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OCTOBRE 1917-1997

Le Parti communiste du Pérou et la révolution d'Octobre : « Ce n'est qu'au moyen des guerres que l'on transforme le monde »

Le triomphe de la Révolution d'Octobre en 1917 pose un jalon extraordinaire dans l'histoire mondiale, la fin de la révolution bourgeoise et le début de la révolution prolétarienne mondiale. Cette ère nouvelle, marquée par l'accroissement de la violence, exprime l'incapacité de la bourgeoisie à diriger la révolution et la maturité du prolétariat désormais apte à prendre, diriger et maintenir le pouvoir de la dictature du prolétariat. C'est également dans cette ère que se situent les révolutions des nations opprimées.

C'est dans un système complexe de guerres de tous genres que sombreront l'impérialisme et la réaction mondiale et que surgira le socialisme. Par conséquent, la révolution et la contre-révolution sont conscientes que les changements politiques ne se définissent qu'au moyen de la guerre. La guerre ayant un caractère de classe, il existe des guerres impérialistes, comme la Première et la Seconde Guerres mondiales qui furent des guerres de rapine pour le repartage du monde, ou des guerres d'agression impérialiste contre une nation opprimée, comme celle de l'Angleterre aux Malouines, celle de l'impérialisme yankee au Vietnam, ou celle du social-impérialisme contre l'Afghanistan. Il y a des guerres de libération nationale comme celles qui se déroulent en Asie, en Afrique et en Amérique latine. La guerre populaire au Pérou, de par son juste caractère marxiste-léniniste-maoïste, pensée Gonzalo, sa direction correcte et parce qu'elle ne s'assujettit pas aux superpuissances ni aux puissances impérialistes, est celle qui se situe à l'avant-garde. C'est là une réalité qui démontre que les communistes doivent toujours mettre l'accent sur l'aspect principal qui est de développer la guerre populaire comme forme principale de lutte dans le monde, pour servir la révolution.

Face à cette réalité - à savoir que ce n'est qu'au moyen des guerres que l'on transforme le monde - nous arborons l'omnipotence de la guerre révolutionnaire, c'est-à-dire la guerre populaire, comme étant la plus élevée des théories militaires, celle du prolétariat, celle que traça le président Mao et qui doit être adaptée à la spécificité de chaque type de pays, impérialiste ou arriéré. Ainsi, la guerre populaire mondiale est la réponse adéquate pour empêcher la guerre impérialiste ou bien, si celle-ci se produisait, pour la transformer en guerre populaire. Mais en tant que communistes, nous faisons la guerre pour détruire la guerre et pour établir une « paix durable ». Nous sommes les seuls qui combattons pour la paix, pas comme les Reagan et les Gorbatchev qui parlent de plus en plus de paix mais qui sont les fauteurs de guerre.

En évaluant le monde dans la période actuelle, nous voyons s'exprimer quatre contradictions fondamentales :

1) La contradiction entre le capitalisme et le socialisme : il s'agit d'une contradiction entre deux systèmes radicalement différents, qui s'étendra pendant toute l'époque actuelle et sera l'une des dernières à être résolue - elle perdurera même après la prise du pouvoir.

2) La contradiction entre la bourgeoisie et le prolétariat : c'est une contradiction entre deux classes opposées ; elle persistera également après la prise du pouvoir et se manifestera sous de multiples formes - idéologiques, politiques et économiques - jusqu'à ce qu'elle se résolve quand on arrivera au communisme.

3) Les contradictions inter-impérialistes : c'est la contradiction entre les impérialistes qui luttent pour l'hégémonie dans le monde ; elle se produit entre les superpuissances, entre les superpuissances et les puissances impérialistes, et entre les puissances impérialistes elles-mêmes. Cette contradiction se résoudra dans une période allant de 50 à 100 années.

4) La contradiction entre les nations opprimées et l'impérialisme : elle s'exprime par la lutte de libération des nations opprimées pour détruire l'impérialisme et la réaction ; sa solution se situe également dans une période allant de 50 à 100 années, durant lesquelles elle représentera la contradiction principale, bien que n'importe laquelle des quatre contradictions fondamentales puisse se transformer en contradiction principale, selon les circonstances spécifiques de la lutte de classes, de manière transitoire ou dans des pays donnés.

Nous, marxistes-léninistes-maoïstes, avons comme perspective, pour atteindre notre but final le communisme, la réalisation de trois types de révolutions :

1) La révolution démocratique, qui est la révolution bourgeoise de nouveau type, dirigée par le prolétariat, pour les pays arriérés, et qui instaure la dictature conjointe des classes prolétaire, paysanne et de la petite bourgeoisie et, dans certaines conditions, de la bourgeoisie moyenne, sous l'hégémonie du prolétariat.

2) La révolution socialiste dans les pays impérialistes et capitalistes, qui instaure la dictature du prolétariat.

3) Les révolutions culturelles que l'on réalise pour continuer la révolution sous la dictature du prolétariat, dans le but de soumettre et d'éliminer toute réapparition du capitalisme et aussi pour combattre, armes à la main, les aspirations à la restauration capitaliste. Les révolutions culturelles servent à renforcer la dictature du prolétariat et à faire avancer la marche vers le communisme.

Ainsi, comme aucune classe dans le monde n'a pu prendre le pouvoir d'un seul coup et ne l'a conquis que par un processus de restaurations et de contre-restaurations, quand le prolétariat prend le pouvoir et établit sa dictature, la lutte de la bourgeoisie pour restaurer le capitalisme se renforce et un processus historique de lutte s'ouvre alors entre le prolétariat qui cherche à maintenir et défendre sa dictature et à conjurer la restauration capitaliste, et la bourgeoisie qui veut récupérer le pouvoir. Cette lutte entre restauration et contre-restauration est une loi historique indéniable, jusqu'à ce que s'instaure définitivement la dictature du prolétariat. Dans l'histoire mondiale, même si la classe féodale était avancée en Chine, elle mit pourtant 250 ans pour en arriver à écraser définitivement l'esclavagisme. En Occident, quand la bourgeoisie entra en lutte contre le féodalisme pour écraser ses tentatives de restauration, il lui fallut 300 ans pour s'installer définitivement au pouvoir. S'agissant d'une révolution par laquelle le prolétariat s'installe au pouvoir définitivement, la lutte entre restauration et contre-restauration est extrêmement dure et acharnée. Elle demandera approximativement 200 ans, en comptant à partir de la Commune de Paris de 1871. Les expériences de restauration en URSS et en Chine nous ont laissé de grandes leçons, tant positives que négatives. Il faut remarquer tout spécialement les gigantesques pas en avant réalisés dans la concrétisation du nouvel État et pourquoi la Grande Révolution culturelle prolétarienne représente la solution pour conjurer la restauration.

Nous, marxistes-léninistes-maoïstes, pensée Gonzalo, réaffirmons la violence révolutionnaire comme étant une loi universelle pour la prise du pouvoir, essentielle pour substituer une classe à une autre. Les révolutions démocratiques se font par la violence révolutionnaire, les révolutions socialistes se font par la violence révolutionnaire et, face aux restaurations, nous récupérerons le pouvoir au moyen de la violence révolutionnaire et nous maintiendrons la continuité de la révolution sous la dictature du prolétariat par la violence révolutionnaire et les révolutions culturelles. Nous n'irons au communisme que par la violence révolutionnaire, et tant qu'il y aura un lieu sur terre où existera l'exploitation, nous y mettrons fin par la violence révolutionnaire.

Ainsi, cette ère nouvelle nous dote d'armes puissantes et nous, communistes, devons nous renforcer idéologiquement, politiquement et organisationnellement pour assumer notre rôle comme il se doit.

(Extrait des Bases de discusión du Parti communiste du Pérou, septembre 1987, in Guerra popular en el Perú. El Pensamiento Gonzalo, Bruxelles, Luis Arce Borja éditeur, 1989, pp. 308-310. La traduction française a été réalisée par le Peru Information Center de Seattle, et légèrement adaptée par nos soins.)

(paru dans la revue Socialisme Maintenant! n° 3)

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