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Quelques extraits de la presse révolutionnaire

Journal Partisan, de l'OCML Voie prolétarienne de France (n° 120, 15/05/97)

« Quatorze militants abattus froidement, certains alors même qu'ils étaient déjà prisonniers. Quoi d'étonnant, quand on connaît le caractère sanguinaire des régimes péruviens successifs, les nombreux massacres de civils ou de prisonniers qui jalonnent les vingt dernières années de la lutte des classes au Pérou ? [...]

« Les militants du MRTA sont morts pour rien. Leur courage n'a eu d'égal que leur romantisme et leur amateurisme, leurs illusions à croire qu'ils pourraient ainsi faire céder Fujimori et ses sbires. Coupés des masses, sans aucune perspective, isolés dans un bunker au milieu d'un océan de réaction, ils n'ont pourtant pas accepté de partir à l'étranger (ce que nous imaginions). Ils se sont rendus eux-mêmes prisonniers et ont perdu toute initiative pendant que Fujimori préparait tranquillement son offensive. Pire même, leur vigilance s'est estompée, et le fait même que l'assaut ait eu lieu durant une partie de foot, les militants désarmés, montre leur amateurisme.

« Depuis décembre dernier, le commando du MRTA clamait son humanisme, ne cessait de se distinguer de la "sauvagerie" de la guerre populaire du Parti communiste du Pérou, affirmait qu'il ne voulait pas tuer les otages... Résultat, un des responsables des services secrets (un des otages) est libéré et le commando est mort. [...]

« La guerre de libération, la révolution sont des choses terribles, et on peut regretter humainement la violence qu'elles imposent. Mais il n'y a pas d'autre choix : c'est cela, ou la violence terrible de l'exploitation permanente, voire des guerres réactionnaires ou impérialistes. Le MRTA voulait faire la révolution sans trop de violence. Pour que ses militants ne soient pas complètement morts pour rien, sachons tirer les leçons de leur échec. »

El Diario Internacional, édité à Bruxelles par Luis Arce Borja (n° 39, juin 97)

« Avec la prise de l'ambassade japonaise à Lima et l'intervention militaire sanglante qui y a mis fin le 22 avril, Fujimori et le MRTA ont tous deux joué les mêmes rôles qu'ils jouent depuis des années. D'un côté, Fujimori : sournois, cynique, sans scrupules, sanguinaire et assassin. De l'autre, le MRTA : charlatan, théâtral, spectaculaire, sans véritable stratégie militaire, emprisonné par ses propres oscillations et sa croyance quasi fanatique dans le dialogue et la possibilité de négocier avec le régime péruvien.

« La première chose qui saute aux yeux, c'est le fait que le MRTA croyait aveuglément à la possibilité d'obtenir un accord politique durable avec le régime de Fujimori. [...]

« Parce qu'il recherchait un accord de paix avec le régime, le MRTA a orienté sa propagande de sorte à projeter une image gentille, présentant ses militantes et militants comme étant des gens abordables, humains et, surtout, respectueux de la vie de leurs otages. [...]

« La décision de la part du MRTA de considérer les otages comme étant des "prisonniers de guerre", de les traiter en conséquence et de respecter à cet égard la Convention de Genève, allait éventuellement s'avérer fatale pour les 14 "tupacamaristes". Le gouvernement recevait ainsi deux messages concrets : 1) que les otages n'étaient pas en danger ; 2) qu'en cas d'intervention militaire, le commando allait seulement tenter de se défendre et qu'il ne ferait rien qui puisse attenter à la vie des 72 otages. [...]

« Si la vie des otages n'était pas en danger, alors à quoi bon négocier quoi que ce soit avec le MRTA ? [...]

« Dès le début, Fujimori a décidé de tirer le maximum d'avantages de cette situation. Avec l'aide des puissances impérialistes, il a mis en place un plan dont l'objectif était "d'infliger une défaite exemplaire au terrorisme". Il a voulu ainsi porter un coup psychologique et moral au peuple péruvien. C'est pourquoi il s'est dit favorable à une solution pacifique à la crise des otages. [...] Pendant que Fujimori faisait du théâtre et prétendait négocier, ses forces répressives creusaient leur chemin jusqu'à l'ambassade. Pendant que Fujimori et la soi-disant "Commission internationale de garantie" entretenaient cyniquement les parieurs, l'armée se préparait de son côté à liquider le commando. [...]

« Certaines personnes ont tenté dans une optique obtuse et pseudo-marxiste, de faire du commando dirigé par Cerpa Cartolini des martyrs et des héros de la révolution péruvienne. Mais ces gens sont décrochés de la réalité, et leurs propos ne visent qu'à masquer la nature révisionniste et contre-révolutionnaire du MRTA. L'activité politique et militaire de cette organisation, depuis sa création en 1984, a fondamentalement consisté à promouvoir la capitulation, en même temps qu'elle a développé une campagne virulente contre la guerre populaire dirigée depuis 1980 par le Parti communiste du Pérou. »

Resistenza, mensuel des Comitati di Appoggio alla Resistenza - per il Comunismo (CARC) d'Italie

« L'assaut à l'ambassade japonaise par les troupes spéciales de Fujimori et le massacre des 14 guérilleros montrent encore une fois le vrai visage de l'impérialisme. La leçon que les opprimés de par le monde doivent en tirer, c'est qu'on ne peut abattre l'État bourgeois sans la victoire du socialisme et la mobilisation révolutionnaire des masses populaires sous la direction du parti communiste. »

Extraits d'un courrier diffusé sur Internet, sur la liste de discussion « Lénine », par un militant communiste de Grande-Bretagne, Mark Jones

« L'occupation du MRTA ne fut certes pas le fait d'une organisation révolutionnaire. Je ne suis pas certain, toutefois, qu'il faille qualifier le MRTA de "contre-révolutionnaire". "Hooliganisme" serait peut-être un meilleur terme pour caractériser son action. Un faux pas, une frasque qui a mal tourné, un acte d'auto-glorification, le reflet d'un romantisme et d'un révolutionnarisme petit-bourgeois relevant plutôt de l'époque de Garibaldi, des sociétés secrètes, des anarchistes poseurs de bombes...

« Chose certaine, cela n'avait absolument rien à voir avec la révolution prolétarienne et avec la guerre populaire, qui sont autrement plus sérieuses. Il s'agissait tout simplement d'un "stunt" publicitaire, d'un cirque, rien de plus. Je ne crois pas que cela puisse affecter le PCP et le processus révolutionnaire qu'il dirige, pas plus en tout cas que les autres actes inspirés par l'État péruvien (puisque c'est de cela dont il s'est agi). Plus les gens sont près de la réalité, plus ils voient que tout cela n'a pas de sens. Voilà pourquoi tout ce spectacle n'a pas eu de résonance au Pérou. »

(paru dans la revue Socialisme Maintenant! n° 2)

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