DOSSIER SPÉCIAL - NÉPAL
Le PCN(M) face au mouvement communiste international
Sur la scène internationale, le Parti communiste du Népal (maoïste) participe au Mouvement révolutionnaire internationaliste (MRI) - un regroupement d'une quinzaine de partis et organisations maoïstes qu'il considère comme étant le « centre embryonnaire » de la révolution prolétarienne mondiale. Il entretient également des liens avec d'autres partis et organisations maoïstes, notamment en Inde, tels le Maoist Communist Center et le groupe People's War qui y mènent la lutte armée. Le PCN(M) considère que la préparation et le déclenchement de la guerre populaire constituent présentement la tâche centrale à laquelle doivent œuvrer les communistes, dans tous les pays. Un de ses dirigeants, le camarade Gaurav, s'en est expliqué dans un article paru dans la revue The Worker (no 6, octobre 2000), dont voici quelques extraits (notre traduction).
 - Socialisme Maintenant!
La guerre populaire, une tâche centrale et universelle
La conception qui domine toujours au sein du mouvement communiste contemporain veut que ce que nous appelons le « modèle chinois » (à savoir la théorie maoïste de la guerre populaire) ne s'applique que dans les pays du tiers monde, alors que le modèle soviétique - celui de l'insurrection armée élaboré par Lénine - doit prévaloir dans les pays impérialistes. Règle générale, on considère d'ailleurs ces deux voies comme étant mutuellement exclusives. En se basant sur une analyse profonde et sérieuse des différentes expériences de lutte armée que le prolétariat a menées et dirigées, le MRI en est quant à lui maintenant arrivé à une étape où on doit considérer la théorie maoïste de la guerre populaire comme ayant une portée universelle, applicable autant dans les pays impérialistes que dans les pays dominés.
Bien sûr, son application diffère en fonction du développement socio-économique et des conditions particulières de chaque pays. Ainsi, un des principaux aspects qui caractérisent la guerre populaire est ce qu'on appelle « l'encerclement des villes par les campagnes » : il va de soi qu'on ne peut appliquer ce principe de façon mécanique dans les pays impérialistes, pour la simple et bonne raison que les campagnes n'y jouent pas le rôle principal, comme c'est le cas dans les pays dominés. De la même manière, dans les pays dominés, on peut et on doit tirer avantage du développement inégal et des faiblesses de l'ennemi pour prendre le pouvoir à l'échelle locale : cela ne peut être fait de la même manière dans les pays impérialistes. Il y a aussi des différences en ce qui concerne l'établissement des zones de guérilla et des bases d'appui. Celles-ci (les bases d'appui) occupent d'ailleurs une place fondamentale dans la conception maoïste de la guerre populaire. Dans les pays dominés, on peut mettre sur pied et soutenir l'existence d'une base d'appui pendant une période relativement prolongée, alors que cela reste assez difficile dans un pays impérialiste, du moins en l'absence d'un soulèvement significatif qui contraindrait les forces ennemies à se disperser un peu partout à travers le pays. Néanmoins, on peut penser qu'au moins deux types de bases d'appui peuvent être établies dans les pays impérialistes - à savoir des bases d'appui simultanées et des bases d'appui de type instable.
Certains maoïstes qui se disent partisans de la guerre populaire considèrent qu'il faut distinguer rigoureusement les deux types de pays, entre ceux qui doivent mener la guerre populaire et ceux qui ont essentiellement pour tâche de la soutenir. À notre avis, il est erroné de faire une telle distinction - de considérer que les partis maoïstes des pays dominés ont comme unique rôle de mener la guerre populaire, alors que ceux des pays impérialistes devraient se contenter de les soutenir sans la mener eux-mêmes. La thèse qui postule l'inévitabilité et l'universalité de la guerre populaire est celle qui répond le mieux, selon nous, aux exigences actuelles.
Il est désormais évident que la responsabilité première de tous les partis maoïstes - qu'ils soient des pays dominés ou des pays impérialistes - est de préparer la guerre populaire, sérieusement et rapidement. [...]
Le mouvement communiste international avance à pas de géant
La situation est présentement explosive en de nombreux endroits et favorise le développement rapide du mouvement révolutionnaire. Mais étant donné l'absence de partis maoïstes ou leur présence parfois insignifiante, les forces réactionnaires réussissent trop souvent à tirer avantage de la situation pour servir leurs sales intérêts, entraînant les peuples au désastre et les ramenant aux conditions lamentables du passé. C'est donc la responsabilité du Mouvement d'aider à créer des organisations authentiquement maoïstes partout où il n'y en a pas et d'amener celles qui existent mais qui demeurent peu connues des masses à intensifier leur activité révolutionnaire.
La tâche essentielle de chaque parti maoïste étant de mener et de diriger la guerre populaire jusqu'à la victoire finale, il faut commencer à la préparer sérieusement dès le début. La formation d'un authentique parti révolutionnaire est une tâche de la plus haute importance, certes ardue, mais parfaitement réalisable. [...]
La nouvelle vague de la révolution et les responsabilités qui en découlent
Les impérialistes et les réactionnaires ont fait tout ce qu'ils ont pu pour utiliser les événements liés à la chute du social-impérialisme soviétique et du bloc de l'Est révisionniste à leur avantage. Ils ont sans cesse répété que cela signifiait la « fin du socialisme » et ont mené toutes sortes de campagnes de désinformation visant à tromper et à démoraliser les masses. L'impérialisme américain, qui a été le principal bénéficiaire de la chute de la superpuissance rivale, en a profité pour tenter de s'imposer au titre de principal pilleur des peuples du monde. Mais l'impérialisme n'a pas réussi - et il ne réussira jamais - à se sortir de la crise, qui au contraire ne cesse de s'intensifier.
Aujourd'hui, le monde est en plein bouleversement. Les guerres populaires et les luttes armées révolutionnaires grandissent et se développent rapidement, comme on peut le voir avec les guerres populaires au Pérou et au Népal de même qu'avec les luttes armées qui se déroulent aux Philippines, en Inde et en Turquie. Plusieurs partis et organisations maoïstes se préparent sérieusement à déclencher la guerre populaire. Partout, les peuples opprimés attendent impatiemment la nouvelle vague de guerres populaires.
En plus des luttes armées maoïstes, des mouvements de libération nationale continuent le combat et intensifient leur lutte, notamment en Inde, au Kurdistan et au Sri Lanka, défiant ainsi les réactionnaires. La question de la direction demeure la question centrale pour tous les mouvements révolutionnaires, y compris les mouvements de libération nationale. L'histoire nous a d'ailleurs fourni de nombreux exemples de trahison de la part des dirigeants de ces mouvements.
En analysant les principales caractéristiques de la situation mondiale actuelle, notre Mouvement en est arrivé à une compréhension commune, à l'effet qu'une nouvelle vague de soulèvements révolutionnaires se développe à l'échelle mondiale. Cela vient réfuter les allégations des impérialistes et de leurs laquais qui prétendent que le communisme et le mouvement révolutionnaire n'ont plus d'avenir et que leur système tant détesté est désormais le seul possible.
Nous rejetons également la vision pessimiste des révisionnistes et des opportunistes qui présentent la situation mondiale comme étant totalement défavorable à l'initiation et à la poursuite de la lutte armée. Les difficultés ne deviennent pour eux qu'un prétexte pour justifier leur apologie du parlementarisme. Les maoïstes ont la responsabilité de se préparer rapidement et sérieusement à la guerre populaire, de la déclencher aussi tôt que possible et de la développer à une étape supérieure, dans la perspective de la prise du pouvoir à l'échelle de tout le pays, et selon leurs propres conditions et niveaux de développement. [...]
(paru dans la revue Socialisme Maintenant! n° 7)
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