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LA RÉVOLUTION CULTURELLE EN CHINE

« Une révolution dans la révolution »


Il y a trente ans s'amorçait en Chine... La Grande Révolution culturelle prolétarienne

Le 16 mai 1966, une circulaire du Comité central du Parti communiste chinois justifiait le mouvement révolutionnaire qui commençait à poindre en Chine. C'était le début de la Grande Révolution culturelle prolétarienne, qui allait mobiliser les masses de Chine, bien entendu, mais aussi celles du monde entier, et susciter des débats énormes sur quelle pratique et quelle réflexion politiques mettre de l'avant pour mener la révolution jusqu'au bout.

Cette « révolution dans la révolution », comme l'avait lui-même qualifiée Mao, a ébranlé la Chine d'un bout à l'autre et de fond en comble, mais aussi l'ensemble du monde capitaliste, comme jamais il ne l'avait été. Partout, les masses se mirent en action en vue d'abattre le capitalisme, inspirées qu'elles étaient par cette nouvelle révolution. Des journalistes, intellectuelLEs ou observateurs qui, à prime abord, n'étaient pas de chaudEs partisanEs de la révolution, ont décrit avec sympathie et souvent avec enthousiasme ce qui se passait en Chine. Le moment révolutionnaire lui-même se transforma sous la force des choses et fit un magistral bond en avant : un nouveau mouvement marxiste-léniniste naît alors qui reste encore aujourd'hui le fer de lance de tout le mouvement révolutionnaire et l'a enrichi théoriquement par ses analyses sur les échecs de la révolution socialiste en URSS.

On a, depuis, largement décrié la Révolution culturelle. La bourgeoisie ne pouvait laisser passer sans riposte une expérience révolutionnaire à nulle autre pareil. C'est pourquoi ses scribes, plus habitués à l'insulte et au crachat qu'à l'analyse sérieuse et documentée, n'ont cessé de la rabaisser, aidés bien entendu par les nouveaux dirigeants capitalistes de la Chine qui ont pris le pouvoir après la mort de Mao en 1976. Selon eux, une fois la révolution anti-féodale et anti-impérialiste de 1949 réalisée, Mao aurait perdu la tête. Un de ses ex-médecins (ou qui se prétend tel) a même dit que le « vieux Mao » ne faisait plus que courir les jeunes filles. Toujours selon eux, la Révolution culturelle n'aurait été que guerres de clans et manipulations de masse.

La bourgeoisie et ses serviteurs auront beau s'entêter à réécrire l'histoire, la Grande Révolution culturelle prolétarienne a bel et bien eu lieu et elle a laissé bien des traces. Des milliers et des milliers de documents divers, écrits ou audiovisuels, en témoignent encore. Ça ne s'efface pas si facilement. Et tout un mouvement révolutionnaire continue à s'y abreuver et à s'y enrichir. La bourgeoisie peut bien rêver. La Révolution culturelle est là pour rester dans le cœur du mouvement ouvrier révolutionnaire. Et Mao n'a cessé de lutter jusqu'à sa mort pour que la Chine suive la voie socialiste.

« Feu sur le quartier général »

Mao savait que la révolution n'est pas « un dîner de gala ». Après la victoire de 1949, parlant à Beijing devant des millions de personnes rassemblées sur la place Tienanmen, il l'avait indiqué clairement. Il s'est écrié d'abord : « Le peuple chinois s'est levé ». Puis, comme la foule criait et applaudissait à tout rompre, il tempéra les ardeurs en indiquant que l'héroïsme et les sacrifices qui avaient permis cette victoire n'étaient que le « début... le simple prologue à un long drame ».

À 72 ans, en 1966, il est toujours l'artisan important de ce « drame ». Avec une audace folle, une confiance sans borne dans les masses et la clairvoyance qui sont la marque des grandEs dirigeantEs révolutionnaires, il fait écrire sur les dazibaos : « Feu sur le quartier général ! ». Deux semaines plus tard, le 6 août, sur la même place Tienanmen, devant plus d'un million de « gardes rouges », de son bras entouré du brassard rouge caractéristique, il donne le signal du combat contre les idéologies bourgeoises et ceux qui les portent. Le « drame » continue, la Révolution culturelle est lancée. Le 8 août, un texte est adopté par le Comité central du Parti (la Déclaration en 16 points) qui en décrit les objectifs et les méthodes.

Depuis la fin des années 50 et le début des années 60, Mao et la gauche dans le PCC étaient inquiets de la tournure des événements. La polémique entre le PCC et les dirigeants de l'URSS ainsi que le bilan des campagnes du Grand bond en avant et du Mouvement d'éducation socialiste avaient permis de mettre en lumière de grandes divergences dans la bureaucratie, l'appareil industriel et même le Parti, de telle sorte que la restauration du capitalisme devenait de plus en plus probable en Chine. La Révolution culturelle, c'est une autre campagne pour inviter à servir le peuple et intensifier l'esprit révolutionnaire. C'est en définitive une lutte pour le pouvoir en Chine. Qui va diriger la société ? Ceux qui, tout en se disant communistes, voire même maoïstes, sont déjà engagés dans la voie capitaliste, ou ceux et celles qui travaillent véritablement à construire le socialisme et à « mettre la politique prolétarienne au poste de commandement » ?

La lutte politique qui s'engage sera au cours des trois années qui suivent d'une intensité extrême, mais les effets qui en découleront se feront sentir jusqu'à la prise du pouvoir en 1976 par les partisans du capitalisme encore au pouvoir aujourd'hui.

La Révolution culturelle lancée, le débat se fait alors dans tous les milieux. Pour un temps, les universités et les écoles seront fermées. Partout on débat, on critique, on manifeste. Dans les usines et dans les champs, on se réunit sur le temps du travail. La société est en jeu. Des professeurEs et des étudiantEs partent pour la campagne en vue d'apprendre des paysanNEs et des ouvrierÈREs et d'adapter leurs connaissances à leurs besoins. Des ouvriers et des paysans qui avaient fait montre de capacités particulières au service au peuple sont délégués par leurs pairs pour étudier la médecine (les médecins aux pieds nus sont implantés partout en Chine), la technologie et les sciences. Ils reviendront prendre leur poste à l'usine, une fois leurs études terminées, mais auront des périodes de temps qui leur seront accordées pour faire partager leurs connaissances.

Le système éducatif lui-même est transformé d'un bout à l'autre. En plus de l'arrivée massive dans les écoles d'ouvrierÈREs et de paysanNEs amenéEs par les nouvelles politiques, on assiste à une transformation des programmes en fonction des besoins du peuple. Il faut maintenant devenir à la fois « rouge et expert ». L'élitisme est banni. La compétition est remplacée par la coopération dans l'étude. Les méthodes d'enseignement autocratiques sont critiquées et l'obligation est faite aux professeurs d'apprendre des étudiants et du peuple. Un film produit alors et intitulé Rompre avec les vieilles idées montre l'ampleur des changements qui prirent alors place dans l'éducation. Plein d'œuvres artistiques telles que films, ballets, pièces de théâtre, etc., sont aussi produites et montées par des artistes, des travailleursSES et des paysanNEs dans le but de défendre les intérêts prolétariens. C'est à la Commune de Shanghai en 1969 que les soulèvements et les chambardements auront le plus d'ampleur. Toute l'organisation et la structure du pouvoir sont remodelées en vue d'emprunter la voie révolutionnaire. C'est là qu'interviennent ceux qu'on stigmatisera plus tard comme étant la « bande des quatre », une bande beaucoup plus nombreuse que quatre, en réalité. Avec Mao, elle comptait déjà au moins cinq membres !

Ce qui étonne dans tout cela, ce n'est pas en définitive que le pouvoir échappe aux masses après la mort de Mao. La période de transition socialiste est instable, en transformation permanente et fortement marquée encore par les rapports de production capitalistes. C'est, selon Mao, une période qui n'avance pas toujours en ligne droite, mais plutôt par des bonds et des revirements, voire même des échecs. Plutôt que de s'attarder à l'échec à laquelle la Révolution culturelle a été acculée, ce qui en fait la valeur, c'est qu'elle a démontré la capacité énorme des masses quand elles sont en action. En dernière analyse, la Révolution culturelle a réalisé tant de choses en si peu de temps !

Mao et la construction du socialisme

La Grande Révolution culturelle prolétarienne avait tout un programme. Elle visait à vaincre les contradictions générées par le capitalisme entre les hommes et les femmes, le travail manuel et le travail intellectuel, l'agriculture et l'industrie, la ville et la campagne. Elle cherchait aussi à développer la coopération plutôt que la concurrence, à assurer le pouvoir des masses dans l'usine, le quartier, la commune, la société et à donner primauté à la politique sur la technique et l'économique.

Ce n'était certes pas la première fois que le danger de la restauration du capitalisme, contre lequel luttaient Mao et la gauche du PC en Chine, se présentait dans le mouvement communiste. Staline avait a eu à faire face à pareil danger. Il l'avait combattu et s'était entêté à construire le socialisme comme il le comprenait et selon la compréhension qu'il avait des enseignements de ses prédécesseurs. On ne pourrait certes lui reprocher son entêtement. Mais malgré cette obstination, Staline s'était fourvoyé royalement. C'est du moins la conclusion à laquelle en était arrivé Mao en étudiant le Manuel d'économie politique de l'URSS, publié sous la direction de Staline. « Staline ne met en relief que la technologie et les cadres techniques. [...] Il ignore la politique et les masses. » Ou encore : « L'État exerce un contrôle asphyxiant sur les paysans et Staline n'a pas trouvé la bonne méthode et la bonne voie qui mènent du capitalisme au socialisme et du socialisme au communisme. »

Staline, on le sait, avait éliminé bien des partisans de la voie du capitalisme, entre autres dans les années 30 par les procès de Moscou. Mais il y en avait toujours de nouveaux qui apparaissaient pour remplacer ceux qui avaient été éliminés, sans qu'on puisse découvrir par l'analyse de classe quelle était l'exploitation toujours présente dans les rapports de production qui pouvait être la cause de cette génération continuelle. À sa mort, Khrouchtchev, son successeur, s'était présenté presque ouvertement lui-même comme un tenant de la voie capitaliste, ce qui démontrait en partie que la stratégie de Staline avait été un échec.

Le fond de l'affaire, c'est qu'à l'arrivée de Khrouchtchev au pouvoir, la Russie n'était déjà plus vraiment socialiste ou, selon l'appellation trotskiste, elle n'était plus qu'un « État ouvrier dégénéré ». Malgré l'entêtement de Staline à construire le socialisme, la Russie était dominée par un capitalisme d'État où l'exploitation était toujours présente et la plus-value extorquée. Elle ne l'était plus par des capitalistes individuels comme sous la démocratie bourgeoise, mais collectivement, par l'État, et servait les intérêts d'une classe privilégiée, la bureaucratie de l'État, de l'appareil industriel, voire même du Parti, plutôt que ceux du peuple et des peuples du monde entier.

C'est tout cela que Mao commençait à percevoir. C'est tout cela qu'il voulait éviter en Chine.

Dans les textes fondamentaux de Marx, Engels et Lénine qui alimentaient Mao et la gauche du PCC, il y en a un de Marx, Les luttes de classe en France (1848-1850), qui expliquait bien tout cela, tout en justifiant en même temps toute la pratique éventuellement mise de l'avant durant la Révolution culturelle : « Ce socialisme est la déclaration permanente de la révolution, la dictature de classe du prolétariat, comme point de transition nécessaire pour arriver à la suppression des différences de classe en général, à la suppression de tous les rapports de production sur lesquels elles reposent, à la suppression de toutes les relations sociales qui correspondent à ces rapports de production, au bouleversement de toutes les idées qui émanent de ces relations sociales. »

Après cela, la critique de Khrouchtchev n'est pas longue à faire. On sait aujourd'hui ce qu'il en était de cette voie qui s'est intensifiée avec Gorbatchev et Eltsine. On sait que l'illusion trotskiste était tout aussi fausse. La « démocratisation » et la libéralisation n'apportèrent pas un État ouvrier régénéré. C'est le capitalisme libéral et le plus réactionnaire qui apparut au grand jour, mettant ainsi en miettes toutes les thèses trotskistes qui de fait, n'avaient que pris le revers de Staline sans toutefois mieux approfondir que lui la situation de classe bien réelle en URSS.

La Révolution culturelle allait dans le bon sens. Elle est riche d'enseignements pratiques sur la manière de travailler de façon révolutionnaire durant la période de transition socialiste. Elle est riche d'enseignements théoriques sur l'analyse de classe à faire durant cette période et sur les mécanismes nouveaux d'exploitation qui apparaissent. Elle invite à construire des partis beaucoup plus fort idéologiquement que l'étaient les anciens partis communistes.

Le plus grand révolutionnaire de notre temps

Au cours de la Révolution culturelle, Mao a démontré sans aucun doute qu'il était le plus grand révolutionnaire de notre temps. Avec lui, la pratique et la théorie révolutionnaires ont fait un bond prodigieux en avant. La découverte que c'est dans la bureaucratie, l'appareil industriel, voire même dans le Parti que la bourgeoisie se reproduit sous le socialisme et les méthodes qu'il a mises en branle pour lutter contre elle ne pourront que mener à des révolutions véritables.

À ce niveau, les campagnes animées par Mao, du Grand Bond en avant qui servit à mettre en place les communes en passant par le Mouvement d'éducation socialiste qui visait à mousser l'esprit révolutionnaire, jusqu'à la Révolution culturelle elle-même, sont riches d'enseignements pour les révolutionnaires d'aujourd'hui. Trente ans après l'immense bouleversement qu'elle entraîna en Chine et dans le monde capitaliste, la Révolution culturelle est la démonstration sans faille que la révolution et la création d'un monde nouveau sans exploitation ni oppression n'est pas un rêve utopique mais une possibilité bien réelle, pourvu qu'on y travaille fermement et courageusement.

La Révolution culturelle, comme la Commune de Paris de 1871, la révolution d'octobre en 1917 et la révolution chinoise de 1949, restera au cœur du mouvement ouvrier et des masses populaires comme étant la tentative la plus audacieuse et la plus généreuse pour véritablement changer le monde.

Ce n'était qu'un « prologue ». Le « drame » continue. De nouveaux « prologues » se préparent. Nous sommes condamnés à y jouer un rôle. À nous de choisir celui que Mao nous a indiqué.

Vive Mao ! Vive le maoïsme ! Vive le marxisme-léninisme-maoïsme !
Et en avant pour la révolution au Canada et dans le monde !


La Chine, de Mao à Deng Xiaoping

Après l'engouement des années 1940 à 1980 pour la révolution chinoise, voire même pour la Grande Révolution culturelle prolétarienne, on assiste plutôt aujourd'hui au dénigrement des plus hauts faits de cette révolution. On sert d'ailleurs le même traitement aux révolutions maoïstes qui pointent dans le monde. Quand on ne médit pas sur celle qui a cours au Pérou, par exemple, on passe sous silence les efforts de tout un peuple pour se débarrasser du dictateur fasciste Fujimori et de l'impérialisme qui le soutient.

La bourgeoisie est inquiète. Elle voudrait que le communisme soit mort alors qu'il est encore bien vivant. En ce sens, tous les mensonges médiatiques sont bons pour éloigner les masses de la véritable révolution.

À l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Mao en 1993, la BBC anglaise a produit une émission (présentée il y a un an à la SRC) qui, s'appuyant sur les sources les plus réactionnaires, calomniait la révolution chinoise, et plus particulièrement la Révolution culturelle. Même chose pour un certain documentaire commandité par les capitalistes aujourd'hui au pouvoir en Chine. Malgré tout, ces deux films n'arrivent pas à cacher que l'action de Mao a sorti ce pays de la pauvreté dans lequel l'impérialisme l'avait condamné encore pour longtemps.

Des témoins importants

Malheureusement pour la bourgeoisie et ceux qui ne veulent rien savoir d'une vraie révolution, il y a encore des témoins de la révolution chinoise et de ses plus beaux moments, comme la Révolution culturelle. L'écrivain suédois Jan Myrdal et le photographe Gun Kessle sont de ceux-là. Ils sont allés plusieurs fois en Chine et on peut prendre connaissance de documents sur leurs voyages de 1962, 1969 et 1994.

En 1963, Jan Myrdal a publié en suédois les entrevues qu'il a menées un an plus tôt à Lieou-lin, un village de Chine. Le tout, agrémenté des photos de Gun Kessle (la traduction française de ce livre est parue chez Gallimard en 1964). Myrdal a publié en 1970, à nouveau en suédois, de nouvelles entrevues effectuées sept ans plus tard dans le même village. Gallimard a publié ces deux séries d'interviews en français en 1972 sous le titre Un village de la Chine populaire, suivi de Lieou-lin après la révolution culturelle.

Pour ne pas biaiser l'information qu'il a recueillie, Jan Myrdal n'a pas cherché à en tirer les grandes lignes ni à en faire l'analyse. Il nous livre en vrac ses interviews, ce qui ne rend pas facile la lecture de son livre. Il y a en outre beaucoup de répétitions, puisque ces villageois ont dans l'ensemble un vécu qui se ressemble. Mais pourvu qu'on fasse l'effort de le lire, on y trouve une information très riche sur la vie quotidienne dans ce village et, ce qui est très important, sur le sentiment de bien-être de tous et de toutes qui s'en dégage.

Mais ce qui nous intéresse au plus haut point, c'est que Jan Myrdal et Gun Kessle sont retournés dans le même village en 1994. Dans ce récit qu'il a produit depuis, Jan Myrdal arrive à en décrire l'évolution, pour ainsi dire, de Mao à Deng Xiaoping. Il montre entre autres comment, sous la tutelle révisionniste, la vie et l'environnement se sont détériorés ; comment les inégalités se sont agrandies ; comment la pauvreté, la passivité et la dépendance se sont développées ; comment la solidarité a fait place à l'individualisme et au mercantilisme ; comment une nouvelle bourgeoisie est finalement apparue...

Myrdal a observé qu'on parle encore de politique en Chine. C'est peut-être la seule chose du temps de Mao qui semble avoir subsisté. Nombreux sont ceux qui défendent le « grand timonier », comme on le surnommait parfois. Une seule personne du village pense que Deng lui est supérieur. On est plus divisé par contre concernant les manifestations étudiantes de mai et juin 1989. Certains prétendent qu'elles étaient infiltrés par l'impérialisme alors que d'autres y perçoivent une certaine forme de résistance. Par contre, aucune alternative révolutionnaire ne semble poindre contre l'état actuel des choses...

On observe que la Chine se développe bien sous Deng. La croissance a été de 8,8 % de 1978 à 1992. « On se demande si c'est encore un pays du tiers-monde » ou « en quelle année la production de la Chine dépassera celle des États-Unis ? ». Mais la vie ne s'améliore pas pour tous et toutes.

« Maintenant il y a le smog au-dessus de la vallée ». De l'air vicié qui nous pique le nez. « Lieou-lin n'existe plus. Le collectif villageois est dissous. » « On nous a donné les droits de citoyen de Yan'an mais on nous a pris nos terres ». Là où l'ancienne brigade expérimentait des nouvelles variétés de légumes et de fruits, Myrdal trouve une grande gare et plus loin, plein de terres fertiles abandonnées. « La meilleure terre a été dévorée, soit par le chemin de fer, soit par des bâtiments administratifs. »

Durant la Révolution culturelle, on avait quitté les grottes et construit des pavillons pour tout le monde. Ces grottes sont louées aujourd'hui à ceux et à celles qu'on appelle « les nomades » : ce sont en fait des gens qui n'arrivent pas à trouver de travail et qui errent à cause de cela. « Il y a 140 millions de chômeurs qui ont quitté la campagne pour les villes. » « Des journaliers sans droit de domicile, des millions d'inutiles. Un sous-prolétariat qui alimente l'armée des mendiants, prostitués, petits voleurs, contrebandiers de drogues et proxénètes. » Quelles souffrances ! Quelle misère ! « Ce sont les années 30 du Guomindang qui reviennent ? » demande Gun. « Mais ce n'est pas ça, répond Myrdal. À l'époque il y avait la stagnation, aujourd'hui il y a croissance. Non pas les années trente du Guomindang mais plutôt les années trente du siècle dernier en Angleterre. Un exemple classique de l'appauvrissement, pendant la croissance capitaliste, au départ de l'accumulation. »

C'est scandaleux, certes, d'en être arrivé là. Scandaleuse aussi la façon qu'on a pris pour y arriver. Myrdal ne parle pas de la répression qu'ont subi les « Quatre » et des millions d'autres. Ce n'est pas nouveau, beaucoup d'autres en ont parlé. Il observe les choses en scientifique et ne parle que de ce qu'il peut appréhender de sources certaines.

Il s'en trouve qui s'en sortent bien. L'ancien agent du Guomindang, le fils d'un propriétaire terrien archi-riche, avait quelques économies sans doute. Il est devenu entrepreneur de transport.

L'ancien comptable de la brigade est par contre fort bien logé ; il habite l'ancien jardin d'enfance. « Une des victoires de la Révolution culturelle. Un projet de femmes très actives. Les enfants du village devaient avoir la même possibilité que ceux des villes. C'était une question d'égalité entre femmes et hommes. » « L'autonomie économique de la femme était un principe important. » Devant tout cela, Myrdal réfléchit. « Quand en 1982, on introduisit les mécanismes du marché, on rétablissait en même temps l'ordre patriarcal. » Voilà l'action de la direction chinoise actuelle, faire des faveurs matérielles pour acheter les consciences en balayant les principes politiques les plus élémentaires.

Plein de femmes sont en chômage aujourd'hui. Myrdal les a vues. Elles habitent entre autres les grottes de Lieou-lin. Les entreprises où travaillaient les gens du village avant la venue de Deng ont fait faillite et n'existent plus.

Pour la construction du chemin de fer, Lieou-lin a eu un dédommagement. On a construit des commerces et des restaurants pour les touristes sur les bonnes terres qui restaient le long de la route. « Mais il n'y a que deux trains par jour. La plupart des maisons sont vides. Tous les 50 mètres, il y a une table de billard. Mais la plupart ne sont pas utilisées non plus. » Le capitalisme est revenu partout ruiner la vie et la solidarité. Et Myrdal de conclure : « Maintenant la nouvelle Chine court et les contradictions s'accroissent. »


Le Parti communiste du Pérou s'inspire de la Révolution culturelle

Extraits des Documents fondamentaux du PCP, publiés en septembre 1987.

« Dans une perspective historique, [la Révolution culturelle est] l'aspect le plus transcendant du marxisme-léninisme que le président Mao ait développé ; c'est la solution du grand problème en suspens de la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat ; "cela représente une nouvelle étape, encore plus profonde et plus large, du développement de la révolution socialiste de notre pays".

« [La Révolution culturelle fut] le plus violent processus politique et la plus vaste mobilisation de masses que le monde ait jamais connu et dont les objectifs furent définis ainsi par le président Mao : "L'actuelle Grande Révolution culturelle prolétarienne est absolument nécessaire et très opportune pour consolider la dictature du prolétariat, prévenir la restauration du capitalisme et construire le socialisme."

« De plus, soulignons deux points : 1) que la GRCP représente un jalon dans le développement de la dictature du prolétariat en vue de la consolidation du prolétariat au pouvoir et qui se concrétisa dans les Comités révolutionnaires ; et 2) la restauration du capitalisme en Chine, après le coup contre-révolutionnaire de 1976, n'est pas la négation de la GRCP, mais représente, simplement, une partie de la lutte entre restauration/contre-restauration et au contraire, elle nous démontre la transcendante importance historique de la GRCP dans l'inexorable marche de l'humanité vers le communisme. »


Décision du Comité central du Parti communiste chinois sur la Grande Révolution culturelle prolétarienne

Nous publions ci-dessous intégralement le texte adopté le 8 août 1966 par le Comité central du Parti communiste chinois sur la Grande Révolution culturelle prolétarienne, qui décrit ce que signifie « servir le peuple » ainsi que les méthodes pour y arriver. On y décèle entre autres comment le Comité central était précis dans ses directives et cherchait à bien tenir en main cette nouvelle révolution. Le texte est écrit selon l'orthographe du temps et contient un vocabulaire qui peut apparaître dépassé aujourd'hui. Par exemple, il parle de la « pensée-maozedong », alors que les révolutionnaires qui s'appuient sur les acquis de la Révolution culturelle parlent plutôt aujourd'hui de « maoïsme », voire même de « marxisme-léninisme-maoïsme ».

La rédaction (SM!)

1. Une nouvelle étape de la révolution socialiste

La Grande Révolution culturelle prolétarienne en cours est une grande révolution qui touche l'homme dans ce qu'il a de plus profond. Elle représente une nouvelle étape, marquée par une plus grande profondeur et une plus grande ampleur, du développement de la révolution socialiste de notre pays.

À la 10e session plénière du Comité central issu du VIIIe congrès du Parti communiste chinois, le camarade Mao Zedong a dit : « Pour renverser un pouvoir politique, on doit nécessairement et en premier lieu préparer l'opinion et travailler dans le domaine idéologique. Cela est vrai aussi bien pour les classes révolutionnaires que pour les classes contre-révolutionnaires. » La pratique a prouvé que cette thèse du camarade Mao Zedong est tout à fait juste.

Bien que renversée, la bourgeoisie tente de corrompre les masses et de conquérir leur cœur au moyen de la pensée, de la culture, des mœurs et des coutumes anciennes des classes exploiteuses en vue de sa restauration. Le prolétariat doit faire le contraire : opposer une riposte de front à chaque défi lancé par la bourgeoisie dans le domaine idéologique et transformer la physionomie morale de toute la société avec la pensée, la culture et les mœurs et coutumes nouvelles qui sont propres au prolétariat. À l'heure actuelle, nous avons pour but de combattre et d'écraser ceux qui détiennent des postes de direction mais se sont engagés dans la voie capitaliste, de critiquer les « autorités » académiques réactionnaires de la bourgeoisie, de critiquer l'idéologie de la bourgeoisie et de toutes les autres classes exploiteuses, et de réformer le système pédagogique, la littérature, l'art et toutes les autres branches de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique socialiste, afin de contribuer à la consolidation et au développement du système socialiste.

2. Le courant principal et les vicissitudes

Les larges masses des ouvriers, paysans et soldats, des intellectuels révolutionnaires et des cadres révolutionnaires forment la force principale de cette grande révolution culturelle. Un grand nombre de jeunes révolutionnaires, naguère inconnus, y sont devenus de courageux pionniers. Ils ont fait preuve de vigueur et de sagesse. Sous forme de dazibao [1] et de grands débats, par une large et libre expression d'opinions, par une dénonciation complète et par une critique à fond, ils ont lancé une offensive résolue contre les représentants de la bourgeoisie, qu'ils agissent à découvert ou qu'ils soient dissimulés. Dans un mouvement révolutionnaire d'une aussi grande envergure, il est inévitable qu'ils aient telle on telle insuffisance, mais leur orientation révolutionnaire générale a toujours été juste. C'est le courant principal de la Grande Révolution culturelle prolétarienne. C'est suivant cette orientation générale que se poursuit la Grande Révolution culturelle prolétarienne.

La révolution culturelle étant une révolution, elle se heurte inéluctablement à une résistance. Cette résistance vient principalement de ceux qui, après s'être infiltrés dans le Parti, parviennent à des postes de direction mais suivent la voie capitaliste. Elle vient aussi de la force d'anciennes habitudes de la société. À présent, cette résistance est encore assez forte et opiniâtre. Mais la Grande Révolution culturelle prolétarienne est, après tout, une tendance générale irrésistible. Un grand nombre de faits ont montré qu'une telle résistance peut être rapidement balayée, pourvu que les masses soient pleinement mobilisées.

Du fait que la résistance est assez forte, la lutte connaîtra des flux et des reflux, voire même des reflux répétés. Ces flux et reflux n'ont pourtant rien de nuisible. Ils permettront au prolétariat et aux autres couches laborieuses, notamment à la jeune génération, de se tremper et d'en tirer leçons et expériences, et les aideront à comprendre que la voie révolutionnaire est tortueuse et non sans obstacle.

3. Accorder la primauté à l'audace et mobiliser sans réserve les masses

L'issue de l'actuelle Grande Révolution culturelle dépendra de l'audace de la direction du parti à mobiliser ou non sans réserve les masses.

Il existe à présent quatre cas différents en ce qui concerne l'attitude des organisations du Parti aux divers échelons dans leur façon de diriger le mouvement de la révolution culturelle :

1. Les dirigeants de l'organisation du Parti se tiennent au premier rang du mouvement et osent mobiliser sans réserve les masses. Accordant la primauté à l'audace, ils sont des militants communistes intrépides et de bons élèves du président Mao. Ils préconisent les dazibao et les grands débats ; ils encouragent les masses à dénoncer les génies malfaisants de tout acabit, et aussi à critiquer les insuffisances et les erreurs dans leur propre travail. Cette juste direction provient de ce qu'ils donnent la primauté à la politique prolétarienne et mettent la pensée-maozedong au premier plan.

2. Pour de nombreux organismes, les responsables comprennent très mal encore leur rôle de dirigeants dans cette grande lutte, et leur direction est loin d'être sérieuse et efficace. Aussi se trouvent-ils dans une position faible et se révèlent-ils incapables. Pour eux, c'est la crainte qui prévaut ; ils se cramponnent aux vieux règlements, ne veulent pas rompre avec les procédés routiniers ni aller de l'avant. Pris à l'improviste par le nouvel ordre révolutionnaire des masses, ils voient leur direction dépassée par la situation et par les masses.

3. Dans certains organismes, les responsables ont commis telles ou telles erreurs dans leur travail quotidien. Plus que les autres, la crainte les hante. Ils redoutent que les masses ne se dressent et ne les prennent en défaut. En réalité, s'ils font sérieusement leur autocritique et acceptent la critique des masses, ils pourront bénéficier de la compréhension du Parti et des masses. Mais s'ils agissent autrement, ils continueront à commettre des erreurs et deviendront même des pierres d'achoppement pour le mouvement de masse.

4. Pour certains autres organismes, la direction est contrôlée par des éléments qui se sont infiltrés dans le Parti, détiennent des postes de direction mais s'engagent dans la voie capitaliste. Ces éléments au pouvoir ont extrêmement peur d'être dénoncés par les masses ; ils cherchent par conséquent tous les prétextes pour réprimer le mouvement de masse. Ils recourent aux manœuvres telles que celles qui consistent à détourner les objectifs ou à faire passer pour blanc ce qui est noir, dans l'espoir de conduire le mouvement dans une mauvaise voie. Et quand ils se sentent très isolés et ne peuvent plus continuer à agir de la même façon, ils ont recours à d'autres intrigues en frappant les gens dans le dos, en répandant de faux bruits, en brouillant autant qu'ils le peuvent la distinction entre révolution et contre-révolution afin d'attaquer les révolutionnaires.

Ce que le Comité central du Parti demande des comités du Parti à tous les échelons, c'est de persévérer dans la juste direction, d'accorder la primauté à l'audace, de mobiliser sans réserve les masses, d'en finir avec cet état de faiblesse et d'impuissance, d'encourager les camarades qui ont commis des erreurs, mais qui veulent les corriger, à rejeter le fardeau de leurs fautes et à se joindre à la lutte, de relever de leurs fonctions ceux qui détiennent des postes de direction et prennent la voie capitaliste, et de leur reprendre la direction pour la rendre aux révolutionnaires prolétariens.

4. Que les masses s'éduquent dans le mouvement

Dans la Grande Révolution culturelle prolétarienne, les masses ne peuvent se libérer que par elles-mêmes, et l'on ne peut en aucune façon agir à leur place.

Il faut avoir confiance dans les masses, s'appuyer sur elles et respecter leur esprit d'initiative. Il faut rejeter la crainte et ne pas avoir peur des troubles. Le président Mao nous a toujours enseigné qu'une révolution ne peut s'accomplir avec tant d'élégance et de délicatesse, ou avec tant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. Que les masses s'éduquent dans ce grand mouvement révolutionnaire, et opèrent la distinction entre ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, entre les façons d'agir correcte et incorrecte !

Il faut utiliser pleinement la méthode des dazibao et des grands débats pour permettre de larges et francs exposés d'opinions, afin que les masses puissent exprimer leurs vues justes, critiquer les vues erronées et dénoncer tous les génies malfaisants. De cette façon, les larges masses pourront, dans la lutte, élever leur conscience politique, accroître leur capacité et leurs talents, distinguer ce qui est juste de ce qui ne l'est pas et distinguer les ennemis qui se dissimulent parmi elles.

5. Appliquer résolument la ligne de classe du parti

Qui sont nos ennemis, qui sont nos amis ? C'est là une question d'une importance primordiale pour la révolution, c'est là également une question d'une importance primordiale pour la Grande Révolution culturelle.

La direction du Parti doit exceller à découvrir la gauche, développer et renforcer les rangs de la gauche et s'appuyer résolument sur la gauche révolutionnaire. C'est seulement ainsi que l'on pourra, au cours du mouvement, isoler complètement les éléments de droite les plus réactionnaires, gagner les éléments du centre, unir la grande majorité et finalement réaliser, par ce mouvement, l'unité de plus de 95 % des cadres et de plus de 95 % des masses.

Il faut concentrer les forces pour frapper la poignée de droitiers bourgeois et de révisionnistes contre-révolutionnaires ultra-réactionnaires. Leurs crimes d'opposition au parti, au socialisme et à la pensée-maozedong doivent être dénoncés et critiqués à fond, afin que ces gens soient isolés au maximum.

Le mouvement en cours vise principalement ceux qui, dans le Parti, détiennent des postes de direction et s'engagent dans la voie du capitalisme.

Il faut veiller à ce qu'une stricte distinction soit faite entre les éléments de droite antiparti et antisocialistes et ceux qui, tout en soutenant le Parti et le socialisme, ont tenu des propos erronés ou commis des actes erronés, écrit de mauvais articles ou des œuvres dont le contenu laisse à désirer.

Il faut veiller à ce qu'une stricte distinction soit faite entre les savants despotes réactionnaires et les « autorités » réactionnaires de la bourgeoisie d'une part, et ceux qui ont des idées académiques bourgeoises ordinaires d'autre part.

6. Résoudre correctement les contradictions au sein du peuple

Il faut faire une stricte distinction entre les deux sortes de contradictions de nature différente : les contradictions au sein du peuple ne doivent pas être traitées de la même façon que celles qui nous opposent à nos ennemis, tout comme les contradictions entre nos ennemis et nous-mêmes ne doivent pas être considérées comme des contradictions au sein du peuple.

Il est normal qu'il y ait des opinions différentes parmi les masses populaires. La confrontation de différentes opinions est inévitable, nécessaire et bénéfique. Au cours d'un débat normal mené à fond, les masses populaires sauront affirmer ce qui est juste et corriger ce qui est erroné et parviendront graduellement à l'unanimité.

La méthode de raisonner avec faits à l'appui et celle de la persuasion par le raisonnement doivent être appliquées au cours du débat. Il n'est pas permis d'user de contrainte pour soumettre la minorité qui soutient des vues différentes. La minorité doit être protégée, parce que parfois la vérité est de son côté. Même si elle a des vues erronées, il lui est toujours permis de se défendre et de réserver ses opinions.

Dans un débat, on doit avoir recours au raisonnement et non pas à la contrainte ou à la coercition.

Au cours du débat, chaque révolutionnaire doit savoir réfléchir indépendamment et développer cet esprit communiste qui est d'oser penser, d'oser parler et d'oser agir. Dans le cadre d'une même orientation générale, les camarades révolutionnaires doivent, en vue de renforcer l'unité, éviter les discussions sans fin sur des questions secondaires.

7. Se mettre en garde contre les personnes qui cherchent à ravaler des révolutionnaires au rang de « contre-révolutionnaires »

Des responsables de certains établissements d'enseignement, organismes ou groupes de travail ont organisé des contre-attaques visant les masses qui les ont critiqués à l'aide de dazibao. Ils ont même avancé des slogans selon lesquels s'opposer aux responsables d'un organisme ou d'un groupe de travail, c'est s'opposer au Comité central du Parti, c'est s'opposer au Parti et au socialisme, c'est faire la contre-révolution. En agissant de la sorte, ils frapperont inévitablement des éléments actifs qui sont des révolutionnaires authentiques. C'est là une erreur d'orientation, une erreur de ligne, et cela est absolument inadmissible.

D'aucuns, qui ont des idées gravement erronées, et, en particulier, des éléments de droite antiparti et antisocialistes ont profité de certaines insuffisances et erreurs apparues dans le mouvement de masse pour répandre des rumeurs et des calomnies et provoquer des troubles ; ils ravalent délibérément une partie des masses au rang de « contre-révolutionnaires ». Il est nécessaire de se mettre en garde contre ces pickpockets et de dévoiler à temps leurs tours.

Aucune mesure ne doit être prise contre les étudiants et élèves des universités, instituts, écoles secondaires et primaires à propos de problèmes qui surgissent parmi eux au cours du mouvement, exception faite des contre-révolutionnaires actifs contre qui jouent des preuves évidentes et qui sont coupables de meurtres, d'incendies, d'empoisonnements, de sabotages, de vols de secrets d'État, etc., et dont les cas sont à régler conformément à la loi. Pour éviter que la lutte soit détournée de son objectif principal, il n'est pas permis d'inciter, sous quelque prétexte que ce soit, une partie des masses à lutter contre une autre partie des masses, un groupe d'étudiants contre un autre groupe d'étudiants ; même s'il s'agit de vrais éléments de droite, leurs problèmes doivent être réglés selon le cas dans la dernière étape du mouvement.

8. À propos des cadres

Les cadres rentrent grosso modo dans les quatre catégories suivantes :

  1. Bons ;
  2. Relativement bons ;
  3. Ceux qui ont commis de graves erreurs, mais qui ne sont pas des droitiers antiparti et antisocialistes ;
  4. Un petit nombre de droitiers antiparti et antisocialistes.

D'une façon générale, les deux premières catégories (ceux qui sont bons ou relativement bons) constituent la grande majorité.

Les droitiers antiparti et antisocialistes doivent être complètement dénoncés, destitués, mis hors d'état de nuire et discrédités, et leurs influences liquidées. En même temps, il leur sera indiqué une issue, de sorte qu'ils puissent rentrer dans le droit chemin.

9. À propos des groupes, des comités et des congrès de la révolution culturelle

Nombre de choses nouvelles ont commencé à apparaître dans le mouvement de la Grande Révolution culturelle prolétarienne. Les groupes et les comités de la révolution culturelle ainsi que d'autres formes d'organisation, créés par les masses dans de nombreuses écoles et de nombreux organismes sont quelque chose de nouveau et d'une grande importance historique.

Les groupes, comités et congrès de la révolution culturelle sont les meilleures formes nouvelles d'organisation dans lesquelles les masses s'éduquent elles-mêmes sous la direction du Parti communiste. Ils constituent un excellent pont permettant à notre Parti de maintenir des contacts étroits avec les masses. Ils sont des organes du pouvoir de la révolution culturelle prolétarienne.

La lutte menée par le prolétariat contre la pensée, la culture, les discours et les coutumes anciennes léguées par toutes les classes exploiteuses durant des millénaires couvrira nécessairement une période extrêmement longue. Par conséquent, les groupes, comités et congrès de la Révolution culturelle ne doivent pas être des organisations temporaires, mais des organisations de masse permanentes appelées à fonctionner longtemps. Cette formule convient non seulement aux établissements d'enseignement et aux organismes d'État, mais aussi, pour l'essentiel, aux usines, mines et entreprises, aux quartiers de villes et aux villages.

Il est nécessaire d'appliquer un système d'élection générale semblable à celui de la Commune de Paris, pour élire les membres des groupes et des comités de la Révolution culturelle et les représentants aux congrès de la Révolution culturelle. Les listes des candidats doivent être proposées par les masses révolutionnaires après d'amples consultations, et les élections n'auront lieu qu'après des discussions répétées de ces listes par les masses.

Les masses ont à tout moment le droit de critiquer les membres des groupes et comités de la Révolution culturelle et les représentants élus aux congrès de la Révolution culturelle. Lesdits membres et représentants peuvent être remplacés par élection ou révoqués par les masses après discussion s'ils se montrent incompétents.

Les groupes, comités et congrès de la révolution culturelle dans les établissements d'enseignement doivent être composés essentiellement de représentants des étudiants et élèves révolutionnaires. En même temps, ils doivent comprendre un certain nombre de représentants du corps enseignant et du personnel administratif révolutionnaires.

10. Réforme de l'enseignement

Réformer l'ancien système d'éducation ainsi que les anciens principes et méthodes d'enseignement est une tâche d'une importance extrême de la Grande Révolution culturelle prolétarienne en cours.

Le phénomène des intellectuels bourgeois dominant nos établissements d'enseignement doit complètement prendre fin au cours de cette grande révolution culturelle.

Dans tous les établissements d'enseignement, il faut appliquer à fond la politique formulée par le camarade Mao Zedong suivant laquelle l'éducation doit être au service de la politique du prolétariat et se combiner avec le travail productif, afin que tous ceux qui reçoivent l'éducation puissent se développer moralement, intellectuellement et physiquement pour devenir des travailleurs cultivés dotés d'une conscience socialiste.

La scolarité doit être réduite. Le programme d'études doit être réduit et amélioré. Les matières d'enseignement doivent être radicalement réformées, certaines d'entre elles doivent tout d'abord être simplifiées. Tout en se consacrant principalement aux études proprement dites, les élèves et étudiants doivent non seulement s'instruire sur le plan culturel, mais également sur celui de la production industrielle et agricole et de l'art militaire ; et ils doivent participer, chaque fois qu'elles s'engagent, aux luttes de la révolution culturelle critiquant la bourgeoisie.

11. À propos de la critique faite nommément dans la presse

En menant le mouvement de masse de la révolution culturelle, nous devons bien combiner la propagation de la conception prolétarienne du monde, celle du marxisme-léninisme, de la pensée-maozedong avec la critique de l'idéologie bourgeoise et féodale.

Il faut organiser la critique des représentants typiques de la bourgeoisie qui se sont infiltrés dans le parti et des « autorités » académiques réactionnaires de la bourgeoisie ; elle porte sur toutes sortes de points de vue réactionnaires dans les domaines de la philosophie, de l'histoire, de l'économie politique, de la pédagogie, dans les œuvres littéraires et artistiques, dans la théorie littéraire et artistique et dans les sciences de la nature.

Toute critique à faire nommément dans la presse doit être soumise aux discussions du comité du Parti au même échelon, et dans certains cas, à l'approbation du comité du Parti à l'échelon supérieur.

12. Politique à l'égard des hommes de science, des techniciens et du personnel ordinaire

Au cours du présent mouvement, il faut continuer à appliquer la politique d'« unité-critique-unité » à l'égard des hommes de science, des techniciens et du personnel ordinaire, pourvu qu'ils soient patriotes, travaillent activement, ne s'opposent pas au Parti et au socialisme et ne soient pas de connivence avec l'étranger. Une attention particulière doit être accordée aux hommes de science et aux membres du personnel scientifique et technique qui se sont distingués dans leur travail. Quant à leur conception du monde et à leur style de travail, nous pouvons les aider à se réformer graduellement.

13. Dispositions à prendre pour la combinaison avec le Mouvement d'éducation socialiste dans les villes et à la campagne

L'effort principal du mouvement de la révolution culturelle prolétarienne en cours porte sur les institutions culturelles et d'éducation et les organes dirigeants du Parti et du gouvernement dans les villes grandes et moyennes.

La grande révolution culturelle a enrichi le Mouvement d'éducation socialiste dans les villes et à la campagne et l'a porté à un niveau plus élevé. Il faut mener ces deux mouvements en combinant étroitement l'un avec l'autre. Des dispositions doivent être prises à cet effet par les différentes régions et les différents départements, en tenant compte de leurs conditions spécifiques.

À la campagne et dans les entreprises établies en ville où se déroule le Mouvement d'éducation socialiste, on peut ne pas changer les dispositions initiales et poursuivre le mouvement selon ces dispositions, si celles-ci sont adéquates et appliquées de façon satisfaisante. Néanmoins, les questions soulevées par la Grande Révolution culturelle prolétarienne en cours doivent être soumises, au moment opportun, aux discussions des masses, en vue de faire rayonner grandement et encore davantage l'idéologie prolétarienne et liquider complètement l'idéologie bourgeoise.

Dans certains endroits, on prend la Grande Révolution culturelle prolétarienne comme axe pour entraîner le Mouvement d'éducation socialiste, afin de procéder à l'assainissement sur les plans politique, idéologique, organisationnel et économique. Cela peut se faire si le comité du Parti de ces endroits juge convenable cette façon d'agir.

14. Faire la révolution et stimuler la production

La Grande Révolution culturelle prolétarienne a pour but la révolutionnarisation de la pensée de l'homme, afin que, dans tous les domaines du travail, on puisse obtenir des résultats meilleurs quant à la quantité, la rapidité, la qualité et l'économie. Tant que les masses sont pleinement mobilisées et que les dispositions adéquates sont prises, on peut assurer la bonne marche et de la révolution culturelle et de la production, et garantir la bonne qualité du travail dans tous les domaines.

La Grande Révolution culturelle prolétarienne constitue une puissante force motrice dans le développement des forces productives de notre société. Il est erroné d'opposer la grande Révolution culturelle au développement de la production.

15. Les forces armées

Dans les forces armées, la révolution culturelle et le Mouvement d'éducation socialiste doivent être menés conformément aux instructions de la Commission militaire du Comité central du Parti et du Département politique général de l'Armée populaire de libération.

16. La pensée-maozedong est notre guide d'action dans la GRCP

Dans la Grande Révolution culturelle prolétarienne, il faut porter haut le grand drapeau rouge de la pensée-maozedong et mettre la politique prolétarienne au poste de commandement. Le mouvement d'étude et d'application vivantes des œuvres du président Mao Zedong doit être développé parmi les larges masses des ouvriers, des paysans et des soldats, des cadres et des intellectuels, et la pensée-maozedong doit être considérée comme notre guide d'action dans la révolution culturelle.

Dans cette grande révolution culturelle si complexe, il est d'autant plus nécessaire pour les comités du Parti aux différents échelons d'étudier et d'appliquer consciencieusement et de façon vivante les œuvres du président Mao. Ils doivent surtout étudier et étudier encore les écrits du président Mao concernant la révolution culturelle et les méthodes de direction du Parti, tels que La Démocratie nouvelle, Intervention à la Conférence nationale du Parti communiste chinois sur le travail de propagande, Quelques questions sur les méthodes de direction et Méthodes de travail des comités du Parti.

Les comités du Parti aux différents échelons doivent suivre les instructions données depuis des années par le président Mao, appliquer la ligne de masse dite « Partir des masses pour retourner aux masses », et se faire d'abord des élèves des masses avant de devenir leurs maîtres. Il faut s'efforcer d'éviter les vues unilatérales et bornées. Il faut encourager la dialectique matérialiste et s'opposer à la métaphysique et à la scolastique.

Sous la direction du Comité central du Parti ayant à sa tête le camarade Mao Zedong, la Grande Révolution culturelle prolétarienne remportera à coup sûr une victoire grandiose.


1) (NDLR) Journaux muraux en gros caractères.
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