célèbre PCCML, ou encore le Partido Comunista do Brasil (PC do B), qui a soutenu la récente candidature de Lula. Règle générale, ces organisations sont restées, politiquement et idéologiquement, au stade où elles étaient dans les années 70. Leur ligne, qui oscille entre une forme dogmatique de révisionnisme et le révisionnisme « classique » de type soviétique, les amène à poursuivre tant bien que mal leur petit train-train quotidien : travail légal, ouvriérisme et/ou économisme, participation aux élections et à l'appareil d'État bourgeois, etc. À la différence des révisionnistes du type PCF et PCC/PCQ, ces organisations n'écartent pas nécessairement, pour plus tard et à tout le moins sur papier, une éventuelle révolution (mais chose certaine, elles ne la préparent pas).
- Quant aux organisations maoïstes, elles se retrouvent principalement au sein de deux regroupements internationaux : le Mouvement révolutionnaire internationaliste (MRI) et la Conférence internationale de partis et organisations marxistes-léninistes.
- Le MRI a été créé en 1984 sur la base de la défense de Mao et de la révolution culturelle en Chine, principalement suite au travail mené par le Revolutionary Communist Party (RCP) des États-Unis. Depuis 1993, il soutient officiellement le maoïsme. Le MRI est un regroupement international formel et permanent mais qui ne prétend pas actuellement au statut d'Internationale communiste. En fait, il se présente comme étant l'embryon d'une éventuelle Internationale, un noyau de lutte pour sa mise sur pied. Participent actuellement au MRI les partis et organisations suivantes : le Parti communiste de Ceylan (maoïste) ; le Parti communiste d'Afghanistan ; le Parti communiste du Bangladesh (marxiste-léniniste) ; le Parti communiste du Népal (maoïste) ; le Parti communiste du Pérou ; le Parti communiste maoïste (Turquie et Kurdistan Nord) [anciennement le TKP(ML)] ; l'Organisation communiste marxiste-léniniste de Tunisie ; le Parti communiste maoïste (Italie) ; le Parti prolétarien du Purba Bangla (Bangladesh) ; le Groupe communiste révolutionnaire de Colombie ; le RCP, USA ; le Centre communiste maoïste (Inde) ; et le Parti communiste d'Iran (marxiste-léniniste-maoïste).
- La Conférence internationale, quant à elle, est un regroupement ad hoc, moins formel, qui réunit autant des organisations maoïstes que d'anciennes organisations M-L qui se réclament toujours de Mao, mais aussi des révisionnistes finis, voire même des organisations carrément contre-révolutionnaires comme celle du Pérou. Il s'agit plus d'un lieu de discussion et de coordination que d'une organisation en bonne et due forme. Étaient présentes à la dernière rencontre internationale (la septième) organisée par la Conférence les organisations suivantes : l'Organisation marxiste-léniniste d'Afghanistan ; le Parti communiste révolutionnaire d'Argentine ; le Parti du travail du Bangladesh ; le Parti communiste (marxiste-léniniste) de Bolivie ; le Parti marxiste-léniniste d'Allemagne ; le Parti communiste (marxiste-léniniste) de la République dominicaine ; le Parti communiste du Pérou (marxiste-léniniste) (également connu sous le nom de « Patria Roja ») ; l'Organisation communiste marxiste-léniniste Voie prolétarienne de France ; l'Organisation marxiste révolutionnaire A/synechia de Grèce ; le Parti communiste de l'Inde (marxiste-léniniste) Janashakti ; le Parti communiste de l'Inde (marxiste-léniniste) Démocratie nouvelle ; la Ligue communiste japonaise ; l'Organisation révolutionnaire du Congo ; l'Organisation communiste du Luxembourg ; le Parti communiste du Népal (Mashal) ; le Groupe marxiste-léniniste Rode Morgen des Pays-Bas ; le Parti communiste ouvrier de Norvège ; le Parti communiste (marxiste-léniniste) de Panama ; le Mouvement populaire révolutionnaire Pyahura du Paraguay ; le Parti communiste d'Afrique du Sud (marxiste-léniniste) ; le Parti communiste révolutionnaire de l'Uruguay ; le Groupe Ray O. Light des États-Unis ; le groupe Revindo d'Asie du Sud ; ainsi que deux organisations maoïstes qui mènent la guerre populaire dans leurs pays respectifs - le Parti communiste des Philippines et le Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste (ex-membre du MRI).
- D'autres organisations maoïstes existent aussi en-dehors de ces deux principaux regroupements. On en retrouve notamment au Bangladesh et en Inde, dont l'important Parti communiste de l'Inde (marxiste-léniniste) - Guerre populaire, qui participent en outre, et conjointement avec des organisations membres du MRI, au Comité de coordination des partis et organisations maoïstes d'Asie du Sud dont nous avons publié un communiqué dans le dernier numéro d'EN AVANT! ; et au Brésil (une organisation clandestine peu connue, mais très active, appelée Parti communiste révolutionnaire). Un certain nombre de partis et organisations maoïstes sont également en formation en Europe, notamment en Russie (Parti maoïste russe), au Danemark (l'Organisation pour la reconstruction du Parti communiste du Danemark) et en France (le Parti communiste maoïste en formation). En Italie, les Comités d'appui à la résistance - pour le communisme (les CARC) ont lancé récemment une campagne qui conduira d'ici quelque temps à la tenue du congrès de fondation du (nouveau) Parti communiste italien, qui soutient le maoïsme et la stratégie de la guerre populaire prolongée et s'appuie sur l'héritage des Brigades rouges. Il existe aussi en Espagne une organisation appelée Parti communiste d'Espagne (reconstitué), proche du maoïsme, qui soutient elle aussi les principes de la guerre populaire et qui a longtemps inspiré l'activité d'un groupe armé (les GRAPO, pour Groupes de résistance antifasciste du Premier octobre). Aux États-Unis on retrouve un autre groupe, le Maoist Internationalist Movement (MIM), qui se réclame également du maoïsme mais qui rejette la possibilité de mener la guerre populaire dans les pays impérialistes, étant donné ce qu'il considère comme étant « l'embourgeoisement généralisé » du prolétariat (une « classe réactionnaire », selon lui). Enfin, il existe aussi un petit groupe au Canada, qui gagnerait à être connu, mais dont il est inutile ici de préciser le nom...
- À cela, on pourrait ajouter aussi un certain nombre d'autres courants, plus marginaux, comme certains groupes « léninistes » anti-Staline et anti-Mao, comme le Parti communiste d'Iran et un petit groupe américain dont les analyses sont parfois intéressantes, le Communist Voice Organization. Et aussi toutes les variétés de bordiguistes, trotskistes et même anarchistes (eh ! oui, ça existe...).
On peut trouver les documents, la presse et les déclarations de plusieurs de ces organisations en naviguant sur le Web et en utilisant les outils de recherche habituels.
Ce qu'il faut retenir, à ce stade-ci, c'est d'une part l'importance de connaître et étudier les positions des différents partis et courants du mouvement communiste international ; mais surtout, de bien saisir le maillon principal, à savoir le maoïsme, qui est la boussole qui nous permettra de naviguer à travers tout ça, de distinguer ce qui est juste de ce qui ne l'est pas, et aussi d'aider, si on l'arbore et on l'applique correctement, au développement d'une nouvelle direction révolutionnaire internationale.
Eric Smith
(paru dans le bulletin En Avant! n° 2)
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